Technique

Concours départemental de labour

Gaëtan Koegler et Pierre Heymann vainqueurs !

Publié le 21/08/2019

Gaëtan Koegler et Pierre Heymann ont remporté dimanche à Dietwiller le concours départemental de labour. Ils représenteront le Haut-Rhin lors de la finale de la région Grand Est qui se déroulera le 1er septembre à Germisay en Haute-Marne.

Avec quinze participants (dix dans la catégorie labour à plat et cinq dans celle labour en planches), cette édition 2019 du concours départemental de labour peut être qualifiée de bon cru. Le talent et la motivation n’attendent pas les années. Deux laboureurs, trop jeunes, ont ainsi été autorisés à participer à la manifestation, mais sans être classés officiellement. Il devait même y avoir un seizième participant. Mais, ce dernier a cassé sa charrue la veille au soir. « Dans le sud du Haut-Rhin, il y a toujours eu une bonne participation. C’est agréable d’observer une telle mobilisation. Cela montre une nouvelle fois l’intérêt d’un tel concours, sa pertinence, cette tradition à faire perdurer. Après, tout dépend également de la météo. Nous ne refusons personne », explique le président du jury, Claude Gretter. C’est lui également un fidèle de la manifestation puisqu’il occupe cette responsabilité depuis plus de dix années. « Nous sommes une bonne équipe et c’est normal de donner un coup de main aux plus jeunes. Nous sommes douze. Notre principale mission est de donner des conseils aux participants. Nous ne sommes pas là pour les pénaliser », ajoute Claude Gretter. Les membres du jury travaillent en binôme. « Chacun note en fonction d’un barème bien établi en répondant à des questions précises et en faisant ses propres observations. Ensuite, à l’issue du concours, nous faisons une synthèse et nous établissons un classement. Pour ma part, en tant que président, je veille au bon déroulement de l’épreuve. Je suis là pour répondre aux interrogations des candidats. Cette année, ils sont demandeurs de nombreuses précisions. Cela montre qu’ils sont motivés et qu’ils ont envie de progresser », se félicite Claude Gretter. Les habitués et les nouveaux En matinée, le concours a débuté par le tracé du sillon d’ouverture. C’est alors l’occasion d’effectuer de nouveaux réglages sur les machines, de recevoir les derniers conseils. Il a deux sortes de participants. Tout d'abord, ceux qui sont habitués et déjà confirmés. Ils sont venus avec un matériel solide et adapté à une telle compétition. Ils sont clairement présents pour faire un résultat. Il y a également les nouveaux. Ceux pour qui ce concours est une première et pour qui l’essentiel est de participer. Le matériel est souvent plus rudimentaire. Le public est venu en grand nombre assister au travail des laboureurs. C’est par exemple le cas des grands-parents de Julien Ehrsam. « Il est passionné et était déjà présent l’année dernière. Nous venons pour le soutenir et le suivre. En toute simplicité », affirme le couple lui également passionné. Parmi les participants, il y a deux demoiselles : Florine Wira présentée ICI et Frédérique Kempf. Pour cette dernière, comme pour sa camarade, il s’agit également d’une première. « Je suis présente pour essayer et pour apprendre. C’est intéressant, mais parfois complexe. J’écoute et j’observe beaucoup. La passion est là », confie la jeune femme. Deux participants bien préparés À l’issue de deux heures de travail, les participants peuvent quitter leurs tracteurs et retrouver un peu de calme. Le jury se retire pour délibérer. Sans surprise, ce sont les deux candidats les plus expérimentés qui s’imposent : Gaëtan Koegler dans la catégorie labour à plat et Pierre Heymann dans celle labour en planche. Ce dernier est un habitué des podiums. Il s’était déjà imposé en 2016 et avait pris la seconde place l’année passée. Pour Gaëtan Koegler (présenté ICI), sa bonne préparation, son matériel, sa passion et le travail de précision effectué dimanche ont payé. « Jusqu’à présent, son travail est très intéressant. Il est bon. Il applique aujourd’hui le même sérieux que tout au long de l’année sur l’exploitation », a commenté dans l’après-midi Mathieu Ley, son patron au Gaec des Rivières à Gommersdorf venu à Dietwiller l’encourager. Ces deux participants bien préparés vont donc prendre la direction de la Haute-Marne pour une compétition régionale qui s’annonce disputée. La remise des prix dirigée par la présidente des jeunes agriculteurs du canton de Sierentz/Huningue Émilie Schmitt s’est ensuite déroulée en présence de nombreuses personnalités au premier rang desquelles le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Denis Ramspacher, le président de la FDSEA du Haut-Rhin Pascal Wittmann, le conseiller régional Laurent Wendlinger, le maire de Dietwiller Christian Frantz et la membre du conseil d’administration de la mutualité sociale agricole (MSA) Marie-Madeline Gnaedig qui ont tous pris la parole pour saluer et féliciter les jeunes laboureurs.

Nicolas Hell à Koetzingue

Dans la cour des grands

Publié le 14/08/2019

Nicolas Hell, inscrit dans la catégorie « labour en planche », participe pour la première fois au concours départemental de labour. À seulement 15 ans, le jeune homme a la ferme intention de s’inscrire dans la lignée, toute tracée, de son père et de son grand-père.

