Vie professionnelle

Fdsea ses actions

Bruits de comptoir

Publié le 09/02/2017

Qu’il était merveilleux ce temps où les gens se retrouvaient, se rassemblaient autour d’un verre, autour d’un café pour parler, rire, confronter leurs idées et apprendre des autres. Ce temps qui permettait de bâtir du lien social, ce temps qui permettait ensemble d’analyser la vraie vie en confrontation immédiate, droit dans les yeux de l’autre, sans tricherie, sans croyance. Désormais, la règle est à la reproduction des idées, à la mise en avant des « unes » décidée par un nombre restreint de personnes juste pour monopoliser un pseudo-savoir, comme si la jalousie devenait une règle. Nous sommes dans le défi permanent. Regardons un peu ce qui se passe autour des élections présidentielles. Je ne ferais pas de commentaires sur le fond, chacun pouvant le faire en âme et conscience, encore faut-il prendre un peu de recul. Ce qui est des plus affligeants, c’est cette course à la défiance à tout va pour combler ce que j’aime à appeler le déficit d’intelligence. On charge la mule et on évite de répondre aux questions des citoyens concernant leur avenir. Contrairement à d’autres pays qui cultivent aussi le fameux « dégagisme politique », nous aimons croire encore à l’homme providentiel, le sauveur qui apportera tout, à l’image d’un Napoléon ou d’un De Gaulle. Cette recherche de la personnalité, voire cette course à la personnalisation, est contraire au principe élémentaire de la représentativité et donc de la démocratie. Ce qui manque aujourd’hui, c’est l’écoute, l’échange et les décisions pour avancer. On adore plutôt faire de la synthèse, pour ne pas froisser, pour simplement permettre à une élite de façonner la communication et les actions pour elle-même bien entendu. Au fait qui regarde vraiment les informations et ose les partager pour permettre d’aborder sans mensonge les enjeux de demain ? Est-ce plus important de connaître les états d’âme de certains, de certaines, trahissant leur famille ou de comprendre d’où vient notre déficit public de près de 50 milliards d’euros ? Est-ce plus important de comprendre pourquoi les prêteurs d’argent prennent de la distance vis-à-vis de la France car nous avons un déficit annuel du budget de fonctionnement de plus de 1,5 % du PIB ou de savoir si monsieur Hamster pourra un jour survivre à l’état naturel dans un environnement des plus urbanisés ? Continuons dans ce mouvement de la vraie fausse information et malheureusement les lendemains de mai feront mal à la tête. À quand des vrais partages d’informations et de vraies décisions ? Vaste chantier, mais il est vrai que j’aime encore à rêver !

Publié le 06/02/2017

La loi travail ou loi El Khomri est entrée en application le 1er janvier 2017. Avec elle, les obligations concernant la santé en entreprise évoluent. C’est ce qu’a pu constater une vingtaine d’employeurs lors d’une matinée d’information organisée par l’échelon local de Colmar de la MSA.

