Viticulture

Les vendanges tardives du Domaine Stirn

Mardi 17 octobre, le Domaine Stirn de Sigolsheim vendangeait des parcelles de gewurztraminer sur les hauteurs du village. Initialement prévue en vendange tardive la récolte aura finalement été revendiquée en sélection de grains nobles...

Publié le 20/10/2017

2 016 bouteilles de crémant prennent actuellement mousse dans les entrailles du fort de Mutzig. Elles donneront selon toute vraisemblance naissance à la « cuvée de la paix » qui servira à commémorer en 2018 le centenaire de la fin de la grande guerre.

Deux hommes ne sont pas de trop pour soulever l’épaisse plaque carrée en acier. L’ouverture donne accès à ce qui est devenu par la force des choses une cave. À près de quatre mètres en contrebas, l’œil distingue dans la pénombre les reflets argentés de la structure des mailles métalliques de quatre containers qui retiennent 2 016 bouteilles nues de couleur vert sombre. Elles contiennent un assemblage de 70 % de pinot blanc et d’auxerrois, de 20 % de pinot gris et de 10 % de chardonnay du millésime 2014. Elles reposent là depuis mars dernier pour prendre mousse. « La température est constante à 12-13°. C’est l’idéal » lance Bernard Bour, président de l’association du fort de Mutzig qui gère la partie du monument ouverte au public. Les murs qui entourent la pièce sont larges de 2,50 m. Pour y accéder, il faut franchir une première porte métallique, une deuxième, blindée, et emprunter un couloir. Une bonne échelle est indispensable pour atteindre les bouteilles. Les amener ici en mars 2017 a donc un peu tenu du parcours du combattant. Une quinzaine d’adhérents de la cave du Roi Dagobert a constitué une chaîne humaine depuis le plateau du tracteur qui a transporté le vin jusqu’à proximité de la cave improvisée. « L’endroit est bien sécurisé » glisse, pince-sans-rire, Christophe Botté, directeur de la cave du Roi Dagobert. Les bouteilles ressortiront de la même façon au printemps 2018. Une fois dégorgées à la cave, elles seront vraisemblablement étiquetées « cuvée de la paix ». Leur destin est d’ores et déjà tracé. Elles seront servies lors des événements qui commémoreront la fin de Première Guerre mondiale, en 1918. Le principal projet consiste à faire converger vers le fort le week-end des 29 et 30 septembre des marcheurs partis de Molsheim, Mutzig, Still et Soultz-les-Bains. Leur itinéraire d’une demi-douzaine de kilomètres environ les fera parcourir les vignes jusqu’aux plus proches de l’enceinte de la fortification, à une centaine de mètres à peine. La cuvée de la paix sera présentée à cette occasion aux 4 000 personnes attendues. L’association du fort s’en réservera un contingent pour ses propres manifestations. « Cette cuvée n’est pas une démarche marketing. Elle marque le coup, mais n’a pas vocation à être pérennisée » précise Christophe Botté. Une salle restaurée, une bouteille ouverte ! La première prise de contact entre l’association et la cave du Roi Dagobert remonte à une dizaine d’années. Le dynamisme de Bernard Bour et de son équipe de quatre-vingts bénévoles a fait le reste. Les deux entités sont devenues des partenaires. Au dos de chaque billet adulte vendu au guichet figure une invitation à se rendre à la cave pour y bénéficier d’une réduction. Chaque été, la cave met à disposition crémant, riesling et gewurztraminer pour des dégustations gratuites à une partie des 25 000 visiteurs qui passent annuellement sur le site. « Les gens ne viennent pas pour le vin servi à l’issue de leur périple dans les entrailles du fort. C’est un petit plus. C’est tant mieux si des synergies peuvent jouer sur le même territoire » juge Bernard Bour. L’association veut achever dans les trois ans les travaux de restauration de la partie du fort ouverte à la visite. Dans ce cadre, elle prévoit de consacrer une salle à la dégustation de vin de la cave, en attendant certainement que la même offre soit reprise par la boutique qui devrait être construite à terme à l’entrée du site. Et chaque fois qu’une salle est restaurée, comptez sur les membres de l’association pour l’inaugurer en débouchant une bouteille ! Question cuvées, la cave du Roi Dagobert n’en est pas à son coup d’essai. En 2014, elle a sorti la cuvée du millénaire pour saluer le début de la construction de la cathédrale de Strasbourg. Cette sélection de pinot gris a fait un tabac avec son étiquette reproduisant la rosace de l’édifice vue de l’intérieur. Elle a été pérennisée et étoffée avec un crémant qui reprend lui la rosace vue de l’extérieur. Une partie de la vente est versée à l’œuvre Notre-Dame qui gère le monument. Cette année, la cave, trois vignerons indépendants de Traenheim et un de Balbronn ont décliné la cuvée 1517 en riesling, pinot gris, pinot noir et crémant pour célébrer les 500 ans de la Réforme. La cave a livré l’effervescent. Ces initiatives plaisent parce qu’elles « confèrent une connotation historique et culturelle à un vin de qualité. Elles n’ont aucun aspect commercial. Mais elles servent l’image et la notoriété des vins en général, celle de Dagobert en particulier » souligne Christophe Botté.  

