Vie professionnelle

Publié le 29/04/2022

À mi-chemin entre l’autoroute A35 et le Rhin, Dessenheim est une commune paisible de la plaine d’Alsace, « dortoir » pour de nombreux néoruraux en quête de tranquillité, et lieu de travail pour ses agriculteurs qui restent très actifs. Deux mondes qui doivent apprendre à cohabiter grâce à un dialogue soutenu, alimenté et encouragé par le maire, Sébastien Allion, et son conseil municipal représentatif de la population locale.

Située au cœur de la plaine d’Alsace, Dessenheim s’inscrit dans la longue liste des communes devenues « dortoirs » pour de nombreuses familles, tout en conservant un enracinement profond à ses origines paysannes. Si la polyculture élevage a disparu, comme c’est le cas pour la plupart des villages environnants, l’activité agricole reste importante avec une culture céréalière prépondérante dans le paysage. Et pas qu’un peu : environ trois quarts des 1 916 ha du ban communal sont constitués de terres agricoles. En parallèle, il y a tous ces nouveaux arrivants, désireux de s’installer au « vert » pour aller travailler à Mulhouse, Colmar ou en Allemagne, mais pas toujours familiers des us et coutumes de la vie en monde rural. Pour eux, pas de tracteurs à rouler, de maïs à semer ou de météo à surveiller. La priorité se tourne plutôt vers la tranquillité, l’accessibilité, la présence de services, de commerces et d’écoles. Des préoccupations quotidiennes que le maire de la commune, Sébastien Allion, essaie d’aborder avec le plus de pragmatisme et de concertation possible avec ses administrés. Originaire du nord de la France, il est arrivé en Alsace en 2012 pour son nouveau challenge professionnel : technicien responsable des espaces naturels sensibles au Conseil général du Haut-Rhin. C’est le fruit d’une reconversion professionnelle après plusieurs années d’engagement dans l’armée. « J’ai dû attendre deux ans, après ma formation, pour enfin trouver un emploi dans ce milieu. Le hasard m’a amené vers le Haut-Rhin », se remémore-t-il. Ce n’était pas non plus une terra incognita pour lui. « Ma tante vit à Strasbourg et ma compagne est allemande. J’étais déjà un peu familiarisé avec la culture locale. » Une « synergie » représentative En 2016, il devient papa et aspire à son tour à un cadre plus adéquat pour élever sa fille. L’opportunité de s’installer à Dessenheim se présente en 2017. Il y découvre un village plaisant à vivre, avec un accueil chaleureux de ses habitants, et un potentiel intéressant à développer. « Ici, j’ai retrouvé un attachement à ma terre. Je m’y sens bien. Notre fille suit le cursus bilingue de l’école, mon travail à Colmar n’est pas loin. Que demander de plus ? » Celle de devenir maire peut-être ? « À partir du moment où j’étais posé, je me suis demandé ce que je pouvais apporter à ma collectivité. Je voulais d’abord m’engager en tant que simple conseiller municipal. Finalement, le maire précédent ne s’est pas représenté. On m’a encouragé à conduire la liste aux élections de 2020, alors j’y suis allé. »     Sa liste est élue mais un recours administratif est déposé par la liste d’opposition fin 2020. Il est destitué de son poste quelques mois le temps d’organiser de nouvelles élections le 27 mars 2021. Cette fois, c’est la bonne pour Sébastien Allion est son équipe constituée de natifs du village et de personnes venues d’ailleurs. « J’ai la chance d’avoir un conseil municipal très représentatif de la population de Desessenheim. C’est une synergie qui parle à tout le monde, y compris la liste d’opposition. » On y trouve un directeur d’école, des agents de la fonction publique, des ouvriers spécialisés, des parents ou conjoints d’agriculteurs… Pas d’écologie sans agriculteurs Une dizaine d’agriculteurs exploite le ban communal, principalement en céréaliculture et un peu en maraîchage et élevage de volailles. Dessenheim a la chance d’être traversé par le canal déclassé du Rhône au Rhin, le canal Vauban et le canal de la Hardt. Des points d’alimentation en eau finalement peu utilisés ; la plupart des agriculteurs étant équipés en pompes qui puisent directement dans la nappe. « Le problème est que son niveau baisse depuis plusieurs années à cause des sécheresses et des déficits de précipitation ; les agriculteurs n’y sont pour rien. Cela risque de poser quelques soucis pour les extensions futures du village. On peut faire face à des problèmes de pression d’eau dans les habitations et les bornes incendie », craint Sébastien Allion.     