Vie professionnelle

Publié le 10/07/2018

Deux nouveaux labels rouges pour la volaille, une IGP en bonne voie pour la choucroute, une marque qui fédère déjà plus de 900 références… En matière de qualité, l'Alsace place la barre très haut.

« À Alsace Qualité, nous avons la force de nos - et de vos - convictions. Notre but est d’anticiper les évolutions pour vous entraîner au mieux vers le futur, un futur que nous pouvons composer, tous ensemble », a indiqué le président Jean-François Vierling en ouvrant l’assemblée générale d’Alsace Qualité, le jeudi 21 juin à Schiltigheim. Fin 2017, Alsace Qualité comptait 164 adhérents. Un chiffre en constante ascension depuis l’an 2000. Plusieurs collaborateurs, Stéphane Droit, Julie Baehrel et Catherine Wibert, ont rappelé les missions d’Alsace Qualité : accompagner les filières et des entreprises agricoles et agroalimentaires dans leur démarche qualité, mettre en place les cahiers des charges et animer les filières, venir en appui aux structures agricoles PFI et Terra Vitis et œuvrer pour la valorisation des filières et des produits sous signe officiel de qualité. Plus récemment, une nouvelle mission s’est ajoutée : gérer la marque Savourez l’Alsace Produits du terroir. Alsace Qualité met l’accent sur la communication : conférences, newsletter, magazine permettent aux adhérents d’accéder aux informations essentielles. Elle déploie également les plans d’action qualité au sein des entreprises, organise des formations collectives, ainsi que des audits et des visites conseil. « Nous avons développé un outil d’analyse des risques concernant la protection des aliments contre les actes frauduleux. » À la demande des entreprises, Alsace Qualité intervient également sur des points spécifiques, comme l’étiquetage, le contrôle quantitatif, les allergènes, etc. « 200 demandes ont été enregistrées l’an dernier. » Améliorer la performance est une préoccupation constante des entreprises agroalimentaires. « Le réseau Reaqi a bien fonctionné : 39 entreprises y ont participé en 2017, soit 24 % des adhérents. » Un chiffre en forte progression. Six nouvelles entreprises ont été habilitées l’an dernier, et d’autres sont sur les rangs cette année. L’accompagnement semi-collectif a porté sur la performance industrielle et les économies de ressources en partenariat avec l’Ademe pour identifier les gaspillages et établir un diagnostic. Alsace Volaille : deux nouveaux labels rouges L’animation des filières va de la gestion des comptes à la mise en place des cahiers des charges, en passant par les opérations de communication. Alsace Qualité assure ainsi l’animation de plusieurs ODG (organismes de défense et de gestion) : les Pâtes d’Alsace (IGP et CCP), l’Association pour la valorisation de la charcuterie d’Alsace et l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace. Cette dernière a déposé une demande de reconnaissance en IGP (indication géographique protégée) qui a été homologuée au niveau français et qui devrait être reconnue très prochainement au niveau européen. Alsace Qualité intervient également en appui aux ODG Miel d’Alsace et Alsace Volaille. « Le fait marquant est l’obtention d’un nouveau label rouge pour Alsace Volaille : le poulet jaune fermier élevé en plein air, homologué le 26 avril 2018. » L'obtention du label rouge poulet noir fermier élevé en plein air est elle aussi imminente. L’association vient aussi en appui à différentes structures agricoles : pour PFI (production fruitière intégrée), elle assure le suivi du cahier des charges Globalgap et Vergers écoresponsables. Elle organise l’opération de communication « Verger ouvert » en août, ainsi que le lancement de la pomme en septembre, en partenariat avec l’Ifla. Pour Terra Vitis, elle réalise notamment des contrôles internes. « Terra Vitis vient de lancer une démarche collective HVE (Haute valeur environnementale). La valorisation des filières et produits sous signe officiel de qualité passe par la présence dans plusieurs foires et salons, notamment le salon de l’agriculture de Paris et la Foire européenne de Strasbourg, ainsi que l’organisation du concours Jeunes talents et produits de qualité qui a vécu sa 11e édition. Savourez l’Alsace Produits du terroir : une marque qui fédère De nouvelles références sont entrées dans la démarche Savourez l’Alsace Produits du terroir. Parmi elles, l’association Agneau Terroir d’Alsace, le raifort nature et l’Elsass moutarde d’Alélor, les jus de pomme bio de la ferme Burger, les tourtes Festein d’Alsace, la choucroute de la choucrouterie Angsthelm, les sirops Klein et Wanner, les bretzels bios d’Alsace de Bretzel Burgard et les miels d’Alsace IGP. Des opérations de communication grand public ont eu lieu tout au long de l’année. Par ailleurs, un site internet dédié (www.terroir.alsace) a été mis en ligne en juillet. Pour 2018, les perspectives sont bonnes. Le nombre de références accréditées ne cesse d’augmenter : à ce jour, 22 références ont rejoint la marque. Soit au total 900 références, pour 24 entreprises. Au chapitre communication, signalons qu’une soirée blogueuses a été organisée récemment. Par ailleurs, une présence accrue à la foire européenne est prévue. « Mettre en avant le produit 100 % alsacien, tel est le but de Savourez l’Alsace produits du terroir », explique Philippe Boehmler, responsable de la marque. Pour lui, le manger local primera demain dans l’acte d’achat. « Il faudra accélérer le développement des filières pour que la plus-value créée revienne en partie vers nos fermes. » La profession est unanime pour soutenir la démarche Savourez l’Alsace produits du terroir, a indiqué Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. « C’est essentiel pour maintenir la diversité et mettre en valeur nos productions agricoles locales. » Il a félicité Alsace Qualité pour le travail considérable qu’il accomplit pour l’accompagnement, l’animation et la valorisation des filières. Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région Grand Est, l’a affirmé : « Nous ferons tout, au niveau de la région Grand Est, pour qu’Alsace Qualité puisse poursuivre sa mission et développer une production locale de qualité. Cela permet aux entreprises de se développer et de créer des emplois. » L'assemblée générale s'est poursuivie par l'intervention d'Agathe Mathey, déléguée générale de LaFoodTech sur le thème « La (r)évolution numérique FoodTech de la fourche à la fourchette ».

