Viticulture

Chez Jean-Luc Galliath à Bergholtz

Encore hébergés chez le viticulteur

Publié le 17/09/2017

Rares sont encore les viticulteurs qui hébergent leurs vendangeurs en Alsace. Jean-Luc Galliath à Bergholtz est l’une de ces exceptions. Chaque année, il retrouve avec plaisir deux Vosgiens qui viennent renforcer son équipe. Rencontre…

Il s’agit de sa 41e vendange chez le viticulteur haut-rhinois. Il n’a jamais vendangé ailleurs. Et surtout pas chez lui où il n’y a pas de vignoble. Philippe Laurent habite à Grandvillers, une petite commune non loin d’Épinal dans les Vosges. À 57 ans, il est en fin de carrière et travaille dans le pompage de béton. Et c’est au tout début de sa carrière professionnelle qu’il rencontre Jean-Luc Galliath. « Je bossais pour mon entreprise dans un hôtel non loin de Bergholtz. J’ai croisé quelqu’un qui vendangeait chez lui et qui m’a demandé si cela pouvait m’intéresser. J’ai eu envie d’essayer. Cela s’est très bien passé. Depuis, je reviens chaque année », raconte Philippe Laurent. À l’époque, partout dans le vignoble, la plupart des vendangeurs étaient hébergés. Cela se déroulait dans la convivialité. Le travail était prenant en journée. Et le soir venu, c’était la fête. Petit à petit, les contraintes administratives, l’évolution sociétale, mais également les disponibilités des potentiels vendangeurs ont fait que ce qui était la règle est devenu une exception. Philippe Laurent est ravi de poursuivre l’aventure. « Avec mon employeur, c’est très clair. Il sait que pendant trois semaines, je suis ici. J’ai commencé comme simple coupeur avant de pouvoir assumer quelques responsabilités », se félicite le Vosgien. En réalité, Philippe Laurent est devenu son bras droit, son homme de confiance. « Il connaît toutes mes parcelles. Après toutes ces années, il a également bien compris ma philosophie de travail. Une relation amicale et professionnelle existe désormais entre nous. Du coup, je lui fais entièrement confiance. C’est lui qui s’occupe des vendangeurs en tant que « chef d’équipe ». Quand je ne suis pas là pour une raison ou une autre, je sais qu’il est là et que cela va bien se passer », précise Jean-Luc Galliath. Depuis neuf vendanges, Philippe Laurent est accompagné d’Alain Crépin. Domicilié à Épinal, ce jeune retraité de La Poste, âgé de 63 ans, n’a pas hésité à suivre son ami. « Quand j’étais en activité, c’était impossible de me libérer. Dès la retraite, j’ai suivi Philippe qui me parlait des vendanges depuis de nombreuses années. Cela me permet d’être actif. J’apprécie cette période. Ici, on bosse dans la convivialité. Cela change du « train-train » quotidien. Et, du coup, cela me permet de mieux comprendre comment on fait le vin. Pour ma part, je coupe, je vide les seaux. Et puis je prépare la caisse de boisson », ironise Alain Crépin. Les deux Vosgiens sont arrivés sur l’exploitation samedi 28 août. Ils sont hébergés au sein même du domaine, dans la maison de la maman de Jean-Luc. « Héberger davantage de monde, c’est trop difficile car je n’ai pas de locaux disponibles pour le faire. Il y a 40 ans, c’était plus facile. Les vendanges duraient une dizaine de jours. Aujourd’hui, entre le crémant, l’AOC Alsace, les vendanges tardives, les vendanges sont très étalées. Avec Philippe et Alain, c’est simple et clair », ajoute le viticulteur. Rester ensemble Pour l’équipe de vendangeurs, une dizaine de personnes au total, la journée démarre avec un petit-déjeuner en commun à 7 h du matin, puis direction les vignes dès 8 h et jusqu’à 17 h environ. Le repas de midi est pris dans les vignes. Les journées peuvent être raccourcies par la pluie ou les grosses chaleurs. Ou encore, comme cette année, si le millésime est pingre en quantité. « Nous respectons un strict planning des vendanges. Je suis coopérateur chez Wolfberger. Je procède par étapes bien définies. On a débuté par les crémants qui représentent 50 % de la surface totale chez moi. Ensuite, pour l’AOC, on a commencé à vendanger les parcelles de pinot blanc. Je pense terminer vers le 13 septembre, sans compter mon grand cru Spiegel. Pour les vendanges tardives, on verra. C’est un millésime très atypique », note Jean-Luc Galliath. Après chaque journée de vendange, l’équipe de vendangeurs prend l’apéro. « C’est très important de rester ensemble. Il y a un temps pour tout. Le travail évidemment, mais la convivialité également. Cela permet d’entretenir les relations, l’amitié ». Un apéro qui se prolonge en soirée pour Philippe et Laurent avec le dîner et d’autres moments festifs. Des moments qui permettent aux Vosgiens de l’affirmer sans détour. « Nous serons encore là l’an prochain ».

