Viticulture

Confrérie Saint-Étienne à Kientzheim

Un ouvrage de référence

Publié le 02/02/2018

Un nouvel ouvrage sur la confrérie Saint-Étienne d’Alsace vient de sortir. Il est proposé par l’archiviste Francis Lichtlé, grand conseiller de la confrérie dont il est l’Échanson, Claude Muller, Grand Maître 2014, l’éditeur Jean-Daniel Rebert de Riquewihr, avec la collaboration d’André Hugel.

Quatre chapitres fournis et bien illustrés font de cette publication, réalisée par les éditions Rebert de Riquewihr, un ouvrage de référence. Un grand nombre d’invités se sont retrouvés vendredi 19 janvier au château de Kientzheim pour impulser le coup d’envoi de cette publication, dont le dernier chapitre, est une superbe rétrospective illustrée, préfacée par Pascal Schultz, Grand Maître 2017. Un ouvrage qui ne laisse rien ignorer de l’historique et de la pérennité de la confrérie, du XIVe siècle à nos jours, et qui a sa place dans toutes les bonnes bibliothèques et autres lieux d’histoire. Il est disponible au siège du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), évidemment à la confrérie Saint-Étienne et chez l’éditeur à Riquewihr, pour la somme de 35 euros. « La dernière édition était parue en 2003. Nous avons considéré qu’il était important de rajouter ces quinze dernières années afin de se souvenir de ces 70 années de la vie confrérie Saint-Étienne. Nous avons gardé la même présentation, en y ajoutant davantage de photos couleur. Au total, six volumes sont désormais disponibles, ils concernent les XVIe, XVIIe, XVIIIe, XIXe, XXe siècles, en tomes I et II. Je travaille actuellement sur un nouveau livre qui concerne les étiquettes de vin avec les publicités réalisées sur les vins d’Alsace », précise Jean-Daniel Rebert. Pour sa part, Pascal Schultz n’a pas caché son émotion. « Je suis le 71e Grand Maître de la confrérie Saint-Étienne. En écrivant la préface de votre ouvrage, je voulais manifester mon soutien à ce travail historique. » Et Francis Lichtlé de conclure : « J’ai eu beaucoup de plaisir à rédiger cette nouvelle partie historique qui permet, dans cet ouvrage, de fournir aux lecteurs l’histoire complète de la confrérie. Nous passons, mais nos écrits resteront. » Un ouvrage qui a été édité à 250 exemplaires et dont le stock devrait rapidement être épuisé.

Publié le 01/02/2018

À Colmar, le Japadeunon veut conjuguer sept jours sur sept convivialité et vins plaisir dans une ambiance tamisée et confortable. Les Alsace sont de la partie mais ont un peu de mal à être de toutes les fêtes.

