Viticulture

Dégustation du Guide Hachette 2019

Une « référence » dans l’air du temps

Publié le 27/01/2018

Les dégustations de sélection du Guide Hachette 2019 ont eu lieu la semaine passée à Colmar. Les 900 échantillons notés, départagés et commentés par des professionnels du cru, iront agrémenter cet ouvrage qui reste une référence pour de nombreux consommateurs, que ce soit dans sa version papier ou sur internet.

Trente-trois ans après sa création, le Guide Hachette des vins a toujours autant la cote auprès du public. En 2018, ce sont 90 000 exemplaires qui ont été imprimés, et entre 300 000 et 400 000 internautes ont visité chaque mois son site. « Notre guide est une référence pour beaucoup de monde », commente Stéphane Rosa, directeur du Guide Hachette. Avant de pouvoir y figurer, chaque vin doit être dégusté, noté et commenté par un panel de professionnels propre à chaque région viticole. « Cette approche collégiale par des professionnels du cru nous différencie d’autres guides réputés comme celui de Bettane & Desseauve ou de la Revue du Vin de France », poursuit Stéphane Rosa. Depuis quelques semaines, ce dernier arpente les vignobles français pour les différentes sessions de dégustation qui ont lieu chaque début d’année. L’étape alsacienne s’est déroulée la semaine passée, à la Maison des vins de Colmar, pendant trois jours. Au total, 900 échantillons ont été dégustés à l’aveugle et décrits de la manière la plus précise et la plus complète possible. « Cela permet aux auteurs de notre guide de faire des synthèses de qualité pour chaque vin », précise le directeur du guide. Un travail titanesque quand on sait que ce sont au total 45 000 vins qui sont dégustés dans l’ensemble du pays. Les 900 échantillons dégustés à Colmar étaient issus des millésimes 2016 et 2015 avec, pour ce dernier millésime, une plus grande proportion de Vendanges tardives (80 contre 31) et de Sélections de grains nobles (27 contre 10) que l’année précédente. Si le Guide Hachette des vins reste classique dans sa forme, il sait aussi évoluer pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation, et aux nouveaux profils des acheteurs. Ainsi paraîtront cette année les deuxièmes éditions du Guide Hachette des vins rosés, du Guide Hachette des vins bios ou du Guide Hachette des vins de moins de 15 euros. Des guides plus ciblés et moins chers qui reprennent le fonctionnement d’un site internet : la possibilité de filtrer sa recherche. « Ainsi, on touche plus spécifiquement certains publics. Des femmes, des citadins ou des personnes qui recherchent d’excellents vins avec un petit budget. Globalement, on se rend compte qu’on a de moins en moins de vins boisés et davantage de vins plus digestes, plus légers. On tâche de s’adapter à cette évolution. » À noter que le contenu de tous ces mini-guides reste bien présent dans le « gros » guide qui paraîtra au mois de septembre dans sa 35e édition. Toujours dans cette logique de modernisation, le Guide Hachette propose depuis le mois de décembre d’acheter sur son site des vins référencés dans ses pages depuis 2001. « C’est une vitrine qu’on propose aux viticulteurs qui le souhaitent, internet étant un canal de vente qui se développe fortement aujourd’hui », explique Stéphane Rosa. La partie logistique (stockage/expédition) est assurée par une entreprise spécialisée dans la vente en ligne de vins. Actuellement, ce nouveau point de vente de vins Hachette compte un millier de références.

Publié le 26/01/2018

L’attachement à ses racines est le moteur qui pousse Pierre Wolf à collectionner des outils viticoles et des équipements de cave. Nicole, son épouse, partage cette passion qui a permis de constituer un ensemble privé, unique en son genre.