Il se veut néanmoins rassurant pour l’instant : « La pénurie n’est pas à l’ordre du jour, mais il faut tout de même l’envisager pour adapter les pratiques et les recommandations le cas échéant. Je pense qu’à un moment donné, on n’aura plus le choix que de faire évoluer certaines pratiques agricoles. Mais ce que je redoute, c’est que cela soit imposé alors que cela doit être anticipé. Maintenant, on voit bien que les mentalités évoluent, que les agriculteurs sont bien plus sensibles aux problématiques environnementales. À Dessenheim, la plupart sont engagés dans une démarche d’agriculture raisonnée, d’autres plantent des haies. Après, on ne peut pas tout exiger des agriculteurs, ou tout leur reprocher. On ne peut pas faire d’écologie sans les agriculteurs. Il faut du dialogue, et non des contraintes, pour trouver et mettre en œuvre des solutions adaptées au terrain. » Communication, considération et cohérence La population agricole de Dessenheim est stable, les reprises compensant les départs en retraite. Pour Sébastien Allion, il est essentiel que cette dynamique perdure le plus longtemps possible, en préservant notamment le foncier agricole si convoité. D’où la volonté, dans le PLUI approuvé en mai 2021, de cadrer drastiquement l’urbanisation sur le territoire. « C’est contrôlé et maîtrisé. Il reste quelques zones à urbaniser. Après cela, les projets d’urbanisation seront limités. À un moment donné, le village ne pourra plus évoluer dans sa configuration. Car si on artificialise plus de terres, on fragilise la profession agricole qui est déjà en difficulté. Ce n’est pas envisageable », tranche le maire. D’autant plus que l’essentiel du ban communal se situe en zone Natura 2000, ce qui veut dire qu’un hectare exploité ou urbanisé doit être compensé par trois hectares piochés ailleurs, à savoir, dans le cas de Dessenheim, des terres agricoles dans la plupart des cas.     L’outil de travail des exploitants est aussi un lieu de loisirs pour les habitants de la commune. Les randonnées pédestres et balades à vélos sont monnaie courante sur les chemins qui bordent les champs de blé et de maïs. Une situation banale dans le monde rural alsacien, qui suscite parfois quelques conflits d’usagers entre les professionnels de la terre et leurs concitoyens. « On l’a vu pendant le premier confinement où certains promeneurs se sont plaints des chemins qui étaient arrosés. Dans d’autres cas, ce sont les traitements réalisés par les agriculteurs qui peuvent être mal perçus. C’est là que le rôle de la commune est essentiel : faire en sorte que tout le monde apprenne à cohabiter. Les cyclistes et promeneurs ont le droit de circuler, et les agriculteurs doivent aussi faire leur métier. Chaque problématique doit être discutée au cas par cas, en créant du dialogue, on trouve des solutions. Mais il est essentiel que les néoruraux, dont je fais partie, et l’ensemble de la population apprennent à vivre avec une profession qui a comme premier objectif de nourrir ses semblables », souligne Sébastien Allion.     Ils rendent aussi de fiers services au village comme le déneigement des routes communales lorsque cela s’avère nécessaire, ce qui reste peu fréquent tout de même dans ce secteur. « Cela peut tout de même arriver, on l’a vu au début de l’année 2021. Heureusement qu’ils étaient là pour donner un coup de main. Mais à l’avenir, je souhaiterais que cela s’inscrive dans une prestation de services qui soit reconnue et rémunérée. C’est tout de même un temps de travail qui est donné à la commune, et du carburant. Tout cela doit être pris en considération. Il faut être cohérent. »

Publié le 23/04/2022

Les acteurs économiques alsaciens ont annoncé par voie de communiqué la création d’un collectif pour la compétitivité de l’économie alsacienne (CCEA), afin de coordonner les positions du monde économique face à la multiplication de projets locaux impactant la rentabilité des entreprises.

