Viticulture

Colloque InvaProtect. L’enroulement viral de la vigne

De nombreuses questions en attente de réponse

Publié le 25/12/2017

Mieux cerner, mieux comprendre et mieux faire connaître la maladie de l’enroulement virale de la vigne, et ses vecteurs, les cochenilles, tels étaient les objectifs d’une des interventions du colloque InvaProtect qui se tenait le 9 novembre à Sainte Croix en Plaine.

La maladie de l’enroulement viral de la vigne affecte tous les cépages, mais les symptômes sont beaucoup plus visibles sur cépages rouges que sur blancs, introduit Étienne Herrbach, de l’Inra de Colmar. Les conséquences sont une réduction de croissance, une sensibilité accrue aux stress environnementaux et, ce qui est bien observable, les feuilles recourbées sur leur face inférieure, ce qui donne le nom aux virus « Grapevine Leafroll – associated virus »… Trois espèces de ce virus sont identifiées dans nos régions : GLRaV 1, 2 et 3. Et quatre espèces de vecteurs que sont deux cochenilles dites farineuses à cause de leur aspect, la bohémienne Heliococcus bohemicus, et celle du platane ou du pommier, Phenacoccus aceris ; ainsi que deux cochenilles à coques, la lécanine du cornouiller, Parthenolecanium corni, et la cochenille floconneuse de la vigne, Pulvinaria vitis. Une progression en ordre dispersé Des études spatio-temporelles de l’évolution de la maladie sur des parcelles permettent de visualiser différents cas de progression, plus ou moins dispersée, contenue pendant six années, progressive, mais aussi invasive en quelques années. Ce qui interroge les scientifiques… De quelques pourcents de pieds virosés, une parcelle de Bonzon en Bourgogne présente plus de 70 % de pieds atteints la cinquième année, en présence de la cochenille du platane. Dans une autre parcelle bourguignonne étudiée, la maladie ne s’est pas propagée pendant plusieurs années, sans doute faute du bon vecteur. Quant aux études en Allemagne dans le Palatinat et dans la région de la Nahe, ce qui frappe, c’est la dispersion spatiale diverse de la maladie. À partir d’un seul pied virosé en 2015, on retrouve 25 pieds en 2017, totalement aléatoirement répartis dans une parcelle de 735 pieds… Dans le cadre d’InvaProtect, les scientifiques et les conseillers remplissent d’abord un rôle d’avertissement et de pédagogie auprès du public vigneron sur la symptomatologie de cette maladie. Un dépliant a donc été édité à cette fin. Il est disponible sur le site de la Fredon*. Selon un questionnaire diffusé en Alsace (avec 75 réponses), 89 % des vignerons savent de quoi il s’agit quand on leur parle de cochenille et disent l’avoir déjà observée. Et 62 % disent connaître la maladie de l’enroulement. Globalement, s’ils identifient bien les cochenilles, la maladie induite de l’enroulement l’est en réalité beaucoup moins et, surtout, le lien entre les deux est méconnu. Il ressort également que la profession est demandeuse de plus amples informations. Attention à l’effet insecticide des fongicides Les enquêtes de terrain indiquent qu’il y a nécessité de mieux cerner cette maladie. Et qu’elle pose de réels problèmes de production aux dires des vignerons sondés. Une autre enquête repose sur des analyses de bois dans les différents vignobles des vallées rhénane et mosellane. Sur 305 échantillons de bois issus de 29 vignobles, 24 vignobles se sont avérés positifs à un des virus, soit une maladie présente dans 82 % des vignobles rhénans et mosellans. Mais il y a lieu également pour les scientifiques de mieux comprendre les mécanismes de propagation, d’affiner davantage la répartition spatiale des différentes cochenilles vectrices, de mieux cerner la biologie de la transmission, et enfin de comprendre les paramètres de l’évolution de la maladie. Christoph Hoffmann, du Julius Kühn Institut à Siebeldingen, s’interroge sur les facteurs de recrudescence de l’enroulement. Par exemple, l’évolution des usages de produits phytosanitaires sous l’effet de la réglementation ne serait-elle pas en cause ? Ou encore l’effet insecticide induit par des fongicides sur la faune auxiliaire régulatrice des cochenilles ? « La régulation naturelle des populations de cochenilles s’effectue normalement bien. Où l’équilibre du système est-il perturbé ? », questionne Christoph Hoffmann. On connaît pas moins de neuf ennemis naturels de la lécanine du cornouiller, à tous les stades de son développement, œuf, larve ou adulte. Les études en cours préciseront l’efficacité des insecticides ainsi que les désordres qu’ils peuvent causer sur la faune auxiliaire, susceptible de réguler les populations de cochenilles.

Publié le 22/12/2017

Depuis fin octobre, le domaine Jean-Claude Koehler et fils, situé à Westhalten, commercialise une nouvelle cuvée nommée 1621. Ce pinot noir récolté en 2015 et laissé 17 mois en barrique a été dévoilé en présence de la Reine des vins d’Alsace et de ses dauphines.

