Viticulture

Publié le 16/11/2017

À Mittelwihr, Anne-Christine et Philippe Blanck misent tout sur la simplicité de leur gamme de vins et de leur accueil. Ils accordent le plus grand soin au relationnel qu’ils entretiennent avec leur clientèle de particuliers afin de parvenir à les renouveler.

« Surtout ne changez rien ! » C’est le conseil que Anne-Christine et Philippe Blanck entendent régulièrement de la bouche des clients qui les visitent. Ce qui leur plaît par-dessus tout, c’est la cave ! Elle cumule les fonctions. Elle est tout à la fois un lieu de vinification, un hall d’accueil et un caveau de vente. Sur trois pans de mur disponibles, deux sont occupés par neuf fûts et le dernier par une caisse de stockage, une simple table et un chariot de dépose raisonnablement approvisionné par des bouteilles venant d’être étiquetées. Un plateau sur roulettes permet de préparer les cartons devant les clients. « Ils recherchent l’authenticité d’une exploitation familiale » explique Philippe. « C’est pourquoi je continue à vinifier en fûts de 8 à 37 hl. C’est ma fierté de travailler avec un tonneau dont se servait déjà mon arrière-grand-père. Le bois représente 75 % de ma cuverie. Dans l’imaginaire des gens, c’est aussi là que se fait le vin ». Philippe n’oublie pas non plus de préciser à ses visiteurs que toutes les vendanges sont manuelles et que tous les vins sont bouchés au liège naturel. Il veut ainsi incarner une viticulture de « tradition ». Ce mot est en quelque sorte sa marque de fabrique. Il est ainsi accolé à six des sept crus qui constituent sa gamme de vins de cépage. Philippe se contente pour l’instant de « choix classiques raisonnés » à la vigne où il vise une moyenne de 70 hl/ha. Il enherbe ses vignes un rang sur deux, désherbe chimiquement le cavaillon et encadre la fleur par deux systémiques. Il effeuille prudemment ses parcelles à la chute des capuchons. Philippe a suivi une formation HVE (Haute valeur environnementale) en 2015. D’ici cinq ans, il estime que la pression réglementaire sera telle qu’il lui faudra de bon ou de mauvais gré se passer de produits de synthèse, à tout le moins encore en réduire l’usage. En cave, Philippe pratique un simple ou un double débourbage. Il sulfite ses jus à 2-3 g/hl de SO2. Il les levure entre 5 et 10 g/hl. Il passe toutes ses cuves à la bentonite, en décidant d’une dose de 30 à 50 g/hl selon le cépage. Une analyse en janvier détermine s’il réalise un traitement complémentaire. Après fermentation et soutirage, il élève ses vins sur lies fines jusque vers la mi-mars. Si pinot gris et gewurztraminer sont abonnés aux 15 à 20 g/l de sucre restant, tous les autres blancs sont vinifiés à moins de 5 g. Son riesling 2016 a même été mesuré à 0,1 g. Philippe ne vend, ni ne produit de crémant. Il explique : « j’ai une belle demande en pinot blanc. Et je n’ai ni la structure, ni la place pour me lancer dans l’effervescent ». « Un travail de fourmi » « Mes vins tiennent la route » affirme Philippe. Il le faut car le bouche-à-oreille fait la réputation du domaine. « C’est 90 % de notre clientèle. Un restaurant et des propriétaires de chambres d’hôtes nous envoient aussi du monde » précisent Anne-Christine et Philippe. Ils ne courent aucun salon, mais privilégient les livraisons de commandes groupées par des clients « anciens et fidèles » qui au fil des ans « sont devenus des amis ». Sur les semaines qui précèdent Noël, Philippe prend la route tous les vendredis très tôt pour aller livrer un millier de bouteilles minimum, souvent dans l’ouest de la France. Quand la demande est là, il n’hésite pas à pousser trente kilomètres plus loin que son point de chute initial. « Celui qui achète trente-six bouteilles la première fois peut vous en acheter soixante-douze l’année d’après » dit, d’expérience, le viticulteur. Les ventes du domaine progressent de 1 à 3 % selon les années. « Nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Cela tient au contact, à la simplicité » indique le couple qui n’oublie pas de rappeler les personnes qui groupent les commandes. C’est aussi comme cela qu’il parvient à renouveler la clientèle. « C’est un travail de fourmi et de longue haleine » ne cache pas Philippe. Depuis une dizaine d’années, Anne-Christine et Philippe vendent 70 ares de raisins à chaque récolte. La moitié pour du crémant, l’autre sous forme de sylvaner et de riesling. Jusqu’à il y a deux ans, l’acheteur était un négociant. Pour des questions d’affinités, il s’agit maintenant d’une coopérative. Philippe se satisfait de la marche des affaires. Il est endetté « raisonnablement ». À moyen terme, il envisage de construire un bâtiment de stockage sur la réserve foncière qu’il possède. Il y déplacera le pressoir et pourra travailler de plain-pied. Pas question en revanche de toucher à la cave. Elle doit rester « le cœur de l’exploitation ».

