Pour la troisième année consécutive, le Prix régional des solidarités rurales souhaite récompenser celles et ceux qui soutiennent et font vivre la ruralité du Grand Est à travers leurs actions. Sous-représentés jusqu’à maintenant, les Alsaciens sont invités à concourir. Ils ont jusqu’au 30 juin pour le faire.
Dans les campagnes aussi, il y a (beaucoup) de vie. C’est en tout cas ce que cherche à démontrer le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) Grand Est en organisant pour la troisième année consécutive le Prix régional des solidarités rurales. Cette initiative, unique en France, est née en Champagne-Ardenne en 1993.
Étendue à l’échelle du Grand Est en 2016, elle a conservé son ADN originel : mettre en lumière celles et ceux qui, dans la région, œuvrent pour soutenir l’initiative économique, sociale ou environnementale dans les territoires ruraux. À la clé, 71 000 € de dotation, dont 15 000 € pour le premier prix, 10 000 € pour le second, et 7 000 € pour les sept lauréats suivants.
Une « mise en lumière » des actions
Depuis le 1er avril, les associations, groupements, entreprises, collectivités et établissement agissant dans les 4 354 communes éligibles de la région peuvent concourir en remplissant le formulaire dématérialisé présent sur le site internet du Ceser Grand Est : www.ceser-grandest.fr. Seules les actions déjà mises en œuvre au plus tard au 31 décembre 2018 sont éligibles. Comme l’explique Véronique Klein, première vice-présidente du Ceser Grand Est et membre du jury, « ce prix est une récompense, pas une subvention ». Elle poursuit : « Ce qui compte surtout pour les lauréats, c’est l’éclairage qui est fait sur eux au niveau de la région. Aujourd’hui, la ruralité se sent délaissée. Avec cette opération, elle est mise en lumière aux yeux de tous. »
Pour être éligible à ce prix régional, l’action mise en œuvre doit répondre à l’un des critères suivants : avoir une dimension économique (emploi, autofinancement, diversification des ressources, pérennité de l’action) ; favoriser le développement local, territorial ou durable ; revêtir un intérêt manifeste pour la ruralité ou pour les liens sociaux ; ou encore s’appuyer sur un partenariat actif (public ou privé) favorisant la mise en commun de toutes les forces mobilisables pour le développement de la zone rurale. Ce prix régional est complété par huit autres prix décernés par les partenaires de l’opération : la Caisse d’Épargne Grand Est Europe, la Banque des Territoires-Groupe Caisse des Dépôts, EDF, le groupe La Poste, AG2R La Mondiale et la Foire de Châlons-en-Champagne. Chacun de ces prix partenaires dispose de ses propres critères (lire en encadré).
La ruralité alsacienne manque à l’appel
Lors des deux premières éditions, des profils très divers ont été récompensés : une association en Meurthe-et-Moselle qui propose des emplois en CDI à des personnes au chômage, des centres d’accueil pour migrants dans la Meuse, un magasin-bar en Meurthe-et-Moselle proposant aux habitants alentour un endroit convivial pour se retrouver, une association dans l’Aube qui réhabilite un potager historique de 1 ha, ou encore le chantier de réinsertion professionnelle aux Jardins du Giessen, à Muttersholtz, qui est, à ce jour, la seule action alsacienne à s’être illustrée.
« Malheureusement, nous avons reçu très peu de dossiers issus de nos territoires. Pourtant, la ruralité est très présente chez nous et il y a des choses qui se font que ce soit le long des collines sous-vosgiennes, dans le Sundgau ou en Alsace Bossue », souligne Véronique Klein. L’appel est donc lancé pour les potentiels candidats haut-rhinois et bas-rhinois qui souhaiteraient démontrer, à leur tour, que « la ruralité n’est pas une fatalité, qu’elle est moderne, connectée et surtout pleine de vie ». Les personnes intéressées ont jusqu’au 30 juin pour déposer leur dossier. Un jury de 22 personnes se réunira ensuite quatre reprises avant la remise des prix prévue au mois de novembre prochain.