Vie professionnelle

S’BüraFascht et 65e concours départemental de labour à Sainte-Croix-en-Plaine

Cultiver, préserver, innover

Publié le 24/08/2018

La 65e finale départementale de labour, associée au « S’BüraFascht » dimanche 19 août à Sainte-Croix-en-Plaine a connu une belle réussite. Les jeunes agriculteurs du Ried ont réussi à promouvoir le monde agricole en montrant au public ses différentes facettes. Mathieu Grienenberger de Heiwiller et Mathieu Baltzinger de Jebsheim se sont imposés dans leurs labours respectifs et se sont qualifiés pour la finale régionale Grand Est fixée le dimanche 2 septembre à Monthois dans les Ardennes.

La fête a été belle. Les multiples animations mises en place tout au long de la journée ont été appréciées par un public qui a répondu présent. « Les 600 brochures distribuées à l’entrée du site aux automobilistes sont toutes parties et des gens sont ensuite encore arrivés. Nous avons servi plus de 600 repas à l’heure du déjeuner. Malgré la chaleur, la foule a répondu présente. Le site, très grand, a permis aux gens de profiter tranquillement de l’après-midi. C’est une journée réussie », expliquait mardi matin, Laurine Spieser, animatrice chez les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin. « Soyez fiers de votre métier » Si la matinée a démarré timidement, à l’image du « Speed-dating » consacré à l’installation qui, comme toute première, devra être revue, mais surtout pérennisée dans le temps, la suite de la journée a suscité l’enthousiasme. Toutes les filières agricoles ont été valorisées et expliquées au grand public. « Un grand merci à tous les jeunes agriculteurs du Ried. Cela a nécessité depuis plusieurs semaines une réelle organisation et une année de travail en amont. Mais, vous avez su, vous les jeunes, perpétuer ce concours et cette fête que les générations précédentes ont mis en place. Bravo à toutes et à tous », a commenté la présidente des jeunes agriculteurs du Ried, Charlotte Feuerbach lors de la remise des prix. Une organisation saluée par le maire de Sainte-Croix-Plaine François Heymann qui a notamment relevé la difficulté de labourer par cette sécheresse, « ce concours a démontré tout votre savoir-faire comme l’ensemble de cette manifestation ». Des propos complétés par le député Eric Straumann. « J’étais étonné par grandeur de la surface que vous avez utilisée lors de cette journée. Félicitations pour votre investissement et votre engagement. Vous faites la promotion de l’agriculture, secteur stratégique pour notre pays ». À quelques mois des élections à la Chambre d'agriculture, le président sortant qui ne se représente pas, Laurent Wendlinger a rappelé que le labour est également le début d’une année culturale. « Après les récoltes, il y a les préparations des sols, les semis, les levées puis les plantes qu’il faut soigner et préserver. L’agriculture reste quelque chose de complexe comme la météo de cette année. Il est donc important que le monde politique accompagne l’agriculture. Et, sur ce point, nous sommes inquiets face aux mesures gouvernementales qui ont été prises ou évoquées, comme, par exemple, l’interdiction des néonicotinoïdes. C’est désolant qu’une profession soit ainsi mise à l’écart alors qu’elle se trouve dans une véritable concurrence mondiale. Nous méritons mieux », s’est agacé Laurent Wendlinger. Le président de la FDSEA du Haut-Rhin Denis Nass a renchéri, « on voit clairement que la profession et les cultures notamment le maïs souffrent avec cette sécheresse. Il y a ceux qui sont capables d’irriguer et c’est un travail considérable pour protéger leur production, et ceux qui ne le peuvent pas. Tout cela pour préserver l’économie rurale. Quand nous entendons ceux qui crachent sur notre métier sans savoir, je les invite à stopper ces discours et à nous respecter. Venez sur le terrain voir la réalité agricole, voir ce que nous faisons de bien au service de l’environnement, de nos productions, de l’alimentation, de nos métiers. Quant à vous, agricultrices et agriculteurs, continuons d’être fiers de notre métier ». Enfin le conseiller régional Jacques Cattin a lui également incité les jeunes à s’investir. « Dans nos communes, il y a la nouvelle génération. Continuez à vous impliquer comme lors de cette manifestation pour défendre une cause juste ». Un labour compliqué Onze concurrents se sont ensuite retrouvés pour ce 65e concours départemental de labour. Le président du jury, Claude Gretter, l’a reconnu dès le matin, juste avant le tracé d’ouverture, « les conditions sont difficiles. Le sol est sec. Cela ne va pas être facile de labourer sur un terrain aussi compliqué. À eux de faire de leur mieux ». Ce qu’ils ont fait. À commencer par le vainqueur dans la catégorie « labour à plat », Mathieu Grienenberger de Heiwiller. Âgé de 33 ans, il a fait jouer son expérience. Et pour cause. Il avait remporté ce concours une première fois, il y a dix ans ! « J’ai toujours aimé labourer. Je le fais chaque hiver sur l’exploitation familiale. Là, je me suis une nouvelle fois inscrit pour me faire plaisir. Ce concours permet de rencontrer du monde, d’échanger, de labourer sur des sols plus ou moins différents que d’habitude. C’est toujours une expérience nouvelle », explique Mathieu Grienenberger. Il reconnaît cependant que les difficultés pour bien travailler ont été nombreuses en raison de l’état très sec du sol. « J’ai réussi à gérer grâce à l’expérience », ajoute-t-il. Il y a dix ans, il avait terminé 6e de la finale régionale à Blaesheim dans le Bas-Rhin. Cette fois, il n’a pas davantage d’objectifs. « Je vais y aller pour un podium. Mais, la concurrence sera rude. Il y a des concurrents qui ont une charrue de concours à 20 000 €. La mienne n’a rien de spécial. Je ne me prépare pas spécialement. Je vais faire de mon mieux, tout simplement », ajoute Mathieu Grienenberger. Vainqueur dans la catégorie « labour en planche », Matthieu Baltzinger de Jebsheim était plutôt surpris de son résultat. Âgé de 22 ans, il est installé avec son père sur l’exploitation familiale en polyculture élevage depuis le mois de mars. Après une première participation lors d’un concours qui s’était déroulé à Zellenberg, il a fait son retour à Sainte-Croix-en-Plaine. Un choix de proximité. « Des amis étaient inscrits. Cela a été une motivation supplémentaire. Je ne me suis pas spécialement entraîné. Mais, c’est vrai que j’ai pris confiance après mon tracé d’ouverture qui était réussi. Une surprise car le matériel utilisé n’était pas celui de l’exploitation », constate le jeune homme. D’où son étonnement de terminer premier. « J’ai rajouté du poids sur la charrue vue la configuration du terrain et le sol très sec. Cela a marché. Je suis content même si cela rajoute de la pression pour la finale du Grand Est. Représenter le département, c’est quelque chose. Je vais maintenant m’entraîner pour essayer de faire le mieux possible », conclut Matthieu Baltzinger.

