Distillerie Romann à Sigolsheim
« On veut se développer avec le vignoble alsacien »
Distillerie Romann à Sigolsheim
Publié le 30/11/2017
Avec sa nouvelle chaufferie gaz plus économique et écologique que l’ancien système au fioul, la distillerie Romann entend démontrer sa volonté de pérenniser son activité à Sigolsheim pour les prochaines décennies. Reste à équilibrer l’activité de l’année en cours en collectant les volumes de vins DPLC manquants, si possible alsaciens.
« On est ici pour longtemps. » À Sigolsheim, le directeur de la distillerie Romann, Erwin Brouard, affiche clairement les ambitions de son entreprise spécialisée dans la collecte et la valorisation des coproduits issus de la viticulture, filiale du groupe Grap’Sud depuis 2008. Après avoir déjà réalisé de nombreux investissements par le passé (station d’épuration, tour aéroréfrigérante, récupérateurs de chaleur sur la plupart des installations, chaudière biomasse, colonne, etc.), la distillerie vient de mettre en service sa nouvelle chaufferie gaz, en remplacement de ses trois chaudières au fioul lourd devenues « anachroniques ». Un investissement de 800 000 euros qui a pu voir le jour grâce au soutien financier de la Région Grand Est, et d’un partenariat étroit avec Engie Cofely, la filiale du groupe Engie spécialisée dans l’efficacité énergétique et environnementale. Cette dernière s’est occupée des travaux et a à charge la maintenance et l’exploitation de l’installation. Efficacité énergétique et performance écologique En consentant un tel investissement, la distillerie Romann - et par ricochet le groupe Grap’Sud - entend démontrer sa volonté de s’inscrire durablement dans le vignoble alsacien. « Une chaudière comme celle-là, c’est 20 ou 30 ans. Nous montrons que nous souhaitons pérenniser ce site », souligne Erwin Brouard. C’est aussi l’occasion de réduire la facture énergétique annuelle de 25 %, ainsi que l’impact environnemental avec une diminution de 44 % des émissions de gaz à effet de serre, soit 1 350 tonnes de CO2 par an. La distillerie de Sigolsheim a en effet de gros besoins énergétiques, puisque tout son process fonctionne avec de la vapeur, à raison de 6 tonnes par heure. Auparavant, c’était trois chaudières au fioul lourd à 2 tonnes/heure chacune qui permettaient d’y répondre. Désormais, cette seule chaudière gaz est capable de délivrer une performance similaire. Une « première » se félicite Erwin Brouard. Dans cet investissement de 800 000 €, il faut compter aussi plusieurs « périphériques » qui ont permis d’obtenir le soutien financier de la Région : un brûleur automodulant, une pompe avec un variateur de vitesse, une bâche sous vide pour économiser du traitement d’eau, ou encore la récupération de chaleur sur la fumée pour chauffer l’eau alimentaire. « Tout cela nous permet d’avoir une installation d’une grande efficacité énergétique et d’une grande performance écologique », explique Erwin Brouard. Autre atout de cette nouvelle chaudière : une stabilité de la production de vapeur qui permet d’améliorer les différents process, ainsi que des économies substantielles sur la consommation d’eau. Recherche DPLC made in Alsace Si la distillerie Romann souhaite s’ancrer durablement dans le vignoble alsacien, elle ne pourra pas le faire sans les viticulteurs du cru, notamment lors des années de faible récolte, comme c’est le cas cette année. « Sur les marcs et lies, nous suivons l’effet récolte. Cette année, nous savons que nous ferons 27 à 30 % de moins. Nous savons que dans le vignoble alsacien, certains volumes de marcs ne peuvent pas être amenés à la distillerie Romann. La situation est claire et sans ambiguïté pour nous. En revanche, nous sommes toujours à la recherche de liquides avant le 15 décembre, date limite de livraison des DPLC*. Il y aurait environ 30 000 hl de vin disponibles dans le vignoble, majoritairement des DPLC. Avec ce volume, nous pourrions espérer avoir une activité à l’équilibre malgré la faible récolte du millésime 2017. Ces trois dernières années, on a dû compenser les faibles volumes récoltés en Alsace en cherchant du liquide en Champagne et en Allemagne. Grâce à la récolte 2016, il y a cette année plus de DPLC en Alsace. Dans le cadre du développement de Romann, on souhaiterait qu’une grande majorité de viticulteurs nous suivent et nous amènent leur liquide », ajoute Erwin Brouard, avant de conclure : « Nous sommes une distillerie alsacienne qui veut se développer avec le vignoble alsacien ».












