Vie professionnelle

Association régionale des industries alimentaires (Aria) Alsace

Manou, la grande dame de l’Aria

Publié le 18/07/2018

Après quatre mandats successifs, la présidente de l’Aria Alsace, Manou Massenez-Heitzmann, a passé le relais lors de l’assemblée générale du 6 juillet. L’occasion pour les participants de revenir sur les nombreux succès et les innovations insufflées par cette figure de l’industrie alimentaire alsacienne.

L’assemblée générale de l’Association régionale des industries alimentaires (Aria) revêtait cette année un caractère tout particulier pour les membres et les personnalités présentes. Sa présidente, Manou Massenez-Heitzmann, a annoncé son départ, après douze années à sa tête. Ses quatre mandats à l’Aria portent son empreinte, quasiment une marque Manou, « un prénom qu’elle s’est fait », a souligné le premier adjoint au maire de Strasbourg, Alain Fontanel. Avant de saluer son dynamisme : « Elle est toujours prête à prendre la défense des marques alsaciennes ». La députée européenne, Anne Sander, a souligné « l’importance de la reconnaissance des produits » à laquelle elle a contribué. « Manou Massenez-Heitzmann a porté haut et fort les industries alimentaires alsaciennes », a déclaré le président du Conseil départemental, Frédéric Bierry, en livrant quelques anecdotes sur cette femme toujours pleines d’idées, toujours positive, « sa marque de fabrique ». « De la fourche à la fourchette, il y a des pépites dans l’agriculture et dans l’industrie alimentaire » qui participent à l’art de vivre et à la gastronomie du territoire. Il a salué « le couple de dames » formé avec Sylvie Schott, directrice générale de l’Aria, et a dit être « très fier de l’industrie agroalimentaire du territoire ». Robert Hermann, président de l’Eurométropole, a quant à lui rappelé l’importance de ce secteur, qui représente 23 % des emplois, 330 entreprises et 4 600 salariés. « Grâce à l’Aria, des petites et des moyennes entreprises ont pu s’ouvrir à l’export », suite à la création du guichet unique et sectoriel avec la Chambre de commerce et d'industrie. Les résultats sont au rendez-vous avec un chiffre à l’export pour l’alimentaire de 9 % en Alsace, contre 7 % pour la moyenne nationale. Manou Massenez-Heitzmann est « une Alsacienne convaincue, nous pouvons compter sur elle pour défendre et valoriser la région Alsace au sein de la grande région », a-t-il conclu l’élu. Labellisation unique, présence accrue sur les salons internationaux Très émue par ces témoignages, Manou Massenez-Heitzmann a précisé qu’elle avait exécuté ce dernier mandat « pour finaliser la mise en place de l’Aria Grand Est ». Elle a remercié Hélène Heimburger de lui avoir fait confiance en 2006 en lui passant le relais et tous les chefs d’entreprise qui l’ont soutenue, Michel et Yolande Haag, Pierre Schulé entre autres. Elle a souligné « les difficultés à fédérer des entreprises de tailles différentes », grands groupes, coopératives, PME, et sa « fierté à ce qu’elles soient toutes représentées au sein de l’Aria ». Elle a ensuite rendu hommage aux anciens directeurs Gilbert Grasser, Marie-Claude Stoffel. L’Aria a obtenu du gouvernement la labellisation Cluster en 2010. En 2010 a aussi été créé le programme Noviaa : « De la haute couture pour les entreprises », accompagnées dans l’innovation. 70 programmes Noviaa ont été réalisés et ont permis de gagner six trophées Alsace Innovation. Gérard Risch, des pains d’épices Fortwenger, vient de gagner un trophée à la Fency de New York. Manou Massenez-Heitzmann a donné quelques chiffres sur les salons professionnels au développement desquels elle a œuvré : il y avait 6 exposants à Lyon en 2009, 32 en 2016, 29 à Cologne ; 13 entreprises étaient présentes à la Fency de New York, contre 3 au départ, et 5 l’étaient au Sial à Shanghai. Ces actions à l’international sont menées parallèlement à une volonté « d’ancrage dans le territoire », concrétisée par la création de la marque Savourez l’Alsace, mise en place avec le soutien de l’ancien président de la Région, Philippe Richert. Plus de 3 000 produits sont référencés à ce jour. Rapprochement avec l’agriculture, reconnaissance européenne Manou Massenez-Heitzmann a rendu un vibrant hommage à l’ancien président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Jean-Paul Bastian, « un visionnaire ». Avec lui, elle a réussi à rapprocher le monde de l’agriculture et celui des industries alimentaires, « impossible il y a vingt ans ». Grâce à lui, « nous avons pu instaurer un dialogue constructif, dépasser les réticences » et créer ensemble de nouvelles filières. « L’agriculture a fait confiance à l’Aria » dans une nouvelle marque commune Savourez l’Alsace Produit du terroir. Elle a évoqué les escales alsaciennes - 21 entreprises participent à cette ouverture au tourisme industriel -, ainsi que les opérations avec la grande distribution. Seule Aria en France labellisée Cluster, elle a intégré le programme Interreg européen String, seul Food Cluster français parmi onze autres issus de six pays européens. Le Food studio, désormais installé dans les locaux de l’Hôtel départemental, offre un rapprochement avec le laboratoire d’analyses départemental, « important au regard des problèmes alimentaires ». L’ouverture à l’Université de Strasbourg a récemment permis le lancement du pôle Sciences et culture alimentaire d’Alsace. Manou Massenez-Heitzmann a précisé que « l’Aria a toujours fonctionné avec peu de personnel », soulignant l’importance du bénévolat. Et annoncé qu’elle allait se consacrer à l’international au niveau national pour continuer à aider les PME à l’export. Elle a été très touchée par la vidéo montage dans lequel plusieurs membres du conseil d’administration lui ont témoigné leur attachement. « Manou a brandi l’étendard de l’Aria et galopé pendant douze ans, a déclaré Gilbert Grasser. Son prénom est gravé dans le cœur des adhérents. » « C’est la fin du duo infernal des blondes de l’alimentaire », a déclaré émue Sylvie Schott, sachant « qu’elle ne sera jamais bien loin, là si on a besoin d’elle ». Cette séquence émotions s’est achevée par une remise de cadeaux à la présidente d’honneur.

