Technique

Provitis à Sainte-Croix-en-Plaine

Installée dans de nouveaux locaux

Publié le 16/05/2017

Spécialisée dans la conception et la réalisation de matériel viticole pour les travaux hors-sol de la vigne, Provitis a inauguré vendredi 5 mai, ses nouveaux locaux à Sainte-Croix-en-Plaine et fêté par la même occasion son dixième anniversaire.

Après avoir terminé ses études de commerce, Didier Andelfinger a repris l’entreprise familiale de machinisme agricole et l’a spécialisée dans les machines viticoles. Provitis fabrique désormais plus de 600 machines par an. Elles sont distribuées dans le monde entier. La société affiche un chiffre d’affaires annuel de 6 millions d’euros et compte 19 salariés. Les nouveaux bâtiments se situent juste à côté de l’ancien, dans la zone industrielle de Sainte-Croix-en-Plaine. « Nous étions en location et nous ne pouvions pas faire d’aménagement. Nous avons saisi l’opportunité de racheter le site de la société Colas que nous avons réaménagé en ajoutant deux constructions de 1 200 m2 chacune. Cela nous a permis d’aménager le site comme on le souhaitait, pour une surface totale de 3 500 m2 », se félicite Didier Andelfinger. Un showroom a été créé. Il sépare l’atelier de montage de la salle de stockage. Cela a permis d’améliorer le flux de production, de rationaliser et de sécuriser les lieux. Aujourd’hui, le site présente une capacité de stockage de 2 550 palettes et compte plus de 10 000 références en pièces détachées. « C’était vraiment une aubaine que les deux structures soient voisines. En termes de déménagement, c’était un gain de temps conséquent. Nous n’avons pas eu besoin de faire appel à un prestataire extérieur pour tout transborder d’un site vers l’autre », ajoute Didier Andelfinger. Au Sitevi L’entreprise est appréciée pour la qualité de ses fabrications comme en témoigne sa citation au Sitevi 2013 pour sa machine à tirer les sarments, la Provitis VSE 430. Elle est également devenue le premier constructeur mondial de machine à vendanger. En novembre 2017, elle sera à nouveau présente au Sitevi à Montpellier où elle exposera ses nouveautés. Ce travail et ces nouveaux locaux ont été mis en valeur vendredi 5 mai lors de l’inauguration qui s’est déroulée en présence de nombreux clients, fournisseurs et élus locaux. Le président du Conseil départemental du Haut-Rhin, Éric Straumann, a salué « la réussite de cette entreprise familiale typique qui s’est bien développée et qui est un fleuron de l’agroalimentaire alsacien », alors que le maire de Sainte-Croix-en-Plaine, François Heymann, n’a pas caché son plaisir. « Pour un maire, inaugurer une entreprise sur son ban, c’est formidable. Cette zone industrielle poursuit son développement. Il y a ici 1 600 emplois et une activité soutenue dont vous êtes une illustration concrète. » Enfin, le Conseiller régional, Jacques Cattin, a salué « le rayonnement régional et international de Provitis qui vend et qui innove avec le soutien de la région ». L’entreprise a ensuite profité du week-end pour organiser des portes ouvertes qui ont connu un grand succès.

Première « Soirée Expert » Kuhn consacrée à la pulvérisation

« La qualité de la précision est notre fer de lance »

Publié le 12/05/2017

C’est une première ! « Nous avons l’idée d’organiser plusieurs « Soirées Expert » par an, sur des gammes de produits spécifiques », indique Christian Fischer, directeur commercial de Kuhn France. Jeudi 20 avril au Kuhn Center for Progress à Monswiller, la soirée était consacrée à la pulvérisation. Une centaine d’agriculteurs alsaciens et lorrains étaient au rendez-vous.