L’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) a sollicité la Mutualité sociale agricole pour faire le point sur les obligations des employeurs de 10 salariés ou moins en matière de santé au travail. « La première question de l’inspecteur du travail lors de sa visite en entreprise est la bonne tenue des visites médicales. Par ailleurs, les petites erreurs peuvent être lourdes de conséquences financièrement, notamment devant les prud’hommes », indique Simone Kieffer, de l’AVA, coutumière de cette institution judiciaire. Le Dr Pascale Herbrecht, médecin chef du travail à la MSA d’Alsace, confirme ce constat : « Les grandes entreprises bénéficient de conseil juridique. Pour les petites entreprises, ces conseils passent par l’expert-comptable et sont souvent succincts. » Une période transitoire Visiblement, le sujet intéresse les employeurs. De la petite entreprise familiale embauchant une ou deux personnes, des viticulteurs principalement, des maraîchers et un éleveur laitier, au domaine Schlumberger employant 56 collaborateurs, 15 saisonniers et 90 vendangeurs, représenté par son directeur général, Stéphane Chaise. « Nous sommes dans une période transitoire qui ne facilite pas les choses », conçoit Pascale Herbrecht. Si la loi travail a été adoptée et qu’un décret d’application existe pour le code du travail, ce n’est pas encore le cas pour le code rural et de la pêche maritime. « Nous avons cependant des pistes », rassure-t-elle. Après un recrutement, la visite d’embauche devait être réalisée pour les contrats de plus de 45 jours. Dans la loi travail, elle devient une visite d’information et de prévention. Elle doit avoir lieu dans les trois mois qui suivent la prise de poste. « Cette visite devrait-elle s’appliquer au CDD ? Au contrat de plus de 45 jours ?, s’interroge le Dr Pascale Herbrecht. L’état du droit ne nous permet pas de le savoir. Pour le moment, on continue les visites d’embauche. D’ici deux à trois mois, le décret d’application devrait éclaircir la situation. » Ensuite, la visite d’information et de prévention sera organisée par le médecin du travail, au moins tous les cinq ans. Pour le Titre emploi simplifié agricole (Tesa), la visite d’embauche n’était pas obligatoire jusque-là et ne devrait pas le devenir. Pour autant, il est possible de demander une visite de l’ensemble de saisonniers à la MSA. Postes à risques : un examen d’aptitude Ce qui était appelé auparavant « surveillance médicale renforcée » (pour les femmes enceintes ou allaitantes, les mineurs et travailleurs handicapés, mais aussi les salariés concernés par un poste aux contraintes physiques marquées), devient « suivi individuel renforcé ». « Pour le régime général, les postes à risques particuliers visent surtout le bâtiment et les travaux publics - secteur le plus accidentogène (amiante, plomb, chute de hauteur lors du montage ou démontage d’échafaudage) -, énumère le médecin. La liste des postes à risques peut être complétée par l’employeur. Dans ce cas, l’examen médical d’aptitude aura lieu préalablement à l’affectation au poste et sera accompagné de la délivrance d’un avis d’aptitude ou d’inaptitude. Ensuite, cette visite s’effectuera tous les quatre ans au maximum, avec une visite intermédiaire tous les deux ans. » Les modalités concrètes pour l’agriculture devraient être précisées par le décret. « En tant qu’employeur, on est démuni » En ce qui concerne les visites médicales faisant suite à un arrêt maladie, la nouvelle loi n’apporte pas de changement substantiel. En cas d’arrêt de plus de trois mois, l’examen de pré-reprise est demandé par le médecin traitant, le médecin-conseil ou le salarié, et non l’employeur. L’examen de reprise reste obligatoire. Il s’applique après un congé maternité, une maladie professionnelle, un accident du travail, une maladie ou un accident non professionnel de plus de trente jours. Il doit être demandé par l’employeur et réalisé dans un délai de huit jours après la reprise. Ceci n’a pas changé. Enfin, la visite « à la demande » peut être sollicitée par l’employeur, le travailleur ou le médecin du travail à n’importe quel moment. Jusqu’à présent, l’employeur devait motiver sa demande par écrit. Pierre Gassmann, du domaine Rolly Gassmann à Rorschwihr, emploie une douzaine de salariés permanents : « En tant qu’employeur, on est démuni, parce qu’on ne connaît pas la date de reprise du salarié et cela pose des problèmes avec le salarié recruté en remplacement ». Pascale Herbrecht confirme que cette incertitude est problématique, « le médecin du travail, et souvent le salarié, n’en savent pas davantage, car l’arrêt maladie est renouvelé tous les mois, si nécessaire ». Les indemnités journalières prennent fin au bout de trois ans « Comment vérifiez-vous l’identité de la personne lors de ces visites ? », réagit Olivier Humbrecht du domaine Zind-Humbrecht à Turckheim. « On ne vérifie pas l’identité dans le cadre de la santé au travail, car nous ne demandons pas la carte Vitale et la personne ne paie rien », répond Pascale Herbrecht. L’employeur est sans nouvelle d’un salarié depuis bientôt trois ans. Elle lui conseille de s’adresser au contrôle médical, un des services de la MSA. Lors d’un arrêt maladie prolongé, les indemnités journalières prennent fin au bout de trois ans. Passé ce délai, ou lorsque le salarié ne peut pas reprendre le travail, différentes décisions peuvent être prises. En Alsace-Moselle, les maladies et accidents du travail sont gérés par la Caisse d’assurance-accidents agricole (CAAA). L’incapacité est donc décidée par le médecin-conseil de la CAAA qui détermine un taux d’incapacité permanente partielle. La maladie professionnelle est imputée au dernier employeur. Elle se distingue de l’invalidité qui est une pathologie non professionnelle et qui selon la catégorie ouvre des droits à indemnités. Reclassement du salarié inapte L’inaptitude est déterminée par le médecin du travail. Elle peut être professionnelle ou non. La procédure consiste en une seule visite obligatoire. Cette déclaration concerne le poste occupé par le salarié. Auparavant, la loi obligeait l’employeur à reclasser ce salarié sur un autre poste plus adapté. Désormais, le reclassement du salarié inapte pourra être dispensé par le médecin du travail, si l’état de santé du salarié l’exige. L’impossibilité de reclassement devra tout de même être notifiée par écrit au salarié. Et dans le cas contraire, pour les entreprises de onze salariés et plus, si le reclassement s’impose, les délégués du personnel doivent être consultés. Le médecin du travail peut aussi proposer un temps partiel thérapeutique. Celui-ci peut être refusé dans n’importe quel cas. « Soit le salarié est arrêté jusqu’à ce qu’il puisse revenir à temps plein, soit il revient à temps plein, mais son poste est adapté sur les conseils du médecin du travail. » Enfin, les recours contre l’avis du médecin du travail vont changer. Le recours devra être fait dans les 15 jours auprès du conseil des prud’hommes qui désignera un médecin expert.

Publié le 04/02/2017

Plus qu’une crise, l’économie mondiale vit actuellement une vraie « révolution numérique » similaire à l’apparition du chemin de fer ou de l’électricité. Une mutation profonde à laquelle les PME françaises ont encore beaucoup de mal à s’adapter, pénalisées par des lourdeurs administratives et fiscales toujours trop présentes aux yeux de la présidente d’Ace Compta, Gabrielle Rolli.

