Fédération bancaire française
Les banques françaises, championnes de la transition écologique
Fédération bancaire française
Publié le 05/01/2018
Les banques françaises sont leaders dans le financement de l’économie verte à l’échelle planétaire. Elles réalisent 25 % des émissions mondiales d’obligations vertes. Dans le cadre des négociations sur le changement climatique, elles proposent de nouveaux outils, comme le « Green Supporting Factor ».
La directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF), Marie Anne Barbat-Layani, a fait escale au siège du Crédit Agricole Alsace Vosges à Strasbourg, le mercredi 13 décembre. Elle est allée à la rencontre des adhérents de la FBF, mais aussi des représentants des entreprises et des pouvoirs publics de la région. « Nous avons un modèle de banque unique au monde, se plaît-elle à dire. Celui d’une banque universelle de proximité, avec une très forte présence sur l’ensemble du territoire. » Ce modèle est souvent mal compris par les régulateurs, que ce soit au niveau européen ou international. « Ce que nous leur reprochons, c’est une approche standard de la réglementation, basée sur un modèle anglo-saxon de banque », explique Marie Anne Barbat-Layani en prenant l’exemple des crédits immobiliers. « Dans la plupart des pays, et surtout aux États-Unis, le montant du crédit accordé est fonction de la valeur du bien. En France, nous tenons compte de la capacité de remboursement de l’emprunteur. C’est ce qui explique notre taux de risque très faible et l'absence de subprimes. Pour autant, nous sommes obligés de provisionner nos crédits immobiliers comme les banques étrangères. » « Le système bancaire français fonctionne bien » Même l’OCDE le reconnaît : le système bancaire est, selon elle, l’un des six atouts de la France, notamment sa capacité à financer l’économie. En un an, notre pays a insufflé 2 249 milliards d’euros dans son économie - elle a notamment accordé 942 Md€ de crédits aux entreprises (chiffres Banque de France septembre 2017). « La France a réalisé son meilleur taux de croissance des crédits aux entreprises depuis la crise financière », souligne Marie Anne Barbat-Layani. Elle est en tête de l’Union européenne et de la zone euro pour la croissance des encours, les taux bas et le taux d’accès aux crédits. « 95 % des PME ont le crédit d’investissement demandé ». Pierre Fort, directeur général du Crédit Agricole Alsace Vosges et responsable du comité Alsace de la FBF, confirme cette tendance : « Les chiffres sont très bons. Fin septembre, nous enregistrons une croissance annuelle de 7,7 % de nos crédits aux entreprises (crédits de trésorerie et crédit d’investissement) ». « Notre crainte, poursuit Marie Anne Barbat-Layani, c’est que le Haut Conseil de stabilité financière (l’autorité prudentielle française chargée de surveiller le système financier) nous dise que nous prêtons trop et nous impose de nouvelles contraintes, parce qu’il redoute la création d’une bulle financière. » Ces contraintes pourraient se traduire par un renforcement des exigences de fonds propres. « Mais nous n’avons pas changé nos méthodes d’attribution des crédits. Les financements accordés sont cohérents avec les besoins des entreprises, leur capacité de remboursement et la validité de leur projet. » Pour Marie Anne Barbat-Layani, la croissance des encours est due à l’embellie que connaît l’économie française, qui a provoqué une reprise de la demande des crédits d’investissement. Accélérer la transition énergétique D’autres sujets mobilisent l’attention des adhérents de la FBF. Parmi eux, la réorganisation de la présence des banques dans l’Union européenne suite au Brexit. Ou encore le financement de la transition énergétique, un sujet d’actualité au lendemain du One Planet Summit 2017. « Les banques hexagonales, explique la directrice générale de la FBF, réalisent 25 % des émissions mondiales d’obligations vertes (green bonds). Elles ont un réel engagement et un vrai savoir-faire dans ce domaine. La place de Paris ambitionne clairement de devenir leader dans le domaine de la finance verte. » Pour Marie Anne Barbat-Layani, c’est une évidence : le secteur privé doit jouer un rôle dans la transition énergétique. « C’est à nous, acteurs privés, de nous engager et d’accélérer le mouvement. C’est vrai dans le secteur bancaire : tous les établissements ont développé des produits de financement, mais aussi d’épargne, écoresponsables. Il y a une vraie attente des clients. » Pierre Fort enchaîne : « Nous accompagnons les projets des collectivités, des entreprises et des ménages pour réaliser cette transition énergétique ». Une autre question se pose : comment intégrer le risque climatique dans la gestion des bilans bancaires ? « La réflexion est en cours avec nos superviseurs. Ce que nous proposons, c’est le « Green Supporting Factor ». C’est-à-dire un traitement prudentiel adapté des financements et investissements de la transition énergétique. » Cela devrait se traduire par une exigence moindre de fonds propres pour le financement des actifs éligibles. Tous les acteurs économiques sont concernés : les particuliers voulant acquérir un véhicule électrique, les PME construisant un bâtiment vert, les agriculteurs se lançant dans un projet de méthanisation ou d’énergie solaire, la construction d’un parc éolien, etc. « La commission de la stabilité financière de l’Union européenne a décidé d’étudier notre proposition », annonce la directrice générale de la FBF.












