Vie professionnelle

Armbruster vignes à Saint-Hippolyte

Une « nocturne du pro » réussie et conviviale

Publié le 13/07/2018

Les établissements Armbruster à Saint-Hippolyte proposaient leur traditionnelle soirée technique nocturne avec quelques démonstrations et des ateliers fort appréciés en pleine période viticole.

Alors que la phase végétative de la vigne bat son plein, les viticulteurs sont heureux de se retrouver l’espace d’une soirée chez leur distributeur préféré pour faire le point, discuter technique, voir où en est l’état sanitaire en différentes zones du vignoble. Ça tombe bien, les établissements Armbruster Vignes proposaient leur nocturne du pro, le 29 juin dernier, en soirée donc, sur leur site d’appro à Saint Hippolyte. Soirée à laquelle était conviée la Chambre d’agriculture et son Labo Vert, dont les techniciens ont présenté des échantillons des différents problèmes de maladies ou carences rencontrés dans le vignoble alsacien… Très formateur ! Une soirée où étaient également invités de nombreux exposants et fournisseurs de la viticulture, qui ont fait part des propositions actuellement en vogue dans la viticulture alsacienne. Chez Nufarm, Prev-Am est un produit de biocontrôle fongicide et insecticide (pas d’homologation en viticulture, uniquement en maraîchage. Autre nom commercial : Limocide) à base d’extraits d’écorces d’orange, très efficace selon les technico-commerciaux pour « sécher une attaque de mildiou et d’oïdium » et bloquer la sporulation… Un mildiou qui cette année fait débat dans le vignoble, avec ses contaminations silencieuses et à retard de rot brun suite aux pluies diluviennes des 12 et 13 juin derniers. Prev-Am s’utilise à une certaine concentration, d’où une adaptation de la quantité en fonction des volumes d’eau de traitement à l’hectare. Toujours sur le stand Nufarm, l’hydroxyde de cuivre Champ Flo, homologué en agriculture biologique, extrêmement étalant et résistant au lessivage, était aussi un outil fort à propos cette année, grâce à son efficacité contre les contaminations de mildiou par les pluies d’orage. Nufarm propose par ailleurs un cuivre tribasique à action préventive grâce à un dépôt résistant sur la feuille qui s’active avec l’eau de pluie. Les techniciens Armbruster font le choix de solutions avant tout efficaces et les plus respectueuses de l’environnement, quand l’efficacité est au rendez-vous. Comme certains viticulteurs sont aussi maïsiculteurs ou céréaliers, était aussi proposée cette année pour le maïs, une mycorhize du genre glomus : le BioXfert. Deux racines de maïs étaient présentées, l’une mycorhizée, l’autre pas. Avec davantage de développement pour la première. Outil d’aide à la décision Bayer présentait Movida, un outil d’aide à la décision développé par la start-up toulousaine ITK et exploité par Bayer. Cet outil informatique, qui peut s’avérer précieux dans des années comme 2018, évalue la pression mildiou et oïdium. Il s’appuie sur les données météorologiques de Colmar et Strasbourg, d’un réseau de sept stations météo Armbruster, et sur la phénologie que le technicien modifie à la marge pour la caler à la réalité de la phase végétative d’une vallée à l’autre. Movida existe depuis six ans, mais son usage en est à ses balbutiements. Sa fiabilité est dépendante des informations qu’il collecte, c’est pourquoi l’équipe Armbruster Vignes continue d’investir dans des stations météo pour l'affiner. Movida indique les contaminations primaires de mildiou correspondant à la libération des oospores suite à des pluies, et les repiquages, qui donneront des sorties de taches. Il intègre des programmes de traitements et permet d'anticiper les fins de rémanence, donc les périodes à risques. La finalité de cet outil est de positionner au mieux les traitements, tout en respectant la législation française et le stade phénologique de la plante. Des sessions de formations et de prise en main sont prévues par le service technique d’Armbruster Vignes.

Publié le 13/07/2018

Alors que la campagne de production du maïs bat son plein, Jean-Marc Schwartz, producteur de maïs dans Haut-Rhin et administrateur de l’AGPM fait le point sur la situation des cultures et les défis qui se présentent actuellement à l’AGPM à commencer par le plan du gouvernement visant à « sortir de la dépendance aux phytos ».

