Vie professionnelle

Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin

De l’électrochoc à la reconstruction

Publié le 16/02/2017

En 2017, les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin entendent plus que jamais être les « constructeurs » de leur avenir malgré la crise actuelle. Pour y parvenir, ils comptent jouer à fond la carte de la communication et de la pédagogie, que ce soit auprès des élus ou des consommateurs, notamment sur l’importance du « manger local ».

Et si la crise agricole actuelle pouvait, au final, avoir des effets salutaires ? « Oui les problèmes sont légion, et les solutions ne sont pas évidentes à trouver. Mais nous nous battrons pour les découvrir », promet le président des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin, Christophe Bitsch. Pour le syndicat, cette « bataille » se joue aujourd’hui sur un autre plan, plutôt éloigné de la méthode « à l’ancienne » basée sur des manifestations d’ampleur avec tracteurs, fumier, banderoles et CRS. « Au cours de l’année écoulée, nous avons jugé plus opportun de continuer à peser dans les débats avec notre administration et nos élus. Nos demandes sont légitimes et sans démagogie, et il est important que nous les rappelions sans cesse et je suis certain que nos élus comprendront vite si on leur explique assez longtemps. » Pour « prendre conscience » du rôle que joue l’agriculture dans la société, ces derniers devront commencer par arrêter d’écouter les discours qui « calomnient » la profession agricole. En tête de liste, Christophe Bitsch place les vegans et leur « sempiternelle affirmation que la consommation de lait de vache est contre nature pour l’Homme ». Il dénonce également le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, qui a souhaité mettre en place les ZNT (zones non traitées), ou l’interdiction des néonicotinoïdes par le « lobbying des écolos-bobos ». « Et ce, avant que des analyses scientifiques prouvent que ces molécules ne posaient pas les problèmes qu’on leur attribuait. Alors, soit c’est de la bêtise ministérielle, soit c’est de la démagogie coupable. Ou peut-être un peu des deux… Chacun est libre de se faire son opinion », dénonce le président des JA 68. À la conquête du public citadin Après une année 2016 qu’il qualifie de « catastrophique », Christophe Bitsch estime que les agriculteurs doivent désormais « aller de l’avant ». Pour lui, « l’électrochoc » induit par cette crise doit permettre de prendre les choses « à bras-le-corps » et ainsi trouver les solutions nécessaires. Et pour les JA, une partie de ces solutions réside dans la communication. « Une agriculture méconnue ne peut être défendue », fait-il justement remarquer. Le public visé en priorité : les consommateurs. « Il faut qu’ils soient de notre côté. Oui, nous faisons des produits d’une qualité irréprochable, oui nous entretenons les paysages, oui nous prenons soin de l’environnement. Et tout cela, les consommateurs doivent le savoir. On a trop longtemps laissé nos détracteurs noircir l’image de notre métier : il est temps maintenant d’aller montrer ce que nous savons faire et ce que nous produisons », annonce Christophe Bitsch. Pour atteindre cet objectif, les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin ont décidé de créer deux nouveaux événements dans le département. Le premier aura lieu fin mars/début avril au bar « Au Gambrinus » de Mulhouse. Une soirée after-work qui associera la convivialité au sérieux. « Ce sera l’occasion de parler de notre métier à des jeunes, pour la plupart citadins, et de leur montrer l’importance de manger local. Car, au-delà de faire vivre les agriculteurs du coin, manger local contribue à faire tourner toute l’économie du territoire et de créer des liens », développe Christophe Bitsch. Le deuxième événement aura lieu le jeudi de l’Ascension, le 25 mai, sur la place Rapp de Colmar. Davantage tourné vers les familles, ce rendez-vous verra la création d’une ferme en plein centre de la ville. Une autre manière de toucher le public citadin. Différentes animations seront organisées pour présenter toutes les productions du département. « Et bien sûr, nous proposerons des dégustations de produits locaux pour redonner le goût des saisons au consommateur, et le convaincre ainsi de manger local », complète le président des JA du Haut-Rhin.

Jeunes viticulteurs du Haut-Rhin

Ne pas céder à la facilité

Publié le 11/02/2017

Les jeunes viticulteurs du Haut-Rhin se sont retrouvés à la Maison des vins d’Alsace à Colmar vendredi 3 février pour leur assemblée générale. L’occasion pour le nouveau directeur adjoint du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Gilles Neusch, de préciser les missions de l’interprofession.

