Technique

Chambre d'agriculture d'Alsace

Progresser dans le désherbage durable

Publié le 15/07/2019

Une dizaine d’agriculteurs a répondu à l’invitation de la Chambre d'agriculture d'Alsace le mardi 25 juin, entre Walheim et Wittersdorf, sur une parcelle d’essai de maïs dans le cadre d’un programme de désherbage. Une (première) action qui fait suite à la signature d’une convention de partenariat en vue de la réduction des produits phytosanitaires dans la nappe d’Alsace et les aquifères du Sundgau, entre le monde agricole et ses partenaires institutionnels, signée lundi 17 juin à Tagolsheim.

C’est la conséquence directe et immédiate de cette volonté commune d’avancer. Cette parcelle d’essai se situe dans un champ propriété du Gaec du Bas Sundgau dont le siège social est à Zimmersheim. Le travail effectué s’inscrit dans le cadre d’un programme d’animations de suivi des captages d’eau du Sundgau. Cette parcelle se trouve dans l’aire de Tagolsheim. « Il y a 19 captages en Alsace, dont une dizaine dans le Haut-Rhin. Dans ces captages, l’idée est de progresser en menant des actions favorisant le retour de la qualité de l’eau. Le cahier des charges est ambitieux. Nous voulons réduire de 50 % l'utilisation de tous les produits phytosanitaires d'ici 2025 et réduire l’utilisation des herbicides de façon significative dans les trois ans », explique Nicolas Jeannin, technicien à la Chambre d'agriculture d'Alsace, en charge de ce dossier. Les agriculteurs savent qu’ils seront jugés sur leurs actes d’une part, sur ce qui sera mesuré d’autre part. « Le risque est de ne pas voir d’amélioration ou même une éventuelle détérioration. Et dans ce cas d’avoir demain des interdictions ou des restrictions d’usage de tel ou tel produit, de telle ou telle pratique. Pour le moment, nous devons en profiter car nous restons sur des actions volontaires », ajoute Nicolas Jeannin. Sachant que la mesure la plus efficace pour réduire les herbicides est la pratique de la rotation des cultures. Néanmoins, ce travail nécessite l’acceptation des professionnels, de trouver des programmes adaptés, ainsi que des produits pertinents permettant la réussite agronomique des cultures et un résultat économique pour les exploitants agricoles. « Améliorer ses pratiques, les changer en les faisant évoluer tout en s’assurant une sécurité dans son travail et des rendements, voilà l’objectif de ces parcelles d’essais et de la convention signée récemment », poursuit Nicolas Jeannin. Douze modalités différentes La parcelle concernée par cet essai était en quasi-monoculture de maïs depuis un certain temps. Avant cet essai, la parcelle a bénéficié pendant cinq ans, entre 2008 et 2012, d’un contrat de mesure agri-environnementale territorialisée (MAET) intitulée « réduction herbicide ». Actuellement, l’essai vise à définir un ou des programmes pour réduire les matières actives dans le cadre d’un système de travail simplifié. Douze modalités différentes sont testées. « Nous utilisons différentes matières actives à différents dosages. Nous analysons un maximum de données allant des indicateurs de fréquence de traitements phytosanitaires (IFT) aux quantités de substances actives (QSA) jusqu’aux coûts des produits, aux rendements et à l’efficacité globale. Parmi les modalités, une est classique et quatre sont en système de pré-levée », précise Nicolas Jeannin. Toute la matinée, les agriculteurs présents ont observé les parcelles et donné leurs sentiments. Certains sont convaincus par la démarche. Ils effectuent déjà ce travail et ces pratiques sont désormais pour eux une habitude de travail. D’autres sont plus dubitatifs et inquiets. Ils se renseignent pour mieux comprendre et apprivoiser ces pratiques. Les conseillers de la Chambre d'agriculture d'Alsace sont précisément là pour les accompagner dans leurs futures démarches.

Publié le 12/07/2019

Les scolytes attaquent les forêts du grand quart Nord-Est. La filière réagit et met en place un plan d’urgence.

