Vie professionnelle

Cérémonie des vœux de la Mutualité sociale agricole d’Alsace

L’ère des mutualisations

Publié le 01/02/2017

La Mutualité sociale agricole s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Le président de la MSA d’Alsace, David Herrscher, et sa directrice générale, Christelle Jamot, en ont décrit la trame lors de la cérémonie de vœux qui a rassemblé l’ensemble des salariés de l’entreprise, vendredi 20 janvier à Vendenheim.

Quoi de mieux que l’humour pour détendre l’atmosphère ? Afin d'animer la cérémonie de vœux du personnel, la Mutualité sociale agricole d’Alsace a fait appel à la Compagnie Inédit Théâtre, qui a fait de l’improvisation son fer de lance. Une série d’interviews très « punchy » ont permis d’évoquer les dossiers d’actualité - la crise agricole et ses répercussions sociales, la mise en place de la cellule Réagir. Puis les deux comédiens, Marko Mayerl et Camille Comparon, ont exploré à leur manière différentes facettes de la mutualisation. Une façon originale d’éclairer les salariés sur l’avenir de leur entreprise ! Le nouveau chapitre que s’apprête à écrire la MSA d’Alsace a pour titre « Mutualisations », mais il a bien failli s’appeler « Fusions ». Les pouvoirs publics ont en effet sommé la MSA, comme d'ailleurs tous les régimes de protection sociale, de regrouper ses forces dans le but de réduire ses coûts de gestion qui sont pourtant très compétitifs : 4 € pour 100 € de cotisations versées. Ses dirigeants, le président Pascal Cormery et le directeur général Michel Brault, n’ont pas voulu de ce scénario tout tracé. Sous l’impulsion d’une poignée de directeurs, dont l’Alsacienne Christelle Jamot, ils ont proposé une alternative, la mutualisation des moyens. Garder la proximité du terrain Face à la baisse du nombre d’adhérents, une réorganisation des caisses de MSA était devenue nécessaire, explique Christelle Jamot, les plus petites caisses risquant de passer en dessous du seuil de viabilité. « Nous avons préféré la mutualisation à la fusion, afin de garder la proximité du terrain. » Concrètement, la vie de l’adhérent ne s’en trouvera pas modifiée. Car les activités de « front-office », c’est-à-dire les services qui sont en contact direct avec le public, ne subiront pas de changement : les antennes décentralisées, la médecine du travail, les conseillers sociaux. Ce sont les tâches de « back-office », calcul des prestations, liquidation des dossiers de retraite, etc., qui seront réparties entre les trois caisses travaillant désormais de concert, la MSA Alsace, la MSA Lorraine et la MSA Sud Champagne (Haute-Marne et Aube). « 40 % de nos activités vont être mutualisées », indique Christelle Jamot. L’Alsace va développer son service santé (prestations en nature), tandis que les prestations en espèces iront chez les voisins lorrains. Elle gardera également la gestion pour compte de tiers des mutuelles et des compagnies d’assurances, ainsi que les activités supports - c’est elle qui établira l’ensemble des fiches de paie pour les trois Caisses. La Lorraine reprend une partie des dossiers retraite, avec Sud Champagne qui reprend aussi les prestations familiales. « Nous avons décidé de ne pas mutualiser les cotisations, même si Sud Champagne a finalement décidé de nous confier une partie de la gestion de ses cotisations. » Les sites de production maintenus Ces mutualisations présentent un avantage non négligeable pour les salariés : « Les trois équipes de direction ont décidé de maintenir les sept sites de production, ajoute David Herrscher. Ce n’était pas acquis d’avance. Quoi qu’il en soit, la mutualisation nous permet de démontrer que nous sommes capables de nous organiser en étant plus performants. » Et la MSA Alsace, dans tout cela ? « Nous pourrons étoffer nos équipes dans certains services, annonce Christelle Jamot. Avoir des équipes de taille suffisante permet de garantir la qualité du service. Nous mettrons aussi nos savoir-faire en commun : nous adopterons les meilleurs processus pour le back-office. Mais, répète-t-elle, la relation avec les assurés ne changera pas. Nous assurerons la même relation de proximité. » Par contre, les modalités de travail risquent de changer. « Nous serons sans doute tous impactés. Mais nous voulons que ce changement soit transparent pour l’adhérent. Nous voulons aussi garder notre tissu d’élus - administrateurs et délégués cantonaux. Ces élus sont des valeurs sûres, ce sont nos messagers sur le terrain et nos lanceurs d’alerte. C’est