Viticulture

Stone Industrie - Groupe Costral

À la (re)conquête du vignoble alsacien

Publié le 19/10/2017

Pour remplacer sa ligne d’embouteillage obsolète, le domaine Jean-Baptiste Adam, à Ammerschwihr, a choisi la solution proposée par Stone Industrie : un monobloc rinçage tirage bouchage capsulage hyperpersonnalisé. Avec cette nouvelle référence prestigieuse à son actif, Stone Industrie espère bénéficier d’une belle vitrine de son savoir-faire dans le vignoble alsacien.

« Quand on vend une bouteille à un certain prix, il faut que tout soit parfait ! » Comme tout bon viticulteur qui se respecte, la qualité n’est pas négociable pour Jean-Baptiste Adam, héritier d’une longue tradition familiale née il y a un peu plus de 400 ans à Ammerschwihr. Alors, quand il s’agit de remplacer sa ligne d’embouteillage composée de plusieurs machines obsolètes, il n’hésite pas à mettre les petits plats dans les grands pour apporter « ce qu’il y a de mieux » à son entreprise. L’idée est de remplacer cette ligne d’embouteillage morcelée par un seul monobloc qui fasse à la fois le rinçage, le tirage, le bouchage, le capsulage à vis et l’inertage. La réflexion démarre en novembre 2015. Conscient de l’enjeu économique qui accompagne un aussi lourd investissement, Jean-Baptiste Adam décide d’impliquer toute son équipe, mais aussi ses potentiels successeurs que sont sa fille et son gendre, pour réfléchir ensemble à cette nouvelle ligne d’embouteillage. Très vite, deux choix restent sur la table : la proposition du fabricant isérois Stone Industrie - repris en 2010 par la société Costral de Riquewihr - et celle d’un concurrent italien. « C’était un choix cornélien car les deux proposaient un produit de très grande qualité. Mais au final, notre choix s’est porté sur Stone Industrie au vu de la qualité du service après-vente déjà éprouvée chez Costral. Notre précédente ligne d’embouteillage venait de chez eux, et je dois dire que cette expérience réussie a clairement motivé notre décision, avant le prix », reconnaît Jean-Baptiste Adam. En cas d’une panne éventuelle, il sait qu’il pourra compter sur la réactivité des équipes de Costral, le cas d’échéant. « On essaie d’abord de résoudre le problème par téléphone, et ensuite en interrogeant la machine à distance via une connexion par modem. Si cela ne suffit pas, notre équipe sur le terrain prend aussitôt le relais pour une intervention rapide sur site », développe le PDG de Costral et de Stone Industrie, Frédéric Kuhlmann. « Performante », « confortable » et « propre » Quitte à investir dans un outil qui sera au moins présent pendant vingt ans, autant opter pour quelque chose qui facilite le travail des opérateurs tout en garantissant l’exigence du process de fabrication. Fini le maximum de 3 500 bouteilles/heure possibles avec l’ancienne ligne, place à un potentiel de production de 6 000 bouteilles/heure. Un doublement des capacités de production qui n’est pas là pour augmenter les cadences à tout prix, indique Jean-Baptiste Adam. « Ce n’est pas notre objectif. On voulait surtout travailler qualitativement, quelle que soit la situation rencontrée. Ainsi, la machine est capable d’avoir des pics d’accélération sans que cela nuise à la qualité de la production. On a certes