Vie professionnelle

Apprentissage agricole dans le Haut-Rhin

Une année « exceptionnelle »

Publié le 16/12/2016

216 apprentis agricoles haut-rhinois ont reçu leur diplôme le vendredi 9 décembre. Un taux de réussite en hausse de près de 7 % en un an.

« C’est l’aboutissement de longues années de pratique et d’accompagnement des jeunes. » En quelques mots, le directeur du CFA agricole du Haut-Rhin, Jean-François Maréchal, résume assez bien l’année « exceptionnelle » que vient de connaître l’apprentissage agricole départemental. Le 9 décembre, ce ne sont pas moins de 216 élèves des centres d’apprentissage de Rouffach et Wintzenheim qui ont reçu leur diplôme. Soit un taux de réussite de 88,4 % en hausse de 7 % par rapport à l’année 2015 (une augmentation record dans la région Grand Est pour un CFA agricole). Quand on compare à la moyenne des quatre dernières années, ces résultats sont encore plus éloquents ; en 2013, le taux de réussite aux examens dans le Haut-Rhin n’était « que » de 76,3 %. « Globalement, les taux de réussite sont très élevés dans les deux CFA agricoles alsaciens », tient à souligner José Braun, responsable d’antenne du Service Régional de la Formation, du développement et de l’Emploi (SRFDE) de la Draaf. « Construisez votre projet » Reste maintenant à ces jeunes diplômés de s’intégrer avec succès dans le monde professionnel ou, le cas échéant, de poursuivre leur cursus de formation. Si l’on se réfère à l’insertion des apprentis 2014 sept mois après l’obtention de leur diplôme, on s’aperçoit que ceux qui ont choisi la filière horticole rencontrent le plus de difficultés à trouver un emploi. Contrairement aux filières paysages et agricoles qui offrent un peu plus de débouchés. Dans tous les cas, le plus important reste le « projet » qui anime chaque apprenti estime le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger. « C’est à vous de voir ce que vous voulez faire de votre diplôme. Il vous appartient de construire votre projet, à la fois personnel, et à la fois tourné vers les autres. Dans tous les cas, vous tous avez une place dans le monde professionnel. Nos entreprises ont un réel intérêt à vous intégrer dans leur projet. »    

FDSEA - canton du Jura Alsacien

Les cantons sundgauviens changent de périmètre

Publié le 14/12/2016

Les membres du canton du Jura Alsacien de la FDSEA du Haut-Rhin ont validé, lors de leur assemblée générale du 9 décembre à Ferrette, le principe d’un rapprochement avec le canton d’Altkirch. L’idée est de se réorganiser pour être encore plus efficace et surtout force de proposition dans la future communauté de communes d’Altkirch.