un rôle capital », estime la directrice générale. Cette réorganisation s’est faite en étroite collaboration avec les présidents et les directeurs des deux autres caisses, Éric Petit et Stéphane Antigny pour Sud Champagne, Bernard Helluy et Gilles Chandumont pour la Lorraine. « Nous travaillons en toute confiance et avec sérénité pour pérenniser la structure MSA, assure Christelle Jamot. C’est un mode de fonctionnement et une organisation que nous envient les autres régimes de sécurité sociale. » « Nous devrons réussir d’ici fin 2018 ! » Pour mener à bien cette réforme, une réflexion approfondie a été menée, d’abord au sein des groupes de travail, puis des conseils exécutifs pour voir comment se projeter dans l’avenir, choisir les solutions les plus pertinentes sans supprimer de sites, explique David Herrscher. « Nous avons été attentifs, tout au long du processus, à ce que tout le monde y trouve son compte. Nous devons réussir d’ici fin 2018 ! » Sur le plan administratif, poursuit Christelle Jamot, « nous avons travaillé de janvier à juin 2016 pour poser les axes de notre plan de mutualisation, proposer les scénarios les plus pertinents ». En septembre, les équipes de direction des trois Caisses se sont réunies pour finaliser le projet. « Ce n’est qu’après la quatrième réunion que nous sommes tombés d’accord. » Le plan final a été arrêté fin septembre. S’est engagée ensuite une phase de concertation avec les instances représentatives du personnel qui ont émis « des avis favorables avec des recommandations que nous nous sommes engagés à respecter ». Communiquer en direction des adhérents Reste à présent à faire passer le message auprès des adhérents. « Nous n’avons pas encore eu ce débat en conseil d’administration, précise David Herrscher. À nous de réfléchir à la meilleure communication possible pour éviter les rumeurs. Car j’insiste sur le fait que ces mutualisations seront indolores pour les adhérents. » Ainsi, chaque caisse aura son propre numéro de téléphone, avec un système d’orientation des appels plus efficace. « L’idée, c’est que l’impact soit minime, explique Léa Raimbault, responsable de l'accueil téléphonique. Nous allons tout faire pour que l’adhérent puisse joindre le bon correspondant dans les meilleurs délais. Nous allons conserver la polyvalence de nos salariés en accueil physique pour le meilleur service à nos adhérents. Nous allons créer un groupe de réflexion spécifique pour organiser au mieux ce service qui n’entre pas dans le champ de la mutualisation.» Au niveau interne, les salariés de la MSA d’Alsace seront informés tous les trois mois de l’état d’avancement du chantier à travers une Newsletter, Cap Mutualisation. « Notre objectif est d’être le plus transparent possible sur l’avancée du projet », indique Annabelle Francisi Ebener, directrice financière de la MSA, qui a été chargée de la communication interne. « Certains salariés vont changer de métier » Certains salariés devront changer de métier, ce qui va nécessiter un effort de formation, prévient Christelle Jamot. « Nous ferons tout pour les accompagner dans leur évolution professionnelle, afin qu’ils soient à l’aise dans leur nouveau poste de travail. » Une première formation, intitulée « Accompagnement au changement », a déjà été lancée. Quinze salariés se sont inscrits pour cette formation qui aura lieu en février. « Il y aura bien sûr des formations techniques pour apprendre les nouveaux métiers. Nous allons solliciter des collègues expérimentés pour assurer le tutorat des salariés qui auront un nouveau métier, afin qu’ils ne soient pas seuls lorsqu’ils monteront en charge. » Ces mutualisations augmenteront la masse des dossiers à gérer dans certains services. Comment absorber ce flux tout en assurant la formation des nouveaux collègues ? « Nous embaucherons des CDD et nous ferons appel aux volontaires pour des heures supplémentaires le samedi. Et pour certains services, comme la retraite, des heures supplémentaires imposées seront instaurées, si nécessaire. Après la clôture des comptes de 2016, la Caisse centrale négociera un report des crédits non utilisés sur 2017 pour financer les CDD et les heures supplémentaires. » Le plan de mutualisation ressemble beaucoup à l’opération de spécialisation des sites menée il y a quelques années. « Un défi que nous avons relevé avec succès », rappelle la directrice générale. « Nous avons réussi le tour de force d’imposer notre vision aux pouvoirs publics », se félicite le président.

