Vendanges 2017
Premiers coups de sécateurs ce jeudi 24 août
Vendanges 2017
Publié le 23/08/2017
Vendanges 2017
Publié le 23/08/2017
Affaire Albrecht
Publié le 23/08/2017
Calmes et déterminés, les professionnels ont parcouru le chemin qui sépare le Centre de rencontres d’échange et de formation (Cref) et le tribunal de grande instance de Colmar. À leur arrivée, le président de l’association des viticulteurs d’Alsace (Ava), Jérôme Bauer, a pris la parole pour rappeler l’historique de cette affaire. Un dossier « chaud » qui tarde à trouver une solution. Mais, cinq ans après, les professionnels n’en peuvent plus d’attendre. Il faut dire que le total du préjudice financier se monte à 14 millions d’euros et que de nombreuses entreprises viticoles ont bien du mal, depuis 2012, à refaire surface et à « assumer » la perte d’une récolte entière. Jérôme Bauer a rappelé les différentes étapes de ce dossier. Des premières alertes données par les viticulteurs en février 2012 sur les impayés de la société Lucien Albrecht à Orschwihr, jusqu’à sa mise en redressement judiciaire le 11 septembre de la même année, puis sa mise en liquidation et enfin le dépôt de plainte de l’Ava en novembre, suivie de la mise en examen de Jean Albrecht pour banqueroute et escroquerie. « Depuis ? Plus rien ou si peu. La procédure est d’une lenteur incroyable. Mais, là, trop c’est trop ! L’Ava a pourtant fourni de nombreuses pièces justificatives à la justice. Ce travail d’enquête et de collecte d’informations n’a pas trouvé d’échos jusqu’à présent. La justice n’avait pourtant qu’à vérifier et à rendre, précisément, justice. Je le répète : les professionnels sinistrés ont perdu une année de revenus. Ce n’est pas rien. Les victimes se sentent méprisées par la justice. Elles souffrent économiquement, bien évidemment, mais aussi psychologiquement. Nous craignons tous que le temps qui passe n’arrange rien », explique Jérôme Bauer. « Il s’agit de la vie des gens » Les professionnels s’agacent aussi des commentaires lus et entendus, de la façon dont est présenté le dossier, qui serait « complexe », alors que pour eux il est très simple. « Un négociant a acheté du vin en grande quantité et les viticulteurs n’ont pas été payés. Ils attendent maintenant justice au civil et au pénal. Il s’agit de la vie des gens », répète le président de l’Ava. Il compare la lenteur de ce dossier à la vitesse éclair rendue par la justice sur de nombreux autres dossiers, notamment dans le monde politique. « Justice, réveille-toi ! S’il n’y a pas de réaction rapide, nous reviendrons. En attendant, restons unis et soudés dans ces temps de grande difficulté », conclut Jérôme Bauer, chaleureusement applaudi par les viticulteurs sinistrés présents mercredi matin devant le tribunal. Le « député du vignoble », Jacques Cattin, était également présent à cette manifestation. Il a apporté son soutien aux professionnels : « Je suis solidaire avec vous. La lenteur de la justice est inadmissible. Il faut mettre la pression et obtenir un dénouement rapide de cette affaire car la situation est dramatique pour de nombreuses entreprises. » Pour le président de l’Ava, cette manifestation devant le tribunal de grande instance de Colmar n’est pas inutile. « Réunir plus de 300 viticulteurs pendant les congés, en plein mois d’août, à quelques jours des vendanges, ce n’est pas rien. Cela montre bien la colère, la lassitude, la désespérance des gens. J’ose espérer que la justice nous entende. Jusqu’à présent, nous avons été sages. Nous avons été à l’écoute. Nous avons coopéré, fourni des éléments dans ce lamentable dossier. Il faut maintenant que la justice avance rapidement, qu’elle mette des moyens », précise, en aparté, Jérôme Bauer. « 5 ans, c’est long ! » Parmi les manifestants, deux exemples concrets. Henri Engler habite Orschwihr. Il ne possède que 60 ares de vignes, mais se sent concerné, comme tous les viticulteurs présents. « Cette affaire est effectivement simple. Elle est rendue compliquée par la justice. Il faut accélérer les choses. À mon niveau, la vendange perdue représente une certaine somme qui, à mes