Après une année 2016 difficile, il est temps de préparer 2017. La réforme territoriale en cours et le devenir des futures communautés de communes (dans le Sundgau, il y en aura deux dont celle regroupant Altkirch, Illfurth, Ferrette, Ill et Gersbach, et Hundsbach) ont été au cœur des discussions. « Nous allons également évoluer au niveau de nos propres structures. Personnellement, je m’interroge sur ces futures communautés de communes. Nous n’entendons rien. Ni projet, ni vision alors qu’ailleurs, des communautés de communes ont des spécificités, des thèmes bien choisis et vont demander des subventions au niveau de la nouvelle région Grand Est. Nous, on a du mal à comprendre cela dans le Sundgau. Et c’est inquiétant car, ici, nous sommes un secteur rural. J’espère donc que les agriculteurs ne seront pas oubliés par nos élus dans ces refontes intercommunales », a expliqué le président du canton du Jura Sébastien Stoessel. Et d’espérer que le président départemental et maire de Gommersdorf Denis Nass, mais également celui de Durmenach Dominique Springinsfeld auront un rôle à jouer dans les semaines et mois à venir. En attendant, le monde agricole entend s’impliquer sur les dossiers. « Pour faciliter cette démarche, nous renouvelons d’abord nos conseils d’administrations lors de nos traditionnelles assemblées générales. Ensuite, les deux conseils des cantons du Jura et d’Altkirch vont se retrouver. Et l’année prochaine, nous vous proposerons une nouvelle entité commune », a ajouté Sébastien Stoessel. Une unité d’autant plus importante à l’heure où, au sein de la société, des lobbys se font entendre pour revenir en arrière par rapport à la réforme territoriale. « Tous les dossiers aujourd’hui se font au niveau de la région Grand Est. Il est désormais temps de l’accepter, d’avancer et de parler d’une seule voix au nom de l’Alsace. Nous avons des opportunités à saisir », a conclu le président du canton du Jura. Viabilité hivernale : un dialogue nécessaire Les agriculteurs comptent également se faire entendre dans le débat actuel sur le déneigement des routes. Une incompréhension sur ce dossier qui s’explique, selon eux, par un manque de dialogue avec les gens présents sur le terrain. Comment feront, par exemple, les camions qui viennent collecter le lait sur les exploitations situées dans ces endroits isolés ? « Quoi qu’il en soit, nous sommes là pour proposer des solutions. Sachez que la profession agricole aura à cœur de postuler pour dégager ces routes si cela est nécessaire. Les paysans, rappelons-le encore et toujours, sont là pour produire et nourrir la population, participer à l’entretien et à la protection des paysages, favoriser la protection de l’environnement et sont également présents pour aider la population », précise Sébastien Stoessel. Des propos qui ont retenu l’attention de la conseillère départementale Sabine Drexler. « Il était important pour moi d’assister à cette réunion pour mieux vous connaître et être plus proche de vos dossiers. Concernant la viabilité hivernale, le dossier est compliqué. La motion prise récemment par des maires du Jura Alsacien n’était pas une bonne idée. Au département, nous ferons un premier bilan au mois de janvier des mesures prises. Concernant le problème des camions de collecte de lait, nous avons évoqué cette situation avec les services du Conseil départemental. Peu d’exploitations sont impactées. Si une difficulté se produit, appelez-nous et nous chercherons une solution ensemble ». Pas de politique de la chaise vide Cette première assemblée générale cantonale a permis de rappeler toutes les actions menées par la FDSEA tout au long de l’année. Le président départemental, Denis Nass a fait le point sur cette année 2016 qu’il a qualifié de « terrible » et « stressante » pour les agriculteurs et le monde agricole. Concernant le schéma de cohérence territoriale (Scot), il ne cache pas son agacement. « L’enquête publique se termine. Une nouvelle fois, on ne peut que constater que le Sundgau est toujours considéré comme une réserve naturelle. On voudrait mettre notre territoire sous cloche que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Il faut arrêter de faire n’importe quoi. N’hésitez pas à participer aux débats, à faire remonter vos doléances. Nous devons être présents sur les dossiers et faire un travail de lobbying auprès de nos élus. Nous avons un savoir-faire. Il faut le défendre et ne pas tenir la politique de la chaise vide ». Le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Laurent Wendlinger a rappelé que la Chambre était aux côtés des agriculteurs. « Nous n’avons jamais connu une année aussi difficile pour l’ensemble de nos filières. L’objectif est de passer cette période compliquée. Nous avons activé la cellule « Réagir » pour travailler efficacement avec tous les partenaires sur les difficultés des uns et des autres. Au niveau plus local, nous devons anticiper les projets pour financer les investissements et préparer l’avenir. 2017 sera également une année compliquée, y compris pour la Chambre qui cherche avant tout à maintenir ses services. À nous de trouver, tous ensemble, les financements nécessaires pour être plus efficaces sur l’ensemble de nos dossiers ».  

Publié le 12/12/2016

Le magasin Cœur Paysan a ouvert ses portes le 6 décembre à Colmar  en présence de 400 clients pré-inscrits sur internet. Une aventure qui regroupe 35 agriculteurs désireux de valoriser leur production en vente directe tout en créant un lien de « confiance » avec le consommateur.