Le changement climatique et l’augmentation des sécheresses ont été particulièrement favorables à l’affaiblissement des arbres et à la pullulation des scolytes, insectes qui ravagent les forêts de sapins/épicéas. Depuis l’année dernière, les attaques sont d’une virulence extrême, touchant des milliers d’hectares dans le Grand Est et la Bourgogne Franche-Comté. En Grand Est et Bourgogne Franche-Comté, les forestiers comptabilisent déjà plus de 1 100 000 mètres cubes d’épicéas scolytés. L’année dernière, en 6 mois, ces épicéas représentaient, à eux seuls, 40 % du volume de résineux habituellement récoltés en un an, dans ces régions. Les conséquences de la crise des scolytes sont catastrophiques pour les forêts et les acteurs de la filière, de l’ordre de plus de 80 millions d’euros : dépérissement des forêts qu’il va falloir replanter massivement, dégradation du paysage par des coupes sanitaires obligatoires, perte de valeur des bois, dispersion des zones à récolter, impacts sur les trésoreries des transformateurs qui essaient d’absorber ces bois, difficultés de transport... Prévisions inquiétantes pour 2019 En 2019, les spécialistes s’attendent à une crise de plus grande ampleur encore. Alors, depuis l’automne dernier, tous les acteurs de la filière forêt-bois du grand quart Nord-Est se sont afférés autour de leurs interprofessions Fibois Grand Est et Fibois Bourgogne Franche-Comté pour élaborer un plan d’urgence. Et ce 6 juillet, à Colmar, c’est une dizaine de grands principes de gestion qu’ils se sont engagés collectivement à suivre, via la signature d'une charte, pour réagir au mieux et garantir la pérennité des forêts. On peut notamment citer le monitoring des attaques, la priorisation des achats de bois malades à la place des bois sains, la réactivité dans la récolte et l’enlèvement des bois malades, la promotion de l’utilisation de ces bois bleuis par les attaques mais qui ont conservé toutes leurs qualités mécaniques, ou encore, et pas des moindres : le renouvellement des forêts dans le respect des critères de gestion durable. La charte rassemblera les acteurs, depuis la forêt (ONF, communes forestières, syndicats de propriétaires privés, CRPF, Chambre d’agriculture, Experts forestiers de France, coopératives forestières - Cosylval, Forêts & Bois de l’Est, COFA, CFM, Groupement Champenois…), jusqu’aux transformateurs (syndicats FNB, EGGER Panneaux & Décors, Norske Skog Golbey, Unilin…), en passant par les transporteurs (GTFAL), les ETF (syndicats EDT), les pépiniéristes (syndicats des pépinières), avec leurs interprofessions (Fibois Grand Est et Fibois Bourgogne Franche-Comté).

Agriculture de précision

Moduler pour mieux semer

Publié le 28/06/2019

Soirée spéciale chez Kuhn. Mercredi 19 juin, une centaine d’agriculteurs se sont retrouvés à Saverne pour une conférence autour de la modulation de semis. Les commerciaux du constructeur alsacien ont ensuite présenté leur dernier semoir monograine.

« L’Alsace est la deuxième région avec le sol le plus hétérogène de France. » On trouve souvent deux, trois voire quatre types de sol sur une même parcelle, avec des potentiels de rendements très variés. Christian Jenn, responsable innovation à la Coopérative agricole de céréales (CAC), est parti de ce constat pour lancer une offre de modulation de semis de maïs, l’an dernier dans le Haut-Rhin. Mercredi 19 juin, il a vanté les mérites de cette technique devant des agriculteurs alsaciens et mosellans, lors d’une soirée organisée par l’entreprise Kuhn. En quoi consiste la modulation intraparcellaire ? Semer plusieurs variétés de maïs à différentes densités selon les structures du sol dans une même parcelle. « On cherche à optimiser les rendements et à diminuer les pertes », explique Christian Jenn. L’agriculteur ne sème plus de manière homogène d’un bout de son champ à l’autre. À la clé, une meilleure productivité. Jusqu’à 30 q/ha en plus et 230 €/ha supplémentaires. Intéressant. Une pluie de données Ce système repose sur un outil central : la carte de modulation. Intégrée à la console du tracteur, cette cartographie virtuelle de la parcelle commande le semoir de manière automatique. Elle lui indique quelle variété semer et à quelle densité dans une zone donnée. Pour établir cette carte, il faut collecter une grande quantité d’information. « La carte de rendement ne suffit pas pour déterminer une modulation efficace », indique l’expert de la CAC. Le système requiert d’amasser de nombreux paramètres. Comme la structure du sol, son pH, les données climatiques ou l'itinéraire technique. Cela tombe bien, « de la donnée, on en trouve de partout. » GPS, stations météos, outils de pilotage de l’irrigation… La carte se nourrit des moindres détails pour dresser un portrait-robot de la parcelle et livrer ses recommandations. Une fois la carte au point, l’agriculteur peut commencer les semis. À condition d’être correctement équipé. Le top du top : un signal GPS, une console et une transmission hydraulique. « Ce qui freine la modulation, c’est le matériel inadapté », reconnaît Christian Jenn. C’est là que les salariés de Kuhn entrent en scène. Un tracteur recule dans la salle d’exposition. Il déploie le Maxima 3. Un semoir monograine commercialisé depuis l’an dernier. Selon le constructeur, la machine répond à tous les impératifs de la modulation… et bien plus encore.     Un auxiliaire pour la modulation « Le Maxima 3 vous fait entrer dans l’agriculture de précision », commence David Hild, responsable produit chez Kuhn. On cherche à respecter une distance graine à graine la plus régulière possible. » Pour cela, le sélecteur a été reconfiguré pour chasser les graines en trop dans le disque. Et ainsi éviter les doublons. Autre particularité, les réglages s’opèrent sans outils. Grâce à des poignées amovibles qui s’insèrent dans tous les éléments de la machine. Ainsi, « on change la pression au sol en une minute », vante le commercial. Enfin, les rangs peuvent s’espacer selon les besoins du terrain. Illustration : le semoir en exposition compte quatre rangs séparés de 50 cm et quatre espacés de 75 cm. Comptez une quinzaine de minutes pour changer les réglages. Bref, l’outil se veut être un bon auxiliaire pour tout agriculteur désireux de se lancer dans la modulation intraparcellaire. À vos chéquiers.

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