Les acteurs économiques constatent la multiplication des dossiers portés par les collectivités alsaciennes qui impactent l’activité et la rentabilité des entreprises : Zones à Faibles Émissions (ZFE) ; Augmentation de la fiscalité locale des communautés de communes et agglomération ; Taxe poids lourds : R-Pass. Les chefs d’entreprises alsaciens sont engagés dans la transition énergétique et dans la modernisation de leurs entreprises. Ils subissent depuis deux ans des crises successives liés à la pandémie et maintenant la désorganisation économique mondiale provoquée par la guerre en Ukraine. L’économie alsacienne n’est pas protégée par une bulle. Elle est soumise à la compétition nationale et internationale. Par conséquent, ses acteurs ont décidé de s’organiser en collectif pour veiller à ce que la surtransposition de normes et des décisions locales, ne mettent pas en péril l’économie de notre territoire. L’Alsace est fière d’être une terre industrielle historique, une région d’innovation 5.0, de services reconnus, riche de son agriculture diversifiée, la « championne des circuits courts », une « terre promise de l’économie » et elle entend le rester. En l’absence d’alternatives multimodales, la circulation de poids lourd est aussi le prix de cette réussite. Une des premières tâches de ce collectif sera de coordonner l’analyse du projet de taxe poids lourd (R-Pass), son impact sur l’économie alsacienne et le pouvoir d’achat des Alsaciens. Ses membres rappellent leur opposition de principe à la taxation du trafic qui dessert l’économie locale. Ses membres fondateurs appellent tous les syndicats et associations économiques désireux de partager leurs objectifs à les rejoindre. Membres fondateurs Le transport : Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) Alsace Union des entreprises Transport et logistique de France (TLF) Est Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles (Unostra) Organisation des transports routiers européens (Otre) Association des chargeurs et utilisateurs de transport en Alsace (Acuta) Le Medef Alsace et ses branches : Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Alsace France Chimie Grand Est Planète CSCA Syndicat des courtiers d’assurance Grand Est Chambre syndicale du commerce de gros (CSCG) Chambre professionnelle du conseil (CPC) Grand Est Union des industries textiles (UIT) Alsace L’agriculture et l’agroalimentaire Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) du Bas-Rhin Jeunes Agriculteurs (JA) du Bas-Rhin Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) du Haut-Rhin Jeunes Agriculteurs (JA) du Haut-Rhin Association des viticulteurs d'Alsace (Ava) La Coopération agricole Grand Est Association régionale des industries alimentaires (Aria) Alsace

Publié le 22/04/2022

Le CER France Alsace a vécu un exercice 2020-2021 difficile. L’association de gestion et de comptabilité (AGC) a accompagné ses adhérents pendant la crise sanitaire en leur proposant un dispositif d’aide personnalisé et de proximité. De nombreux chantiers sont en cours. À commencer par l’arrivée de la facture électronique.

