Association régionale des industries alimentaires
La hausse des charges inquiète
Association régionale des industries alimentaires
Publié le 11/06/2022
L’industrie alimentaire est le deuxième secteur économique en Alsace. Elle est représentée par l’association régionale des industries alimentaires (Aria) Alsace avec 140 sociétés adhérentes. Elle s’est réunie en assemblée générale le 20 mai.
Depuis 2018, l’association était présidée par quatre coprésidents. Le conseil d’administration met fin à ce système pour une meilleure visibilité de l’industrie. Sébastien Muller, dirigeant de la Maison Le Pic, spécialisé dans les légumes et la choucroute est élu pour un mandat de deux ans. Ce dernier œuvre depuis plus de 10 ans à l’Aria Alsace. Il est aussi, depuis fin 2021, vice-président de l’association de promotion et de développement des marques alimentaires alsaciennes. Il entend poursuivre les travaux de l’association, c’est-à-dire, « son ouvrage pour la souveraineté alimentaire, tout en relevant les nouveaux défis qui s’ouvrent avec le contexte actuel » : « Aujourd’hui, la situation est inédite et historique pour l’agroalimentaire, déclare le nouveau président. Notre profession exprime une forte inquiétude sur les difficultés que l’on rencontre. Nous avons besoin d’une réactivité de tous les acteurs. L’effort doit être partagé pour préserver le pouvoir d’achat de nos salariés et continuer à distribuer nos produits à leur juste valeur. » « Tous les coûts ne peuvent plus peser sur l’industrie et l’agriculture » Sébastien Muller rappelle que les industriels alsaciens misent et investissent sur les filières locales depuis de nombreuses années « pour répondre à la demande des consommateurs et pour sécuriser nos approvisionnements ». Les priorités de l’Aria Alsace sont de favoriser les filières locales notamment avec la marque alimentaire « Savourez l’Alsace », de privilégier les circuits courts et de développer des filières souveraines (blé, fruits et légumes, houblon, moutarde…). «Après la Covid, dont nous sortons à peine, la crise en Ukraine entraîne de fortes conséquences dans notre secteur d’activité : hausse du prix de l’énergie, des engrais et des céréales, de l’alimentation animale, des emballages, des transports… À titre d’exemple, les pâtes alimentaires connaissent une inflation de +15 %, les farines 11 %, les huiles 10 %, les cafés torréfiés 8 % ». Le président des cafés Sati, Nicolas Schulé précise : « J’achète du café deux fois plus cher et cela n’est pas répercuté sur le prix de vente ». « Nos entreprises sont en pleine transformation pour des achats plus durables, des méthodes plus vertueuses, témoigne Valérie Siegler, directrice générale de Carola-Wattwiller. Cela a un coût. On demande à nos clients de prendre en compte la réalité économique et à nos consommateurs finaux d’aller au bout de leur démarche. » Les membres du CA évoquent d’autres pays européens, comme l’Allemagne, où l’inflation grimpe à 7 %, alors qu’elle est freinée en France à 5 %. « Tous les coûts ne peuvent plus peser sur l’industrie et l’agriculture au risque de mettre en jeu la souveraineté alimentaire », affirme Isabelle Heumann, dirigeante de l’entreprise Heumann, fabricant de pains azymes et crackers à Soultz-sous-Forêts. « La situation s’impose à nous, on ne peut pas attendre plusieurs mois pour mettre à jour les conditions. Personne ne peut faire amortisseur vu l’ampleur du choc », renchérit Sébastien Muller. Pour faire face, le président prévoit de « réactiver un groupe de travail pour mutualiser les achats comme cela a été fait pendant les périodes Covid pour les masques et le gel. Pourquoi pas pour l’énergie ? ».