C’est une mise en scène digne des plus grandes stars que le groupe Kuhn a concoctée pour cette première soirée expert. Jingle, lumières stroboscopiques… les pulvérisateurs vedettes ont fait une entrée tonitruante dans l’immense hall du Kuhn Center for Progress. Connu dans le monde entier pour ses charrues et son matériel de fenaison, le groupe Kuhn n’a cessé, au cours des dernières décennies, de se diversifier et de s’internationaliser, explique Christian Fischer. Aujourd’hui, il est présent dans une dizaine de secteurs d’activité, labour, travail du sol, semis, fertilisation, pulvérisation, entretien du paysage, broyage, récolte des fourrages, pressage, conduite d’élevage. Il propose en outre une offre très large de services (extension de garantie, offre de financement, etc.). « Nous nous sommes toujours appuyés sur l’innovation pour poursuivre notre développement. L’agriculture n’a rien à envier aux autres secteurs d’activité en matière de technologies. » Le groupe Kuhn a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 853 millions d’euros, en baisse certes par rapport à 2015 compte tenu de la situation économique de notre secteur. « Le marché américain s’est effondré », indique Christian Fischer. Or c’est un marché important, avec 32 % des ventes entre l’Amérique du Nord et du Sud, 61 % des ventes étant réalisées en Europe et 7 % sur d'autres continents. Une question de précision Après ce préambule permettant de mieux cerner la carrure internationale du constructeur savernois, Luc Monville, responsable marketing et communication pour les produits pulverisation, est entré dans le vif du sujet. « De nouvelles technologies sont apparues récemment pour améliorer la qualité de la pulvérisation et simplifier le fonctionnement du pulvérisateur. » Préparation, remplissage, application, rinçage, toutes les étapes de la pulvérisation sont importantes, a-t-il indiqué. « Chacune d’elles est actrice de la précision de l’appareil. » Petit rappel de la marche à suivre. Cibler les parcelles à traiter. Une bonne connaissance du parcellaire permet de mieux connaître les surfaces à pulvériser et d’éviter les recouvrements. Bien connaître le produit à appliquer et son mode d’action pour choisir le type de buses le plus adapté. Étudier les conditions météorologiques, car elles ont un impact sur la qualité de la pulvérisation. Anticiper le rinçage : une cuve vide est plus facile à rincer. « Chaque buse a son rôle » La première question à se poser est le type de traitement envisagé. S’agit-il d’un produit de contact, d’un produit systémique ou d’un produit racinaire ? « Un produit systémique doit toucher la plante. Il faut donc que le produit soit diffusé sur tout le système vasculaire ; la force du vent, notamment, a un grand impact sur ce type de produit. Un produit racinaire doit toucher le sol et s’y diffuser. Le produit de contact, quant à lui, doit « peindre la plante ». « C’est le plus délicat, en termes de taille de gouttelettes et de conditions météo », insiste Luc Monville. Les grosses gouttelettes sont moins sensibles au vent. La dérive est donc limitée, de même que l’impact sur la plante. « Mais il y a un risque de lessivage. » Les fines gouttelettes augmentent le potentiel d’impact du produit sur la plante à protéger ; elles sont moins sensibles à la dérive et à l’évaporation du produit. Elles seront toujours les plus efficaces. « Plus les gouttelettes sont fines, plus on augmente les chances d’impact. » C’est le cas avec la buse à injection d’air, explique Luc Monville. Le fait de charger les gouttelettes d’air améliore l’effet de couverture. Cela permet de limiter le risque de dérive et de lessivage, et d’assurer une meilleure couverture grâce à l’étalement du produit. La pression est un autre facteur qui influence la taille de la gouttelette. « Plus la pression augmente, plus la taille de la gouttelette diminue… et plus le risque de dérive s’accroît. C’est pourquoi nous avons développé le système Multispray : il sélectionne automatiquement la buse la mieux adaptée, en fonction de la vitesse d’avancement et de la taille de la gouttelette. Par ailleurs, l’application KuhnBuse vous aide dans le choix de la buse : en fonction de différents critères - volume/ha à pulvériser, vitesse de travail, force du vent -, elle propose différentes couleurs de buse. » « Pour limiter le recouvrement, nous avons équipé nos rampes