yeux, est toute aussi importante que pour de grandes entreprises viticoles. Depuis 2012, avec ma famille, nous vivons très mal cette situation. J’ai le sentiment qu’on a volé notre salaire. J’habite Orschwihr et depuis cinq ans, j’ai recroisé Jean Albrecht dans les rues du village. Mais je n’ai pas envie de discuter avec lui. Il y a une rancœur qui s’est installée. Ce qu’il a fait est intolérable. Il nous a menti, trahi et mis dans la difficulté. J’espère que la justice va bouger aussi rapidement que pour d’autres affaires. Car 5 ans, c’est long ! ». Sylvie Meyer, de Turckheim, est dans la même situation. Mais, son domaine compte, lui, 13 ha de vignes. « Cette affaire nous poursuit depuis trop longtemps. Je suis venue pour défendre nos intérêts personnels et soutenir la filière. J’avais livré il y a cinq ans une grosse partie de ma production à Jean Albrecht. Aujourd’hui, je me demande si je vais voir la couleur de ce paiement. J’ai un sentiment bizarre face à cela. Un contrôle fiscal ne prend jamais 5 années. Pourquoi, dans le cas présent, faut-il attendre aussi longtemps ? Le juge peut-il nous expliquer cela ? Alors, oui, manifester était une évidence. Il faudra revenir », assure-t-elle. Parmi les manifestants, il y avait également des soutiens des professionnels comme, par exemple, le directeur du syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), Bernard Jeantet. Il est au Synvira depuis 37 ans et directeur depuis environ trente ans. Dans quatre mois, il sera à la retraite. « Malgré cette heureuse échéance, j’ai tenu à être présent car je me sens concerné. C’est assez incroyable de constater que des gens qui ont travaillé toute une année et se sont investis sans compter, ne sont toujours pas rémunérés cinq ans après. Je me mets à la place de ces victimes. Il est temps de leur rendre justice, de leur donner une réponse ». Une conclusion évidente. Mais toujours pas concrétisée depuis cinq ans…
Dégustation d’attribution du Sigille
Publié le 09/08/2017
Elles vont toujours par deux. Chaque année, les Sigilles d’Alsace ont droit à une dégustation au creux de l’hiver et une autre dans le courant de l’été. Une « tradition ancienne » de la confrérie Saint-Étienne qui s’explique par la volonté de n’avoir que des vins déjà mis en bouteille au moment de la dégustation. Ainsi, si les vins jugés et départagés le 19 janvier étaient des millésimes 2015 et antérieurs, ceux présentés à la dernière dégustation du 20 juillet étaient en grande majorité issus du millésime 2016. À l’image des précédentes éditions, les organisateurs ont pu constater une nouvelle fois que la « clé d’entrée » terroir, instaurée en 2014, suscitait un intérêt manifeste chez les participants. Si l’on cumule la dégustation de janvier avec celle qui a eu lieu la semaine passée, on constate que le nombre d’échantillons en compétition est supérieur à ceux présentés aux concours des années 2016 et 2015. « Quatre maisons nous ont rejoints cette année », se félicite le chancelier-receveur de la confrérie Saint-Étienne, Jean-Paul Goulby. Pour lui, cette dimension plus marquée du terroir est « dans l’air du temps ». « Même si nous sommes les garants de traditions liées aux vins d’Alsace, nous devons aussi être en mesure d’évoluer pour être en phase avec notre époque. » C’est avec cet état d’esprit que la confrérie a abordé la foire aux vins d’Alsace cette année. Trois ateliers étaient au programme : dégustation de vieux millésimes, dégustation des millésimes en 7, dégustation vins et fromages. À chaque fois, une autre porte d’entrée dans les vins d’Alsace, à chaque fois, de potentielles trouvailles et découvertes, même pour les plus expérimentés des dégustateurs. « Les vins d’Alsace, c’est en quelque sorte un trésor sans fin entre la diversité des terroirs, des sols, des cépages, les grands crus ou les façons de vinifier. On démontre aujourd’hui que les vins d’Alsace savent très bien vieillir. Grâce à notre œnothèque de 65 000 bouteilles, toutes sigillées, nous avons une vraie richesse qui profite à tous les amoureux du vin », ajoute le chancelier-receveur de la confrérie.