Vie professionnelle

Publié le 25/05/2018

« Dans la famille Becker, vous demanderez Jean François, viticulteur qui vous offrira les vins, Jean Philippe, viticulteur œnologue et distillateur artisanal qui vous proposera les nouveautés, mirabelle et quetsche bio, Martine qui brodera sur le thème des mises en bouche et bien sûr Marie Josée, la maman, qui s’occupera du café et des desserts… » L’invitation était alléchante, le rendez-vous était convivial. Martine Becker, grand maître de la confrérie Saint-Étienne, n’a pas changé une formule qui gagne : promenade dans le grand cru Froehn le matin, pique-nique - ou barbecue - dans la cour du domaine à midi, balade digestive dans le lieu-dit Kronenbourg l’après-midi. D’année en année, la foule des convives grandit, à l’image de la chaleur de l’accueil de cette famille qui exploite ses vignes en culture biologique depuis 1999.

Champs du possible, Villes du futur en Sud Alsace

L’agriculture à chaque page du projet

Publié le 24/05/2018

Acteurs du monde économique, politique et institutionnel du Haut-Rhin portent vingt projets pour l’agriculture de demain dans le cadre du programme national d’investissement d’avenir (PIA). Sur les 117 candidatures déposées en France, 24 sont encore en lice dont quatre dans le Grand Est notamment celle du Consortium Sud Alsace.

L’appel à projet a été lancé en 2017 par la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Pour être sélectionnée, l’initiative doit être destinée à améliorer la qualité de vie des habitants et augmenter la durabilité du territoire. Vingt-quatre candidatures ont été retenues au niveau national. Dans le Haut-Rhin, la candidature est coordonnée par Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) et réuni en réalité vingt projets innovants visant à relier les espaces ruraux, urbains et périurbains, tout en préservant les ressources. Le « consortium PIA (projet d’investissement d’avenir) TIGA (territoire d’innovation de grande ambition) Sud Alsace » officialisé le 19 mai dernier, est baptisé « Champs du possible, Villes du futur en Sud Alsace ». La CDC contribue aux études de faisabilité à hauteur de 380 000 euros. Fin 2018, la CDC retiendra entre dix à douze candidatures. Ces dernières bénéficieront d’un appui financier de 40 millions d’euros. « Cela va permettre de donner de la visibilité à notre territoire au-delà de nos frontières institutionnelles », affirme Laurent Riche, vice président M2A. Chaque territoire oriente son projet vers ce qui fait sa force. Pour le Sud Alsace, c’est l’agriculture. « Les vingt projets sont tournés vers quatre axes principaux : les productions durables, les technologies innovantes, l’autonomie alimentaire et l’agriculture réparatrice ». « Une révolution agricole, environnementale et textile » « Le centre Inra (institut national de la recherche agronomique) Grand Est Colmar intervient dans deux projets, détaille Frédérique Pelsy, responsable du site : une plateforme de modélisation simulant des scénarios pour évaluer la durabilité des systèmes de cultures innovants et une plateforme de variétés de vignes résistantes au mildiou à l’oïdium pour réduire l’utilisation des fongicides en viticulture ». Pour Denis Nass, vice-président de la Chambre d'agriculture, ce projet est « l’opportunité de partager entre les ruraux et les urbains, de parler d’agriculture, parce qu’à chaque page qu’on tourne on voit le mot « agriculture », de parler innovation dans l’agriculture, de prendre des risques ensemble avec les acteurs économiques et politiques, la coopération, avec l’agriculture biologique. La relocalisation de l’économie agricole est une vraie opportunité pour nos territoires ». Ce projet ouvre également la possibilité de développer de nouvelles filières (lin, ortie), initiatives portées par la recherche, l’université de Haute Alsace et le président de Velcorex, Pierre Schmitt : « Nous sommes dans une révolution agricole, elle est suivie d’une révolution environnementale, industrielle et textile. Ce contexte nous permet d’être confiant dans ce projet. On est dans un écosystème idéal qui permet d’avancer concrètement ». Du circuit court sur l’ancienne friche DMC Produire durablement sur le territoire passe par une mise en confiance du consommateur. Le projet prévoit la création d’un label agricole 100 % : « Avec ce produit, je préserve les Ressources de mon territoire ». Une production qui passe aussi par la diversification pour garantir un revenu aux petites et moyennes exploitations agricoles, en introduisant de nouvelles cultures ou de nouvelles méthodes de culture et en structurant les filières du champ aux consommateurs. Lionel L’Haridon, du projet Salsa, propose la création d’un système alimentaire localisé en Sud Alsace, pour favoriser l’autonomie alimentaire. « Issu d’une dynamique de citoyens pour se réapproprier l’acte d’achat et de consommation, il répond à une double logique : sécuriser le débouché pour les producteurs avec magasin, plateforme logistique et restauration, sécuriser la production et l’approvisionnement. Ce lieu est envisagé dans un bâtiment mulhousien de 2 000 m2 de la friche DMC ». Les cônes marins du Sundgau La société Domi Conus d’Obermorschwiller, avec la communauté de commune du Sundgau, porte un projet de technologie innovante. Cette société collecte du venin d’escargots marins en forme de cône, dits cônes marins, pour la recherche et les laboratoires pharmaceutiques. « À ce jour, nous connaissons 748 espèces différentes, ce qui représente plus de 100 000 toxines disponibles, soit un gisement énorme de molécules bioactives, révèle Denis Weltin, conseiller scientifique de Domi Conus. Or, on ne connaît que 3 % de ces molécules. Nous en avons dix en étude. Avec 150 spécimens qui relèvent de 26 espèces différentes, nous sommes, un an après sa création, la plus grande ferme de cônes marins du monde. Mais nous sommes encore dans une phase de validation de nos procédés. Nous ne pouvons rien sans la collectivité ». Ces molécules permettraient de traiter le diabète, la maladie d’Alzheimer, les douleurs… Le PDG de l’entreprise, Dominique Flota, est ambitieux : « Nous pourrions rapidement embaucher de 150 à 200 salariés, car cette technique nécessite de la main-d’œuvre ». L’agriculture est source de solutions médicales et environnementales : une valeur « réparatrice » en créant de nouvelles ressources par la valorisation de la biomasse via un procédé de pyrolyse rapide, grâce à l’expertise d’Agrivalor, du laboratoire Chrono Environnement et Biophénol.

