Vie professionnelle

La commission nationale emploi de la FNSEA réunie en Alsace

Emploi agricole : les sujets sur la table

Publié le 05/07/2018

Réunie à Strasbourg et Schiltigheim les 28 et 29 juin derniers, la commission nationale emploi de la FNSEA a abordé de nombreux dossiers liés à l’emploi agricole. Son président, Jérôme Volle, explique le rôle de la CNE et les principaux chantiers en cours.

La commission nationale emploi (CNE) de la FNSEA a été mise en place pour représenter les employeurs de la production agricole élargie. Elle se compose d’une soixantaine de membres qui se réunissent 8 à 9 fois par an, dont une fois en réunion décentralisée. Cette année, c’est à Strasbourg qu’a eu lieu cette réunion décentralisée les 28 et 29 juin derniers. Le premier après-midi, les membres de la CNE et de la CRE Grand Est, son équivalent au plan régional, se sont réunis au Parlement européen de Strasbourg, où ils ont pu rencontrer la député européenne Anne Sander. Le lendemain, ils se retrouvaient à la Chambre d’agriculture d'Alsace, à Schiltigheim, pour continuer leurs travaux. La CNE travaille sur de nombreux sujets liés à l’emploi en agriculture. Elle porte les propositions de la production agricole face aux organisations syndicales, elle accompagne et défend les employeurs agricoles grâce à ses différents services, notamment juridique, et œuvre pour faire changer le cadre réglementaire afin qu’il soit applicable aux très petites entreprises que sont les exploitations agricoles, explique Jérôme Volle, son président. L’emploi agricole au sens strict, ce sont 235 000 permanents et 850 000 emplois saisonniers. Si l’on y ajoute les entreprises du paysage, les Cuma, les entreprises du territoire, la forêt privée, les secteurs du lin et du bois (ce que l’on désigne par la production agricole « élargie »), l’on monte à 315 000 salariés permanents et 1,2 million de contrats saisonniers. Coût du travail : une priorité Le coût du travail est l’un des grands dossiers sur lesquels planche la CNE. Il était aussi au cœur des manifestations du mois de juin durant lesquelles les adhérents de la FNSEA et des JA, qui réclamaient la fin des distorsions de concurrence, ont bloqué les dépôts pétroliers dans plusieurs villes de France. Le retrait du CICE à compter de 2019 et la baisse des exonérations sur les travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi vont alourdir le coût du travail en agriculture, estime la CNE. « Si on perd ces exonérations, alors que tous les rapports montrent que le coût du travail saisonnier en France est déjà supérieur aux autres pays européens, on va encore perdre en compétitivité par rapport à nos concurrents », explique Jérôme Volle. Ces différentes mesures risquent de peser lourd sur les secteurs qui emploient beaucoup de main-d’œuvre saisonnière, comme la production de fruits et légumes, la CNE n’excluant pas un risque de délocalisation des productions. La réouverture des discussions à ce sujet au mois de juillet, promise par le ministre de l’Agriculture suite aux manifestations de juin, est un pas dans la bonne direction. Néanmoins, la CNE estime que « la nouvelle exonération ne sera jamais aussi avantageuse » que celles qui précédaient. « On veut un système spécifique pour les travailleurs occasionnels, un mécanisme qui sauve la compétitivité des entreprises », insiste Jérôme Volle. Deuxième dossier, le travail sur la nouvelle convention collective nationale. L’agriculture est un secteur où, jusqu’à présent, s’appliquaient 141 conventions collectives territoriales et trois conventions collectives nationales. La loi El-Khomri oblige à faire une convention collective nationale unique, assortie d’annexes permettant une prise en compte des spécificités territoriales. « La FNSEA se serait de toute manière attelée à ce chantier car il y a un besoin de structuration au niveau national, mais on ne peut pas tout cadrer à ce niveau-là, il faut qu’il reste quelque chose aux territoires, qui sont source d’innovation », indique le président de la CNE. Le mode de rémunération de certains travaux à la tâche (la cueillette des cerises par exemple) pourrait relever de ces annexes, gérées par les territoires. Au secours du Fafsea La réforme de la formation professionnelle est le troisième sujet important sur lequel travaille la CNE. Celle-ci craint un affaiblissement du Fafsea et donc une baisse de l’accompagnement des salariés agricoles. Or, ce fonds a fait la preuve de sa réactivité et de sa souplesse, qui lui permettent d’agir très rapidement dans les territoires, souligne Jérôme Volle. « Nous voulons garder un OPCA (organisme paritaire collecteur agréé) avec des moyens d’accompagnement suffisants. Pour l’instant, nous sommes sur un outil très mutualisé avec une prise en charge et un coût moyen uniques. Nous tenons à garder une équité entre les entreprises sur tout le territoire et à agir au service des très petites entreprises, où le déficit de formation est le plus fort », indique le président de la CNE. La commission s’efforce d’y sensibiliser le gouvernement, le rapporteur du projet de loi, ainsi que les membres de la commission sociale de l’Assemblée nationale et du Sénat. Dernier chantier : l’Europe. La CNE réclame la convergence sociale au sein de l’Union européenne en matière de normes, de salaire minimum et de cotisations sociales. À 11 mois des élections européennes, elle s’en est ouverte à Anne Sander, députée européenne. La définition d’un salaire minimum n’est pas du ressort de l’Union européenne, a expliqué la députée. Mais elle peut initier une dynamique favorable aux travailleurs, comme elle l’a fait en révisant la directive sur les travailleurs détachés. Adoptée lors de la session plénière du mois de mai, cette révision entérine le principe « À travail égal, salaire égal sur le même lieu de travail », ce qui constitue, selon Anne Sander, un moyen de lutter efficacement contre le dumping social que dénonce le secteur agricole. La CNE s’est déclarée par ailleurs ouverte à l’accueil et à l’emploi de migrants légaux, à l’heure où l’Europe est confrontée à une crise migratoire sans précédent. Parallèlement aux dossiers « chauds », la CNE continue à travailler sur l’attractivité des métiers de l’agriculture : elle a ainsi contribué à améliorer la prévoyance santé des salariés agricoles, leur logement et grâce à la Carte Campagne, elle offre les avantages d’un comité d’entreprise aux 315 000 salariés permanents travaillant dans ce secteur, sous la forme d’une participation aux activités de loisir. En partenariat avec l’Anefa, elle promeut les métiers de l’agriculture sur les salons et dans les carrefours formation.

