Vie professionnelle

ID3A-Fraîcheur d’Alsace et Hyper U

La garantie du prix, du volume et de la fraîcheur

Publié le 14/12/2017

Grâce à la contractualisation signée le 8 décembre avec Système U, l’exploitation ID3A-Fraîcheur d’Alsace a la garantie d’un prix fixe et rémunérateur pour ses salades et persils pour les trois années à venir. Pour l’enseigne de grande distribution, échaudée par la récente pénurie de beurre, c’est un bon moyen de sécuriser ses approvisionnements tout en répondant à la demande croissante du « manger local » exprimée par les consommateurs.

Le 8 décembre, l’exploitation ID3A-Fraîcheur d’Alsace, située à Balgau, a signé avec l’enseigne Système U une contractualisation garantissant un prix annuel et un volume d’achat, dans un contexte national de rénovation des relations commerciales marqué par les États généraux de l’alimentation et les Assises régionales de l’alimentation menées au niveau du Grand Est. Pendant trois ans, ID3A-Fraîcheur d’Alsace - qui a déjà signé un contrat similaire avec les enseignes Carrefour au mois de juillet - s’engage à livrer 500 000 salades et 300 000 bottes de persil par an aux magasins U. En retour, l’entreprise dirigée par Claude Keller est assurée d’être payée avec un tarif fixe qui lui permet de couvrir ses frais de production, et bien évidemment, de générer une marge. Une avancée saluée par le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert, qui rappelle que l’interprofession travaille depuis des années « aux bonnes relations entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs ». Le lien qui unit ID3A-Fraîcheur d’Alsace et Système U n’est pas nouveau ; cela fait 25 ans que les deux entités travaillent ensemble. « Nous avons accompagné le développement de cette enseigne », rappelle Claude Keller qui justifie ce rapprochement par les relations humaines qui se sont tissées. « Le fait de pouvoir échanger, et expliquer quand on a des problèmes, c’est important. Et cela permet d’instaurer progressivement un climat de confiance. » À ce titre, les cosignataires de ce contrat ont prévu de se voir une demi-journée par an pendant les trois ans que dure le contrat pour évoquer ensemble ce qui a fonctionné, et ce qui a moins fonctionné. La contractualisation pour sécuriser les approvisionnements Claude Keller voit cette nouvelle contractualisation comme un accord « gagnant-gagnant-gagnant » : le producteur est assuré d’avoir des prix rémunérateurs, le distributeur a la certitude d’avoir le volume dont il a besoin, et le consommateur la garantie de produits ultra-frais (les salades cueillies le matin sont sur les étals l’après-midi). Surtout, Claude Keller dispose d’une visibilité qui lui donne les moyens de réaliser des investissements, le cas échéant. Du côté de Système U, son vice-président, Dominique Schelcher, souligne que l’enseigne est engagée depuis longtemps auprès des producteurs avec des contractualisations, la limitation des promotions qui prennent des proportions « exagérées », et la définition d’un nouveau seuil de vente à perte. Convaincu de la pertinence d’une telle politique, il espère désormais que la charte d’engagement « pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises », signée le 14 novembre, devienne une loi. Ce qui devrait être le cas étant donné qu’une loi sur « l’équilibre des relations commerciales et la juste répartition de la valeur » pourrait être votée début 2018. En attendant un éventuel texte législatif, le groupe Système U entend bien poursuivre cette politique de contractualisation avec les producteurs. Échaudés par les ruptures des approvisionnements en beurre observés ces dernières semaines, malgré des contrats signés avec des industriels, les dirigeants de Système U ont désormais la ferme intention de sécuriser leurs approvisionnements. « Si on ne le fait pas, on risque d’aller au-devant de difficultés. Demain, cela peut être la viande, les œufs ou les produits bios. C’est pour cela que nous croyons beaucoup aux contrats que nous signons avec des entreprises comme ID3A. Ce n’est que le début pour nous », prévient Dominique Schelcher.

