Vie professionnelle

À Strasbourg et à Reichstett

Les manifestants lèvent le camp

Publié le 14/06/2018

À l'appel de la FNSEA et de JA, les agriculteurs qui empêchaient l'accès aux installations pétrolières de Strasbourg et de Reichstett ont levé le camp en fin d'après-midi. Un sentiment de déception flottait dans l'air, à l'annonce de la nouvelle de la fin de la mobilisation au niveau national. Car contrairement à d'autres régions, les agriculteurs du Grand Est étaient prêts à poursuivre le mouvement. D'autant que les annonces faites par le gouvernement ne sont pas, et de loin, à la hauteur des espérances…

« Les premiers manifestants se sont fait déloger ce matin par les forces de l’ordre. À certains endroits, ils se sont retrouvés face à 1 500 CRS. Ce n’est pas le cas ici et nous aurions aimé poursuivre le mouvement, car nous estimons que le compte n’y est pas. » À l’issue de plusieurs heures d’entretien téléphonique avec Christiane Lambert et Jérémy Décerlé, Franck Sander, président de la FDSEA 67, Julien Koegler (JA 67), Étienne Losser (JA Grand Est), et Victorien Lambert (JA 88) ont organisé un débriefing en fin de matinée. Objectif : présenter les (rares) avancées obtenues, à l’issue d’une seconde réunion avec le ministre de l'Agriculture qui s’est prolongée jusque tard dans la nuit. Le ministre de l'Agriculture a accepté d’écrire noir sur blanc les engagements obtenus, dans un courrier qui n’était pas encore signé au moment du bouclage de cette édition. La plus porteuse d’espoir est, aux yeux des syndicalistes, la remise en route du Corena (comité de rénovation des normes en agriculture) pour étudier l’impact économique des nouvelles normes sur les exploitations, une première réunion étant fixée au 13 juillet. Autre avancée, une meilleure « lisibilité » du volet agricole du grand plan d’investissement de 5 milliards d’euros, avec « un fléchage vers les exploitations agricoles et pas seulement vers les entreprises agroalimentaires ». FNSEA et JA ont aussi obtenu la reconnaissance qu’il existe des distorsions sur les produits, mais aussi sur les conditions de production, dans le cadre des accords commerciaux bilatéraux. « Ils s’engagent à être moteur à Bruxelles sur ce dossier. » Côté biocarburants, les syndicalistes ont négocié une intervention plus dynamique de la France pour faire baisser les plafonds européens d’importation d’huile de palme dans le cadre de la révision en cours de la directive Red 2, ainsi que la prolongation de 3 à 5 ans des exonérations de taxes sur les biocarburants. Des ouvertures ont également été faites sur la modernisation de la fiscalité agricole, ainsi que sur la relance du crédit CICE d’ici l’automne. Une belle solidarité ! En revanche, les syndicats n’ont pas obtenu satisfaction sur les charges du travail saisonnier. « Le fait que le gouvernement n’ait pas voulu lâcher de lest sur cette mesure, qui ne représente pourtant que 30 millions d’euros, est symptomatique de la position très dure de Bercy. Les négociateurs se sont retrouvés face à un mur ». Pas d’avancée non plus sur les modifications réglementaires induites par les États généraux de l’alimentation en matière de produits phytosanitaires - glyphosate, néonicotinoïdes, taxes supplémentaires sur les produits phytopharmaceutiques, séparation de la vente et du conseil -, « ce qui induira des impasses techniques et des charges supplémentaires sur nos exploitations. Heureusement qu’on a le contrat de solution - pas de suppression de molécule tant qu’il n’y a pas de solution alternative. » À sa suite, Julien Koegler, Étienne Losser et Victorien Lambert ont remercié les manifestants pour leur investissement sans faille. « Nous sommes prêts à recommencer, dès demain si nécessaire. Nous pouvons être fiers de la manière dont nous avons réussi à nous mobiliser, au niveau des agriculteurs du Grand Est. »

Publié le 07/06/2018

La cave de Bestheim accueillait, jeudi 31 mai, une délégation du Parlement européen, conduite par le président Antonio Tajani. Une visite courtoise marquée par des échanges sur le travail de la vigne en Alsace, et la présentation d’une cave, authentique fleuron de la viticulture de notre région.

