Créée en 1994 à l’initiative de la MSA et des organismes agricoles pour répondre aux besoins de main-d’œuvre dans le secteur de la production et de la transformation agricole, Germa Alsace poursuit sa mission d’accompagnement des salariés vers l’emploi. Elle fait partie du réseau national Laser Emploi.
« Le développement de l’emploi en agriculture est un enjeu majeur pour l’avenir de notre secteur d’activité », a souligné Joseph Lechner, président de Germa Alsace, lors de l’assemblée générale qui s’est tenue le mercredi 4 juillet à Sélestat. Il a salué la présence de nombreux partenaires, David Herrscher, président de la MSA d’Alsace, Jean-Luc Galliath, vice-président, René Schotter, administrateur, et Sylviane Fargeon, directrice adjointe de cet organisme, Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Jean-Michel Baumann, chargé de mission formation emploi à la FNSEA, Sébastien Libbrecht, conseiller formation à la Chambre d'agriculture Alsace, François Otero, responsable de l’insertion par l’activité économique à la Direccte Grand Est, ainsi que les représentants des JA, des CFPPA, etc.
Dans chaque département alsacien, Germa Alsace gère une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) et une association intermédiaire (AI). Elles sont administrées par douze permanents, répartis sur les deux agences de Strasbourg et de Colmar, sous la direction de Sylvie Maa. Quatre structures qui conjuguent une activité économique et une finalité sociale. Germa a un savoir-faire reconnu dans la mise à disposition de salariés à titre onéreux ; elle accompagne les entreprises dans leur recrutement et sécurise les mises à disposition, dans l’objectif d’assurer un service de qualité auprès des entreprises clientes. Elle poursuit aussi un but social, l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi.
Un double engagement pour Germa
L’an dernier, l’ensemblier Germa a employé 460 personnes, pour un total de 96 000 heures de travail, ce qui correspond à 60 équivalents temps plein (ETP). « Nous avons étudié plus de 1 600 candidatures, organisé 445 entretiens de recrutement et embauché 270 nouveaux salariés », a précisé Sylvie Maa. Soit un taux de renouvellement de l’équipe d'intérimaires de 56 %.
« Une mise en relation réussie, ça se prépare du côté des salariés comme des employeurs, a insisté Sylvie Maa. Nous prenons le temps de connaître les salariés que nous recrutons - en effectuant un entretien préalable, deux si nécessaire -, mais aussi de leur présenter les missions et les postes de travail. Nous vérifions la motivation et le projet des salariés. » De son côté, l’entreprise doit faire l’effort d’accueillir le salarié et d’organiser le travail. Germa y veille.
Germa met des salariés à la disposition des entreprises du secteur marchand et non marchand, des collectivités, des associations et des particuliers… « Notre souci, c’est de prendre en compte les besoins des clients, en tenant compte des spécificités du poste de travail. » Et ça marche ! L’ensemblier Germa a travaillé l’an dernier pour le compte de 215 clients, dont 142 entreprises et 73 clients particuliers en services à la personne. Son champ d’activité ne cesse de s’étendre puisqu’elle compte 69 nouveaux clients, dont 38 entreprises, en 2017. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 million d’euros, en nette augmentation. Le meilleur depuis sa création.