Jeunes Viticulteurs du Bas-Rhin et du Haut-Rhin

Se rapprocher pour le vignoble alsacien

Publié le 17/05/2018

Les Jeunes Viticulteurs 67 et 68 envisagent de se rapprocher pour travailler en plus étroite collaboration. C’est dans ce cadre qu’ils se sont retrouvés vendredi 11 mai au domaine Henri Ehrhart. L’occasion de visiter cette entreprise réputée du vignoble et de partager un moment convivial ensemble.

Ce rapprochement est d’autant plus nécessaire quand il s’agit d’évoquer les sujets d’actualité en lien avec l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA). Néanmoins, les modes de fonctionnement sont différents. Dans le Haut-Rhin, les Jeunes Viticulteurs constituent un canton bien identifié chez les Jeunes Agriculteurs, avec un mode de fonctionnement qui lui est propre. Dans le Bas-Rhin, les Jeunes Viticulteurs ne sont qu’un groupe aux côtés des différents cantons des JA. « Pour ma part, je suis rattaché à mon canton de Sélestat. Nous n’avons pas vraiment de président ou de conseil d’administration, même si nous nous retrouvons régulièrement », explique Nicolas Pernet-Clog, jeune viticulteur à Dambach-la-Ville. « De notre côté, notre canton Viti chez les JA existe depuis longtemps, mais nous venons d’élire un nouveau conseil d’administration », précise de son côté Quentin Blanck, président des JA Viti 68 depuis la fin de l’année 2017. Les deux professionnels veulent parler d’une seule voix. Notamment lorsqu’il s’agit de porter des dossiers au niveau du conseil d’administration de l’AVA ou lorsqu’il s’agit de faire avancer la viticulture sur l’ensemble du vignoble régional. « Nous souhaitons avancer ensemble et avoir un groupe « jeune » au niveau de l’AVA. Dans ce groupe, nous voulons continuer à accueillir tous les jeunes viticulteurs, issus de toutes les familles professionnelles du vignoble. Nous souhaitons casser cette barrière symbolique entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. Il n’y a qu’une seule viticulture, celle de l’Alsace », commente Nicolas Pernet-Clog. À l’export et en grande distribution C’est dans cet état d’esprit qu’une trentaine de jeunes viticulteurs se sont retrouvés pour échanger ensemble. Avant un dîner en commun au cours duquel les différents thèmes d’actualité ont été abordés, les professionnels ont visité le domaine Henri Ehrhart à Ammerschwihr. Une visite commentée par Cyrille Ehrhart, 32 ans, qui a repris l’exploitation familiale en 2009. L’entreprise, qui existe depuis sept générations, fait actuellement travailler 14 salariés. L’activité de négoce a véritablement été impulsée en 1978 par Henri Ehrhart, le père de Cyrille. « À l’époque, la production se situait à environ 50 000 bouteilles. Aujourd’hui, en fonction des millésimes, nous tournons entre 5 et 7 millions de bouteilles. Nous consacrons environ 15 % de notre chiffre d’affaires à l’export. C’est relativement peu même si, depuis cinq ans, nous sommes le premier exportateur alsacien au Japon, grâce à un agent qui a développé un bon carnet d’adresses. Cela représente un volume d’environ 50 000 bouteilles. Le reste des ventes va vers la grande distribution, nous sommes représentés dans toutes les enseignes », explique Cyrille Ehrhart. Le jeune viticulteur présente ensuite l’ensemble du bâtiment de 2 000 m3 avec, notamment, une nouvelle cuverie et un local de stockage particulièrement impressionnant. S’il est toujours aidé par son père, Cyrille Ehrhart peut également compter sur sa sœur, Sophie, qui s’occupe spécifiquement de la partie commerciale. Le domaine Henri Ehrhart compte encore se développer à l’avenir. « Nous sommes effectivement toujours à la recherche de nouveaux apporteurs de raisins. Nous en avons 80 actuellement pour une surface qui dépasse les 200 hectares. Nous voulons attirer les gens en proposant des prix d’achat attractifs. Nous jouons sur la proximité. Nous avons des plateformes un peu partout en Alsace où les viticulteurs peuvent apporter leurs raisins. Nous les acheminons par nos propres moyens ici à Ammerschwihr. Nous tenons à ce service de proximité », conclut Cyrille Ehrhart.

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