Fdsea, ses actions

Je sais tout

Publié le 06/12/2017

À découvrir et lire les informations distillées depuis ce mois de décembre, je m’interroge fortement sur l’intelligence humaine. Ce mot est extraordinairement galvaudé car de plus en plus de personnes, par une fonction, un titre, s’immortalisent du vocable des sachants. Regardons quelques instants le traitement réservé à l’agriculture lors de la présentation des données de l’Aprona concernant les fameux pesticides. Qu’il est merveilleux de souiller en 2017 le métier de paysan, de jouer avec les mots pour faire peur aux gens. Franchement, des mots choisis tels que « dopés », « à en croire les données », et autre clin d’œil à la chrysomèle, sont-ils dignes d’une écriture journalistique ? Certes, les analyses parlent, certes les nouvelles technologies permettent aujourd’hui de trouver, car cela est moins cher, mais simplement « taper » en fustigeant le conventionnel, est un peu léger. Il y a un avant et un après atrazine… Il faut se dire clairement les choses. Qui se rappelle des pratiques de la DDE, de la SNCF, et j’en passe ? J’écris cela non pas pour excuser le monde paysan, mais simplement pour montrer que nous sommes rentrés dans une dynamique quelque peu différente. L’agriculture s’invente, est à l’écoute, est professionnelle et évolue dans un monde économique tel que défini aujourd’hui par la société. L’innovation et la science, l’expérimentation et la novation, sont nos alliés, et franchement les pratiques n’ont plus rien à voir. Alors oui, il y a les effets rémanents mais pour autant, partageons les constats et arrêtons ces discours tapageurs car nos métiers, l’alimentation et la sécurité sanitaire, n’ont pas besoin de mondanités. J’adore ce complexe de riches qui aiment à vouloir modifier l’agriculture et qui en même temps trouvent normal que le revenu moyen des paysans soit de 350 € ! 350 € pour des gens qui nourrissent le monde, 350 € pour nourrir ceux qui rêvent d’une société différente et qui s’épanchent sur nos métiers. J’aime aussi à découvrir en nos seins ces personnes qui se battent pour le bio en insistant sur la pérennité des aides financières, comme si cette filière ne pouvait pas vivre du prix de ses produits. Et ce cher ministre de l'Agriculture qui désire 50 % de produits bio dans les cantines, juste envie d’écrire « chiche »… Mais « tu » dis à nos éleveurs du Sundgau comment concilier équilibre fourrager et exploitation de petite taille. Le monde est moderne semble-t-il, mais la cupidité est de plus en plus hilarante. Pour preuve, oui je sais, je vais encore déraper, mais à l’heure des débats sur la laïcité, à l’heure des débats sur les repas halal dans les cantines, peut-on intellectuellement obliger un repas « vegan » par semaine ? J’imagine un instant la tête de mon fiston, qui a un appétit d’ado, qui fait du sport, et qui va découvrir de merveilleux plats en hiver avec des légumes made in… Sacrée farce pour le pays de la gastronomie ! Nous sommes à quelques semaines de Noël et certains s’interrogent devant la pléthore d’offres valant cadeaux. Et si simplement les uns et les autres achetaient des livres, des livres avec des références scientifiques, pour comprendre, analyser. Évidemment certains seraient un peu frustrés mais à l’heure du gavage d’informations, ne devons-nous pas un peu changer de posture ? Je terminerai par ces quelques mots de Jean d’Ormesson, un homme d’exception, qui aimait « ne pas se prendre au sérieux, mais toujours faire les choses avec sérieux ». Le monde agricole est sérieux, il vit dans la société, et pas à côté. Osons l’affirmer. Et s’il faut changer de modèle, changeons tout et pour tous !

Coopérative agricole de céréales

Jean-Michel Habig succède à Thomas Thuet

Publié le 06/12/2017

Après onze ans de présidence, Thomas Thuet a passé le relais ce mardi 5 décembre à l’issue de l’assemblée générale de la Coopérative Agricole de Céréales. Le conseil d’administration a élu pour président Jean-Michel Habig, céréalier à Ensisheim.

Selon le communiqué diffusé à la suite de l’élection, « Thomas Thuet a œuvré pour permettre à la coopérative d’être moteur et leader de l’activité agricole et viticole en Alsace, à partir de valeurs de solidarité, d’équité, de transparence, d’innovation et de respect de l’environnement. Jean-Michel Habig souhaite poursuivre la vocation de la CAC qui est d’assurer le développement économique et le revenu de ses adhérents agriculteurs. Il animera la gouvernance pour permettre l’agilité nécessaire au développement d’une agriculture durable et productive. » Thomas Thuet reste membre du conseil d’administration. Pour épauler le nouveau président, le conseil d’administration a élu deux vice-présidents : Rémi Hatstatt et Christophe Ketterer. Le secrétaire est Philippe Thiebaut et le trésorier Richard Baltzinger. « La nouvelle équipe a à cœur de poursuivre la promotion des valeurs de la coopération au travers des projets stratégiques du groupe CAC. »

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