« J’aime l’histoire ». À balayer d’un regard la grange qui présente sur deux niveaux toutes les trouvailles faites chez des particuliers, dans des brocantes, aux enchères et sur des marchés aux puces, on s’en doute un peu. Pierre Wolf est aussi un collectionneur. En une bonne quinzaine d’années, il a accumulé d’impressionnantes séries d’objets liés à la vigne et aux vins d’Alsace afin « de retracer l’histoire de la viticulture. De moins en moins de monde sait aujourd’hui qu’avant de devenir des domaines, les exploitations élevaient vaches, chevaux et cochons et cultivaient des champs dont seulement une part était plantée de ceps » dit-il. Pierre a démarré par une collection de tire-bouchons. Il a poursuivi avec les sécateurs, les serpettes, les boucheuses, des sulfateuses en cuivre, les premiers systèmes d’embouteillage à bac émaillé et à trois becs, les verrous à tonneau, les tonnelets et autres petits fûts. « Quand je tombe sur une belle pièce, mon cœur sourit. Je sais d’où sort chacune d’elle ! » lance Pierre. Il peut vous entretenir avec force détails de chacun de ces trésors récoltés du nord au sud de la route des vins, de Cleebourg à Thann. « Toutes mes connaissances sont le fruit des échanges que j’ai pu avoir avec tous ceux qui m’ont cédé ces pièces. C’était un régal de discuter avec eux » se souvient-il. Pierre est particulièrement fier de son plus ancien sécateur. Il date de 1820. « Il a gardé tout son tranchant » signale-t-il en invitant à passer le doigt sur la lame. Il est convaincu d’avoir mis la main sur le tire-bouchon primaire, précurseur de la débondeuse. L’air de rien, cette simple tige en fer à double vrille, s’élargissant dans sa partie haute, servait à déboucher les… tonneaux à l’époque où le vin était principalement véhiculé dans ce type de conditionnement. Pierre possède également les premières boucheuses utilisées en Alsace. « On peut suivre toute l’évolution des techniques » commente-t-il. La plus vieille est presque entièrement en bois. Seules les pièces les plus sollicitées sont en métal. Pierre s’est fait une spécialité des verrous à tonneau. Il les sélectionne en fonction de leur côté artistique. Il apprécie particulièrement l’un d’entre eux, en noyer massif, où une femme est alanguie, des raisins dans les cheveux, un petit cercle étant prévu pour y poser un verre. Il y a parfois des objets étonnants comme cette gourde de 15 litres vêtue de bois, dénichée dans un… monastère et des… lances ! « Au Moyen-Âge, les récoltes étaient tellement rares que l’on faisait garder les vignes aux vendanges par des gardes armés. Il existe encore quelques maisons de gardiens, comme au sommet de la côte de Heiligenstein » explique Pierre. Une collection qui ne se visite pas Sa collection est une manière pour Pierre de ne pas renier ses origines. S’il est un responsable de maintenance aux journées bien chargées, son arrière-grand-père et son grand-père étaient tonneliers. Ses parents étaient viticulteurs vendeurs de vrac et de raisins, puis de bouteilles sur 3,5 ha jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix. Il conserve donc comme la prunelle de ses yeux les témoins du passé viticole de sa famille : des façades de tonneau réalisées par ses aïeux, une douve de fût de 1828 sortie de la cave, la hotte en bois que portait son père. En compagnie de Nicole, « sa meilleure collaboratrice », Pierre a passé des « dizaines de week-ends » et des « milliers d’heures » à chercher, à réparer ces centaines d’objets et à leur aménager un lieu de présentation dans la maison de sa mère, à Mittelbergheim. Il a retapé lui-même les petites pièces. Il a compté sur Béatrice et Jean-Luc Schaeffer, un couple d’amis, pour restaurer des objets plus encombrants. Chaque année, la collection accapare un peu plus de mètres carrés. Pierre a déjà fait place nette dans une petite pièce où il exposera cette année encore des objets de son stock caché. En juin dernier, il a organisé une journée « portes ouvertes ». Plus de 150 personnes ont parcouru l’exposition. « L’idéal serait de l’ouvrir régulièrement » soupire Pierre. Car dans l’état actuel des choses, l’espace de présentation de Pierre et de Nicole Wolf ne se visite pas. « Ce serait trop compliqué de satisfaire aux normes imposées par la réglementation s’appliquant aux lieux accueillant du public. Cela suppose aussi d’avoir le budget pour » indique le couple. Il songe à un partenariat (encore hypothétique) avec une association afin que le patrimoine patiemment rassemblé profite à d’autres passionnés.          

Publié le 26/01/2018

Le vignoble alsacien constate une érosion de son chiffre d’affaires. À un problème de concurrence de plus en plus féroce s’ajoute une question de notoriété. L’Alsace a un problème d’image de marque. C’est pourquoi le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace a entrepris un grand chantier de rénovation de la marque Vins d’Alsace. Un chantier qui devrait aboutir à la présentation d’une nouvelle identité fin mars.