À l’image d’un beau bébé, le magasin Cœur Paysan, qui a ouvert ses portes le mardi 6 décembre à Colmar, n’aura mis « que » neuf mois à se concrétiser. Une naissance qui a été accueillie par plus de 400 personnes - dont au moins 380 clients pré inscrits sur Internet - preuve d’une « attente très forte » estime le président de Cœur Paysan, et maraîcher à Sélestat, Denis Digel.   Au départ, il n’y avait qu’une feuille blanche, et la volonté farouche de créer un point de vente fermier dans le Centre Alsace. L’opportunité de racheter les locaux de l’ancien Lidl situé route de Neuf-Brisach s’est présentée. À partir de là, tout s’est enchaîné rapidement, non sans mal. « C’est un vrai challenge qui se concrétise. On a réussi à fédérer au même endroit une grande diversité de productions, et de nombreux agriculteurs qui, pour beaucoup, ne se connaissaient pas entre eux. » Au final, ils sont 35 (dont 30 actionnaires) à avoir dit « oui » à Cœur Paysan.   Le magasin dispose d'une surface de près de 400 m2 et propose un large éventail de produits alimentaires provenant, à 95 %, d’exploitations situées à moins de trente kilomètres de Colmar. À l’intérieur, un grand îlot « frais » avec les produits carnés et fromagers, trois caisses, et un achalandage disposé astucieusement.     Accordion Gallery   Outre la passion du métier, on trouve derrière chaque produit, une certaine expérience de la vente directe et de la relation au client. Dans le magasin, chacun est responsable de ses stocks et des prix. « Ici, pas de politique tarifaire imposée, chacun fait comme il veut. La seule obligation pour chaque producteur est d’assurer une permanence d’un à deux jours par mois sur le site », tient à préciser Denis Digel. Les locaux sont à disposition, aux producteurs d’en faire bon usage en quelque sorte.   Dans cette aventure, ils ne sont pas seuls. Six salariés à temps plein ont spécialement été embauchés pour la gestion quotidienne du magasin, dont un directeur issu de la GMS qui souhaitait s’investir dans un projet « plus humain ». Séverine Haberstzer fait partie de ce nouveau personnel. Forte d’expériences dans la vente dans l’alimentaire et sur des marchés, elle fait partie des « multitâches » de la boutique. « Je peux être au rayon boucherie, comme à la caisse. Peu importe en fait. Ici, il n’y a pas de classe ou d’étiquette. On échange tous ensemble, c’est vraiment plaisant. »                   « La fin de l'anonymat alimentaire » Du côté des clients, il y a ceux qui viennent pour « découvrir », ceux qui « attendaient de pied ferme » l’ouverture, et les habitués des circuits courts. C’est le cas de Colette, d’Oberhergheim, qui s’alimente déjà chez certains producteurs, dont certains sont membres de Cœur Paysan. « C’est encore plus pratique ici, car tout est au même endroit. Et puis on y trouve la fraîcheur, des contacts humains chaleureux et des produits de grande qualité gustative. Et puis cela permet aux agriculteurs de vivre de leur métier. Et rien que pour ça, je pense que les consommateurs ont un vrai rôle à jouer. »   Christian, retraité à Widensolen, voit dans ce nouveau magasin une « initiative intéressante » pour le consommateur. S’il reconnaît que ça serait certainement plus « logique » de faire des circuits courts pour écouler les produits agricoles, il ne pense pas non plus que le concept puisse être généralisé. « Par contre, c’est vraiment un bon créneau pour le monde agricole pour essayer de s’en sortir dans ce contexte difficile. »   Un avis que partage Denis Digel. « C’est vrai qu’il y a des places à prendre aujourd’hui. C’est maintenant qu’il faut y aller. Et puis, ce n’est pas de la concurrence au supermarché traditionnel. Ici, on vend autre chose : de l’ultra local, le fait de pouvoir toucher le producteur, et de connaître l’histoire derrière chaque produit. C’est la fin de l’anonymat alimentaire. »

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