Viticulture

Domaine Joseph Cattin à Vœgtlinshoffen

Un lieu de « vie » et « d’échanges »

Publié le 06/02/2018

Ouvert depuis le 1er novembre 2017, le nouveau bâtiment de la Maison Joseph Cattin, à Vœgtlinshoffen, associe espace de stockage et de vieillissement de crémants, plateforme d’expédition, espace de dégustation, et un bar à vins à vue panoramique sur la plaine d’Alsace et le massif vosgien. Un lieu de « vie » et « d’échanges » construit autour des savoir-faire et terroirs alsaciens.

C’est un « condensé d’Alsace » suspendu à flanc de colline. À Vœgtlinshoffen, Anaïs et Jacques Cattin fils ont fait sortir de terre un bâtiment viticole un peu atypique de 2 500 m2 mêlant stockage, plateforme logistique, cave de vieillissement de crémants, espace de dégustation au rez-de-chaussée, et un bar à vins panoramique à l’étage. Un « lieu de vie et d’échanges » qui a ouvert le 1er novembre dernier après 18 mois de travaux et un investissement de 5 millions d’euros. Il offre aujourd’hui aux salariés de la maison Cattin des conditions de travail bien plus confortables. « On commençait à être un peu à l’étroit avec nos autres bâtiments. Ces dernières années, on s’est rendu compte qu’on avait besoin d’un espace ici, à Vœgtlinshoffen, pour vieillir nos crémants. Ces derniers étant jusqu’alors vieillis dans notre cave de Steinbach. Aujourd’hui, on a bien plus de place, non pas pour produire plus mais pour mieux travailler », continue Anaïs Cattin, qui s’occupe de la communication et de l’export dans l’entreprise. L’espace de stockage bénéficie quant à lui d’un quai de chargement qui a l’avantage de ne pas gêner la circulation. Le dégorgement du crémant est également au programme, ainsi que certaines fermentations qui seront faites dans des tonneaux en bois - vides pour l’instant - installés dans un petit chai situé derrière une baie vitrée, à côté de l’espace dégustation. Un bâtiment « encastré » dans son environnement L’idée de ce bâtiment trottait dans l’esprit de ces deux jeunes entrepreneurs de 33 ans après de multiples expériences professionnelles à l’étranger. Diplômée d’une école de commerce, Anaïs a passé plusieurs années aux États-Unis dans un grand groupe. Là-bas, elle y a entre autres découvert un concept d’œnotourisme assez poussé. « On peut passer la journée dans une cave à faire des activités différentes tout en découvrant des vins. C’est une expérience très complète, même s’il est vrai qu’on perd un peu en authenticité. » Son mari - qui représente la septième génération de vignerons de la famille - fit lui aussi le même constat en voyageant dans divers pays où de nombreux vignerons organisaient des « wine dinner ». « On s’est alors demandé : pourquoi ne ferions-nous pas la même chose chez nous ? D’autant plus qu’ici, nous avons toute cette authenticité. On a des paysages somptueux, de vrais produits du terroir et une histoire viticole très riche », témoigne-t-elle. Si le concept était assez clair dans l’esprit de Jacques et Anaïs, il manquait un élément essentiel : le terrain, une denrée qui ne court pas les rues dans le vignoble alsacien. Une occasion a fini par se présenter en 2015 lorsque les propriétaires de la maison Théo Cattin - une autre branche de la famille Cattin présente dans la commune - décidèrent de partir en retraite. Sans successeurs directs, ils ont accepté de leur revendre leur activité et le foncier qui allait avec. Seul souci, le terrain situé au milieu du village présentait un dénivelé de plus de six mètres. Plutôt que de voir cet aspect comme un inconvénient, le jeune couple a décidé d’en tirer parti pour « encastrer » leur cave dans cet environnement. « Nous souhaitions que ce nouveau bâtiment s’inscrive au maximum dans son cadre naturel. Cela nous permet ainsi d’avoir une meilleure isolation, et