L’observatoire Céré’obs estimait au 23 juin à 74 % les surfaces en bonnes à très bonnes conditions au niveau national. Qu’en est-il exactement aux niveaux national et local ? Jean-Marc Schwartz : « Globalement les maïs du département sont beaux et affichent à ce jour de bons potentiels à l’image des autres maïs continentaux et du nord-ouest de la France. Bien sûr il y a eu des parcelles sévèrement touchées par les aléas climatiques (inondations, grêle)…  Et le potentiel actuel doit être protégé : cette année la pyrale est bien présente au sud comme au nord et les dégâts de taupins et de corbeaux sont fréquents. Les maïs du sud-ouest connaissent de grandes difficultés cette année car les pluies incessantes ont gravement perturbé les semis qui se sont terminés fin juin ». Avec l’interdiction programmée de certains produits comme les néonicotinoïdes ou le glyphosate, comment l’AGPM entend alerter le gouvernement sur les difficultés des maïsiculteurs sur le terrain ? J-M. S : « Les décisions franco-françaises concernant les phyto sont intolérables et nous ne pouvons accepter toujours davantage de distorsions. La sortie du glyphosate, par exemple est une demande sociétale et, même si elle n’est pas scientifiquement justifiée, nous devons en tenir compte. Mais pas tous seuls et à n’importe quel prix. Que ce soient aux niveaux local ou national, l’AGPM ne cesse de demander aux pouvoirs publics de s’en tenir à la réglementation communautaire. Notre Président se dit européen, qu’il le prouve ! ». L’interdiction des néonicotinoïdes est une réelle menace pour les maïs du Nord et de l’Ouest qui ont besoin du thiaclopride (Sonido) pour se prémunir d’attaques de mouches. Dans son rapport du 30 mai l’ANSES a clairement identifié cette menace et l’impasse à laquelle les producteurs devraient faire face si aucune dérogation n’était délivrée. C’est ce qui a conduit l’AGPM demander une dérogation qui sera examinée par trois ministères : Agriculture, Environnement, Santé. L’examen de passage s’avère difficile et il est primordial que notre demande soit relayée par les agriculteurs sur le terrain. Parallèlement les producteurs de maïs ont toujours été ouverts aux solutions de substitution aux phytos. C’est pourquoi nous nous engageons donc aux côtés de la FNSEA dans la démarche « du contrat de solutions »… Mais il faut être clair : les nouvelles solutions nécessitent des investissements et des surcoûts que les maïsiculteurs ne pourront pas supporter seuls même si, à bien des égards, le maïs a déjà une longueur d’avance. C’est-à-dire ? J-M. S : « C’est en maïs que le biocontrôle est le plus développé, avec 120 000 ha protégés contre la pyrale via les trichogrammes. Et c’est encore dans les champs de maïs que l’on voit de plus en plus de désherbage mécanique se développer. Ces deux alternatives sont en bonne place dans les techniques identifiées dans le contrat de solutions et il convient de les promouvoir mais sans se priver des autres. Cette année par exemple pas question de désherber mécaniquement des sols détrempés. Et quand la pression pyrale devient trop forte, les trichogrammes ne suffisent pas et la chimie doit pouvoir prendre le relais. Poursuivre la recherche dans tous les domaines avec l’institut Arvalis, promouvoir les techniques répondant aux aspirations sociétales et défendre les solutions efficaces aptes à préserver la culture, telle est la ligne poursuivie par l’AGPM en matière de phytos ».

IGP choucroute d’Alsace

Une IGP européenne à savourer !

Publié le 13/07/2018

Vingt ans ! Il a fallu une bonne dose d’obstination aux choucroutiers alsaciens pour décrocher la consécration suprême, l’IGP européenne. C’est chose faite depuis le 3 juillet. Producteurs et transformateurs, toute la filière est prête pour la commercialisation de la première choucroute d’Alsace IGP dès la mi-août.

