Technique

Publié le 05/01/2018

Fin décembre, la Chambre d'agriculture d’Alsace et Arvalis-Institut du végétal ont organisé une série de réunions techniques pour dresser le bilan de la campagne maïsicole 2017 et préparer la suivante. Malgré quelques accidents de parcours, le rendement régional moyen atteint 112 q/ha, soit un des meilleurs de ces dix dernières années. Alors que la chrysomèle s’installe, la pyrale s’est manifestée après plusieurs années de discrétion.

Depuis que la chrysomèle des racines du maïs a été détectée en Alsace, l’évolution des populations de ce ravageur du maïs non endémique fait l’objet d’un réseau de surveillance. Année après année, la tendance se confirme : la chrysomèle prend ses quartiers en Alsace. « On en trouve dans trois quarts des pièges, mais on ne constate toujours pas de dégâts », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. La chrysomèle est aussi bien implantée de l’autre côté du Rhin, où l’évolution de la situation laisse peu d’espoir quant à une possible régression de l’insecte : « Dans le Bade-Wurtemberg, le nombre de chrysomèles par piège est passé de 50 à 170 en un an », rapporte Laurent Fritzinger. Résultat, les autorités compétentes ont remis en place des restrictions à la culture du maïs en Allemagne. La rotation reste et restera en effet la meilleure des méthodes de lutte - d’autant que les solutions chimiques sont sur la sellette. Car si les larves de chrysomèle ne trouvent pas de jeunes racines de maïs pour se nourrir, elles meurent. C’est pourquoi la Chambre d'agriculture d’Alsace préconise la rotation dans les secteurs où les captures sont les plus importantes. Au-delà de 100 chrysomèles capturées par piège, il serait bon d’agir à l’échelle de la petite région agricole. « L’éradication du ravageur n’étant plus possible, il faut chercher à limiter son expansion par tous les moyens », argumente Laurent Fritzinger. Une année à pyrales À dire d’agriculteurs, la pression en pyrales a été assez élevée durant la campagne écoulée. Un constat que les techniciens agricoles viennent tempérer en le mettant en perspective : « Il y a certes eu plus de pyrales que les deux dernières années, mais on sort de trois années avec une pression relativement faible par rapport à des années comme 2010 ou 2013, où la pression était encore plus élevée. » Pour suivre l’évolution du ravageur, la Chambre d'agriculture d’Alsace, Arvalis-Institut du végétal, ainsi que d’autres partenaires du réseau de surveillance biologique du territoire mettent chaque année en place un réseau de prospection, réalisé sur des parcelles vierges de toute protection. Résultat cette année : « Sur 20 % des sites, aucune larve n’a été détectée. Et sur 60 % des sites, le nombre de larves était compris entre 0 et 0,25 larve par pied. Sachant que le risque d’avoir une incidence sur le rendement n’est réel qu’à partir de 0,2 larve par pied. Le risque était donc faible dans 70 % des parcelles et moyen dans 20 % », rapporte Lucile Pligot d’Arvalis-Institut du végétal. La dynamique de vol de l’insecte est suivie en mettant en cage des cannes de maïs infectées. Résultats : le pic de nymphose a eu lieu le 13 juin, au même moment qu’apparaissaient les premiers papillons, dont le pic de vol a eu lieu le 27 juin, suivi par un pic de ponte, le 4 juillet. Positionner les traitements avec une rigoureuse approximation Désormais, la survie de l’insecte va dépendre de l’hiver : « La pyrale survit mieux à un hiver froid et sec qu’à un hiver froid et humide. » La lutte est d’abord prophylactique. Elle passe par un broyage des cannes le plus rapidement, le plus collectivement et le plus bas possible après la récolte. « Lors de la prospection, nous nous sommes rendu compte que les larves descendent rapidement dans les cannes. C’est pourquoi il faut intervenir rapidement, sinon les larves sont déjà trop basses et on n’arrive plus à les atteindre avec le broyage. » Il existe un autre levier de lutte préventive : la date de semis. Plus elle est tardive, plus le maïs est petit au moment du pic de vol, et attire moins les pyrales qu’un voisin plus opulent. Vient ensuite le temps de la lutte curative. Or, pour limiter la propagation du ravageur, il est difficile de faire quoi que ce soit au stade de la nymphose, ou encore d’agir sur sa fécondation, ou sa fertilité. C’est donc au pic de vol qu’il faut traiter. Pour l’identifier, la Chambre d'agriculture d’Alsace et Arvalis - institut du végétal, réalisent des suivis afin de détecter l’émergence des adultes et de relayer ce stade clé sur le terrain, notamment via le Bulletin de santé du végétal. La lutte curative peut être biologique, avec des trichogrammes, dont l’efficacité s’avère néanmoins limitée en cas de forte infestation et dépendante des conditions climatiques. Cette année, par exemple, « il a fait trop chaud pour que les trichogrammes soient vraiment efficaces ». La lutte peut aussi être chimique. Dans l’idéal, les traitements doivent correspondre au pic de vol, ce qui se fait mieux avec un enjambeur qu’avec un tracteur. Quoi qu’il en soit, le positionnement se fait toujours de manière approximative, puisqu’on ne sait qu’on a atteint le pic de vol que lorsque les comptages diminuent… Les essais menés par la Chambre d'agriculture d’Alsace révèlent un avantage au traitement au pic de vol par rapport au traitement au stade limite passage tracteur (LPT). La méthode de lutte préconisée est donc la suivante : en situation de risque faible, un broyage des cannes, et un traitement biologique ou chimique ; en situation de risque fort, un broyage des cannes, et un traitement chimique, soit au stade LPT avec du Coragen à 0,125 l/ha, soit au pic de vol, toujours avec du Coragen, mais à 0,100 l/ha. Enfin, Lucile Pligot rend les agriculteurs attentifs aux risques de confusion, notamment avec la fusariose de la tige qui peut engendrer des pieds mous, donc des maïs qui versent, et des têtes qui cassent.