Antonio Tajani, président du Parlement européen, et sa délégation ont été accueillis par Pierre-Olivier Baffrey, président du conseil d’administration de Bestheim, et Patricia Hild, maire de Bennwihr, entourés d’Alexandra Muller, directrice administrative, financière et ressources humaines de Bestheim représentant le directeur Agostino Panetta, Sylvain Kamm, œnologue et responsable du site de Westhalten, Sabrina Marino, responsable marketing et communication, Emmanuel Coquand, directeur du cabinet du préfet Laurent Touvet, Jacques Cattin, député et conseiller régional, Serge Kuentzmann, adjoint au maire de Bennwihr, Pascal Lohr, maire de Kaysersberg Vignoble. Guidé par Pierre-Olivier Baffrey, Antonio Tajani a découvert la plus grande cave coopérative vinicole d’Alsace exploitant plus de 10 % du territoire viticole régional. Le produit des 1 380 hectares de vignes, exploités par 450 familles d’adhérentes, réparties du nord (Barr) au sud (Wuenheim) de l’Alsace, est apporté à la cave pour l’élaboration de vins prestigieux. Ces vins sont produits sur deux sites, Bennwihr pour les vins tranquilles et Westhalten pour les crémants et les effervescents, avec des raisins amenés aux trois vendangeoirs de l’établissement, Barr, Bennwihr et Westhalten. Dirigé par Agostino Panetta, directeur général, Bestheim emploie 72 salariés. Pierre-Olivier Baffrey souligne que la cave a besoin d’atteindre une certaine taille pour sécuriser ses approvisionnements et accéder à des marchés importants en métropole et à l’international. C’est dans cet esprit que la cave de Bennwihr fusionne avec celle de Westhalten, dès l’année 2000, et prend le nom de Bestheim, qui selon l’originalité d’une pub en fait cette autre ligne bleue des Vosges. Puis progressivement, la cave fusionne en 2012 avec son homologue d’Obernai, qui auparavant avait fusionné avec celles de Barr et de Sigolsheim. Et en 2014 c’est Kientzheim-Kaysersberg qui entre dans son giron. Bestheim s’est donné les moyens de son ambition en exploitant une mosaïque de territoires permettant de vinifier des vins portant la marque de leurs terroirs et proposant 7 grands crus sur les 51 que compte l’Alsace. Acteur majeur de la viticulture alsacienne, la cave a su saisir l’opportunité, en 2008, d’investir dans le vignoble bordelais, avec comme fleuron, le château Fillon. Acteur majeur du vignoble Sylvain Kamm présente l’élaboration des vins au sein de Bestheim, de la vendange à sa mise en vente, et explique l’originalité des vins proposés à la dégustation, un riesling grand cru Mambourg, et son crémant haut de gamme Prestige, classé deuxième meilleur effervescent devant de prestigieux champagnes. Jacques Cattin, député et conseiller régional, rappelle l’histoire, l’élaboration et la réglementation de la production de crémants. La visite se termine au vendangeoir où l’ouverture des portes offre une belle vue sur le vignoble de Bennwihr. Patrica Hild présente la commune de Bennwihr. Avant la dégustation finale et la signature des livres d’or de la cave de Bestheim et de la commune, Pierre-Olivier Baffrey détaille les investissements de la cave ayant bénéficié de subventions de l’Union européenne, n’oubliant pas d’exprimer ses vifs remerciements au président. Il conclut en précisant, que devenue une actrice majeure du vignoble alsacien, la cave porte une responsabilité importante et s’engage au quotidien pour élaborer les meilleurs vins et crémants d’Alsace, dans le plus grand respect de l’homme et de la nature. Il souligne que Bestheim a à cœur de trouver l’équilibre qui permettra à ses vignerons coopérateurs de vivre du fruit de leur travail en apportant satisfaction à ses clients et en prenant soin de notre environnement. La charte interne Générations Futures, avec ses sept règles, promeut la préservation de la biodiversité, la prévention de la pollution, l’utilisation durable des ressources, la protection des consommateurs, la satisfaction des clients, la santé et la sécurité de ses adhérents et salariés, ainsi que de bonnes conditions de travail pour ses adhérents et salariés.

Pages

Les vidéos