C’est officiel : la choucroute d’Alsace a son IGP. Après l’homologation du cahier des charges par les autorités françaises en 2012, elle vient d’obtenir le précieux sésame européen, ce qui protège cette dénomination dans toute l’Union européenne. Désormais, une choucroute d’Alsace est une choucroute 100 % alsacienne. Pour les producteurs et transformateurs alsaciens, la quête du Graal a démarré dès 1996, avec le dépôt de la demande d’IGP européenne. « Ce dossier est l’un des premiers qu’Alsace Qualité a appuyés lors de sa création en 2018 », indique son président, Jean-François Vierling. Pourquoi la filière a-t-elle dû patienter si longtemps pour voir sa démarche de qualité récompensée ? « Les autorités chargées de donner leur avis faisaient la confusion entre le plat cuisiné et le légume », explique Bernard Muller, de la choucrouterie Le Pic à Meistratzheim. Il a donc fallu démontrer les spécificités de la choucroute made in Alsace. Longue, fine et blanche Le monde entier connaît la choucroute garnie, plat emblématique de notre territoire. Mais ce que l’on sait moins, c’est que le chou à choucroute alsacien est cultivé selon un cahier des charges très strict, avec des variétés sélectionnées et récoltées à maturité optimale, ce qui permet d’obtenir cette couleur blanche ou jaune pâle si caractéristique. « Le chou à choucroute s’est engagé très tôt dans une démarche de certification. Il a obtenu le signe CQC en 1992 », précise Catherine Wibert, animatrice de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace (AVCA) à Alsace Qualité. Lors de la préparation du chou, on enlève les feuilles vertes et le trognon - ce qui permet d’éviter les « mouchoirs » - et on coupe le chou en fines et longues lanières qui doivent mesurer au moins 15 cm. Une fois râpé, le chou est placé dans les cuves de fermentation, sans autre ajout que le sel. Démarre alors une fermentation anaérobie à température ambiante qui dure de deux semaines à deux mois, en fonction de la météo. À l’ouverture des cuves, la choucroute est conditionnée en seau ou en sachet, cuite ou crue. C’est ce savoir-faire ancestral qui a permis d’obtenir l’IGP. « Les méthodes d’élaboration diffèrent selon les pays, explique Bernard Muller. Les Allemands ajoutent de la levure dans les cuves et la fermentation se fait sous contrôle de température. Dans les pays de l’Est, ils ajoutent du citron, du laurier et du cumin. Quant aux Italiens, ils plongent le chou dans de l’eau salée avant de démarrer la fermentation », indique-t-il. « Nous nous sommes battus, nous n’avons rien lâché et au final, nous avons remporté le combat, souligne Jean-François Vierling. C’est une chance inouïe ! Car une IGP permet de maintenir la production sur le territoire. » Désormais, la choucroute d’Alsace ne pourra être produite qu’avec du chou certifié, poursuit Laurent Heitz, président du syndicat des producteurs de choux à choucroute. « Les années où la production ne suffira pas à couvrir les besoins des transformateurs, les choux importés d’Allemagne ou de Pologne ne pourront pas bénéficier de l’appellation choucroute d’Alsace. » Laurent Heitz espère que cette reconnaissance européenne permettra d’insuffler un nouveau dynamisme dans la production. Ces dernières années, plusieurs agriculteurs se sont détournés de cette production, en raison de sa pénibilité et de sa valorisation insuffisante, indique-t-il. « Nous avons perdu une centaine d’hectares en dix ans. » « Toute la chaîne de valeur est certifiée. Seuls les membres de l’AVCA, engagés dans la démarche de certification, pourront prétendre à cette dénomination », indique Jean-François Vierling. Cette association, rappelons-le, rassemble 48 producteurs de chou à choucroute et 11 choucroutiers, dont une entreprise haut-rhinoise. Cela représente environ 60 000 tonnes de chou à choucroute et 25 000 à 30 000 t de choucroute, soit 95 % de la production. « Désormais, les transformateurs qui n’ont pas souhaité s’engager dans cette démarche ne pourront plus apposer sur leur produit la mention Alsace, ni utiliser des signes de référence à notre territoire, comme la maison à colombage, le costume alsacien ou la cigogne », insiste pour sa part Bernard Muller. Pour les consommateurs, cette IGP est un atout majeur : la certitude d’avoir une choucroute 100 % Alsace, un produit de qualité, proche de chez eux, dont la production et l’élaboration sont certifiées par un organisme extérieur. C’est grâce à l’opiniâtreté d’Anne Sander, députée européenne, et au soutien de Laurent Gomez, secrétaire général de l’Association des régions européennes des produits d’origine, que les autorités européennes ont fini par admettre le bien-fondé de la démarche alsacienne, soulignent les responsables de la filière qui les remercient pour leur engagement sans faille dans ce dossier.

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