Industries agroalimentaires alsaciennes

Aria Alsace : ça déménage !

Publié le 10/07/2018

L’Aria a changé d’adresse : elle a pris ses quartiers à Strasbourg Cronenbourg, dans les locaux du Laboratoire départemental d’analyses (LDA). Le 7 juin dernier, ce déménagement a été officialisé par une petite cérémonie, à laquelle assistaient Frédéric Bierry, président du Département du Bas-Rhin, Manou Heitzmann Massenez, présidente de l’Aria Alsace, et de nombreux chefs d’entreprises agroalimentaires.

« Depuis deux ans, nous cherchions une adresse pour le Food Studio, accélérateur de l’innovation de l’industrie agroalimentaire alsacienne, explique Manou Heitzmann Massenez, présidente de l’Association régionale des industries alimentaires d’Alsace (Aria). Frédéric Bierry nous a proposé ce plateau de 300 m2. Un endroit magnifique qui offre l’avantage de la proximité avec le Laboratoire départemental d’analyses (LDA) dont nos industries ont grand besoin pour exporter, car il nous délivre des certificats d’analyses conformes aux exigences des différents pays. » Cette inauguration a servi de cadre à la signature d’une convention de partenariat visant à favoriser les synergies entre l’Aria et le Conseil départemental. Un partenariat qui affiche plusieurs objectifs. Le premier étant de garantir la sécurité sanitaire et la qualité des aliments grâce aux contrôles effectués par le LDA67. Il veut également favoriser l’accès à l’emploi des allocataires du RSA - les entreprises membres de l’Aria Alsace s’engageant à transmettre des offres d’emploi et de formations au Département, en charge de ces publics -, et l’accès aux stages pour les collégiens. Ce partenariat doit également faciliter l’accès à l’alimentation des bénéficiaires des épiceries sociales et développer la pédagogie nutritionnelle à travers des ateliers nutrition santé, des actions d’information, des séances de dégustation, des cours de cuisine. « Le Food Studio est désormais accueilli au LDA, ce qui facilite ces synergies. » L’agroalimentaire est un pôle fort de la dynamique économique alsacienne, se félicite Frédéric Bierry. « Cette convention nous permettra de renforcer nos liens pour être en soutien de votre démarche, que ce soit à l’international ou au niveau local, par exemple en développant les produits agroalimentaires alsaciens dans la restauration collective. Merci de travailler avec nous sur les enjeux de l’emploi, de lever les obstacles pour coller à la demande des entreprises. » Le président du Conseil départemental ajoute : « Vous avez porté haut les marques Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produits du terroir, qui rassemblent aujourd’hui près de 4 000 produits. »

Publié le 05/07/2018

Les élus de la Chambre d'agriculture Alsace, réunis en session à Schiltigheim, ont évoqué différentes pistes pour faire face aux orages et à leurs conséquences.

De nombreux orages, d’une violence rare, ont eu lieu ces dernières semaines du nord au sud de l’Alsace. Lors de la dernière session de la Chambre d'agriculture Alsace, Laurent Wendlinger, son président, en a rappelé les conséquences : coulées d’eau boueuse, ravinement, inondations ont provoqué des dégâts sur les cultures et dans les villages. S’y sont ajoutés plusieurs épisodes de grêle. « Ces phénomènes ne sont pas nouveaux, mais leur ampleur et leur fréquence sont en augmentation. » Sur la problématique des coulées de boue, « nous avons prouvé que nous sommes prêts à travailler sur la localisation de nos assolements, sur de l’hydraulique douce… Nos équipes « érosion » travaillent sur plus de 40 communes sensibles », rappelle le président de la CAA. Pour autant, ajoute-t-il, ce travail ne réglera pas tout : « Le sujet est complexe et demande qu’on agisse sur l’ensemble des leviers : l’agriculture certes, mais aussi l’urbanisation, les réseaux d’assainissement, les cours d’eau et parfois, cela passera par la réalisation de bassins de rétention et d’épanchement des crues là où c’est nécessaire. » À ce sujet, Jean-Pierre Mehn regrette que le bassin de rétention de Berstett prévu lors d’un précédent remembrement n’ait jamais vu le jour. Alors qu’un nouveau remembrement de grande ampleur est prévu dans le secteur, il souhaite que la CAA « se donne les moyens » de faire aboutir ce type d’équipement. Denis Ramspacher précise que l’Eurométropole réfléchit à mettre en place des conventions avec les agriculteurs, prévoyant des indemnisations pour des parcelles qui serviraient de réservoir en cas d’inondations (lire notre précédente édition en page 6). Pour Daniel Starck, de la Confédération paysanne, la solution n’est pas dans des bassins de rétention, mais dans « des sols vivants ». « Les solutions sont agronomiques », insiste-t-il en appelant à une attitude plus volontariste sur le sujet. « Nous n’avons jamais arrêté de travailler sur ce sujet, avec des réponses agronomiques et toujours en partenariat avec les collectivités, sur la base du volontariat des agriculteurs », argumente Christian Schott, tout en soulignant que « l’agriculture n’a pas toutes les solutions ». La Région Grand Est est prête à accorder des moyens pour l’animation et le suivi dans ce dossier, a précisé Patrick Bastian, président de la commission agricole régionale.

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