Crise qui se prolonge ou mutation profonde ? Huit ans après la chute de la banque américaine Lehman Brothers, l’économie française peine toujours à redécoller. Et pour la présidente d’Ace Compta, Gabrielle Rolli, les causes seraient plus structurelles que conjoncturelles. « Peut-on encore parler de crise après tout ce temps ? Ne serions-nous pas dans une mutation de notre société liée aux nouvelles technologies ? Quand on voit aujourd’hui les temples de la consommation que sont les supermarchés être mis à mal par l’e-commerce, on peut se poser la question. Des structures qui vivent ce qu’elles ont elles-mêmes provoqué dans les années 1970 face aux petits commerces. » Invité à s’exprimer sur ce sujet lors de l’assemblée générale d’Ace Compta, le consultant en communication, Samuel Mantelet, compare l’époque actuelle avec l’apparition des chemins de fer et de l’électricité au XIXe siècle. « Nous vivons une troisième révolution numérique qui a démarré dans les années 1980 avec l’apparition des premiers ordinateurs personnels. Puis l’arrivée d’Internet dans les années 1990 et du smartphone dans les années 2000 ont accéléré ce bouleversement. » Des changements majeurs qui ont vu progressivement apparaître une concurrence féroce pour l’économie dite « traditionnelle ». Chaque jour, les grands « mastodontes internationaux du commerce » - comme les nomme Gabrielle Rolli - grappillent des parts de marché à des PME qui ont bien du mal à s’adapter à ce nouveau paradigme. La faute, selon la présidente d’Ace Compta aux « Énarques qui conduisent en regardant dans le rétroviseur ». « À leurs yeux, l’entreprise reste une belle vache à lait qu’on peut traire à volonté, plutôt que de lui donner les moyens de s’adapter à ces mutations. Entre la nouvelle DSN, qui épuise notre système social, la loi El-Khomri, le registre sécurité, le registre sanitaire et j’en passe, le chef d’entreprise a trop de boulets accrochés aux pieds pour pouvoir innover et s’adapter à ce nouveau monde. Car toutes ces charges supplémentaires ont un coût. Et tout cela se fait malheureusement au détriment des investissements d’avenir », déplore-t-elle. « L’âge de pierre » du numérique Et le temps presse si l’on en croit les différentes études menées sur l’évolution de l’emploi dans le monde dans les prochaines décennies. Le fondateur du site Doctissimo et spécialiste de l’Intelligence Artificielle (IA), Laurent Alexandre, prévoit par exemple que 100 % des emplois seront liés à l’IA en 2050. Il estime ainsi que 42 % des emplois français pourront être remplacés par des robots. Un scénario qui n’est plus vraiment de l’ordre de la science-fiction si l’on regarde les dernières « innovations » en matière d’intelligence artificielle : les voitures autonomes de Google ou Tesla, l’assistant vocal intelligent Alexa du géant Amazon ou bien les robots désherbeurs si l’on regarde ce qu’il se fait en agriculture. Une machine « intelligente » développée par l’entreprise française Naio Technologies qui prouve que le « Made in France » a aussi son mot à dire dans cette révolution numérique. « Car oui, cette économie crée des emplois. Encore faut-il qu’il y ait une volonté politique en amont », explique Samuel Mantelet. « Mais pour le moment, l’hypothèse la plus probable, c’est que cela détruira plus d’emplois que l’inverse dans notre pays. Concrètement, la France en est encore à l’âge de pierre sur ces développements numériques », reconnaît-il sans détour. « Que ferait Google à votre place ? » Les têtes pensantes sont pourtant nombreuses à sortir tous les ans des écoles hexagonales, preuve que le savoir et le savoir-faire liés aux nouvelles technologies existent bel et bien dans le pays. « Les jeunes diplômés préfèrent s’expatrier à l’étranger, là où l’économie numérique est bien plus développée », poursuit le consultant en communication. On pense en premier lieu à la Silicon Valley, en Californie, qui abrite les plus grands acteurs mondiaux dans le secteur comme Google, Amazon, Facebook et Apple appelés plus communément « Gafa ». À elles seules, ces quatre entreprises totalisent 123 milliards de dollars de réserves financières. Leur croissance est 33 % plus élevée que celle de la Chine, et leur PIB équivaut à celui du Danemark, 34e richesse mondiale. Un développement spectaculaire qui est loin d’être dû au hasard. Pour en arriver là, le géant Google a appliqué une méthode « radicalement nouvelle » de l’économie connue aujourd’hui sous le nom de « méthode Google ». Une approche novatrice qui a donné naissance à un livre sorti en 2009 : « La méthode Google : que ferait Google à votre place ? » Un ouvrage qui se présente comme un « mode d’emploi » pour toutes les entreprises désireuses de se « réinventer ». Le premier pas vers une « mutation » qui paraît désormais inévitable.

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