Existe-t-il un écart entre la perception des acteurs du vignoble et celle du public ? D’où vient la difficulté pour le public de bien reconnaître les vins d’Alsace : est-ce un problème d’uniformité dans les messages publicitaires ? Ou bien l’image des Vins d’Alsace nécessite-t-elle une petite cure de revitalisation ? Telles sont les questions que se pose le vignoble. Communément appelée « branding » dans le jardon du marketing, l’image de marque correspond à la perception qu’a le public d’une entreprise et de ses produits. Les consommateurs se font une idée d’une marque en fonction de leurs différentes expériences personnelles ou encore d’impressions qui leur sont suggérées, soit par les messages véhiculés par les médias, soit par leurs proches. Philip Kotler, le pape du marketing, estime que « tout l’art du marketing réside dans l’art de construction de la marque. Si vous n’êtes pas une marque, vous n’êtes qu’une marchandise - auquel cas seul le prix devient essentiel et celui qui produit le moins cher, sera le seul gagnant. » Le public se forge une impression d’une marque à partir de sa perception d’une multitude d’éléments concrets et abstraits. C’est pourquoi l’image « perçue » par le public diffère parfois de celle que l’entreprise a d’elle-même ou que celle-ci s’efforce de véhiculer. Pourtant, il est possible d’influencer favorablement cette perception et permettre in fine une meilleure valorisation de la marque sur l’ensemble des marchés. Un travail partagé dans le vignoble C’est pourquoi le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) a mis en place une série d’ateliers en collaboration avec des entreprises du vignoble (vignerons et chefs d’entreprise, responsables marketing…) pour construire l’image des Vins d’Alsace. Le préalable a été de définir les objectifs visés. Ensuite, les avantages différenciants du vignoble alsacien ont été listés. Vient enfin le temps du positionnement. « Le positionnement, c’est l’espace que j’occupe dans la tête des consommateurs. Il s’agit généralement d’une phrase courte qui résume l’image de la marque perçue par le consommateur », explique Tanguy De Prest, coach marketing au Civa. Pour développer l’image des Vins d’Alsace, trois éléments différenciants forts du vignoble, liés exclusivement aux vins d’Alsace, ont été déterminés. Le premier dénominateur commun du vignoble identifié est la diversité de ses terroirs. L’Alsace est une concentration de tous les types de sols présents dans le monde. Toutes les formations du primaire au quaternaire sont présentes. Cette diversité reflète la richesse et la diversité des vins d’Alsace. Le vignoble dispose de preuves pour étayer cet argument : un cataclysme géologique avec l’effondrement du bassin rhénan, la mer en Alsace, les vibrations d’un terroir puissant et unique (climat original et adapté, géologie, luminosité, énergies de la terre et du cosmos…), 51 grands crus, une mosaïque de terroirs avec 13 unités géologiques. Son deuxième atout est d’être une référence mondiale en vins blancs. Grâce à un savoir-faire éprouvé depuis des siècles, l’Alsace produit 90 % de ses vins en blanc, des vins frais, aromatiques, purs, sans artifices, emprunts de minéralité. L’Alsace est spécialiste des rieslings, liquoreux et effervescents, présente sur tous les marchés du monde, ayant obtenu de nombreuses reconnaissances, avec une gamme large pour tous les goûts et toutes les gastronomies. Enfin, les Vins d’Alsace se caractérisent par un vignoble à taille humaine, structuré par des familles, des hommes… Des domaines familiaux, des noms patronymiques sur les étiquettes, une histoire, un ancrage et un héritage fort, une identité alsacienne, une tradition d’accueil et de générosité (fêtes de villages, accueil en caves…), des parcelles de petites tailles, un travail artisanal, une conscience de l’environnement, des valeurs de respect… Sur la base de ces trois piliers, le Civa est parti à la rencontre de 40 entreprises pour analyser et croiser les retours de l’enquête de positionnement avec les conclusions des études consommateurs en cours de finalisation. Par ailleurs, plus de 1 000 entreprises du vignoble ont également reçu une invitation à donner leur avis sur ce travail de définition du positionnement. Des piliers à la construction d’une identité visuelle forte À partir de ces piliers, le Civa va élaborer une nouvelle identité visuelle. Difficile de trouver quelque chose de plus fondamental que l’identité visuelle dans la communication d’une entreprise. « En effet, l’identité visuelle va permettre à un consommateur d’identifier et de reconnaître le vignoble alsacien. L’identité graphique agit comme une marque de fabrique et véhicule des valeurs qui résonneront implicitement dans l’esprit d’un client », déclare Didier Pettermann, président du Civa. L’identité visuelle est définie par des codes graphiques réfléchis et elle permet de donner une uniformité et un sens à tous les documents produits. Logo, nom, signature de marque, couleurs, formes constitueront une charte graphique, véritable carte d’identité de la marque. Et maintenant le rendez-vous est donné en mars pour découvrir la nouvelle identité visuelle des Vins d’Alsace…

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