une machine un peu surdimensionnée, mais c’est un sacré confort de travail pour les équipes. » La ligne d’embouteillage est surtout parfaitement adaptée aux contraintes de production de la maison Adam. Entre les vins bios, ceux en biodynamie, ou ceux en production plus conventionnelle, le catalogue proposé à la clientèle est très riche et diversifié. Dans ces conditions, il faut que tout roule « parfaitement », sans hésitation ou perte de temps. « Quand on met un vin en bouteille, on veut être tranquille et ne pas avoir des problèmes de refermentation, ou des niveaux de SO2 mal réglés, souligne le viticulteur. On veut aussi éviter les poussières qui volent ou les autres impuretés qui pourraient se glisser ici ou là. » Dans le cas présent, aucune matière sèche n’est présente dans le local qui abrite la ligne d’embouteillage. Tout est stocké sur une mezzanine située au-dessus de la machine, le tout est relié par un large tuyau. « C’est la machine qui gère automatiquement les besoins en capsules et bouchons », note Grégory Beldame, œnologue et commercial chez Costral. La gestion des différentes bouteilles a également été grandement facilitée. « On gagne un temps précieux sur les réglages. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour préciser quel type de bouteille il faut remplir, et la machine s’occupe du reste. Chaque format de bouteille a son programme qui a été configuré avant la livraison par les équipes de Stone », poursuit Jean-Baptiste Adam. Enfin « prophète » en son pays ? Le fait de pouvoir bénéficier d’une ligne d’embouteillage hyperpersonnalisée a joué grandement dans la prise de décision finale. « Le credo de Stone Industrie, c’est l’embouteillage sur mesure. Chez eux, chaque cahier des charges est unique, de 3 500 à 25 000 bouteilles par heure. Chez Costral, en revanche, nous proposons des produits catalogue que l’on peut adapter à la marge, et limités à 3 500 bouteilles par heure », fait remarquer Frédéric Kuhlmann. Une complémentarité entre les deux entités qui lui tient à cœur, et qui permet aujourd’hui à son groupe d’être le numéro 2 mondial de l’embouteillage petite cadence. Seule petite ombre au tableau, un marché local encore trop peu développé. Très présent à l’export, Costral n’est pas encore devenu « prophète en son pays ». Et que dire de Stone Industrie qui a véhiculé pendant longtemps l’image d’une société « vieillissante » dans le vignoble alsacien. « C’est une société qui a 70 ans d’existence et qui jouit d’une réputation très différente d’une région à l’autre. Dans les vignobles du Sud-Ouest ou du littoral méditerranéen, c’est une référence, souvent favorite dans les appels d’offres. Chez nous, beaucoup ont encore en tête la société qui fabriquait des laveuses de bouteilles recyclées, chose qui n’existe plus vraiment depuis quelque temps », développe le PDG de l’entreprise. En concluant l’affaire avec la maison Jean-Baptiste Adam, Stone Industrie et Costral disposent désormais d’une « belle référence » dans une maison « prestigieuse » du vignoble alsacien. Et il semblerait que cela ne soit que le début puisqu’un second opérateur du cru a lui aussi opté pour une ligne d’embouteillage Stone, quelques semaines après voir découvert celle du domaine d’Ammerschwihr.