Il sera le benjamin de la compétition, mais ce statut ne lui fait pas peur. Alors qu’il ne fêtera ses 16 ans qu’en novembre prochain, Nicolas Hell est bien décidé à montrer que la motivation a autant d’importance que l’âge. Scolarisé au lycée agricole de Rouffach, où il a débuté un apprentissage en paysagiste, le jeune homme est un passionné d’agriculture depuis sa plus tendre enfance. « Quand il était petit, il ne connaissait pas les noms des couleurs, il ne disait pas « vert » mais « couleur John Deere ». Il a ça dans le cœur, il a ça dans le sang », explique Mireille, sa maman, qui travaille à la mairie de Blotzheim. Ainsi, le jeune homme aide son papa, Yannick Hell, et son grand-père, François Gerum, sur l’exploitation familiale qui se trouve à de Kœtzingue tous les week-ends dès qu’il en a l’occasion. Mais il reste lucide avant tout : « Reprendre l’exploitation ? J’aimerais bien mais on me l’a un peu déconseillé car les agriculteurs ont de plus en plus de mal à vivre de leur métier alors c’est pour ça que je fais des études de paysagiste, pour avoir quelque chose à côté. » Avant d’ajouter : « S’il y avait une seule chance pour que je revienne dans l’agriculture, je le ferai sans hésiter. » Le concours, une histoire de famille Le jeune homme fait preuve d’une détermination et d’une motivation sans faille : « Je me réjouis d’y participer même si au début j’ai un peu hésité car c’est quand même la cour des grands. Mais bon maintenant je n’ai plus que ça en tête. Je suis prêt. » Tellement prêt que les réglages de son tracteur et de sa charrue bisoc sont déjà peaufinés depuis bien longtemps et qu’il les a testés dans une parcelle tout juste fauchée dédiée à son entraînement. Si son objectif est bien sûr de finir dans les premiers, il n’en oublie pas l’essentiel : « L’important c’est de participer car on a toujours quelque chose à apprendre des plus vieux. » Apprendre sera d’ailleurs le maître mot pour lui cette année car il n’a normalement même pas l’âge minimum requis pour participer et n’aura donc pas le droit d’aller plus loin dans la compétition même s’il se qualifie : « Ce sera un bon entraînement pour l’année prochaine car je compte bien encore y participer. » Il faut dire que le concours de labour, organisé par les Jeunes agricultuers du Haut-Rhin, dans la famille Hell, on le connaît sur le bout des doigts. Le papa et le grand-père de Nicolas y ont déjà participé et ont réussi à atteindre les finales régionales. Tous deux déplorent que le nombre de participants se creuse au fil des générations. Ils étaient presque 25 il y a 40 ans, se souvient François, contre seulement 9 cette année. Mais qu’importe du moment que leur petit protégé fait parti du concours, ils sont ravis. « On est bien sûr tous très fier qu’il participe », raconte son grand-père. Ce dernier était d’ailleurs jury de l’épreuve l’an dernier et a donc pu donner de bons conseils à celui qui concourra dans la catégorie « planche » cette année. « J’ai de bons entraîneurs, ça c’est clair », insiste le principal intéressé. Un passage de flambeau réussi.

Gaëtan Koegler de Ballersdorf

Soutenir ceux qui se bougent

Publié le 14/08/2019

Ouvrier agricole au Gaec des Rivières à Gommersdorf et domicilié à Ballersdorf, Gaëtan Koegler, 25 ans, s’est inscrit pour la première fois au concours départemental de labour. Depuis quelques semaines, il se familiarise avec son matériel. Il va concourir dans la catégorie « labour à plat ».

Passionné par le métier, ses hommes, ses cultures, les tracteurs n’ont aujourd’hui plus de secret pour Gaëtan Koegler. Pourtant, le jeune homme n’est pas issu du milieu agricole. Après le collège, il fait rapidement le constat, en faisant en BEP tourné vers l’hôtellerie, qu’il n’a pas choisi le bon chemin. Il revient rapidement vers son principal centre d’intérêt. « J’ai tout d’abord fait un bac pro agricole déjà en lien avec le Gaec des Rivières. Ensuite, j’ai réussi mon BTP production végétale. Depuis deux années, je suis toujours au Gaec des Rivières, mais cette fois en tant qu’ouvrier agricole », explique le jeune homme. Il apprécie ce début de vie professionnelle. Il estime avoir trouvé un patron et des collègues intéressants, qui vont de l’avant et qui, comme lui, sont passionnés. « Nous avons d’ailleurs un projet de méthanisation. Le dossier évolue favorablement. C’est un nouveau challenge qui s’annonce prometteur », se félicite le jeune homme. Travailler proprement et droit Celui qui assure également des gardes chez les sapeurs-pompiers a décidé de participer pour la première fois à un concours de labour, organisé par les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin. « Un ami, Maxime Enderlin, l’a fait à plusieurs reprises. Cette année, il n’a pas voulu s’inscrire, mais m’a motivé. Il m’a convaincu en sachant qu’il sera avec moi comme commissaire. C’est une belle expérience », commente Gaëtan Koegler. Bien évidemment, pour une première participation, il part un peu dans l’inconnu. « Cela a tout d’abord été difficile de trouver une charrue adaptée à cette épreuve. La première était trop usée. La seconde devrait convenir. Depuis quinze jours, je m’entraîne trois fois par semaine après le boulot. La principale difficulté pour le moment est de travailler proprement et de faire un labour bien droit. Mais, je ne m’inquiète pas. D’une part, je n’ai pas d’ambition si ce n’est de participer. Et d’autre part, je constate qu’après chaque nouvel entraînement, je m’améliore », se satisfait Gaëtan Koegler. Il se réjouit de vivre cet événement agricole. « Il y a le concours évidemment. Mais, il y a surtout toute cette fête agricole organisée par les jeunes agriculteurs. C’est bien ce qui se passe. J’aime ces manifestations traditionnelles qui perdurent dans le temps. Les gens râlent quand il ne se passe rien. Alors quand d’autres se bougent pour organiser des choses, il faut les soutenir et venir », conclut Gaëtan Koegler.

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