donc une température constante pour nos espaces de vieillissement des crémants et de notre espace de stockage », développe Anaïs Cattin. Un hommage aux matériaux « nobles » Ce nouveau bâtiment de la Maison Joseph Cattin (le troisième dans la commune de Vœgtlinshoffen) est riche en symboles, du choix des matériaux à son architecture. Le belvédère situé au premier étage est une ode à la transparence. « Chez nous, les visiteurs peuvent visiter nos caves et voir comment on travaille. Et en entrant dans notre belvédère, ils peuvent comprendre en un coup d’œil pourquoi le vignoble alsacien est si spécifique. Quand ils sont dans l’intimité d’une cave, ils peuvent goûter les typicités des vins, mais c’est difficile pour eux de visualiser réellement d’où ils proviennent. Ici, quand on leur explique qu’il y a un microclimat à Colmar parce que la ville est protégée par les Vosges, ils peuvent le voir directement. Ils peuvent aussi constater l’espace qu’occupe réellement notre vignoble, et à quel point il peut être petit, resserré et pentu. » Ce nouveau bâtiment est aussi un vibrant hommage aux matériaux « nobles » qui rappellent le métier de vigneron et le terroir sur lequel il travaille. Le sol et les meubles sont en chêne et rappellent le bois du tonneau, le métal a la couleur du Grand Cru Hatschbourg, le bar central est en inox poli miroir et fait évidemment référence aux cuveries inox. Ce bar évoque aussi le haut du verre Alsace ou la bulle de crémant de par sa forme arrondie. Enfin, les pierres présentes à l’avant du bâtiment sont du grès jaune de Rouffach, une pierre qui n’est plus extraite aujourd’hui mais que l’entreprise Scherberich, à Colmar, avait encore en stock. Des bornes de recharge pour les voitures électriques Si l’enveloppe est belle et soignée, ce qu’on trouve à l’intérieur de ce belvédère se veut convivial et authentique. Au quotidien, cet espace est un bar à vins ouvert du matin au soir. Au détour d’une promenade ou à l’occasion d’une pause dans sa journée de travail, on peut venir y découvrir des vins accompagnés de planchettes de produits locaux comprenant charcuteries, fromages, foie gras, produits laitiers ou chocolats. Cet espace peut, le cas échéant, se moduler à souhait pour accueillir des séminaires d’entreprises, des mariages ou des événements particuliers autour des accords mets-vins. En novembre dernier, quelques jours après l’ouverture, il était possible de déguster des plateaux de fruits de mer préparés par un écailler spécialement venu de Vendée. Pour la soirée du Nouvel An, c’est le chef du restaurant L’Altévic, à Hattstatt, qui a fait découvrir quelques accords mets-vins savoureux. « Nous tenions à ce que cet espace soit équipé d’une cuisine afin qu’on puisse organiser des dîners centrés autour du vin et, par la même occasion, mettre en avant le savoir-faire local. En Alsace, on a cette chance incroyable d’avoir de beaux produits dans nos terroirs et de nombreux savoir-faire. Ainsi, on peut faire découvrir nos vins dans la culture qui les entoure », explique Anaïs Cattin. À Vœgtlinshoffen, cela peut se traduire par des balades à pied ou à vélo au départ du Belvédère. Dans cet esprit, Anaïs et Jacques Cattin fils ont établi un partenariat avec un prestataire du village qui organise des balades à vélo. « Les cyclistes partent d’ici, vont faire leur promenade, et reviennent ensuite pour déguster nos vins », précise Anaïs Cattin. L’idée étant que tout type de public puisse à un moment ou à un autre se retrouver ou s’arrêter à cet endroit. Une philosophie que l’on retrouve jusqu’aux bornes de recharge électriques installées sur le parking. Un choix « d’avenir » qui pourrait autant attirer le « Suisse avec son 4x4 Tesla » que la famille désireuse de faire le plein de sa voiture « plus commune ».

