Technique

Florine Wira de Bettendorf

Prendre du plaisir

Publié le 14/08/2019

Florine Wira pourrait être la seule féminine inscrite cette année à ce concours départemental de labour. Un cas de figure qui n’est pas un facteur déstabilisant. Elle à l’habitude de ces compétitions. Elle a déjà remporté l’école des jeunes présentateurs en Holstein en 2016, puis en Montbéliarde et inter-race en 2017.

Domiciliée à Bettendorf, Florine Wira est intéressée depuis longtemps par le monde agricole. Après un Bac STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) à Rouffach, elle s’est dirigée vers un BTS ACSE (analyse et conduite de systèmes d’exploitation). Son apprentissage à Fougerolle en Haute-Saône et chez un patron à Lepuix-Neuf dans le Territoire de Belfort l’ont définitivement convaincu. À 19 ans, l’élevage est bien sa passion. « Mon objectif est effectivement d’être agricultrice ou technicienne spécialisée dans une race que ce soit la Holstein, la Montbéliarde ou la Vosgienne. Actuellement, la Montbéliarde est ma race préférée. J’ai la chance d’avoir pu faire les concours de jeunes présentateurs. J’ai été bien aidée et conseillée par Jean-Philippe Meyer à la ferme du Blochmont à Lutter et chez les Gutzwiller à Largitzen. J’ai donc eu de très bonnes bases dans ma formation », se félicite Florine Wira. Elle garde de superbes souvenirs. À l’image de cette vache Montbéliarde qui, après quelques jours de formation, l’écoutait et lui était devenue familière. Ses succès départementaux lui ont permis de se perfectionner au niveau national et de se rendre en Bretagne. « J’ai également beaucoup appris. Notamment sur la tonte, la conduite de l’animal, la technique. Il y avait les meilleurs clippeurs en Holstein », ajoute la jeune fille qui fait également de l’équitation en concours. Cet esprit de compétition dans un domaine agricole qu’elle fréquente depuis son plus jeune âge (dès l’âge de deux ans à la ferme du Luppachhof à Bouxwiller) l’a motivé cette année à se présenter pour la première fois à un concours départemental de labour organisé par les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin. « Je ne suis pas une spécialiste. Quand je fais les foins avec mon frère, Paulin, j’utilise le tracteur. Mais, je n’ai pas une expérience importante. Faire des tracés droits, c’est inédit pour moi. Je vais bien évidemment m’entraîner avant le concours. Mais, je voulais m’inscrire et me dire que j’avais le « culot » de participer », affirme Florine Wira. Le tracteur est prêt Inscrite dans la catégorie « labour en planches », elle sera présente avec son frère qui, lui, sera commissaire. Ils se sont préoccupés ces derniers jours du matériel qui sera utilisé dimanche. « C’est Paulin qui a géré cette première partie au niveau de l’organisation et du matériel. La charrue vient de chez un céréalier installé à Ruederbach. Nous l’avons modifié et installé une roue de jauge fournie, elle, par le voisin. Nous venons de terminer l’installation. Elle va permettre d’avoir une meilleure régularité quand on laboure. Pour ma part, j’ai effectué du ponçage pour que ça frotte mieux au niveau de la terre. Le matériel est désormais prêt. Le tracteur, lui, on le connaît », explique Florine Wira. Son premier objectif est de réussir à terminer le concours et, surtout, à prendre du plaisir. Paulin, 23 ans, sera à ses côtés pour la conseiller et la rassurer même si c’est sa sœur qui sera à la manœuvre sur son tracteur. « De toute façon, quoi qu’il se passe, on ne peut qu’apprendre dans de tels concours », conclut la jeune femme.

Semis direct

Un défilé de semoirs

Publié le 02/08/2019

L’agriculture de conservation, avec à son apogée le semis direct, fait de plus en plus d’émules. Les constructeurs accompagnent l’évolution des pratiques en concevant des outils dédiés. Une démonstration organisée par la Chambre d'agriculture d’Alsace et le réseau des Cuma a permis d’en rassembler six exemplaires.

Jeudi 26 juillet, le deuxième épisode caniculaire de l’été atteint son paroxysme. Pas de quoi décourager les agriculteurs intéressés par les nouvelles techniques culturales prônées par les mouvances agroécologiques et d’agriculture de conservation : ils étaient quasiment une centaine à braver les envolées du mercure.     Réduire l’érosion et l’impact du changement climatique Un des atouts de ces techniques : un travail du sol plus parcimonieux, voire inexistant. Un sol peu travaillé est un sol qui s’érode moins. Donc moins sujet aux coulées d’eau boueuse. Pour Rémy Michael, responsable de ce dossier à la Chambre d'agriculture d’Alsace, la démocratisation de ces techniques constitue un réel enjeu. « L’agriculture de conservation repose sur trois piliers - le non-travail du sol, leur couverture permanente et la diversification des cultures - qui permettent de réduire l’érosion et d’améliorer le fonctionnement des sols », introduit-il. Cette journée de démonstration constituait d’ailleurs les prémices d’un essai portant sur la couverture du sol (lire en encadré). « Couvrir le sol permet de diminuer sa température en cas de fortes chaleurs, de favoriser la vie microbienne, de fournir de l’azote, du fourrage, de retenir les particules de terre et d’augmenter la teneur en matière organique », liste Rémy Michael. Bref, que des atouts. Mais cela requiert d’acquérir certaines techniques. « Ça ne s’invente pas, il y a des règles à respecter », constate Rémy Mickaël. Il faut donc se former et parfois prendre le risque de commettre des erreurs. Mais il le faut. Non seulement parce que la société pousse à faire évoluer les pratiques agricoles. Mais aussi parce que le changement climatique l’impose. En effet, l’exacerbation des aléas climatiques va inévitablement impacter la rentabilité des exploitations. Pour pérenniser les structures, il va donc falloir « faire évoluer les pratiques, voire les cultures et les filières », estime Matthieu Goehry, président de la fédération régionale des Cuma du Grand Est. Des Cuma pour du bon matos Arrivé à un certain point de la révision des pratiques, s’équiper avec du matériel adapté devient indispensable. Mais on ne change pas de semoir comme on change de binette. Les semoirs de semis direct sont des concentrés de technologie. Et ils ont un coût. D’où l’implication des Cuma dans cette journée de démonstration. « Les petites structures alsaciennes sont rarement à même d’investir seules dans de tels outils », constate Matthieu Goehry. Leur déploiement sur le terrain passera donc soit par des Entreprises de travaux agricoles (ETA), soit par les Cuma. Sans dénigrer le rôle des premières, Matthieu Goehry prêche pour sa chapelle : « Acheter du matériel en Cuma permet de diluer les charges de mécanisation qui constituent le poste de charges le plus important dans nos exploitations. En outre, chacun peut faire des expériences et en faire profiter les autres, ce qui fait progresser tout le groupe. » Pour sa part, Mathieu Goehry ne possède plus aucun matériel en propre, et ses charges de mécanisation s’élèvent à 400 €/ha. Qui dit mieux ?

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