Les feux en Californie

Californian tragedy

Publié le 19/10/2017

Avec les feux géants, la Californie et en particulier son vignoble, le quatrième plus grand du monde, vit l’une de ses plus grandes tragédies. Un point sur la situation et le témoignage de Sébastian Erggelet, du Kayserstuhl, travaillant actuellement dans une winerie de Napa Valley .

Nous avons contacté Sébastian Erggelet pour nous livrer son témoignage de la situation de la Californie actuellement en proie aux flammes d’un gigantesque incendie qui affecte plus particulièrement la zone viticole du nord de San Francisco. Il travaille actuellement dans une winerie de Napa.   « Le feu a commencé dimanche 9 octobre. Il y avait des vents violents. Nous n’avions reçu aucune pluie depuis cinq mois », témoigne Sébastian. Lundi et mardi, la situation a d’autant plus empiré que « nous étions sans électricité et donc sans aucune communication, ni par téléphone, ni par internet ». Coupée du monde, la population a été durant deux jours plongée dans l’inquiétude voyant de surcroît les feux sur les collines cerner la ville de Napa. « Nous avons vécu une situation chaotique. » Mercredi 11 octobre, « l’électricité a été rétablie, et on a retrouvé les communications. On a commencé à voir des canadairs, des hélicoptères. Et les feux ont commencé à être maîtrisés. L’air était devenu irrespirable », ajoute Sébastian. En date du 16 octobre, la Nasa a fait le point sur une situation encore critique sur le front des incendies avec toujours des problèmes majeurs de feux de forêt autour des régions de Napa et de Sonoma Valley. Sans compter les feux plus au Nord autour du Mont Sainte Hélène et d’Oakmont, qui ont fait 22 morts, et détruits 3 947 habitations. Des pluies étaient enfin annoncées pour cette fin de semaine, levant l’état d’urgence. Mais avec plus de 50 morts, une centaine de portés disparus, 100 000 ha brûlés et 5 700 structures d’habitations détruites, la Californie fait face à l’une de ses plus grandes tragédies de son histoire. À Santa Rosa, dans le comté de Sonoma, 40 000 des 175 000 habitants ont été évacuées. La ville totalise 2 834 habitations, commerces et autres bâtiments détruits. « Les vignobles ont joué le rôle de pare-feu », explique Sébastian Erggelet. L’impact global sur la production aura une portée psychologique. Sur les quelque 1 200 établissements vinicoles des comtés de Mendocino, Napa et Sonoma, qui représentent environ 12 % de la production globale de raisins de Californie (85 % de la production de vin des États-Unis), 90 % des raisins dans la vallée de Napa et dans le comté de Sonoma, et 75 % dans le comté de Mendocino, ont été vendangés avant le début des feux, indique Karissa Kruse, présidente de la Sonoma Grape Growers. Parmi la trentaine de wineries détruites, on compte cependant quelques noms emblématiques comme Signarello, William Hill estate, Château Saint Jean…

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