Publié le 29/06/2018

Les Jeunes Agriculteurs du Ried invitaient, dans le cadre de 30e fête de la Carotte à Muntzenheim, pour une journée portes ouvertes à la ferme. Un public nombreux est venu, dès le matin, découvrir et se sensibiliser avec la variété des travaux effectués à la ferme Husser, Earl Les Laitières, de Muntzenheim.

Les Jeunes Agriculteurs du Ried, avec l’expérience des éditions précédentes, ont proposé aux visiteurs une journée de découverte sur les travaux à effectuer dans une ferme de la plaine du Rhin. À partir de 9 heures, et jusqu’au soir, ils ont pu découvrir les filières agricoles du lait et des céréales au travers de panneaux explicatifs au contenu pédagogique. L’exposition de matériel agricole d’hier et d’aujourd’hui a intéressé un public familial composé de plusieurs générations, apportant aux plus jeunes des informations sur des machines anciennes entreposées dans les hangars de leurs grands-pères. Le quiz « Découverte de la Ferme » a permis aux participants de se rendre compte des divers métiers et activités impliqués dans l’évolution du monde agricole. Un marché de producteurs locaux a permis de découvrir des produits alimentaires confectionnés dans la proche région, et se familiariser avec l'artisanat local. De nombreuses animations pour petits et grands ont permis de comprendre le monde agricole tout en s’amusant. À l’heure du repas de midi, les JA étaient au four et au moulin pour répondre aux attentes des personnes venues pour goûter au repas confectionné avec des produits 100 % Alsace. La visite de l’exploitation laitière, l’Earl des Laitières, a familiarisé les visiteurs avec les spécificités de l’agriculture dans le Ried. L’exploitation agricole s’étend sur 63 hectares, dont 6,5 ha de prairies, 19 ha de maïs ensilage, 13,5 ha de maïs grain, 9 ha de luzerne, 7,6 ha d’orge, 4,5 ha de blé, 2 ha de soja et 0,90 ha de jachère. L'élevage pour sa part, est composé de 80 vaches laitières, 60 génisses et 2 taureaux avec un quota laitier de 700 000 litres. Trois personnes sont employées à plein temps sur l’Earl. Le succès de ces portes ouvertes à la ferme a permis aux Jeunes Agriculteurs du Ried de promouvoir leur métier tout en faisant découvrir au grand public le savoir-faire alsacien. Cette journée permit aussi de casser quelques préjugés sur l’agriculture d’aujourd’hui et de promouvoir ce lien, si important, entre producteurs et consommateurs.