de tronçons ». Le nombre de tronçons a été multiplié par deux en dix ans, indique Luc Monville. Encore faut-il couper le tronçon au bon moment ! « Le système de coupure automatisée GPS Section Control diminue le risque de recouvrement et facilite le confort de travail. La tendance actuelle est à une coupure buse à buse, qui est forcément gérée par GPS. Elle diminue par trois le risque de recouvrement. » La hauteur et la stabilité de la rampe contribuent elles aussi à améliorer la précision. « Une rampe à la bonne hauteur réduit la sensibilité à la dérive. Le système d’assistance à la hauteur Boom Assist est essentiel pour les rampes à forte hauteur et les parcellaires compliqués. » Une bonne stabilité de la rampe évite les secousses et garantit la qualité de la pulvérisation. Reste un point de vigilance, l’irrégularité des parcelles - trous d’eau, verse, etc. « Nos sondes ont sensiblement évolué et mesurent en permanence la hauteur par rapport au sol et à la cible à pulvériser. » Les nouvelles technologies qui sont nées ces dernières années (GPS, capteurs, drones) ont permis d’améliorer la qualité de la pulvérisation ou de la distribution d’engrais. Elles ont aussi contribué au développement d’aides à la conduite (système de guidage, suivi de la pulvérisation, suivi de la rampe, coupure automatisée, rinçage automatisé) et d’aides agronomiques (modulation de doses). D’autres innovations sont en cours de développement, indique Luc Monville. « La technologie s’invite partout dans le cycle de pulvérisation pour augmenter la précision de l’application et garder un pulvérisateur simple d’utilisation. » Vidéos à l’appui, Geoffroy Houette, responsable commercial pour les produits pulvérisation, a présenté l’usine de Chéméré, où sont construits une grande partie des pulvérisateurs destinés au marché français, comme le pulvérisateur porté Deltis 2 équipé d’une rampe de 15 à 24 m, ou le dernier en date, l’Oceanis 2, d’une capacité de 7 700 l équipé d’une rampe de 48 m, « le fleuron de la gamme en matière de technologie. » Le soir du grand show Puis Luc Monville a repris les manettes pour présenter, en live, deux nouveaux produits, le Deltis 2 et le Lexis 3000. « Le Deltis 2 a été doté d’un châssis en L, qui reporte un maximum de poids à l’avant de la cuve. » Avec le système OptiLift, la suspension est souple et efficace au champ, mais également sur la route. Les ingénieurs se sont préoccupés de la sécurité de l’opérateur lors de la manipulation des produits phytosanitaires. « Souvent, les incorporateurs sont peu pratiques, trop petits ou trop encombrants, souligne Luc Monville. Le nouvel incorporateur Optifiller est souple et son grand volume permet d’incorporer confortablement les produits. Au transport, il se replie et devient très compact. » Le panneau de mise en œuvre est équipé de deux vannes principales, l’une pour l’aspiration (cuve principale, cuve de rinçage), l’autre pour le refoulement, lorsqu’il faut envoyer de l’eau claire dans les différentes parties. « Cela permet d’éliminer jusqu’à 50 % des manipulations, et donc des risques d’erreur. » Le pulvérisateur est doté d’une rampe diagonale de 21 m. Stockée sur la machine de manière compacte, elle est composée de trois bras. Ce nouveau concept évite le fouettement, réduit l’entretien et permet un dépliage plus rapide. Le pulvérisateur Lexis 3000 était la deuxième machine présentée. Compact et court pour limiter les dégâts dans les cultures, il est lui aussi doté de deux vannes principales. Différentes options sont possibles : le système Diluset + pour automatiser le remplissage et piloter le rinçage depuis la cabine du tracteur, les terminaux électroniques Visioreb ou Isobus, ou encore la circulation continue électrique. « Sa première fonction est de permettre la coupure buse à buse pour diminuer le recouvrement, ave un pilotage par GPS. Sa deuxième fonction est de faire circuler le produit dans la rampe sans pulvériser, ce qui supprime l’amorçage et facilite le rinçage. Équipée d’une rampe de 18 à 28 m, c’est une machine compacte et simple qui peut accueillir beaucoup de technologies. » À l’issue de cette présentation, les agriculteurs se sont déployés autour des différents pulvérisateurs exposés dans le hall où un spécialiste leur a fourni toutes les explications nécessaires. Ils ont également pu manipuler les différents boîtiers sur le pool électronique.