Les professionnels ont rencontré l’administration

Insupportable sécheresse

Publié le 19/08/2018

Les organismes professionnels ont invité les représentants de la direction départementale des territoires du Haut-Rhin à une visite de terrain vendredi 10 août. Sur les hauteurs de Fellering et à Wattwiller, ils ont pu constater les difficultés rencontrées par le monde agricole en raison de la sécheresse qui sévit depuis plusieurs semaines.

« La dernière « vraie » pluie, un orage, est tombée le soir de la finale de la coupe du monde de football. Depuis, quasiment plus rien. Nous avons eu 6 mm. Cela devient vraiment difficile ». Ce résumé est fait par Fernand Hoffner, agriculteur à Fellering. C’est cette situation qu’il décrit à ses homologues venus lui rendre visite. Il y a là Laurent Wendlinger et Yves Jauss pour la Chambre d'agriculture Alsace, Denis Nass, Michel Busch et Pascal Wittmann pour la FDSEA du Haut-Rhin, Philippe Stievenard et Philippe Schott pour la direction départementale des territoires du Haut-Rhin. Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs et les responsables professionnels alertent l’État et son administration sur les difficultés rencontrées par les agriculteurs face à cet épisode climatique. L’éleveur possède des vaches allaitantes et un élevage de génisses qu’il insémine. Il achète des veaux pour les revendre ensuite. Sur les hauteurs de Fellering, il occupe 65 hectares de prés, 50 hectares sur les chaumes et 15 autres en fond de vallée. La première coupe de foin, au printemps, avait été intéressante. « Mais, depuis, il n’y a pas eu de deuxième coupe. Je suis déjà obligé de prendre des bottes de pailles et de foin dans le stock prévu pour cet hiver. Et la situation est la même pour tous les éleveurs du secteur. Certains sont même, déjà obligés, d’en acheter ailleurs. Et, les prix sont compliqués à appréhender. Tant pour les vaches que pour le foin et la paille. Ils n’étaient déjà pas terribles l’année passée », ajoute Fernand Hoffner. Certains éleveurs choisissent de se regrouper pour acheter de la paille dans la vallée. Mais là également ce n’est pas simple. De nombreux professionnels de la montagne sont en production bio. « Or, le but du bio est de ne pas faire beaucoup de kilomètres pour éviter, d’une part, le coût du transport et éviter de dépenser du carbone, et d’autre part, pour la qualité de la paille et du foin », précise Fernand Hoffner qui est en bio depuis 2001. Comme d’autres professionnels, il espérait l’arrivée de vraies pluies pour espérer pouvoir réaliser une seconde coupe au mois d’octobre. « Si ce n’est pas le cas, l’hiver va être très long », conclut l’éleveur qui propose à ses invités de monter sur les hauteurs pour voir de près ses prés. Pour les adeptes de marche ou les vacanciers de passage, le site est magnifique. « Avant, tout cela c’était de la forêt et des friches. En 1995, on a ouvert en laissant quelques arbres. Le lieu est agréable à travailler et à visiter. Mais, regardez cette herbe… », conclut, laconique, Fernand Hoffner. Il n’y a que très peu d’herbe et ce qu’il en reste est « jaunâtre » comme brûlé. Les vaches présentes broutent ce qu’il reste. Un spectacle désolant et impressionnant. La quatrième année consécutive Cette situation est loin d’être un cas isolé. Les représentants professionnels et de l’administration se dirigent ensuite vers Wattwiller et plus précisément vers l’élevage de la famille Pfauwadel. Ils sont accueillis par Denis Pfauwadel qui, depuis 25 ans, a développé son élevage (on y trouve notamment de superbes vaches de race Salers) et l’agriculture de proximité avec la gestion d’une ferme-auberge qui se trouve en face, sur les hauteurs. La ferme est dans une situation géographique particulière. Elle est située entre la montagne et la route nationale 83. Une situation qui explique, en partie, les difficultés depuis quatre ans. « Nous avons des terres pas très lourdes et peu d’eau car, précisément, nous avons les collines sous-vosgiennes et cette montagne devant nous qui arrêtent les pluies. Il