Pourquoi un tel succès ? « Ce qu’on propose au client, c’est une prestation clé en main. Du personnel disponible, prêt à l’emploi, avec les compétences adéquates. » « Nos salariés sont sensibilisés à la santé sécurité au travail. » Mais pas seulement : « À Germa, nous traitons toutes les questions de savoir être : avoir une bonne posture professionnelle, connaître les codes de l’entreprise. Le cas échéant, nous recherchons des solutions à la mobilité, en organisant le covoiturage, voire en proposant des voitures en location via Mobilex. Nous effectuons un travail de préparation et d’accompagnement en amont des missions pour lever les freins. »
« Nous avons su élargir notre champ d’action »
C’est cette recette qui permet à Germa de fidéliser ses clients. Et d’en conquérir de nouveaux. « Nous avons un bon portefeuille d’entreprises partenaires car nous répondons qualitativement à leur demande. Parallèlement, nous développons l’activité de mise à disposition dans de nouveaux secteurs d’activité pour pallier les fortes variations saisonnières des filières de production et de transformation des produits agricoles. »
Le monde agricole (au sens large du terme) représente, et de loin, la part la plus importante de l’activité de Germa : production agricole, viticulture, espaces verts, silos agricoles, y contribuent pour 52 %. Mais elle fournit aussi des salariés pour les entreprises de services (téléconseil, accueil, service à la personne, entretien des locaux), les collectivités locales (entretien des espaces verts). Pour montrer la diversité des missions de Germa, Sylvie Maa indique qu’elle recrute aussi bien des facteurs pour La Poste que des manutentionnaires pour monter les estrades du festival Musica. Elle fournit aussi du personnel pour l’industrie, les collectivités locales et, depuis peu, le secteur du BTP (menuisiers intérieur et extérieur, maçons ferrailleurs…). « Nous savons recruter des profiles différents. »
La plupart du temps, les recrutements se font au premier niveau de qualification. « Nous recherchons des personnes qui sont adaptables et mobilisables rapidement. Nous nous appuyons sur leur expérience, leur projet. Très souvent, nous proposons d’abord des missions courtes aux candidats pour vérifier leur savoir être, leur ponctualité, leur capacité à se mobiliser. Notre force, en termes de sourcing, c’est de nous appuyer sur un large réseau de partenaires qui nous permet de diversifier notre recherche de candidats. Nous sommes aussi en mesure de répondre aux contraintes des entreprises du paysage qui répondent à des marchés avec des clauses sociales. Dans ce cadre, nous sommes un partenaire tout désigné. »
Un important effort de formation complète ce dispositif. Germa a dispensé l’an dernier 3 000 heures de formation à ses salariés intérimaires et permanents. « Si nous investissons autant en termes de formation et d’accompagnement à la prise de poste, c’est pour sécuriser les missions dans les entreprises. Nous plantons le décor : consignes, durée du travail, règles à respecter au travail, etc. » Le cadre d’une relation de travail est posé. « La formation me semble très importante pour augmenter l’employabilité des candidats », souligne Joseph Lechner. « Le client paie dès la première heure. Nos salariés doivent être au top », enchaîne Sylvie Maa.
Un tremplin pour l’avenir
Germa sert souvent de tremplin pour aller vers une formation qualifiante ou trouver un emploi direct. « Leur passage à Germa leur apporte une plus-value. » Sur les 130 personnes qui ont effectué plus de 150 h l’an dernier et sont sorties de Germa, 40 % ont décroché un CDI, un CDD de plus de 6 mois ou une formation qualifiante. 22 % ont un CDD de moins de 6 mois. 17 % retournent à Pôle Emploi, avec des droits ouverts.
Après une présentation d’un projet de formation de réfugiés (lire l’encadré), les participants ont débattu du projet de création d’un groupement départemental d’employeurs, dans les tuyaux depuis quelque temps. « Les travailleurs de pays de l’Est se font de plus en plus rares. Il est temps de mettre en place une structure pour mutualiser les moyens et proposer des services à un coût raisonnable pour les agriculteurs », a déclaré David Herrscher, président de la MSA d’Alsace. Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, a confirmé : « L’agriculture va manquer de bras à l’avenir, si elle veut poursuivre sa stratégie de diversification. Demain, les exploitations qui ont de gros besoins de main-d’œuvre risquent de disparaître, d’autant que les travailleurs qualifiés pourront trouver rapidement un emploi mieux payé. Le groupement d’employeurs constituerait une solution pour permettre aux salariés d’enchaîner les missions. »