Zones non-traitées (ZNT)

Un arrêté pour clarifier les choses

Publié le 14/09/2017

Le 8 septembre, le préfet du Haut-Rhin a signé le nouvel arrêté définissant les zones non traitées (ZNT) à proximité des points d’eau. D’ici quelques mois, chaque commune du département disposera d’une cartographie « lisible » élaborée collectivement entre la profession agricole, les associations de protection de l’environnement et les services de l’État.

« Les agriculteurs pourront enfin faire la différence entre un cours d’eau et un fossé ! » Le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass, ne cache pas sa satisfaction à la vue de l’arrêté relatif à la définition des points d’eau signé le 8 septembre par le préfet du département, Laurent Touvet. Finies les approximations des cartes IGN qui « ne constituaient pas une référence parfaite en la matière ». D’ici quelques mois, chaque commune du Haut-Rhin disposera d’une cartographie très précise, réalisée au plus près du terrain, par celles et ceux qui l’arpentent au quotidien. Cet arrêté préfectoral - rendu possible par l’arrêté ministériel du 4 mai 2017 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants - est le fruit d’un consensus entre les organisations professionnelles agricoles (FDSEA, Ava), l’association Alsace Nature et l’État. Le public a également été consulté en amont sur le projet d’arrêté. Une quarantaine d’observations ont été formulées et « examinées avec soin ». « Il y a une volonté commune de travailler ensemble en écoutant l’opinion de l’autre », se félicite Laurent Touvet. Denis Nass voit dans ce travail collectif la validation des efforts entrepris par le monde agricole envers la protection de l’eau. « Viticulteurs et agriculteurs ont fait beaucoup de choses dans notre département. Cela montre que nous sommes sérieux dans ce dossier et nous continuerons à l’être pour le bénéfice de tous. » Un état d’esprit dont se félicite le président d’Alsace Nature, Daniel Reininger, qui souligne le fort « taux d’acceptation » des exploitants de l’arrêté de 2006 (annulé en juillet 2016 par le Conseil d’État pour vice de procédure) qui interdisait tout traitement à moins de cinq mètres d’un plan d’eau ou d’un cours d’eau. « À partir de maintenant, nous allons pouvoir mettre l’accent sur les zones les plus sensibles, là où la menace sur la qualité de l’eau est plus forte », poursuit-il. Bien sûr, certains secteurs susciteront davantage de débats que d’autres, notamment en montagne. Denis Nass en est conscient et compte bien faire le tour du département pour expliquer aux exploitants le rôle essentiel qu’ils ont à jouer dans ce travail d’identification. « Le plus important est que nous aboutissions à un document qui soit accepté de tous, à un outil qui permettra de savoir ce qu’on peut faire et ne pas faire », complète Daniel Reininger. Cette nouvelle cartographie va prolonger et valoriser un travail collectif - démarré il y a deux ans et bientôt terminé - de définition partagée des cours d’eau. Plus de 2 200 km (sur un total de 3 000 km) ont déjà été examinés par les équipes de la DDT et l’Agence française de la biodiversité. L’ensemble des partenaires du domaine de l’eau a été associé aux réunions d’examen de ce travail qui a abouti à la publication - sur le site internet de la préfecture du Haut-Rhin - de cartes représentant un linéaire de plus de 1 400 km. « Des expertises partagées complémentaires seront donc nécessaires pour évaluer le risque de transfert de pollution vers le milieu naturel depuis de simples fossés qui peuvent, à certaines périodes de l’année, contenir et entraîner de l’eau », développe Laurent Touvet. Cette nouvelle cartographie va également permettre de simplifier l’application de la réglementation. Ainsi, en chaque point du réseau hydrographique, l’agriculteur ou le viticulteur pourra savoir à quelles réglementations il est soumis : Loi sur l’eau, Zones Non Traitées, règles de « bonnes conditions agricoles et environnementales ».

Civa - 4e contrôle de maturité

La ligne 2015

Publié le 14/09/2017

Au quatrième contrôle de maturité, les courbes d’accumulation des sucres ont légèrement fléchi tandis que l’acidité suit une ligne 2015 et reste remarquable tant pour les pinots que pour le riesling…

Démarrées avec un potentiel d’acidité supérieur à 2015, et assez remarquable au regard de la précocité, les courbes d’accumulation des sucres et de baisse d’acidité ressemblent désormais au millésime 2015, tant pour les pinots gris que pour les rieslings. Ou même pour les pinots noirs et blancs. Cependant, comparé à 2015, les pH s’affichent à des niveaux bien bas, à l’exception de quelques gewurztraminers dans certaines communes. Ce qui laisse désormais un peu de temps pour vendanger les raisins à vins tranquilles, sauf risques sanitaires de fin de cycle. Les rieslings atteignent à ce stade autour de 11° d’alcool potentiel acquis avec toujours des acidités de pH autour de 3. Excepté quelques prélèvements où la maturité s’attarde. Tandis que nombre de pinots gris affichent 13° ou plus avec des pH à 3,2-3,3 : la garantie de vins de grande fraîcheur se confirme. Les mesures d’anthocyanes et de polyphénols des pinots noirs font apparaître également des teneurs sensiblement équivalentes au millésime 2015, légèrement plus de couleur qu’en 2014, mais nettement moins qu’en 2013.

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