Vie professionnelle

Publié le 13/04/2022

À Wittenheim, Terra Alter Est apporte une nouvelle réponse aux besoins de la restauration hors domicile : la livraison de légumes bios et locaux, prêts à être cuisinés, tout en offrant un tremplin professionnel à des personnes éloignées du marché du travail.

À Wittenheim, l’entreprise d’insertion Terra Alter Est, petite sœur du Relais Est, apporte un nouveau débouché aux maraîchers bios tout en offrant une solution « clé en main » à la restauration hors domicile : la livraison de légumes bios et locaux, prêts à être cuisinés, tout en offrant un tremplin professionnel à des personnes éloignées du marché du travail. L’économie solidaire, sociale et circulaire représente l’ADN de Terra Alter Est. D’où l’idée de développer une activité ancrée dans son territoire, et qui permette en plus de répondre à de grands enjeux comme la préservation de l’environnement. « C’est pour cela que nous avons fait le choix du bio, en plus du local », précise Sarah Bourgeois, responsable commerciale de Terra Alter Est.     L’entreprise travaille avec huit maraîchers situés dans un rayon de cinquante kilomètres autour de Wittenheim, principalement haut-rhinois. Chez chacun d’entre eux, elle s’engage à acheter des légumes hors calibre, à un volume et un prix définis par contrat. « Les agriculteurs font leur cœur de métier, la production, et on s’occupe du reste : on cherche les légumes, on les nettoie, on les transforme et on les commercialise. Cela permet de valoriser des légumes qui ne trouveraient pas forcément preneurs sur les marchés ou chez des grossistes », poursuit Anne-Sophie Landié, responsbale  communication de Terra Alter Est. Chaque contrat est négocié individuellement avec le producteur. « On tombe d’accord sur un prix qui soit équitable pour tout le monde, et on s’engage sur un volume d’achat, que ce soit des légumes déclassés ou non d’ailleurs. »     La même philosophie est appliquée avec les acheteurs, une cinquantaine à l’heure actuelle, composée principalement de cantines de collèges et de lycées, mais aussi d’Ephad ou de cuisines centrales. Tous sont situés en Alsace et en Franche-Comté. Ils font part de leurs besoins en légumes et Terra Alter Est, là encore, s’occupe du reste. Finies les corvées d’épluchage ou de découpage pour le chef et ses commis. Les légumes, récoltés deux jours plus tôt, arrivent en conditionnement sous vide, prêts à être cuisinés. « Pour eux, c’est un gain de temps immense. Et cela leur permet de proposer davantage de légumes frais et moins de surgelés, à un prix équitable, mais aussi de respecter les critères de la loi Egalim qui impose au moins 20 % de bio dans les cantines », explique Sarah Bourgeois.     Terra Alter Est a véritablement démarré son activité en 2019. Elle a dû s’arrêter pendant huit mois en 2020 à cause du Covid, avant de repartir de plus belle en 2021. Depuis, l’activité se développe bien, à raison de 600 à 700 kilos de légumes découpés par jour pendant cinq jours. « Mais concrètement, nous n’utilisons que 50 % de nos capacités de production. On peut très bien monter jusqu’à 1 500 kilos par jour », poursuit la responsable commerciale de Terra Alter Est qui recherche activement de nouveaux clients, mais aussi de nouveaux producteurs avec qui travailler. « On voudrait se développer dans la restauration d’entreprise et toucher davantage de collectivités », indique Anne-Sophie Landié. Pour se diversifier un minimum, Terra Alter Est commercialise aussi une partie de sa production auprès de supermarchés locaux, mais aussi auprès des particuliers qui peuvent passer commande par Internet via le site http://terraalterestpart.panierlocal.org.

Publié le 31/03/2022

Vendredi 25 mars, l’assemblée générale du Syndicat ovin du Bas-Rhin (SO 67) a rassemblé une quarantaine d’éleveurs et de représentants politiques, et syndicaux. La coopérative MOS-Laine, qui cherche encore des adhérents, a fait forte impression. La jeune éleveuse Virginie Ebner remplace Hervé Wendling à la présidence de l’organisation départementale.

