Viticulture

Prix de l’innovation 2017 : Carraro Tony 9800 SR

Le tracteur spécialisé de l’année a du sang alsacien

Publié le 31/07/2017

Tractor of the year 2017, le Tony 9800 SR de Carraro a connu des évolutions majeures dans les ateliers Berger MA à Saint Hippolyte. Et il décroche le prix de l’innovation EAV/PHR 2017 de la Foire aux vins d’Alsace.

Pour sa 5e édition, le prix de l’innovation EAV/PHR a dû départager 10 concurrents. Ce millésime a fait la part belle aux tracteurs avec pas moins de 5 tracteurs en compétition sur les 10 innovations présentées qui tracent les tendances du moment : amélioration de la stabilité des engins, préservation des sols, sécurité des utilisateurs, limitation des intrants… Ce prix est décerné en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, la fédération des Cuma, l’Union des Œnologues et le Parc-expo. Et pour rendre hommage au génie inventif de l’hydraulique en mécanique d’Étienne Berger, le jury du prix de l’innovation a fait du tracteur Carraro Tony 9800 SR, le lauréat de l’édition 2017. Car Étienne Berger aime bien inventer à heures ses perdues (mais il n’en a pas beaucoup) des solutions pour la viticulture. Bien que petite, l’entreprise BMA qu’il gère avec son fils Stéphane, est pourtant à l’origine d’innovations qui impulsent le sens de l’histoire en mécanique viticole. L’exemple type est ce dernier tracteur Carraro Tony 9800 SR, à variation continue avec inverseur hydrostatique, distingué par la presse spécialisée Tractor of the year 2017, dans la gamme des « tracteurs spécialisés » : un tracteur articulé à transmission hydrostatique moteur-boîte et poste réversible. Le poste réversible, c’est Étienne Berger qui l’a mis au point en 1989 avec Carraro. Et la transmission hydrostatique moteur-boîte, c’est aussi Étienne Berger qui l’a relancée en étroite collaboration en 2010 pour la souplesse qu’elle confère, et la fluidité des rapports même dans les pentes les plus raides. La particularité de cette transmission, c’est que le groupe hydrostatique entraîne une boîte avec 4 gammes. Mais la dernière innovation Carraro, c’est le passage des gammes qui est désormais électrique sur le Tony 9800 SR, explique Stéphane Berger. La conséquence, c’est la sensation d’une boîte 100 % vario, sans embrayage, avec « une grande souplesse de rapport de couple et un couple maximum à chaque changement de rapport ». Les prises hydrauliques (4 double effet et 1 simple effet) se commandent au Joystick JMC de façon proportionnelle. Il s’agit là encore d’une amélioration technique héritée de la collaboration Berger-Carraro. Quant au relevage, sa suspension oléopneumatique à boule d’azote, régule les à-coups à charge. Ce Tony est équipé d’un moteur Yanmar turbo, tier 4, en attendant un 10900 de 100 CV, qui devrait sortir en octobre. Et un tracteur rigide en 2018, car le Tony 9800 SR est articulé avec un châssis oscillant sur 15°. À noter aussi la gestion du couple prise de force, un frein de sécurité multidisques à sec « négatif », c’est-à-dire auto-déclenchant en cas de sécurité, et une cabine pressurisée catégorie 4 (la plus haute) à vision panoramique exceptionnelle, disent des vignerons. Pour toutes ces raisons, le jury de prix de l’innovation n’a pas hésité à décerner les plus hautes notes à ce nouveau tracteur, bijou de technologie hydraulique, le tout en largeur minimale de 1,02 m !

Confréries viniques

Les vins d’Alsace pour bannière

Publié le 29/07/2017

Réunies dimanche dernier à la cathédrale de Strasbourg, les 11 confréries viniques d’Alsace ont défilé jusqu’à la place Broglie. Un cortège haut en couleur.