Inauguration de la SAS Méthachrist à Woellenheim

Le summum de l’élégance énergétique

Publié le 28/04/2017

Les élus, les représentants institutionnels, professionnels et les partenaires économiques saluent à l’unisson l’exemplarité du projet de station de méthanisation MéthaChrist à Woellenheim, et l’audace de son porteur Florian Christ. Qui réussit à produire en routine des agro-énergies de deuxième génération.

Unique en son genre actuellement en France, la station MéthaChrist à Woellenheim couple la méthanisation de la paille de maïs à l’injection du biogaz dans le réseau de distribution de gaz. Une prouesse technique en ce sens qu’elle réussit là - dans les agro-énergies dites de 2e génération - où d’autres centres de recherche n’en sont encore qu’aux balbutiements. En effet, nombre de projets de recherche testent des voies d’élaboration d’agro-carburants de 2e génération, c’est-à-dire des agro-carburants élaborés non pas à partir de cultures dédiées et vivrières (la partie grain des céréales, du colza, ou les betteraves), mais à partir de résidus de cultures. Un rendement énergétique record grâce à l’injection MéthaChrist rassemble ainsi ce qui se fait de mieux actuellement dans ce qu’il est possible de présenter comme bilan carbone en méthanisation agricole. La ressource en biomasse est principalement constituée de pailles de maïs et d’effluents d’élevage. Elle est prélevée sur un périmètre de 10 km. Et il n’y a pas de déperditions du potentiel énergétique tiré de l’exploitation énergétique du biogaz, puisque la totalité de celui-ci est injectée dans le réseau. La production d’énergie à Woellenheim n’est donc pas affectée par les coefficients de rendements inhérents au processus de cogénération d’électricité et de chaleur. À l’origine de ce projet d’agro-énergies de deuxième génération, il y a un jeune agriculteur, Florian Christ, vers qui tous les regards étaient tournés le 7 avril, lors de l’inauguration de l’installation en service depuis mai 2016. Une inauguration qui a vu affluer - élections obligent - pas moins de quatre sénateurs, de nombreux représentants professionnels, et des élus des collectivités. La paille de maïs, une ressource locale, abondante, et agricole Après avoir remercié en priorité son entourage, ses parents, ses grands-parents, son frère Gauthier, et son associé Christian Richert, Florian Christ est revenu sur les étapes de son projet, débuté en 2012. L’expert qu’il est devenu en méthanisation, n’était alors qu’un jeune agriculteur frais émoulu du lycée agricole. « L’idée était de créer de l’énergie avec ce qui est perdu ». Il lui a d’abord fallu évaluer le gisement en biomasse à méthaniser et sa durabilité d’approvisionnement. Et c’est tout naturellement qu’il a écarté la biomasse industrielle exposée à la concurrence d’autres usages, pour se tourner finalement vers la paille de maïs, biomasse locale, abondante, et forcément d’origine agricole. Une ressource collectée auprès d’une centaine d’agriculteurs, qui lui garantit une sécurité d’approvisionnement. Une fois le projet ficelé, et dimensionné à la ressource en biomasse soit 10 900 t, constituées d’un tiers d’effluents de la ferme (disposant d’un quota de 700 000 litres de lait) et de deux tiers de pailles de maïs, est venu le temps de convaincre les élus locaux, les riverains, pour faire accepter le projet. Et enfin les banques, au nombre de trois : le CIC, et les deux Caisses de Crédit Mutuel Ackerland à Ittenheim et Hanau Val de Moder à Pfaffenhoffen. La construction a débuté en 2015. L’unité injecte depuis mai 2016 du gaz dans le réseau GDS connecté à 110 communes.

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