Chambre d’agriculture d’Alsace

Compétitivité des exploitations : une motion votée

Publié le 29/06/2018

L’avant-dernière session de la Chambre d’agriculture Alsace a été l’occasion de dresser un bilan de la mandature qui s’achève dans quelques mois. L’occasion aussi de faire le point sur les derniers événements climatiques et sur une conjoncture pas franchement réjouissante. Une motion sur la compétitivité des exploitations agricoles a été votée.

Les prochaines élections aux Chambres d’agriculture auront lieu dans un peu plus de six mois. Lundi dernier, pour l’avant-dernière session, l’heure était au bilan de la mandature. Sous forme d’une vidéo de 20 minutes, les élus ont rendu compte des chantiers entrepris depuis 2013. La mandature qui s’achève a été marquée par la fusion en une seule entité de la Chambre régionale d’agriculture et des deux Chambres départementales. Cette fusion, que le président Laurent Wendlinger qualifie de « réussite technique », s’est accompagnée d’une « optimisation des moyens » et d'« une montée en compétences des équipes », qui se sont restructurées à cette occasion. André Jacob, directeur de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), en tire lui aussi un bilan amplement positif, s’agissant d’« un projet largement partagé par les 180 collaborateurs ». Les services de la CAA ont contribué à la rénovation du parcours à l’installation des jeunes agriculteurs, monté plus de 7 000 journées de formation stagiaires, instruit 100 à 150 dossiers par an dans le cadre du Plan bâtiments. Ils sont venus en aide aux agriculteurs en difficulté, via la cellule Réagir et ont fourni un appui technique aux différentes filières de production : céréales, vigne, fruits et légumes, élevage, agriculture biologique. Ils ont expérimenté des itinéraires de production, des techniques innovantes, des outils pour réduire l’impact de l’agriculture sur les milieux. Les salariés de la CAA ont aussi accompagné la création de réseaux d’agriculteurs, la réalisation de projets de méthanisation ou de magasins de vente directe, contribué au regroupement foncier en forêt et au dynamisme de l’agriculture de montagne. Enfin, ils ont défendu l’agriculture auprès des collectivités, notamment lors des grands projets d’urbanisme ou d’infrastructure. « Du jamais vu » « 2018 sera, à n’en pas douter, encore une année compliquée pour l’agriculture française et les agriculteurs, prévoit Laurent Wendlinger. La conjoncture tarde à s’améliorer avec des prix qui restent bas, voire très bas. Nous ne bénéficions pas, comme d’autres secteurs économiques, de la reprise de la croissance. » Le président de la CAA fait le constat d’« une compétitivité en panne » et s’inquiète des premières discussions sur la future Pac. Une baisse de 5 % en euros courants du budget de la Pac actuelle est à l’ordre du jour, soit près de 20 % en euros constants. « C’est du jamais vu ! L’agriculture française et européenne a besoin d’ambition, d’une vraie reconnaissance, d’un nouveau souffle pour faire face aux défis alimentaires, aux défis de la transition énergétique, aux défis environnementaux. Nous avons besoin d’une Europe qui protège dans un contexte de mondialisation de plus en plus agressive. Nous avons besoin d’une Europe rassemblée avec des valeurs communes, qui défend son agriculture, son économie et son modèle social. » Laurent Wendlinger dénonce la concurrence déloyale que subissent les agriculteurs qui voient leurs produits mis en concurrence avec des produits ne respectant pas les exigences françaises. « Cette concurrence déloyale est très pénalisante pour les producteurs européens, et français en particulier, qui respectent des normes environnementales, sociales et sociétales beaucoup plus contraignantes. » Même à l’intérieur de l’Europe, tous les producteurs ne sont pas logés à la même enseigne, puisque les coûts de main-d’œuvre diffèrent d’un pays à l’autre, regrette le président de la CAA en réclamant que la suppression du CICE pour les travailleurs occasionnels soit compensée. Avancer sans dogmatisme Sur la loi Agriculture et Alimentation, qui fait suite aux États généraux de l’alimentation, le président de la CAA espère qu’elle va se traduire par une meilleure rémunération des producteurs et la prise en compte de leurs coûts de production. « Nous serons particulièrement vigilants sur ce point », promet-il. S’agissant de la commercialisation des produits phytosanitaires, il met en garde contre les risques d’impasse technique ou économique qui pourraient naître de cette loi. « En ce qui concerne la séparation du conseil et de la vente de ces produits, nous pensons qu’il est utile d’avancer sur cette question sans dogmatisme et que les Chambres d’agriculture sont prêtes à prendre leur part dans le débat. » Quelques-unes de ces réflexions ont été reprises dans une motion « relative à la conjoncture agricole et à la compétitivité des exploitations agricoles », votée à l’unanimité moins une abstention, à l’issue du débat fourni qui a suivi l’intervention de Laurent Wendlinger. Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, a rappelé le mouvement de mobilisation organisé autour des dépôts pétroliers quinze jours plus tôt. Un mouvement dont la revendication principale était justement de mettre fin aux distorsions de concurrence auxquels font face les agriculteurs français. Fabien Metz a témoigné des efforts entrepris par la profession pour lutter contre la pollution des eaux par les nitrates et les produits phytosanitaires. En particulier de l’engagement de la CAA pour soutenir les pratiques innovantes, via le contrat de solutions territorial. Dans ce contexte, il trouve « très choquant » la mise en place de ZSCE (zones soumises à contraintes environnementales). Véronique Klein a plaidé pour le maintien des crédits du Plan Ambition Bio. « L’agriculture biologique et d’autres systèmes innovants vont trouver des solutions pour l’environnement et la protection des eaux, ce n’est pas le moment d’acter une baisse de moyens », a-t-elle réagi en mettant en avant l’augmentation du nombre des conversions en agriculture biologique (plus de 80 en 2017). Jean-Michel Schaeffer a attiré l’attention sur les limites des États généraux de l’alimentation pour la filière avicole : la question des charges n’a pas été assez abordée, juge-t-il, ce qui est pénalisant pour une production confrontée au marché mondial. De plus, la filière avicole attend beaucoup du grand plan d’investissement annoncé par le gouvernement, a-t-il indiqué. Critique sur les doléances exprimées, Paul Fritsch, président de la Coordination rurale du Bas-Rhin, a appelé à « une agriculture intelligente, innovante, permettant à l’agriculteur de vivre de son métier ». Michel Debes demande que la Chambre d’agriculture s’investisse sur le dossier de l’autonomie protéique, afin d’encourager la production locale de protéines. Un séminaire sur le sujet est prévu fin octobre, a confirmé Laurent Wendlinger. De nombreux agriculteurs se sont lancés dans la production d’énergies renouvelables : Gérard Lorber a émis le vœu que l’État continue à les soutenir. Claire Dutter a dénoncé l’installation de caravanes de gens du voyage sur une prairie d’Epfig. Quand Jean-Luc Andres s’est alarmé du revirement des chasseurs dans les négociations pour le prochain schéma départemental de gestion cynégétique. Une vraie politique de montagne Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région Grand Est, a salué le travail réalisé durant la mandature. Il a également confié que la Région essaie « de remettre en route une vraie politique de montagne » avec les trois départements concernés. Trois axes seront concernés : les bâtiments d’élevage, la transformation- commercialisation et les fermes-auberges. Un travail est également en cours dans le domaine viticole. Yves Seguy, secrétaire général de la préfecture, a donné les grandes orientations défendues par le gouvernement pour la Pac d’après 2020. La France veut « une Pac simplifiée, qui protège, qui accompagne la transformation d’une agriculture à l’ambition environnementale renforcée ». Concernant les retards de paiement de la Pac actuelle, l’engagement du ministre de l’Agriculture est que d’ici la fin de l’année, tout ce qui est dû au titre de 2016-2017 soit réglé. Sur la loi Agriculture et Alimentation, actuellement en discussion au Sénat, « on s’oriente vers une prise en compte des coûts de production par contractualisation », indique Yves Seguy, toute la difficulté étant de se mettre d’accord sur des indicateurs et des règles de calcul partagés. Sur le plan régional, un certain nombre de défis restent à relever. Le secrétaire général de la préfecture cite l’exemple de l’innovation et de la qualité de l’eau. S’agissant de l’installation des gens du voyage, il indique que le schéma départemental d’accueil est en train d’être revu et qu’une aire est en voie de réalisation à Drusenheim. Tout est fait, assure-t-il, pour éviter l’installation sur les prairies non-récoltées.

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