Dimanche 23 juillet, peu avant midi, place de la cathédrale à Strasbourg. Les touristes se croisent et se recroisent sur le parvis de l’édifice, les cheveux ébouriffés par le vent. On ne se bouscule pas aux terrasses : le soleil est incertain et la température rafraîchie par les pluies de la nuit. Quand les 11 confréries viniques d’Alsace sortent de la cathédrale, où elles viennent de participer à la grand-messe, les passants font bloc autour du cortège. Les longs habits colorés, les coiffes, les étendards, tout prête à la curiosité. Le cortège des confréries viniques est devenu une tradition estivale alsacienne. Organisé tous les deux ans, il constitue « un moment de communion alliant spiritualité et convivialité » et une occasion rare de « découvrir ou de redécouvrir la tradition des confréries viniques d’Alsace, laquelle est intimement liée aux fêtes religieuses. » Les confrères participent d’abord à la grand-messe. Après l’offrande du pain et du vin, l’archiprêtre de la cathédrale bénit les bannières. Celles-ci sont brandies bien haut lorsque les membres des 11 confréries se déploient devant le portail d’entrée de la cathédrale pour prendre la pose. Au premier plan, de part et d’autre de la reine des vins d’Alsace et de sa dauphine, il y a la confrérie des vins de Cleebourg, reconnaissable à son habit vert, la confrérie Saint-Urbain, de Kintzheim, dont les membres, foulard rouge noué autour du cou, portent la statue en bois de leur saint patron, l’ordre œnophile de Marlenheim en robe bleue et ruban jaune autour du cou. Touristes et traditions Précédée d’une calèche et d’un accordéoniste, la confrérie des amis d’Ammerschwihr et du Kæfferkopf ouvre le défilé en direction de la rue Mercière, suivie de la confrérie Saint-Étienne d’Alsace. Arnaud, un trentenaire angevin, se déporte sur la voie pour tenter d’immortaliser avec son portable la file des confrères avec la cathédrale en arrière-plan. Arrive la confrérie du Haut-Koenigsbourg, cape couleur de raisin vert, béret posé sur le crâne et médaille en sautoir. Un groupe de touristes asiatiques joue des coudes. C’est à savoir qui prendra le meilleur cliché. Faute de maîtriser la langue, nos touristes n’en sauront pas plus sur les rites et coutumes de la confrérie. Son concours vinique, son grand chapitre, organisé chaque printemps à la date anniversaire de l’inauguration du château rénové, ni les coteaux du Haut-Koenigsbourg, qu’elle défend. Après la rue des Grandes Arcades, le cortège emprunte la rue de l’Outre pour rejoindre la place Broglie. Un confrère Bienheureux du Frankstein s’arrête devant le magasin Labonal en signe de soutien au fabricant de chaussettes de Dambach-la-Ville. Passent la confrérie des Hospitaliers d’Andlau et celle de la Corne d’Ottrott, avec sa corne d’auroch destinée au vin rouge d’Ottrott. Les Rieslinger, de Scherwiller, ne sont pas loin. Tonnelet de riesling à la main, Bernard Martin ouvre la voie au comité des reines des vins d’Alsace, dernier admis dans le cercle des confréries d’Alsace. Créé en 2011, le comité regroupe 160 reines des vins d’Alsace et leurs dauphines. « On fait partie intégrante du patrimoine viticole d’Alsace », lance une de ses représentantes. C’est avec un riesling côte de Rouffach 2014, sélectionné pour les 70 ans de la foire aux vins de Colmar, que la délégation est venue à Strasbourg. Le défilé s’achève par un repas entre confrères et consœurs sur le thème de la cuisine méditerranéenne. Un déjeuner sur le principe « 10 mets, 10 vins, c’est divin » signé Richard Guyomard, chef de cuisine du mess des officiers de Strasbourg.

Publié le 28/07/2017

Partageant sa vie entre San Francisco et Wangen où il réside, David Neilson arpente depuis quelques années les caves du vignoble pour préparer son site internet Lost in Alsace. Tout sauf sectaire… Mais très terroir.

À arpenter les salons du vin et les caves alsaciennes depuis trois ans, il est devenu une figure bien connue du vignoble alsacien. Entre San Francisco où il exerce son métier d’informaticien en biotech, et Wangen où il réside en villégiature, David Neilson voue une passion immodérée pour le vignoble alsacien, ses vins, ses vignerons, ses paysages et ses terroirs. À tel point qu’il a acquis un lopin de vigne, une dizaine d’ares, où il compte bien élaborer un alsace, riesling de garage. Son projet, c’est Lost in Alsace, « http://lostinalsace.webobernai.com/en version non officielle », un site internet, guide des vins d’Alsace, mêlant des éditos, des reportages et de superbes photos. Et des textes sur un ton un brin humoristique, amusé et détaché du microcosme viticolo-viticole. À ce jour, David Neilson a effectué pas moins de 60 visites de caves, ciblant particulièrement les vins de terroirs, élaborés selon des exigences environnementales, où il est possible de comprendre un peu plus le propos des vignerons. Dans Lost in Alsace, « nous partagerons également beaucoup d’histoires de l’Alsace. Et nous garderons un œil sur les événements qui contribuent à façonner l’univers du vin d’Alsace en constante évolution ». D’ailleurs, David Neilson ouvrira son site, façon blog partagé, à des auteurs de toute nationalité qui souhaitent livrer leur sentiment sur un sujet en rapport avec le vin d’Alsace. L’actualité anglo-saxonne des vins d’Alsace en quelque sorte, ou les alsaces vus par les Anglo-Saxons. Et de citer en exemple les salons des 19 vignerons du groupe Alsace Crus et Terroirs dernièrement à New York, qui donnent l’occasion d’un coup de projecteur sur cette initiative originale de Séverine Schlumberger et Marie-Thérèse Barthelmé, catalysée par Marc Rinaldi. Ou encore quelques commentaires sur le livre « Riesling Rediscovered », publié en 2016 et rédigé par John Winthrop Haeger. « Une référence majeure » qui « fonctionne si vous êtes bien éveillé au riesling, avec des profils de producteurs, du Kastelberg au Zellenberg et d’Antoine Kreydenweiss à Marc Tempé ». Vu de Californie ou de New York, les amateurs de vin d’Alsace n’ont cure des batailles de familles vigneronnes, ou de courants de pensée. Surtout lorsque l’on observe les cartes des vins, ouvertes à tous les styles. Lost in Alsace fera la part belle aussi bien au salon interprofessionnel Millésime Alsace qu’au salon des vins libres ou celui des vins libérés. Natures, classiques, conventionnels, bios, pourvu que les vins expriment « le sens du terroir ».

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