Atout viticole - ACS Andelfinger

La passion de la conduite et des vignes

Publié le 14/12/2017

Depuis 2010, l’ETA Atout Viticole, basée à Soultzmatt, réalise la plupart des travaux mécaniques requis dans les vignes. Une activité créée par Jérémy Flory, un amoureux de la conduite et de la viticulture, et fidèle de la marque italienne New Holland.

Depuis 2010, Jérémy Flory mêle passion de la conduite et amour des vignes. Après douze ans passés au volant de poids lourds, il décide de créer son entreprise de travaux viticoles et d’en faire son activité principale. « J’ai découvert le milieu de l’agriculture et de la viticulture quand j’étais enfant auprès d’un exploitant de mon village. Très vite, je l’accompagnais pour la plupart de ses travaux. C’est comme ça que la passion est née. » Basée à Soultzmatt, la structure qu’il a appelé « Atout Viticole » est capable de réaliser la plupart des travaux mécaniques requis dans les vignes : le prétaillage, le broyage, les labours, le palissage, le rognage, le débroussaillage de talus et terrasses, et la vendange mécanique. Il intervient principalement dans le secteur de Soultzmatt, Westhalten et Orschwihr, ainsi qu’au domaine Schlumberger, à Guebwiller, qui reste l’un de ses plus gros clients. Pour la partie débroussaillage de talus et de terrasses qui représente une part importante de son activité, il se déplace même jusqu’à Barr. Il effectue au total 1 700 heures de travail par an si on inclut la partie vendange mécanique. Un gros volume de travail qui permet l’ETA Atout Viticole d’être une entreprise rentable pour son créateur. Celui-ci réfléchit éventuellement à la développer en embauchant un salarié. « Pour le moment, je suis en pleine réflexion à ce sujet. Cela amène beaucoup de questions. Et puis il faut trouver la bonne personne », ajoute-t-il. Depuis ses débuts, il fait confiance à la marque New Holland dont il salue le « très bon rapport qualité prix ». C’est la concession ACS Andelfinger, de Waldighoffen, qui lui fournit ses machines. Dernière en date : le tout nouveau tracteur vigneron T4.100V. Parmi ses points forts, Jean-Christophe Schmitt, responsable commercial chez ACS Andelfinger, souligne l’apparition du système Common Rail qui permet de réguler le régime moteur, d’un nouveau système de filtration à charbon actif qui permet une pressurisation et une étanchéité complète de la cabine, ainsi qu’un poste de conduite plus spacieux. Par rapport au modèle sorti d’usine, ACS Andeflinger a opéré quelques modifications pour répondre aux besoins de Jérémy Flory. Pendant dix jours, c’est Guillaume, l’un des mécaniciens de la concession, qui a réalisé ces personnalisations : modification de la largeur du tracteur pour la ramener à 1 m 07, remplacement du mono levier électrique par un mono levier hydraulique qui offre plus de « souplesse d’utilisation ». De quoi satisfaire la passion de la conduite de Jérémy Flory et son amour des vignes.

Journée au champ Schaechtelin

« Une présentation dynamique des marques »

Publié le 07/12/2017

Fin novembre, l’entreprise Schaechtelin, fournisseur de machines agricoles installé Muntzenheim, a exceptionnellement présenté des pièces de choix lors d’une démonstration au champ.

Pour sa journée au champ, l’entreprise Schaechtelin a choisi de s’établir chez un client historique, Hubert Meyer. « Son séchoir, situé entre Wickerschwihr et Muntzenheim, est au centre de notre secteur. C’est un bel endroit pour présenter notre matériel », estime Marc Misbach, directeur commercial. L’objectif était de présenter de manière dynamique les marques : la gamme de tracteurs Claas, avec en nouveauté le Arion 510, les pulvérisateurs, épandeurs d’engrais et combinés de semis Amazone et les vibroculteurs Grégoire Besson. « Pour les charrues, nous avons mis l’accent sur deux gammes que nous proposons de longue date. D’une part, Amazone qui produit des charrues simples, et qui commercialise les charrues Vogel & Noot sous le nom Amazone depuis qu’elle a racheté l’usine de la société en Hongrie. Cela nous permet de faire un suivi, car nous avons déjà les pièces correspondantes. D’autre part, les charrues de la gamme Grégoire Besson. Leurs fournitures et finitions sont plus poussées. Elles sont destinées à des clients exigeants. » Marc Misbach met notamment en avant les avantages des charrues Grégoire Besson RW6 équipées de barres carrelets « adaptées aux terres coriaces. Leur capacité d’usure est beaucoup plus longue parce qu’on peut les avancer au fur et à mesure de l’usure ». Le deuxième avantage réside dans ses pointes plus pénétrantes et fines qui permettent de casser la semelle de labour. « Son troisième point fort est la soudure de l’étançon, de manière inclinée, qui permet une meilleure répartition de l’effort, donc moins de consommation de gasoil et moins d’usure du contre-sep, car il n’y a pas de frottement. » Enfin, le dernier corps de la charrue est désaxé pour permettre d’aligner la roue avec le gabarit de la charrue, « ce qui est pratique surtout lorsque l’on travaille en bordure de terrain ».

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