Publié le 06/02/2018

Lancé à l’occasion des 60 ans de la Route des vins d’Alsace, le slowUp a attiré l’an dernier 40 000 visiteurs. Alsace Destination Tourisme en confie à présent l’organisation aux acteurs locaux, qui se sont constitués en association le 24 janvier dernier.

Avec 40 000 visiteurs enregistrés l’an dernier, le slowUp Alsace est la manifestation touristique qui attire le plus de monde dans la région en une seule journée. Elle a été lancée en 2013 pour célébrer les 60 ans de la Route des vins d’Alsace, avec un principe simple : faire redécouvrir une portion de cette route mythique - 31 km - en réservant son accès aux piétons, marcheurs, cyclistes, cavaliers, et à toutes les personnes non-motorisées. Aucune voiture n’étant admise ce jour-là sur le circuit, les visiteurs peuvent profiter en toute tranquillité des attraits de la Route des vins et de la Véloroute du vignoble, située au pied du Haut-Kœnigsbourg : entre Châtenois, Bergheim et Sélestat, plusieurs parcours de difficultés différentes sont accessibles. Ce jour-là, les communes, les associations et partenaires locaux se mobilisent pour proposer des animations sur neuf places festives jalonnant l’itinéraire. Le slowUp ayant atteint sa vitesse de croisière, Alsace Destination Tourisme (ADT), qui en était l’initiateur, a décidé de passer le relais en confiant son organisation aux acteurs locaux. Une association a été créée dans cet objectif le 24 janvier à Scherwiller, sous l’égide d’ADT et de son président, Max Delmond. Baptisée slowUp Alsace de la Route des vins, elle réunit l’ADT, les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, la communauté de communes de Sélestat, une dizaine de communes des deux départements, ainsi que la société Batorama. « Cette manifestation a pris beaucoup d’ampleur depuis qu’elle a été créée », expliquait Max Delmond lors de l’assemblée constitutive, rappelant que le premier slowUp a rassemblé 15 000 personnes et que son succès s’est amplifié d’année en année. Il était donc temps que « les territoires s’emparent de cet événement touristique ». ADT, qui reste présent en tant que membre fondateur de la nouvelle association, continuera à apporter son savoir-faire : il assurera notamment la promotion du slowUp lors des différentes manifestations et salons auxquels il participe, précise Marc Lévy, directeur d’ADT. Préserver la convivialité Ce passage de relais ne devrait pas changer l’état d’esprit de la manifestation : « Nous souhaitons garder l’ambiance du slowUp qui a l’avantage d’être une manifestation en accès gratuit », précise Pierre Bihl, maire de Bergheim, élu vice-président de la nouvelle association. Il souhaite notamment maintenir le caractère convivial de cette journée dont l’intitulé résume très bien l’esprit (slowUp est une contraction de slow down & pleasure up, qui signifie « ralentit l’allure et augmente le plaisir »). Son collègue Marcel Bauer, maire de Sélestat et également vice-président, voit dans la mobilisation des communes, de leurs élus et des associations, un signe très positif pour l’avenir du slowUp, qui va pouvoir continuer à se développer. Jusqu’à un certain point en tout cas : au-delà de 50 000 visiteurs, les questions de sécurité et de maintien de l’accès à certains sites comme le Haut-Kœnigsbourg et les parcs animaliers voisins, deviendraient problématiques, reconnaissent les élus. Les syndicats viticoles sont en tout cas plus motivés que jamais, témoigne Olivier Sohler, maire de Scherwiller, élu président de l’association. Leurs stands collectifs ont les faveurs des visiteurs du slowUp qui, n’étant pas motorisés, peuvent apprécier les vins d’Alsace en toute sécurité.

Cave de Turckheim

Les vignerons ont du cœur

Publié le 04/02/2018

À l’initiative de l’équipe de son caveau, la cave de Turckheim a organisé une collecte de fonds sur les factures du week-end de l’Avent des 16 et 17 décembre. Mercredi 24 janvier, ces dons ont été remis à la Ligue contre le cancer.

Lionel Lecuyer, directeur de la cave de Turckheim, a salué l’initiative de l’équipe du caveau, qui s’inscrit pleinement dans la vocation économique et solidaire de l’établissement. Jean-Michel Wisson, président de la cave, a précisé que cette opération solidaire a été validée par les vignerons, en étroite entente avec la direction. Cette collecte de fonds sur les factures d’un week-end de l’Avent a permis de rassembler 850 euros. Une somme que les dirigeants de la cave de Turckheim ont décidé de compléter, pour remettre un chèque global de 1 500 € à la Ligue contre le cancer. Christian Martin, responsable de la quête à Turckheim, était présent avec Jacqueline et Andrée, quêteuses bénévoles qui, lors de ce week-end de l’Avent, avaient animé un stand de pâtisseries qui a permis d’offrir 300 € supplémentaires. Stéphanie et Catherine, employées du caveau, et Édouard Spenlé, chargé d’affaires en entreprises au Crédit Agricole, étaient également présents lors de cette remise de dons. Une ville particulièrement généreuse Le Dr Bruno Audhuy, président départemental de la Ligue contre le cancer, qui existe depuis 1949, a chaleureusement remercié les vignerons, la direction et les employés de la cave de Turckheim pour cette initiative qui permet de soutenir les actions de la ligue. Il a souligné que la ville de Turckheim participe à la quête depuis plus de 30 ans et qu’elle se place dans le peloton de tête des cités haut-rhinoises en matière de générosité : en 2017 la collecte a rapporté 16 752 €, ce qui élève le don moyen par donateur à 32 €. Le Dr Bruno Audhuy a rappelé que 6 000 nouveaux cas de cancer se déclarent chaque année dans le département, et que 60 % de guérisons sont aujourd’hui possibles grâce au dépistage et à la recherche que permettent les sommes collectées auprès des particuliers et des entreprises. Il a insisté sur l’importance de la prévention et du dépistage pour un diagnostic précoce de la maladie, qui permet un meilleur pronostic dans la prise en charge. Un des volets des actions de la ligue, qui fête cette année le 100e anniversaire de sa création au niveau national, consiste dans l’accompagnement des malades et de leurs familles, à travers un soutien social et psychologique, des conseils diététiques et d’exercices physiques adaptés.

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