2e dîner avec les Grandes Maisons d’Alsace

« Faire des particuliers des ambassadeurs de nos vins »

Publié le 16/11/2017

Près de 50 convives ont répondu à l’invitation des Grandes Maisons d’Alsace pour le deuxième dîner en présence de viticulteurs du groupe. La cadence est fixée à un diner par trimestre avec l’ambition de reproduire le modèle hors Alsace.

Les quatre viticulteurs s’accordent sur ce point : l’exercice auquel ils vont procéder ce soir n’est pas une nouveauté pour eux. Ce dîner avec les Grandes Maisons d’Alsace ressemble beaucoup aux wine-dinners pour lesquels ils sont sollicités à l’étranger, comme le relève Jacques Cattin Jr. Ici, il s’agit de « faire plaisir d’abord aux Alsaciens », souligne Marie-Paule Sturm Gilardoni, secrétaire générale du groupe des Grandes Maisons d’Alsace. « Nous passons souvent plus de temps à chercher une nouvelle clientèle, mais il ne faut pas délaisser celle qui est plus proche de nous », considère Anaïs Cattin. Cette initiative consiste en une soirée dans un restaurant « prêt à mettre l’Alsace en avant » avec un menu à 50 euros par personne, vins compris. Pour Laure Adam, du domaine Jean-Baptiste Adam à Ammerschwihr, il s’agit de « toucher les particuliers pour qu’ils deviennent les ambassadeurs de nos vins en proposant une belle sélection pour un prix abordable ». « Les dégustations en cave sont hors sol alors que l’on revient ici vers la destinée du vin, la table, ajoute Étienne Sipp, domaine Louis Sipp à Ribeauvillé. La cuisine a tellement évolué, il faut proposer des accords iconoclastes, exploser les modèles, donner confiance et oser. » Pour cela, chaque viticulteur a choisi de donner des cuvées emblématiques et/ou anciennes, absentes de la carte des vins du restaurant. Jean-François Kueny, maître de chais chez Dopff & Irion à Riquewihr, a par exemple sélectionné un riesling grand cru Schœnenbourg de 2000. « C’est un travail de pédagogie envers les consommateurs et parfois les restaurateurs, affirme Marie-Paule Sturm Gilardoni, avec comme objectif final d’avoir des vins d’Alsace au cœur de la carte des vins du restaurant. » Un travail qui n’est pas forcément nécessaire au restaurant de la gare à Guewenheim, son chef Michel Seidel étant un connaisseur de vin avec une cave riche de 1 500 références. « La phase de lancement de ces dîners est déjà très encourageante sachant que nous avons démarré en septembre », conclut la secrétaire du groupe. À partir de 2018, un dîner de ce type devrait être proposé par trimestre, toujours en Alsace, pour commencer.

Mois de la bio : Les plantes pour soigner la vigne

Dans le cadre du mois de la bio, le pôle conversion formé par l’OPABA et la Chambre d’agriculture d’Alsace proposait la thématique « Les plantes pour soigner la vigne ». Dans ce cadre, Corinne Diemunsch, exploitante agricole et viticultrice à Balbronn ouvrait les portes de son séchoir à plantes pour expliquer sa démarche. En parallèle de ses diverses activités, elle cultive entre 10 et 20 ares de plantes aromatiques.

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