Avant, c’était un pub. Depuis début septembre 2017, c’est un bar à vins que Christian Leroy, l’un des propriétaires, a baptisé en souvenir de la plaque que portait la fontaine autour de laquelle il jouait dans son sud natal. « Avec mon associé Alban Bisch, nous avons voulu en faire une table de copains, pas une bibliothèque, mais un endroit où l’on peut associer charcuterie, fromages et vins sympathiques, après le travail ou durant le week-end » résume-t-il. Charly Guth est le gérant de l’établissement. Ancien élève du lycée hôtelier d’Illkirch, initié au vin en Corse avant de faire ses propres gammes chez des viticulteurs alsaciens, il sélectionne les vins figurant sur la carte. Il penche pour des secs, n’est pas regardant sur une mention ou une autre. « Ce qui m’importe, c’est la manière de travailler du viticulteur. Je préfère celui qui soigne convenablement ses vignes à celui qui s’affiche en bio pour occuper un créneau commercial » explique Charly. Les vins nature ne le tentent pas plus que ça. « Leur saveur est atypique. Ils sont trop compliqués à gérer une fois ouverts » estime-t-il. Cependant un pinot noir alsacien nature fait partie de son offre. Tous les vins sont présentés plusieurs fois sur un des murs du bar. Sur une soixantaine de références, cinquante sont fixes. Les autres tournent sur un tableau de suggestions renouvelé chaque semaine afin que les clients qui viennent plus d’une fois dans cet intervalle puissent se renouveler. Charly fait confiance à plusieurs agents et à des cavistes pour disposer d’une carte où chacun « peut trouver ce qui lui convient ». « En rouge par exemple, il m’en faut un qui soit gouleyant sur le fruit, un autre plus tannique, un dernier plus épicé » avoue-t-il. Quelques étiquettes connues remplissent la fonction de « rassurer le client ». Les vignobles de Bourgogne et de Bordeaux fournissent l’essentiel de la cave actuelle. D’autres origines comme l’Ardèche ou la Savoie sont là pour étonner en sortant des sentiers battus. Pour ses Alsace, Charly choisit lui-même, la plupart du temps sur place. « Je recherche des vins avec de la minéralité, secs ou perçus comme tels. C’est en bouche que ça se décide. Ce sont souvent des coups de cœur » dit-il. Il met régulièrement les vins de cinq domaines de vignerons indépendants sur sa carte. Mais n’écarte pas les autres. Un domaine a droit à trois références maximum. Ne pas dépasser 6 € au verre Affichant complet cinq soirs sur sept, l’établissement débite essentiellement ses vins au verre. « Cinq euros en moyenne. Je n’aime pas dépasser les six. Nos vins doivent rester abordables en prix » souligne Charly. La planchette classique de charcuterie et de fromage qui accompagne le vin est à 8 €. Le rouge, aromatique mais sans trop de complexité, est en tête des ventes. En blanc, c’est un côte de Gascogne, assemblage de petit et gros manseng, particulièrement apprécié du public féminin. Et les Alsace ? Un chardonnay en barrique, un vin de France né à Reichsfeld, est le plus demandé. Il précède le gewurztraminer, élu par des gens « souhaitant de la gourmandise ». Charly constate : « il arrive que des clients me demandent de les conseiller. Ils me disent être prêts à tout déguster, sauf l’Alsace. Le riesling est selon moi un des meilleurs vins du monde, mais ici les gens le boudent. J’ai cinq grands crus en cave. Mais je ne les sers que trop rarement. C’est désolant. En Bourgogne, les Bourguignons boivent du Bourgogne. Mais les Colmariens qui représentent 90 % de la clientèle consomment peu d’Alsace. Ils sont en revanche attirés par les vins étrangers. Le rouge italien plaît le plus ». Charly passe parfois outre afin de combattre les idées reçues. « Je fais déguster des Alsace en aveugle. Je surprends mes clients. Quand ils reviennent, j’ai gagné mon pari ». L’offre du Japadeunon va évoluer, en nombre de vignobles comme en vins. Charly a l’intention « d’élargir son offre en grands crus afin de mieux promouvoir l’Alsace ». Chaque trimestre, il invite un vigneron alsacien à parler de trois ou quatre de ses vins. « Ce sont les seuls servis lors de la soirée. C’est un peu compliqué au début. Il faut faire œuvre de pédagogie, promettre la surprise dans le verre. Une fois que les participants ont goûté, ils accrochent mieux ».

Cave historique des Hospices civils de Strasbourg

2017, de belles choses en perspective !

Publié le 29/01/2018

La première dégustation du millésime 2017, organisée par la cave historique des Hospices civils de Strasbourg le 16 janvier, a confirmé son bon potentiel et offert de belles surprises, notamment sur les pinots blancs.