Secrets du Val d’Argent - Transformateur à Scherwiller

Une philosophie très « locale »

Publié le 16/07/2018

La boucherie-charcuterie Secrets du Val d’Argent fera partie des transformateurs qui seront présents lors de la première édition de Passion de nos terroirs, le 18 septembre, à Sélestat. L’occasion pour cette entreprise, qui a les circuits courts inscrits dans son ADN, de se faire connaître auprès de potentiels nouveaux clients et fournisseurs.

Pour eux, la boucherie-charcuterie de qualité n’est plus un secret depuis longtemps. À Scherwiller, les frères Gilles et Thierry Adrian, et leur sœur Nathalie, appliquent quotidiennement un savoir-faire hérité de leur oncle et de leur père, qui avait créé une boucherie-charcuterie de village en 1972 à Rombach-le-Franc, puis en 1989 une première usine de transformation à Lièpvre, employant une douzaine de salariés, la charcuterie du Val d’Argent. Ils mettent un point d’honneur à ne travailler qu’à partir d’animaux issus d’élevages situés dans un rayon d’une centaine de kilomètres. Une logique « circuit court » que Nathalie, Gilles et Thierry Adrian ont repris à leur compte lorsqu’ils héritent de l’entreprise familiale en 2003. Celle-ci comptait alors une quarantaine de salariés. Ils prennent la décision de racheter l’entreprise Safapac, spécialisée dans les plats cuisinés. Malgré cet investissement, ils se rendent rapidement compte qu’il leur faut encore plus de place pour se développer. Ils déménagent dans la zone d’activités du Giessen, à Scherwiller, en 2014, avec une cinquantaine de salariés. Une clientèle à 90 % alsacienne Aujourd’hui, leur boucherie-charcuterie, Secrets du Val d’Argent, compte une petite centaine de salariés et une production comprise entre 3 800 et 4 000 tonnes par an, répartie à parts égales entre l’activité boucherie et l’activité charcuterie. La clientèle, à 90 % alsacienne, est constituée par les GMS (40 %), suivies par les bouchers détaillants (30 %), les grossistes (15 %) et la restauration hors foyer (15 %). Les animaux utilisés sont issus « d’achats locaux », une origine Grand Est au maximum. « Nos bovins viennent en majorité d’exploitations situées en Lorraine. On a du mal à trouver suffisamment de génisses et de bœufs en Alsace », justifie Thierry Adrian. Si auparavant, ils allaient chercher eux-mêmes les animaux dans les fermes, ils ont depuis délégué cette tâche logistique à un marchand de bestiaux, par manque de temps. « En fonctionnant avec des circuits aussi courts, on contribue à la qualité de nos viandes avec des animaux qui ne subissent pas le stress d’un long trajet. Sans compter qu’ils sont tous issus de bonnes terres d’élevage riches en pâturages. Ce qui fait qu’on s’y retrouve au final », continue Gilles Adrian. Développer les produits en charcuterie S’ils ne sont pas issus de formations bouchères comme leur père ou leur oncle, les frères et sœur Adrian ont en commun une connaissance avancée du monde l’élevage. « Nos parents avaient une ferme avec un élevage de salers et de charolaises. C’est un sujet qu’on a appris à maîtriser avec le temps. » Tout comme ils ont appris à utiliser les savoir-faire familiaux en matière de transformation bouchère et de confection de plats préparés. Un « secret » bien gardé qui leur a permis de continuer à se développer avec succès. Et ce n’est pas fini. En participant à la première édition du salon Passion de nos terroirs, à Sélestat, ils espèrent bien se faire connaître davantage auprès de potentiels nouveaux clients bien sûr, et évidemment auprès d’éleveurs alsaciens en quête de débouchés. « On va essayer de développer davantage nos produits en charcuterie », souligne Thierry Adrian. Ils ont déjà commencé avec deux produits 100 % Alsace : un jambon cuit et une poitrine paysanne, toutes deux estampillées Savourez l’Alsace, Produit du terroir. « C’est vrai qu’on est bien pourvu en porcs en Alsace », constate Gilles Adrian. Concernant les bovins, son frère et lui se disent « toujours ouverts » pour établir des contacts avec de nouveaux producteurs. Encore faut-il résoudre le problème du transport de l’animal entre la ferme et l’abattoir. « Aujourd’hui, on a une logistique en place avec un marchand de bestiaux qui fait sa tournée dans les fermes lorraines avant d’aller à Holtzheim. Si l’éleveur est à 15 ou 20 minutes de l’abattoir, il pourrait emmener ses animaux avec la bétaillère. Mais pour les éleveurs qui sont dans le Haut-Rhin, ça risque d’être un peu plus compliqué tant qu’on n’a pas trouvé la solution adéquate », ajoutent les frères Adrian.