FDSEA - canton des collines Sous-Vosgiennes

« Développer l’écoute entre nous »

Publié le 28/01/2017

Frédéric Meyer a présidé pour la première fois l’assemblée générale du canton des collines Sous-Vosgiennes de la FDSEA du Haut-Rhin. Lors de cette réunion, la situation économique tendue des agriculteurs a fait l’objet de la plus grande partie des discussions.

Âgé de 47 ans, Frédéric Meyer est installé en polyculture élevage à Burnhaupt-le-Bas. Il a succédé en janvier 2016 à René Zimpfer qui a longtemps présidé le canton et qui reste au comité et un membre actif. Une première année qui n’a pas été de tout repos. « La météo capricieuse que nous avons connue ces derniers mois a été le coup de grâce. Car, cela fait déjà plusieurs années que la rentabilité de nos exploitations est mise à mal. Les réglementations successives et surtout le désintérêt de l’État à l’égard de l’agriculture sont pour moi les causes principales de la situation actuelle », a expliqué le président du canton devant une trentaine d’adhérents. Il n’a pas caché son agacement face à la nouvelle réglementation de l’utilisation des produits phytosanitaires. Des propos complétés par le secrétaire général de la Fdsea du Haut-Rhin, Pascal Wittmann. « On voulait nous interdire de traiter à moins de 25 mètres autour des maisons. Nous sommes arrivés à faire en sorte que cet arrêté ne s’applique pas. Mais, cela ne veut pas dire qu’il faut faire n’importe quoi. Nous devons montrer notre bonne volonté car on nous observe. À nous d’être exemplaires ». Frédéric Meyer a évoqué ensuite le sujet des routes non déneigées par le Conseil départemental du Haut-Rhin. « C’est encore le contribuable qui paie les pots cassés. A-t-on pensé à l’agriculteur producteur de lait qui est isolé ? Comment le laitier viendra-t-il chercher le lait ? Comme seule réponse, on nous a rétorqué que nous avions les outils pour déneiger les accès. Ce n’est pas acceptable », ajoute Frédéric Meyer. Lors de cette réunion, les agriculteurs sont également revenus sur les dernières journées d’octobre à Mulhouse et l’espace de la ville de Guebwiller aux Folies Flores. « On nous a traités avec mépris, c’est lamentable ». Accompagner les exploitants en difficulté Le sujet le plus préoccupant reste cependant la situation économique des exploitations. « Il faut absolument développer l’écoute entre nous pour éviter l’isolement des exploitants agricoles. À ce titre, soyez très vigilants. Si l’un d’entre vous, si un de vos amis, un de vos collègues à besoin de s’exprimer, il ne faut pas hésiter à nous en parler. C’est important de se soutenir pour éviter des drames tels que ceux qui se produisent malheureusement trop régulièrement », estime Frédéric Meyer. Pour sa part, Pascal Wittmann a rappelé que face à cette situation douloureuse, « un accompagnement est nécessaire avec nos partenaires comme, par exemple, la mutualité sociale agricole et les banques. Nous avons besoin de solutions individuelles et collectives pour fédérer et perdurer sereinement ». La réunion s’est poursuivie par un débat avec la salle sur les questions d’actualités. Une discussion « ouverte » qui a permis d’aborder des sujets variés comme l’organisation de l’abattoir départemental à Cernay, les ventes de terrains agricoles dans le Haut-Rhin, la mise en place de formations en collaboration avec les services de la Chambre d'agriculture d’Alsace, les tarifs réglementés de vente de l’électricité, le développement de la production biologique ou encore l’évolution de la politique agricole commune.

Fdsea ses actions

Troublant

Publié le 26/01/2017

Par définition, les phénomènes de mode sont précaires et temporels. Ils existent pour donner du sens à l’illusion. Hier, marque de fabrique des secteurs marchands, la mode touche désormais la pensée. Pour les plus anciens, l’économie fut longtemps bercée par des théories économiques, adossée à des faits. Le libéralisme et sa défense sont même devenus une sorte de police de la pensée économique, osant le tout pour satisfaire une soi-disant économie mondiale. Mais depuis quelques mois, ces courants sont bafoués, à tort ou à raison, laissant peu à peu émerger des courants d’opposition. Ce nouveau cap que prend désormais notre société est troublant car une sorte d’ère nouvelle est en train d’éclore bafouant les faits. Sans oser aller jusqu’à faire des analyses politiques, je suis assez surpris et désorienté de découvrir un projet mettant au pilori la notion de travail, osant un revenu universel, le tout sous prétexte d’un monde qui deviendra de plus en plus numérique. Outre la gratuité de ce type de pensée, j’ai désormais la sensation que l’environnement médiatique est de plus en plus occupé par des personnes intéressées au détriment des personnes intéressantes. Si on développe un peu le revenu universel, constat que nous devons tous faire est que l’agriculteur sera toujours tenu de travailler pour alimenter les citoyens et entretenir l’espace. Mais continuons encore un peu, notre pays est complètement désindustrialisé avec une économie portée uniquement par les services. En laissant miroiter des mirages, nous courons droit vers encore plus de ségrégation au sein de notre société, vers encore plus d’individualisme, mais le monde lui continuera de tourner. Parfois, on rit, ou on sourit, lorsque l’on découvre des programmes risibles, mais là, nous arrivons à une sorte de croisée des chemins dont les panneaux sont inexistants et pourtant les gens s’y engouffrent avec force. Certes on peut s’autoriser plein d’idées lorsque cela ne nous coûte pas, mais franchement, peut-on surfer sur des rêves les plus inconsistants ? En l’occurrence, la question qui reste entière et qui malheureusement ne trouve plus d’écho au sein de notre société concerne la définition de la démocratie. L’« avancer ensemble » ne représente plus rien ; résultat : l’électeur ose des votes à l’image des élus. Est-ce la fin d’un processus, est-ce le débat d’un repli sur soi, je n’en sais rien. Par contre, troublés par cette mode de la gratuité, nous pouvons tous l’être tellement le chemin qui se présente à nous devient troublant.

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