Un vent de fraîcheur souffle sur le SO 67 : Virginie Ebner, jeune éleveuse des environs de Sélestat, succède à Hervé Wendling, de Kurtzenhouse, à la présidence du syndicat. Les novices Louis Frischinger, Pierre et Yvan Stoffel, et Florian Huchot, notamment, qui avaient déjà intégré le conseil d’administration (CA) l’an passé, lui prêteront main-forte, ainsi que Jeoffrey Frauel, tout nouvel « entrant ». L’assemblée générale (AG) du vendredi 25 mars 2022 était donc la dernière présidée par Hervé Wendling, qui a assuré cette fonction deux ans durant, à la suite de Stéphane Huchot ; le temps que Virginie soit disponible. Pour ce bilan de 2021 et ces orientations de 2022, le SO 67 a brillé. Sont intervenus, après les rapports d’activité et de direction, dans l’ordre : le Parc naturel régional (PNR) des Vosges du Nord, la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) MOS-Laine et la fédération nationale ovine. De la transformation locale de laine La coopérative mosellane a particulièrement tenu l’auditoire en haleine, puisqu’elle cherche encore des adhérents ; parmi lesquels le SO 67, qui met en relation les éleveurs et MOS-Laine, en Alsace. Son objectif : valoriser au mieux la laine de mouton locale, en matériaux isolants, articles en feutre et produits dérivés, et ce, localement. Stéphane Ermann, le président de MOS-Laine, a présenté les différents débouchés, outils et actions, qui permettront bientôt à une soixantaine d’éleveurs, entrés au capital de la coop (qu’ils détiendront au moins à 51 %), de gagner jusqu’à 2,50 € HT/kg de laine, assure-t-il, contre 40 ct€ aujourd’hui. En 2023, a priori, les premiers achats-ventes de laine collectée aux adhérents alimenteront le marché de l’isolation des bâtiments et du vrac. En attendant, l’unité de transformation MOS-Laine s’installe à Bataville, au cœur du bassin ovin de la Moselle Sud, près de Sarrebourg, sur un ancien site industriel. 90 t de laine brute devraient être collectés (soit 25 % de la production lorraine) au lancement de l’activité, pour la production de 30 t de feutre et de 20 t de panneaux d’isolation. « Demain, ce seront 250 t de laine qui seront traités par MOS-Laine », espère Stéphane Ermann. Seront créés trois emplois non délocalisables, pour commencer. Le chiffre d’affaires est estimé à 1,4 million d’euros, pour la première année d’activité. À part les éleveurs, sont aussi actionnaires : trois syndicats ovins du Grand Est, la Chambre d’agriculture de la Moselle, l’association des éleveurs Est à laine mérinos, le PNR de Lorraine, les communautés de communes, où est implantée l’usine, et le bailleur social du lieu. La Région Grand Est, l’État et l’Europe financent le projet à hauteur de plus d’un million d’euros. L’investissement total se chiffre à 3,4 millions d’euros ; le capital social à 510 000 €, dont plus de la moitié donc, détenue par les éleveurs.     Moins de subventions en 2023 Si Stéphane Ermann a apporté de bonnes perspectives pour les syndiqués, il n’en a pas tout à fait été de même du PNR des Vosges du Nord. Les éleveurs retiennent surtout qu’au niveau des Maec « herbe », les aides baissent, en 2023. Pourtant, elles avaient été reconduites à l’identique de 2021, en 2022. La défense de l’herbe nécessite des moyens, a-t-il été déploré. Meilleure nouvelle : pour les projets agro-environnementaux (Paec) 2023-2027, pour le maintien des espèces sauvages et de leur habitat, plus d’un million d’euros seront mobilisés. Le PNR des Vosges du Nord, chef de file dans le Bas-Rhin, avec la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), compte déjà 2 000 ha contractualisés, dont 1 000 ha de six éleveurs ovins. Début juin 2022, les éleveurs seront sollicités pour des réunions publiques, à Lembach, Diemeringen et Ingwiller. Autre information heureuse : un groupe technique d’une dizaine d’éleveurs du PNR se concertera pour la mise en place d’un atelier de transformation de viande collectif, cette année 2022. Il sera multi-espèces et pourra traiter en AB. 30 éleveurs sont concernés. Aussi, des fermes pilotes, dont celle de Manon Schwarz qui est au conseil d’administration du SO 67, travaillent à optimiser la ressource fourragère, avec le PNR. Sébastien Morelle et Lucile Figuière sont les interlocuteurs privilégiés des agriculteurs au pôle « Nature et agriculture » du parc. Les éleveurs ont retrouvé du mordant, lorsque Patrick Soury, vice-président