Publié le 15/07/2018

Roland Schweitz en est convaincu, « Passion de nos terroirs » est un rendez-vous incontournable pour ceux qui, comme lui, veulent élargir leur clientèle. Producteur spécialisé en pommes de terre, qu’il commercialise sous la marque La Bruchoise, il s’est déjà inscrit aux trois rendez-vous fixés par la Région Grand Est.

« Ce salon vise les grossistes et les distributeurs, explique Roland Schweitz. Ce qui m’intéresse, c’est de communiquer sur nos produits. C’est dans l’objectif de les faire connaître que j’ai lancé la marque La Bruchoise, il y a cinq ans. Ces salons me permettront de garder le contact avec mes clients et, je l’espère, de nouer de nouveaux contacts commerciaux, notamment en dehors de l’Alsace. Mais cela ne sera pas forcément évident, car la Champagne est un gros producteur de pommes de terre » L’enterprise a été créée par Roland Schweitz, avec son épouse Catherine. Son neveu, Jérémie, le seconde dans tout le process, de la production jusqu’au conditionnement. Sa fille, Lucie, ayant fait des études en gestion et commerce, l’a rejoint en 2016. Son autre fille, Clara, continue ses études d’agronomie afin de pouvoir, un jour, intégrer la société. Les 110 ha de pommes de terre sont répartis sur deux secteurs, la plaine de la Bruche et la plaine d’Erstein, « un terroir très propice à la culture de la pomme de terre ». Cette culture exige une rotation de cinq ans. Même si elle complique l’assolement, cette précaution est indispensable pour produire une pomme de terre d’une qualité irréprochable et préserver le bon état sanitaire des terres. « Nous procédons par échanges avec les agriculteurs des communes avoisinantes. » Roland Schweitz a récolté ses premières pommes de terre primeur début juillet - il en produit une dizaine d’hectares. La campagne se prolongera jusqu’au 15 août. « C’est à ce moment-là que démarre la saison des pommes de terre de conservation, des variétés demi-précoces. C’est le grand boom ! Il faut stocker 4 000 t de pommes de terre en cinq ou six semaines. Nous fonctionnons en deux équipes : l’une s’occupe de la récolte et du stockage, l’autre du conditionnement et de la commercialisation. C’est en septembre-octobre que nous écoulons les plus gros volumes. C’est à la fois le pic de travail et le pic de consommation. » Les atouts de La Bruchoise ? « Nous sommes très exigeants vis-à-vis de la qualité culinaire et gustative, mais aussi de l’aspect des tubercules. Nous tâchons d’être compétitifs tant au niveau du prix que des volumes. Et nous commercialisons toutes nos pommes de terre sous l’emblème des Fruits et légumes d’Alsace et de la marque collective Savourez l’Alsace Produit du terroir, ce qui nous permet de valoriser un produit dont l’image n’est pas toujours très porteuse. »

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