Pour les jeunes viticulteurs du Haut-Rhin, 2017 sera consacrée à la réflexion et l’ambition d’organiser l’opération Tellus pendant les vendanges afin de mieux les expliquer aux enfants. L’opération Sourire sera renouvelée à Colmar du 3 au 5 juin et une visite en Forêt Noire est programmée à la fin du mois de mars ou début avril. Le président des Jeunes viticulteurs, François Schlussel, veut pérenniser le dynamisme actuel dans la continuité de 2016. « Nous avons connu une année et un millésime où la nature a enfin été généreuse avec des « hecto » dans les cuves, malgré une année culturale difficile avec la présence de nombreux foyers de mildiou. La récolte a été étalée comme jamais. Les volumes nous permettent enfin d’aller sur nos marchés et de reconstituer une partie de nos stocks. Ne cédons cependant pas à la facilité et ne nous soumettons pas à une baisse du prix de nos raisins et de nos vins. Restons fermes sur la valeur de nos vins. Nous devons monter en gamme. C’est tout le dossier de la hiérarchisation qui doit donc être suivi avec attention. Concernant la baisse des rendements pour les grands crus, cela ne fait pas l’unanimité. Il faut avoir une attitude responsable. Soyez présents aux réunions et aux assemblées générales de vos syndicats viticoles », a rappelé François Schlussel. En fonction depuis quelques mois, Gilles Neusch a rappelé l’histoire du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) créé en 1963. Puis il a précisé ses différentes missions, « l’objectif est la recherche et le développement liés à la qualité des vins d’Alsace. Le Civa est une interprofession qui doit être à la disposition des viticulteurs. Une force collective qui doit faciliter la valorisation des produits afin de mieux vendre les vins. Nous avons beaucoup travaillé, et avec succès, sur l’export. Il faut maintenant se concentrer et retravailler le marché français », explique Gilles Neusch. Cela commence par aller à la rencontre des restaurateurs, des cavistes, des grandes et moyennes surfaces afin que toutes ces professions valorisent davantage les vins d’Alsace. « De notre côté, nous devons également travailler la lisibilité de notre gamme, proposer des formations. Le Civa est là pour accompagner tous les consommateurs intéressés par des vins d’Alsace haut de gamme comme des vins plus accessibles », ajoute Gilles Neusch. Il a ensuite répondu aux questions des jeunes viticulteurs présents, qui l’ont notamment interrogé sur la notion de « cotisation volontaire obligatoire ».

FDSEA et JA - Cantons de la Hardt et de la Plaine de l’Ill

« Retrouver des raisons d’espérer »

Publié le 10/02/2017

Lors de leur assemblée générale, la FDSEA et les JA des cantons de la Hardt et de la Plaine de l’Ill ont appelé leurs adhérents à l’unité et à l’optimisme malgré une situation économique de plus en plus délicate.