La cave historique des Hospices civils de Strasbourg donne traditionnellement le coup d’envoi des dégustations du nouveau millésime de l’année. Vignerons, membres de la Sica (société civile d’intérêt agricole), œnologues, représentants professionnels parmi lesquels Gilles Neusch, directeur du Conseil interprofessionnels des vins d’Alsace (Civa), et amateurs éclairés ont été accueillis mardi 16 janvier par André Ruhlmann, vice-président de la Sica, et Christophe Gautier, directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Ce dernier a salué « ce partenariat unique » avec les vignerons, qui font vivre ce lieu historique « qui a résisté à tout, même au grand incendie de 1716 ». Il a chaleureusement remercié de leur présence Serge Dubs, meilleur sommelier du monde en 1989, le chef étoilé Marc Haeberlin, parrain d’honneur de cette édition, et la reine des vins d’Alsace, Justine Schmitt, qui apportent « un poids considérable à cette dégustation ». 98 échantillons, dont 8 crémants et 11 grands crus Cette première dégustation, qui a pour but de sélectionner les meilleurs vins destinés à être élevés quelques mois dans les chais de la cave, marque « le début d’une nouvelle ère vinicole », a indiqué André Ruhlmann. 98 échantillons de vins, dont 8 crémants et 11 grands crus, étaient proposés à l’agrément. Tous les cépages étaient représentés, sauf le muscat, « car un affinage dans les fûts lui ferait perdre son croquant ». « Cette dégustation n’est pas un concours, a précisé Pélagie Herzog, l’œnologue de la cave. Ces échantillons sont des bébés vins. » Un élément dont les dégustateurs doivent tenir compte. Si un vin n’est pas sélectionné, il peut être à nouveau présenté sous 15 jours. Parmi les huit tables de dégustateurs, celle de Christine Collins, de Strasbourg Événements, est tombée d’emblée sur une pépite : un pinot blanc, magnifique, qualifié de « bombe » par Philippe Junger, ancien responsable de la cave historique. Cette série a continué sur de très belles notes avec des vins équilibrés, élégants, sans défauts, malgré quelques rieslings « un peu fermés ». « De beaux vins dans l’ensemble » pour Christine Collins, « avec une mention spéciale pour les pinots, bien réussis ». Un avis partagé par Gilles Neusch, notamment sur le pinot noir, « un cépage puissant qui a une belle trajectoire depuis quelques années ». Luc Anstotz, directeur de la cave du Roi Dagobert, a souligné quant à lui leur moindre dosage en sucre, donnant « des vins plus secs, correspondant à une demande actuelle des consommateurs ». Les klevener dégustés sont d’une belle facture, longs en bouche, avec « beaucoup de gras, un nez vraiment sur du fruit, des arômes subtils sur une belle fraîcheur », a noté Daniel Ruff, président du syndicat viticole de Heiligenstein. Pinots gris hétérogènes, grands crus au top L’œnologue Francis Klee a remarqué deux rieslings grands crus, d’une belle fraîcheur, gustativement sur le versant sec. Il a été particulièrement séduit par des grands crus pinots gris, dont l’un « atypique » avec une acidité rafraîchissante, surprenante. Xavier Léon Muller, vigneron à Marlenheim, a par contre relevé des disparités sur ce cépage : trois pinots gris ont été refusés car « ils n’avaient pas assez de matière et trop de sucres ». Une série de quatre gewurztraminers a quelque peu déçu Bruno Hertz. Certains rieslings, quasiment prêts à boire, pas suffisamment évolués n’ont pas été retenus. « Un exercice compliqué » que celui d’anticiper le potentiel d’un vin. À la table de Stéphane Wantz, tout le monde a été unanime sur les sylvaners présentant « beaucoup de matière, avec une belle acidité arrière ». Au final, le comité a refusé 38 % des vins. 62 échantillons ont été acceptés. « Les refus sont en hausse », constate Pélagie Herzog, qui confirme « le sérieux des dégustateurs ». Les notes sont « très belles sur l’ensemble des cépages », notamment sur les sylvaners et les grands crus, de plus en plus nombreux. Ainsi les 9 grands crus sélectionnés ont obtenu des notes de 8,5 et 8. 50 % des pinots gris ont été refusés, notamment en raison de « leur caractère oxydatif ». Dans l’ensemble, la qualité est de mise pour ce millésime 2017, « avec de belles choses sur les vins de garde », a conclu Pélagie Herzog.

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