Publié le 19/10/2017

Nouveau logo, nouvelle plaquette, nouvelles actions de communication : le groupe des producteurs-négociants en vins d’Alsace, rebaptisé Les Grandes Maisons d’Alsace, donne rendez-vous aux restaurateurs et aux amateurs de vins d’Alsace à travers des dîners gastronomiques tournants en Alsace, dans des restaurants réputés pour leur carte des vins. Le 2 novembre, c’est au Restaurant de la Gare à Guewenheim qu’aura lieu l’événement.

C’est heureux pour le vignoble, un groupe de 32 producteurs-négociants en vins d’Alsace s’est fédéré autour d’un même projet de communication ambitieux et « porteur d’image valorisante » : des dîners gastronomiques d’exception en présence des producteurs-négociants et du sommelier Pascal Leonetti. « Il fallait rebooster la maison, déjà se faire connaître en Alsace », introduit Pierre Heydt-Trimbach, président des Grandes Maisons d’Alsace, c’est la nouvelle dénomination des producteurs-négociants en vins d’Alsace. Il s’inscrit dans un mouvement général de constitution de groupes professionnels dans le vignoble alsacien (ACT, DiVINes, Jeunes vignerons du Synvira) qui unissent leurs forces pour porter haut les couleurs du vin d’Alsace. Avec une certitude : « Globalement la qualité des grands vins d’Alsace est actuellement sous-valorisée », constate Pierre Heydt-Trimbach. Le groupe a confié au sommelier Pascal Leonetti le soin de « redonner aux vins d’Alsace des lettres de noblesse » à la hauteur des accords gastronomiques qui seront proposés dans ces « dîners d’exception avec Les Grandes Maisons d’Alsace ». Une formule gastronomique à prix attractif La formule de chaque soirée a de quoi séduire : un grand restaurant choisi pour les efforts qu’il consacre à sa carte des vins, un repas gastronomique, et à chaque fois quatre Grandes Maisons d’Alsace représentées pour commenter leurs vins et les commentaires didactiques du sommelier pour les accords. Le tout pour 50 euros. À ce tarif-là, cet événement gastronomique va jouer à guichets fermés… « Nous visons aussi les jeunes générations, et c’est un plaisir de rendre accessibles certaines cuvées à ces occasions », ajoute Laure Adam, membre du groupe. Un premier dîner de lancement s'est déroulé à la Taverne Alsacienne du chef Jean-Philippe Guggenbuhl, à Ingersheim. Les producteurs-négociants ne cachent pas non plus leur ambition de « faire du lobbying auprès des restaurateurs », locaux dans un premier temps, car « combien de fois je vais dans des restaurants où les sommeliers nous proposent autre chose que du vin d’Alsace », déplore Pierre Heydt-Trimbach. « Même les Alsaciens de Strasbourg et de Mulhouse ne connaissent pas les vins d’Alsace », confirme Pascal Leonetti pour qui, Strasbourg notamment « devrait être une évidence pour le vignoble ». Et globalement, « les Alsaciens n’ont pas conscience des trésors qu’il y a dans leur région. Collectivement, il y a quelque chose à faire régionalement », observe Jacques Cattin Jr. S’inscrire dans la durée Puis la formule de ces dîners d’exception avec Les Grandes Maisons d’Alsace devrait s’exporter dans d’autres villes, Paris, New-York… : « On souhaite prendre le temps avant de monter en puissance, mais notre action s’inscrit dans la durée, il s’agit de faire parler de nous, de créer de l’émulation », explique la secrétaire générale du groupe des Grandes Maisons d’Alsace, Marie-Paule Sturm-Gilardoni. Qui ne fait pas mystère de formuler le vœu que d’autres groupes professionnels constitués du vignoble fassent de même. Quant au groupe des Grandes Maisons d’Alsace, il dispose d’un nouveau logo, d’une nouvelle plaquette, il projette également d’autres manifestations d’envergure. « Il y a un sentiment d’appartenance à une famille professionnelle. Cette initiative du groupe communication marque la volonté forte de promouvoir les vins d’Alsace dans une démarche humble et généreuse », explique Jacques Cattin Jr.

Publié le 19/10/2017

En prenant leurs précautions dès la phase d’extraction, les vinificateurs semblent avoir mis les chances de leur côté pour livrer un millésime 2017 mariant harmonieusement maturité et acidité.