Plus les mois passent, et plus le « jouer collectif » prend tout son sens au sein de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin. Surtout après la quatrième année « difficile » qu’a été 2016 rappelle le président du canton de la Hardt à la FDSEA, Jean Goetz : « Face à tous les défis que nous rencontrons, il est plus que primordial de s’unir et de travailler ensemble. » Car même si l’année culturale a été globalement mauvaise, ou au mieux très moyenne, le syndicat majoritaire est resté mobilisé sur une multitude de dossiers : la sensibilisation des citoyens sur les difficultés des filières viande et lait, la Pac, la réglementation Phyto… Sur ce dernier point, Jean Goetz, comme le reste des responsables de la FDSEA, appelle les agriculteurs à s’impliquer davantage pour donner leur « point de vue de professionnel » : « Des consultations sont ouvertes sur ce sujet. Les enjeux sont énormes : pour l’Alsace, cela voudrait dire que 25 % du territoire ne pourrait plus être traité. Il faut en prendre conscience. » Pour le président du canton de la Plaine de l’Ill, Benjamin Lammert, il faut aussi avoir conscience du « poids du nombre » au moment des discussions et des négociations. « C’est d’ailleurs pour cette raison que notre principal objectif, lorsque j’ai été élu président du canton il y a trois ans, était d’augmenter significativement le nombre d’adhérents. Car c’est ce qui fait notre force, et c’est qui nous permet de rester crédibles. Et nous y sommes arrivés avec une hausse de 16 % de nos adhérents dans le canton de la Plaine de l’Ill. Nous souhaitions aussi renforcer les relations avec les communautés de communes, un échelon politique qui va prendre de plus en plus de poids. Ainsi, nous avons pu renforcer nos relations avec les élus pour, au final, être plus sollicités sur les PLUI par exemple. » « On va y arriver » Une liste à la Prévert qui fait office de bilan pour Benjamin Lammert. Il a en effet décidé de ne pas se représenter à la présidence du canton de la Plaine de l’Ill afin d’avoir davantage de temps à consacrer à ses responsabilités au sein de la FOP (Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux). Avant de laisser la place à son successeur, il a tenu à mettre en avant quelques perspectives à « développer » dans les temps à venir. Il pense tout d’abord au rapprochement éventuel des deux cantons de la Hardt et la Plaine de l’Ill. « Nous avons beaucoup de préoccupations communes, et nous travaillons beaucoup entre nous depuis plusieurs années. Il faut maintenant voir ce que l’on pourrait davantage faire en commun, et éviter par exemple de faire des réunions en double. Devons-nous ainsi revoir nos découpages territoriaux ? C’est une question qui mérite d’être posée », estime-t-il. Concernant la Pac, ce dernier souhaite que la profession maintienne une position « forte » afin d’éviter de fragiliser encore les exploitations du département. « Dans tous les cas, même si l’année qui démarre s’annonce compliquée d’un point de vue gestion et économique, je suis persuadé que nous allons nous en sortir. Si on se retrousse les manches, on va y arriver. » Des propos rassembleurs et plein d’espoir partagés par Norbert Jehl et François Fischesser, qui ont décidé tous les deux de laisser leur place au sein du canton de la Plaine de l’Ill. « Dans ces temps difficiles, il est important de fédérer, d’avoir les coudes serrés et une direction commune », témoigne François Fischesser. Norbert Jehl est quant à lui convaincu que c’est cet « esprit d’équipe » qui fera la différence dans les temps à venir. Il est en outre totalement convaincu que la jeune génération est prête à prendre la relève. Une crainte cependant, émise par le président du canton Hardt/Plaine de l’Ill chez les JA, Eric Bendele, c’est que ces jeunes agriculteurs soient de moins en moins nombreux à vouloir s’installer. « Sur nos deux cantons, on se rend compte que les installations se comptent sur les doigts d’une main. On espère bien évidemment que cela va s’améliorer. Mais c’est vrai qu’en parallèle, on a de plus en plus d’appels d’adhérents qui se plaignent des surenchères qui sont faites sur le foncier. Certains propriétaires proposent deux à deux fois et demi le prix du terrain. Quel intérêt quand on voit la situation déjà compliquée de nos entreprises ? », s’interroge le jeune agriculteur. Des perspectives à tracer Malgré des cas comme celui-là, les deux syndicats refusent de tomber dans la sinistrose. Au contraire même. Même si cette crise représente un grand danger pour l’avenir des exploitations agricoles, elle offre aussi une « opportunité » pour créer « autre chose » estime Jean Goetz. « Il s’agit aujourd’hui de retrouver des raisons d’espérer. Nous devons établir un constat et tracer des perspectives. Nous devons revoir nos métiers. La seule condition est de trouver une rentabilité avérée tout en préservant du temps pour soi et sa famille. » Parmi les derniers « leviers de croissance » choisis par certains agriculteurs, on trouve les filières courtes, que ce soit via la vente à la ferme ou par des magasins de producteurs comme le très récent Cœur Paysan à Colmar, des cultures alternatives comme le chanvre ou le lin, ou encore la filière bio et locale qui prend de plus en plus d’ampleur. « Sur ce dernier point, il faut savoir que la FDSEA et l’Apco souhaitent accompagner les agriculteurs qui souhaiteraient se lancer dans cette voie. Globalement, il faut que les agriculteurs aient le choix du type de production. Nous devons pouvoir répondre à ceux qui ont des attentes, et qui nous demandent d’expérimenter des choses », ajoute Jean Goetz.      

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