Justine Schmitt, Marie Grund, Clémence Bléger ont fait du Pinot noir « le leitmotiv de leur trio ». La reine des vins et ses dauphines ont toutes une histoire personnelle liée à ce cépage. Justine Schmitt est originaire d’Ottrott, l’une des terres du rouge d’Alsace, Clémence Bléger vient de Saint Hippolyte, autre village viticole bénéficiant d’une appellation communale. Quant à Marie Grund, elle fait partie de la famille Koehler et y a effectué un stage qui lui a donné la passion du vin, c’est ainsi qu’elle a convaincu Justine et Marie de mettre en lumière la nouveauté du domaine. Christian Koehler gère le domaine familial : « Il a été créé en 1621 (ce qui a donné son nom à la cuvée) et il est le premier à produire du pinot noir à Westhalten. Nous sommes la quatorzième génération avec un peu plus de 7 ha de vignes. Nous vinifions les sept cépages alsaciens et les déclinons en 25 produits différents, dont la cuvée 1621 ». « Récoltée en 2015, c’est une cuvée exceptionnelle, vinifiée à part, élevée sept mois dans des barriques provenant d’un grand cru de Bourgogne et bâtonnée une fois par mois afin de lui apporter du gras et de la persistance. La mise des 1 150 bouteilles a été effectuée à la fin du mois d’août » ajoute le viticulteur. Ce pinot noir est issu d’un terroir argilo-limoneux produisant 62 hectolitres par ha. Le packaging a été spécialement étudié pour cette cuvée : l’étiquette est en étain et le bouchon permet de garder le vin au-delà de 15 ans. Elle est vendue en étui de 1, 2, ou 3 bouteilles ou en caisse en bois de 6 bouteilles (25 euros l’unité). L’objectif affiché par Christian Koehler : « concurrencer les vins de Bourgogne ». Le viticulteur conseille de la garder encore quelque temps, mais Justine Schmitt s’empresse d’ajouter qu’il est également possible de le consommer dès maintenant avec un gibier, par exemple.

Nouvelle ligne de conditionnement à la cave d’Ingersheim

Un gain de performances, de réactivité et de place

Publié le 20/12/2017

Depuis deux mois, la cave Jean Geiler à Ingersheim met en carton ses crémants, cuvées spéciales et lots particuliers avec la ligne de conditionnement Isola 3 - Axipack fabriquée par la société italienne APE et vendue par Stevial. Une machine au gabarit réduit, 100 % automatique qui se veut très polyvalente.

Avec sa nouvelle ligne de conditionnement vendue par Stevial, la cave Jean Geiler à Ingersheim a fait le choix de la « souplesse et de la réactivité ». Cette Isola 3 - Axipack fabriquée par la société italienne APE est le nouvel outil à tout faire de la cave coopérative, capable de mettre en carton 5 000 bouteilles par heure, de la petite 37,5 cl à la bouteille de crémant. Tous les effervescents de la cave sont d’ailleurs mis en caisse avec cette nouvelle ligne depuis sa mise en production il y a deux mois. Elle sert également pour toutes les cuvées spéciales, les vendanges tardives et les petits lots particuliers. Les grandes séries de production, comme les vins tranquilles destinés aux grandes surfaces, continuent à être mises en carton sur la grosse ligne de conditionnement située juste à côté. Cette « encaisseuse, formeuse et fermeuse de carton » peut fonctionner de manière entièrement automatique ou semi-automatique en fonction des bouteilles et des lots à gérer. « C’est par exemple le cas pour les commandes où les bouteilles sont couchées dans le carton. Cela reste une opération à faire manuellement », explique Olivier Zink, technico-commercial chez Stevial. Pour les « encaissages » plus classiques, l’opérateur a juste besoin d’indiquer le gabarit des bouteilles dans la console de réglage, la machine fait le reste : le système de têtes avec préhenseurs prélève les bouteilles par les cols, la fermeuse plie les rabats et dépose un filet de colle qui scelle le carton. Le principal atout de cette ligne de conditionnement - outre sa grande polyvalence - est son « gabarit compact, idéal pour les espaces confinés », estime Olivier Zink qui ajoute que la cave Jean Geiler a non seulement gagné en encombrement, mais aussi en « finition, cadence et performance » avec ce modèle de la société italienne APE. Une référence qui semble plaire dans le vignoble alsacien puisque la Maison Cattin et la cave de Wuenheim, pour ne citer qu’elles, ont aussi fait le choix de cette « ligne à tout faire ». Pour Stevial, c’est la prolongation d’un partenariat de plus de vingt ans avec la cave Jean Geiler qui avait déjà fait appel à la société de Bennwihr en juillet dernier pour l’achat de sa nouvelle étiqueteuse rotative de la marque - italienne une nouvelle fois - Cavagnino & Gatti. Une autre référence prestigieuse à mettre en avant pour Olivier Zink et son jeune collègue Yohann, nouveau technico-commercial venu renforcer l’équipe de Stevial.

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