Nicolas Secondé, œnologue chez Arthur Metz. Quelque 70 000 hl vinifiés en 2017. « Nos apporteurs ont été très vite sensibilisés à l’hétérogénéité de la récolte. Nous leur avons indiqué des valeurs cibles de richesse. Ils s’y sont tenus. Les raisins sont rentrés dans un état sanitaire très variable. Sur la même grappe, des baies mûres voisinaient avec d’autres qui ne l’étaient pas. Depuis trois ans, nous séparons les jus pour les vinifier séparément. En 2017, c’était encore davantage un enjeu. Nous avons fractionné trois jus par pressoir, pour le crémant comme pour l’AOC Alsace. La stratégie de pressurage a été adaptée par cépage et par niveau de maturité. Les levures, le niveau de turbidité de 50 NTU plus ou moins 25 et la température de fermentation de 14 à 18° ont été déterminés selon les mêmes critères. Quelques collages ont été effectués avec de la colle de poisson ou des protéines de pois sur raisins moins mûrs afin d’éliminer les amertumes décelées à la dégustation. Mais c’est resté très limité au final. L’objectif est d’obtenir des vins droits et élégants. Les jus présentent une belle trame acide qui permet d’envisager sereinement l’avenir ». Christian Engel, du domaine bio éponyme à Orschwiller. Autour de 1 200 hl vinifiés en 2017. « J’ai été impressionné par les degrés : des pinots noirs à 13,5° et blancs entre 12,5 et 13,6°. Même en commençant tôt, j’ai rentré des rieslings en surmaturité à 13-13,5°. Heureusement que les acidités sont bonnes ! Il y avait peu de jus de goutte dans les bennes. L’extraction a été plus longue car les raisins sont plus gros. J’ai pressé tous les cépages sur huit heures au lieu de six habituellement. J’ai débourbé vingt-quatre heures au maximum. Je n’atteins pas les 10 hl de bourbes sur 20 ha ! Au départ, j’ai levuré quelques dessus de cuve à 5-6 g et j’ai laissé monter à 21-22°. J’ai utilisé un peu d’enzymes sur gewurztraminer. J’ai collé les protéines durant et après fermentation à une dose de 80 g/hl de bentonite pour sylvaner et gewurztraminer, à 20 g pour tous les autres. Les premiers jus sont nets, sans les traces de cuivre que je craignais au départ. J’ai déjà soutiré des vins au bout de quatre semaines. J’ai un pinot noir qui macère depuis début septembre. 2017 est une année sympathique en cave. Ce sera un millésime typique de l’Alsace ». « Facile à vinifier » Daniel Noll, Eàrl Charles Noll à Mittelwihr. 300 hl vinifiés en 2017. « Tous mes raisins provenant des terrains lourds autour du domaine étaient sains avec des rieslings à 11,5 et à plus de 12, des pinots gris et des gewurztraminers au-dessus de 13. J’ai appliqué mon programme traditionnel de vinification. J’ai pressé trois heures et demie en montant jusqu’à 1,8 bar. J’ai chaptalisé de 0,5° un muscat et un riesling pour les monter à 12°. J’ai sulfité à 4 g/hl, débourbé à froid, enzymé et levuré à 10 g/hl tous mes lots. Je n’ai pas eu à coller, mais comme chaque année j’ai traité entre 40-50 et 70-80 g/hl de bentonite car le secteur est connu pour avoir souvent des problèmes de protéines. Les fermentations ont débuté en trois jours. Elles sont régulières et ne dépassent pas les 22-23°. Les premières sont achevées. Les vins sont prêts à être soutirés. Les rieslings qui sont encore d’habitude très fermés à ce stade expriment déjà leurs arômes. Globalement les acidités sont bien perceptibles. Dans mon cas, 2017 est un millésime facile à vinifier ». Jean-François Kueny, œnologue à la cave de Pfaffenheim. Environ 18 000 hl vinifiés en 2017. « L’état sanitaire est irréprochable. L’acidité moyenne tous cépages confondus s’établit à 5 g/l en sulfurique. Les pinots blancs titraient 12-12,5°, les rieslings 12° et les pinots gris 13,5-14°. Après deux heures trente de pressurage jusqu’à 1 500 millibars, les raisins qui étaient rentrés à 22-23° ont été descendus à 14° et sulfités à 5 g/hl. Ils n’ont pas été enzymés, mais centrifugés pour les ramener à 300 NTU, puis débourbés avec un objectif de 100 NTU. J’ai levuré toutes les cuves à 10 g/hl en utilisant cinq levures différentes selon le terroir et le cépage. Les fermentations se déroulent à 20-22°, 20° au maximum pour sylvaner et riesling. J’ai collé à la bentonite en préventif à 100 g/hl des gewurztraminers et des sylvaners riches en matière, à 80 g les autres blancs et à 50 g le pinot noir. J’ai détecté très peu de mauvais goûts. Les pinots bancs sont aromatiques et déjà croquants en fermentation. Les pinots noirs avec une belle acidité, et gris avec un côté fruité et fumé, compteront selon moi parmi les réussites de l’année. Les génériques s’annoncent comme des vins équilibrés à 13,2 d’alcool en moyenne. Le rapport acidité/maturité est une jolie surprise ». Propos recueillis entre le 28 septembre et le 2 octobre 2017    

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