Le président du CER France Alsace Paul Deguille a présidé le 8 avril sa onzième assemblée générale. Le contexte reste particulier avec une crise sanitaire qui s’éternise. Pour autant, le centre de comptabilité, fort de son réseau national, poursuit ses missions avec un résultat comptable de 34 792 €, une trésorerie de 472 185 € et un budget prévisionnel qui prévoit un excédent de plus de 20 000 €. « Malgré le contexte sanitaire, nous avons répondu présents. On a bien travaillé », se félicite Paul Deguille. Le CER France Alsace a en effet proposé de nombreux outils à ses adhérents comme un « kit » d’aide pour passer sereinement cette période, la production de documents de travail, l’ouverture d’un intranet, des mails d’informations, une lettre d’employeur mensuelle. « Nous avons tout fait pour être réactif par rapport à l’actualité. Nous avons voulu poursuivre nos missions, en proximité avec l’ensemble de nos adhérents », confirme la directrice du CER France Alsace, Blandine Coutelas. Au 31 août 2021, le centre de comptabilité gérait 583 dossiers en Alsace. « Malgré des mouvements d’adhérents, le CER France Alsace observe une hausse du nombre des dossiers. Si le portefeuille agricole baisse de 1,7 %, il augmente pour les artisans et les commerçants de 7,5 %, tout comme pour les professions agricoles de 5,9 %. Des dossiers gérés par les 23 collaborateurs salariés du CER France Alsace qui travaillent en étroite collaboration avec leurs collègues situés en Moselle et dans les Vosges. Un partage des responsabilités entre les trois secteurs qui va s’intensifier. « Nous avons identifié cinq axes de travail majeurs : la convergence des schémas d’actions et d’investissements communs, le déploiement d’offres de services identiques dédiés aux différents marchés agricoles (BIC, BNC, SCI ou encore particuliers), la convergence des pôles « paie et conseil social », la valorisation des données à des fins d’analyses de groupes internes pour les adhérents et externes pour la diffusion à l’échelle du Grand Est ou national via le conseil national, ou encore la mutualisation d’expertises. Sachant que sur l’informatique, un nouvel opérateur réseau et téléphonie, Linkt, a été choisi. » Une opportunité Le CER France Alsace a également développé une application, « Ma Gestion By Cerfrance » qui permet de valoriser différentes données à des fins d’analyses de groupes internes pour ses adhérents et externes. Avec cette application, il est possible de bénéficier d’un pilotage de l’activité de l’adhérent qui lui permet ainsi de savoir où il va en termes de résultat financier et de trésorerie. Elle offre un accompagnement personnalisé en agence qui a pour but d’aider à faire les bons choix en termes d’optimisation fiscale. « L’adhérent n’est pas seul pour savoir comment il peut optimiser le fonctionnement de son entreprise libérale. En outre, il s’agit d’un outil collaboratif numérique qui lui permet de communiquer avec nous, que cela soit dans son cabinet ou en mobilité grâce à une appli dédiée », précise Blandine Coutelas. Une aide bienvenue dans un contexte où plusieurs dispositifs vont s’arrêter comme, par exemple, l’examen périodique de sincérité (EPS) remplacé depuis janvier 2021 par l’examen de conformité fiscale (ECF).     Après avoir renouvelé le conseil d’administration, Paul Deguille a ensuite rappelé la raison d’être du CER France Alsace dans un monde en mouvement : « Nous sommes également là pour inspirer les acteurs de nos territoires. Nous sommes là pour les accompagner, faciliter et développer leurs activités. Nous sommes là pour les aider à anticiper et à décider afin de contribuer à leur réussite. Nous devons anticiper les différentes évolutions comptables et financières. C’est par exemple le cas de la facture électronique. Elle est une opportunité si elle est maîtrisée. Ce changement doit être perçu comme une chance pour nous tous. J’ai confiance en nos structures. » L’obligation pour les entreprises d’émettre la totalité des factures électroniques débutera entre le 1er juillet 2024 et le 1er janvier 2026 selon la taille des entreprises. La signature électronique sera alors de vigueur puisqu’elle est fondée sur un certificat électronique qualifié. Elle permettra donc une lecture par ordinateur et pourra être traitée de manière univoque pour l’échange de données informatisées, répondant aux normes prévues par le code général des impôts. « D’ici là, l’État va mettre en place une plateforme pour émettre, collecter, traiter et conserver vos factures. Nous serons à vos côtés dans cette période transitoire », a conclu Blandine Coutelas.

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