y a donc ici un véritable problème d’eau qui entraîne également un déficit fourrager. Quand cela arrive une fois, ce n’est pas trop grave. Mais, là, c’est la quatrième année consécutive », constate Denis Pfauwadel. Pourtant, comme dans le cas précédent, la première coupe s’était relativement bien passée au printemps. Mais, ensuite, plus rien. « On a déchaumé. La moisson de blé a été réalisée très tôt. Mais, le reste, le foin, la paille, il n’y a pas grand-chose. Ce qui germe, grille. Il faut puiser dans les stocks pour alimenter les animaux ou alors acheter du fourrage. Et il coûte toujours plus cher. Quant aux parcelles de maïs, nous ne sommes pas ici sur de bonnes terres comme du côté de Schweighouse ou du Sundgau. Depuis trois ans, nous sommes contraints de broyer nos parcelles car elles ne sont pas récoltables », poursuit l’éleveur. Comme d’autres professionnels, il est en quête d’eau. S’il creuse des puits, il faut forer très en profondeur. S’il doit se déplacer jusqu’à des secteurs plus pertinents comme aux abords de la route nationale, il faut déplacer le matériel qui s’use plus rapidement. D’autant que sur de telles terres, les cailloux sont partout. « Nous sommes dans un secteur difficile, ça nous le savons. Mais, derrière, il y a tous ces problèmes politiques et administratifs qui s’ajoutent : les contraintes environnementales, l’utilisation de l’eau. Nous ne pouvons plus travailler dans de telles conditions. Il faut nous soutenir ou, en tout cas, faciliter notre travail au quotidien », conclut Denis Pfauwadel. Les représentants de l’administration prennent note de la situation et le débat se poursuit sur les mesures à prendre, les actions à mener. Depuis cette rencontre, des pluies sont tombées localement mais largement insuffisantes pour rétablir une situation compliquée.

Publié le 16/08/2018

Julien Ehrsam de Niederhergheim participe pour la première fois à un concours départemental de labour. Inscrit dans la catégorie « labour à plat », il va découvrir l’événement, chercher à se faire plaisir et acquérir de l’expérience.

Il aura 17 ans en septembre prochain. Scolarisé au lycée agricole de Rouffach, il est élève en bac pro polyculture élevage avec pour objectif de poursuivre ensuite avec un BTS grandes cultures afin de devenir agriculteur et de pouvoir s’installer sur l’exploitation familiale. « J’habite à côté des champs et j’ai toujours observé mon grand-père puis mon père travailler sur leurs terres. Ce métier, c’est une passion », explique Julien Ehrsam, lui-même convaincu de l’intérêt du métier. En attendant de poursuivre ses études, il aide sa famille lors de son temps libre pour acquérir de l’expérience et des connaissances pratiques. Il n’hésite pas à observer l’évolution du monde agricole, et des animations qui sont organisées ici et là. C’est ce qui l’a incité à s’inscrire pour la première fois à ce concours départemental de labour. « L’idée est d’apprendre, de connaître de nouvelles techniques, de voir du monde, d’écouter celles et ceux qui ont davantage d’expérience que moi », précise le jeune homme. Ces derniers jours, il s’est entraîné le soir. Il a tout d’abord réglé sa charrue qui a appartenu à son grand-père. « Elle date de 1984. Il a fallu la modifier et la bricoler un peu pour qu’elle soit en état de marche le jour du concours. Mais, pour moi ce n’est pas un concours. J’aime bien faire ce travail. Je suis quelqu’un qui se débrouille pas mal en mécanique », ajoute Julien Ehrsam. Pour le reste, il s’est rendu au récent rassemblement de tracteurs anciens à Hattstatt. Là également pour écouter et observer les uns et les autres. Voir les tracteurs anciens et assister aux démonstrations. Pour le concours, il le reconnaît, il n’y va pas pour gagner. « Je sais labourer, mais je manque clairement d’expérience. J’y vais pour apprendre, approfondir mes connaissances comme l’année passée à Mœrnach où j’avais assisté au concours. Cette journée s’annonce très intéressante », conclut Julien Ehrsam.

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