Syndicat des maraîchers de Colmar et environs
Le maraîchage colmarien veut se faire entendre
Syndicat des maraîchers de Colmar et environs
Publié le 26/01/2017
Après deux années difficiles, la situation économique pour de nombreux maraîchers est compliquée. La concurrence est sévère, notamment sur de nouveaux marchés où les producteurs locaux n’ont pas toujours trouvé leur place. Mais les professionnels ont reçu une écoute favorable de la mairie de Colmar concernant l’élaboration du nouveau plan local d’urbanisme.
On dit souvent qu’il y a un « microclimat » à Colmar. Les maraîchers n’ont pas pu le vérifier au printemps et en été. « Les mois de mai et de juin ont eu une pluviométrie exceptionnelle. Nous avons souffert pour la mise en place des cultures automnales, tels que les choux, les céleris ou encore les carottes. Pensez, la pluviométrie enregistrée à Colmar en 2016 a été de 607,30 mm. Et rien que sur trois mois, c’est incroyable avec 74,20 mm en mai, 64,20 mm en juin et 66,80 mm en juillet. Les maladies fongiques d’abord, la gestion de l’irrigation ensuite, ont donné des soucis aux producteurs de légumes de plein champs comme sous serres. Les tomates par exemple ont manqué de lumière provoquant un enracinement moyen », constate le président du syndicat des maraîchers de Colmar et environs Serge Hanauer. Il cite également l’impossibilité de mettre en place les rotations des salades, l’excès d’eau pour les oignons et surtout un télescopage des récoltes qui a créé un déséquilibre entre l’offre et la demande, provoquant des prix à la production en forte chute. Ne pas délaisser nos marchés locaux Les maraîchers s’agacent également de l’ouverture de nouveaux magasins qui ne travaillent pas avec les producteurs locaux. Il cite Grand Frais route de Rouffach à Colmar, mais également l’installation d’une multitude de micro-entreprises proposant des paniers livrés à domicile, souvent sans locaux adaptés pour accueillir des produits frais. Et puis, il y a eu l’ouverture du magasin Cœur Paysan. « Monsieur Digel avait pris contact avec moi pour me faire part du projet. Les investisseurs principaux de ce magasin sont des maraîchers et des producteurs de Sélestat. Les autres actionnaires sont répartis dans l’ensemble de la région. Et, à ma connaissance, il n’y a aucun maraîcher colmarien. De plus, il a été dit que nous, maraîchers colmariens, avons été sollicités pour intégrer la structure. J’ai fait le tour de mes confrères. Aucun n’a eu de demande pour se joindre au projet. Seule, l’entreprise de Robert Burgaentzlen a retenu l’attention pour ses cultures d’endive et de champignon ! De nombreux collègues ont diversifié leurs cultures pour vendre sur leurs exploitations et malgré l’implantation de cette structure, le porte-monnaie des ménagères n’est pas extensible. Il va donc sans dire qu’il ne faut pas délaisser voire abandonner nos marchés locaux, les ventes directes sur nos exploitations, et notre marché couvert où de vrais maraîchers colmariens proposent leurs productions dont les traditions ont été transmises de génération en génération », observe Serge Hanauer. Le maraîchage colmarien préservé Le président du syndicat des maraîchers de Colmar et environs a également rappelé que les organisations professionnelles agricoles se sont une nouvelle fois mobilisées pour soutenir les agriculteurs en difficultés. Il constate que, dans les banques, les crédits augmentent, quels que soient les modes de production. Serge Hanauer a également évoqué le plan local d’urbanisme colmarien dont l’enquête publique a été clôturée le 17 novembre dernier, et qui sera présenté en mars, en conseil municipal. « Vous êtes nombreux à vous être déplacés. Comme je m’y étais engagé, j’avais souhaité que l’ensemble des maraîchers et horticulteurs soient reçus en mairie. Je pense que cela a été le cas. Il est clair que toutes les demandes n’auront peut-être pas abouti, entre les maraîchers qui veulent continuer à exploiter leurs parcelles et ceux qui veulent que leurs terrains passent en terrains constructibles. Je rappelle que les maraîchers exploitant des terrains ne sont pas toujours les propriétaires vendeurs. Merci à la municipalité de Colmar pour son écoute et son aide. Les intérêts communs doivent être prioritaires pour notre profession par rapport à l’individualisme de certains. Les maraîchers sont respectueux de l’environnement en utilisant des bâches biodégradables et des engrais bio ou des produits alternatifs. Nous ne pouvons que saluer tous ces efforts réalisés en collaboration étroite avec l’association Planète Légumes et la Chambre d'agriculture », précise Serge Hanauer. Des propos complétés par le maire de Colmar Gilbert Meyer qui s’est félicité de la réussite de ces discussions sur ce PLU. « L’essentiel a été atteint. Il fallait se positionner sur 150 hectares. Nous l’avons fait en préservant l’agriculture évidemment, mais également l’habitat et l’économie. Les conclusions des commissaires enquêteurs sont claires avec un avis favorable sans observation. Cela montre bien, une nouvelle fois, qu’à travers l’écoute de la ville de Colmar, les demandes des propriétaires ont été entendues et respectées. Ce résultat est exceptionnel. Il fallait sécuriser votre profession. Nous l’avons fait en réservant pas moins de 35 hectares au maraîchage ». Attention au poids des taxes L’assemblée générale du syndicat a également permis d’évoquer le décret concernant l’utilisation des sacs plastiques entré en vigueur le 1er janvier. « Là également, il y a un coût financier pour les professionnels. Nous devons payer la différence de ces nouveaux sacs, sachant que le coût varie du simple au double. Certains de nos produits frais tels que mâche et épinards sont souvent humides et ne peuvent pas être emballés dans des sacs papiers », s’agace Serge Hanauer. Il y a également l’augmentation des tarifs du carburant et celui du poids des taxes en général qui va encore s’amplifier les prochaines années. Au contraire des produits maraîchers et agricoles. Néanmoins, la profession se veut déterminée à pérenniser dans le temps ses activités. « Notre savoir-faire et cette envie d’aller plus loin, sont les moteurs de notre détermination. Ensemble, allons plus loin et préservons cette activité maraîchère colmarienne que nos ascendants nous ont laissée », a conclut Serge Hanauer. Le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a saisi l’opportunité pour défendre la présence d’une maison d’arrêt à Colmar. Le conseiller départemental et premier adjoint Yves Hemedinger a insisté sur la nécessité de « prendre l’habitude de travailler toutes et tous ensemble, de conduire les réformes en le faisant en douceur, en souplesse et en respectant les racines des uns et des autres ». Enfin le député et président du Conseil départemental Éric Straumann a rappelé sa position concernant le déneigement des axes routiers. « Certaines années, la facture peut monter jusqu’à six millions d’euros. Il est primordial de réduire la voilure si on veut investir à l’avenir. Les automobilistes doivent adapter leur vitesse et leur conduite ».