de la Fédération nationale ovine (FNO) et président de la section ovine d’Interbev, a pris la parole en fin d’AG. Si les modalités d’attribution des aides restent inchangées, l’enveloppe de la Pac 2023-2027 baisse. Comment être sûr qu’en 2027 chaque éleveur touchera encore autant qu’aujourd’hui ? La députée européenne Anne Sander, invitée, est intervenue : « Ce sont les États membres qui ont décidé de baisser le budget. » Les députés se sont battus en vain. La contractualisation obligatoire pour l’amont, qui vise à sécuriser le revenu de l’éleveur, a aussi été abordée. « Même si les charges augmentent depuis quelques mois (l’indice Ipampa ovin viande ayant augmenté de 14,2 % en un an, selon le chiffre de janvier 2022, NDLR), on a un prix de l’agneau qu’on a jamais connu (plus de 8 €/kg carcasse, fin 2021, NDLR). C’est positif », souligne Patrick Soury. En Alsace, la contractualisation a déjà cours, avec plusieurs opérateurs, a rappelé Hervé Wendling. Par ailleurs, la FNO s’interroge : l’agrivoltaïsme ovin serait-il une opportunité ? Une charte « évolutive » est en préparation. Le SO 67 a rebondi sur la question de la prédation, à peine survolée, pour annoncer que cinq nouvelles communes bas-rhinoises, dont Dieffenbach-au-Val, Gommersdorf et Preuschdorf, entraient dans le cercle 2, où les éleveurs seront donc éligibles aux aides pour les chiens, et le matériel de protection des troupeaux. Le retour de la fête des bergers En 2021, rares sont les manifestations publiques qui ont été maintenues, a souligné Simon Maier, le secrétaire général du SO 67, dans son rapport d’activité. « Heureusement, à la Foire européenne, le 4 septembre dernier, nous avons mobilisé nos équipes sur une journée spéciale ovins, avec une nocturne. Un menu burger du berger et yaourt de brebis a été proposé toute la journée. Une animation de tonte de mouton a complété notre action. Les animations ont été très appréciées et nous ont permis de faire part au grand public de notre passion qui est l’élevage », a-t-il dit. Le même mois, le SO 67 fêtait le renouvellement de la charte ovine, qui permet de faciliter les installations dans la filière grâce à des partenariats avec : l’association Agneau terroir d’Alsace (Ata) qui s’engage à promouvoir le produit et à assister les nouveaux éleveurs installés dans leur système de commercialisation des agneaux et des brebis de réforme, la CAA pour l’accompagnement technique des élevages, la Safer pour le maintien des surfaces pour la production ovine, le Crédit Mutuel pour un accompagnement financier pour le syndicat, pour les jeunes installés, mais également pour les éleveurs qui souhaitent développer la génétique dans les élevages, la coopérative Cobevim pour la mise en place de cheptel, du matériel ainsi que l’aliment, et les lycées agricoles d’Obernai et de Rouffach qui s’engagent à promouvoir la filière ovine auprès des élèves. Auparavant, une journée conviviale avait eu lieu chez Manon Schwartz. Ont aussi été évoquées les Ovinpiades des jeunes bergers. Hervé Wendling a démarré, lui, le rapport d’orientation par une pique à Patrick Soury. « Au niveau de l’aide ovine, où est passée la prime à la productivité ? Alors qu’aujourd’hui, la production française de viande ovine ne permet pas de couvrir les besoins de consommation alimentaire intérieure, qui dépendent, pour moitié des quantités consommées, des importations », a-t-il interrogé. Il espère que, sur l’aide de 400 millions d’euros pour l’élevage, du gouvernement, face à la hausse des charges alimentaires, la filière ovine ne sera pas mise sur le banc de touche. Ces messages passés au national, le président sortant de la section bas-rhinoise a remercié l’association Ata, qui aide à valoriser la viande localement. Il a appelé de ses vœux à des partenariats éleveurs-céréaliers aussi, afin de garantir l’autonomie fourragère des élevages alsaciens. Virginie Ebner a enchaîné. « La prédation est un sujet qui revient sur la table. Après une année sans attaque, en voici deux, en l’espace de deux mois. Le loup, comme le lynx, s’est installé sur notre territoire. Nous allons suivre ce dossier de près, afin que nos élevages ne soient pas la proie incessante de ces prédateurs, qui peuvent mettre à mal nos exploitations », a-t-elle précisé. La jeune nouvelle présidente a conclu sur une note éminemment positive : la fête des bergers. Elle aura lieu le 7 août.    

Filière bio Grand Hamster d’Alsace

De nuisible à égérie

Publié le 29/03/2022

Jeudi 17 mars, le moulin Kircher à Ebersheim a été le théâtre du lancement de la filière bio Grand hamster d’Alsace. Une initiative qui vise à valoriser les efforts consentis par les agriculteurs pour protéger le grand hamster d’Alsace et, par ricochet, la biodiversité en général. Et qui donne naissance à l’une des premières filières bio et biodiversité de France.

Traqué il y a quelques décennies pour les dégâts qu’il causait aux cultures, le grand hamster d’Alsace est devenu une espèce protégée. En effet, son habitat a progressivement diminué et s’est fragmenté du fait de l’évolution des assolements, des pratiques agricoles, et de l’artificialisation du territoire. Désormais, le grand hamster est même l’égérie d’une nouvelle filière, destinée à valoriser les pratiques agricoles que des agriculteurs mettent en œuvre pour protéger l’espèce. En effet, à partir du moment où l’espèce a acquis le statut d’espèce protégée en 1993, les mesures, plans et autres programmes de protection se sont enchaînés. Actuellement, l’espèce bénéficie d’un Plan national d’actions (PNA) sur 10 ans, ainsi que d’un cofinancement par l’Union européenne dans le cadre d’un projet Interreg Cricetus. 220 agriculteurs cultivent des terres dans les zones prioritaires d’interventions (celles où des terriers sont identifiés), et mettent en œuvre des mesures de protection du grand hamster dans le cadre d’une mesure agroenvironnementale et climatique (Maec) Hamster. Son cahier des charges vise essentiellement à protéger l’habitat du grand hamster, ce qui passe par un maillage de parcelles portant des cultures diversifiées et assurant une couverture du sol pendant la période d’activité du hamster. Il s’agit aussi de lui assurer une protection face à ses prédateurs naturels, ainsi qu’une ressource en nourriture suffisante et variée. La protection du grand hamster passant par une organisation collective, les agriculteurs concernés se sont regroupés au sein de l’association Agriculteurs faune sauvage d’Alsace (Afsal) dès 2013. Ne plus dépendre des financements type Maec Plus récemment, les acteurs de la protection du rongeur ont identifié la nécessité de construire des filières permettant de valoriser l’engagement des agriculteurs pour la biodiversité et de pérenniser cet engagement sur le long terme. En effet, les populations du grand hamster restent fragiles en Alsace, qui constitue la limite ouest de son aire de répartition. Pour atteindre l’objectif de 1 500 hamsters sur 600 ha d’habitat continu, nécessaire au maintien d’une population viable, il est primordial que les mesures de protection perdurent. Dans le cadre du PNA 2019-2028, Bio en Grand Est - Opaba a donc cherché à déterminer si la structuration de filières agricoles bio et biodiversité, identifiées comme favorables à la protection du grand hamster, pourrait se substituer aux Maec. « L’objectif est de ne plus être dépendant des financements étatiques qui, s’ils s’arrêtent, signent l’arrêt des mesures de protection de la biodiversité, pour passer à une filière qui valorise économiquement les efforts consentis par les agriculteurs », pose Laurent Fischer, président de l’Afsal. Francis Humann, président de l’Opaba et initiateur du projet, confirme : « Nous attendions l’État sur le paiement des services environnementaux (PSE) rendus par l’agriculture biologique. Finalement, nous avons construit cette filière, et l’État nous suit. » Dans un premier temps Bio en Grand Est et la Chambre d’agriculture Alsace se sont attachés à évaluer le potentiel existant pour le blé, l’orge et la luzerne, respectivement en bio et en conventionnel. Et il s’est avéré que c’est pour le blé meunier bio que le potentiel de structuration est le plus important. Un GIE, une marque, des projets En 2021, les discussions avec les premiers opérateurs identifiés, le Moulin Kircher à Ebersheim, le Moulin des moines à Krautwiller et Alsace Biscuit Tradition, émanation du Moulin des moines à Geudertheim, ont permis de mettre sur pied une première année de phase test. Pour l’instant, le blé bio provient de l’EARL Ferme Humann, située à Ernolsheim-sur-Bruche. Les 50 tonnes de farine sont réparties entre les deux moulins. Le Moulin Kircher la transforme et la conditionne en sacs de farine de 1, 5 ou 10 kg et en pain (cuit sur une feuille de chou). Le Moulin des moines la moue en farine T65, utilisée par Alsace Biscuits Tradition pour élaborer du granola et des biscuits type petit beurre, plus spécifiquement dédiés aux enfants. Les différents produits seront commercialisés via les réseaux de distributeurs des trois opérateurs. Après cette phase de test, qui permet notamment de vérifier que la filière parvient à rémunérer équitablement chacun des maillons, elle sera peut-être élargie à d’autres partenaires, cultures, produits. Afin que les consommateurs identifient bien les produits issus de cette nouvelle filière, une marque simple, propriété du GIE Grand hamster d’Alsace, a été déposée auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi). Un cahier des charges propre aux cultures qui alimenteront la filière a été rédigé. Un packaging commun, à l’effigie du grand hamster, a été conçu. Afin de donner plus de lisibilité à la démarche, les acteurs adhèrent aux marques Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace produit du terroir, portées par Alsace Qualité, qui soutient donc la démarche. Le lancement officiel de la filière, qui s’est concrétisé par la création du GIE Grand hamster d’Alsace (lire en encadré), sera suivi d’une assemblée générale constitutive. Déjà, des projets émergent, comme un partenariat avec la Ville de Strasbourg pour distribuer les biscuits Grand hamster d’Alsace dans les cantines des écoles et des périscolaires de la collectivité, l’organisation d’animations auprès des scolaires dans le cadre de la journée internationale de la biodiversité, le 22 mai, etc.

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