Vie professionnelle

Élodie Siraud à Cernay

Un parcours exemplaire et inspirant

Publié le 23/03/2021

Depuis bientôt 20 ans, Élodie Siraud développe une activité de transformation et de commercialisation de produits à base de volailles. Elle est également spécialisée dans le foie gras. Le parcours de cette jeune cheffe d'entreprise vient d'être reconnu. Elle a été distinguée en tant que « Madame Artisanat » par la Chambre des métiers et d’artisanat d’Alsace et honorée du mérite agricole.

Quand elle se lance dans la production, l'abattage et la transformation de volailles à Bernwiller, Élodie Siraud n'est âgée que de 21 ans. Nous sommes en septembre 2002. C'est un stage sur une exploitation de ce secteur d'activité effectué dans le cadre de ses études au lycée agricole de Rouffach qui l'a définitivement convaincue. « Après mon bac pro agricole Gestion d'entreprise, je me suis lancée. J'ai monté mon entreprise, « Chez Élodie » à la suite de ce stage passionnant chez un producteur de foie gras. J'ai commencé petit, et au fur et à mesure, l'activité a pris de l'ampleur. C'est un honneur pour moi de valoriser la gastronomie française et d'avoir ces contacts avec les clients », explique la jeune femme qui va bientôt avoir 40 ans et qui est maman de deux enfants âgés de 13 ans et 18 mois. Pendant douze ans, l'activité se développe à Bernwiller. À tel point qu'elle finit par manquer de place. « On a alors déménagé dans cette zone d'activité de Cernay afin de poursuivre notre développement et avoir des locaux plus pratiques et plus faciles d'accès », ajoute Élodie Siraud. En vente directe Ces locaux permettent de travailler dans un bâtiment de 600 m2.  « On transforme en plats cuisinés, en brochettes, en produits frais et/ou à griller des produits à base de volaille, de canard et de foie gras. Nous proposons une centaine de produits différents comme des terrines, des pâtés en croûte, des charcuteries, des fleischnackas, ou encore des farces de volailles. Bref, un large éventail de produits frais ou en conserve. Nous n'abattons plus ici. Nous le faisions à Bernwiller. Quand on a déménagé en 2014, on a arrêté car ici les locaux ne sont pas adaptés et nous ne pouvons plus tout faire. On sous-traite ce travail trois fois par semaine chez un collègue à Wingersheim dans le Bas-Rhin », précise Élodie Siraud. Une fois transformés et travaillés, les produits sont ensuite écoulés. D'abord en direct grâce à l'espace de vente qui se trouve dans le bâtiment. Il est ouvert trois jours par semaine. Ensuite, sur les marchés de Belfort, de Riedisheim et de Colmar. Enfin, dans des magasins d'épicerie fine, des magasins fermiers ou encore chez des producteurs de fruits et légumes. La cheffe d'entreprise intervient sur le suivi direct, le développement des produits et le suivi qualité. Elle est entourée de neuf salariés pour effectuer toutes les autres tâches quotidiennes. « Les femmes ne doivent pas ou plus se cacher » La crise sanitaire n'a pas eu d'impact sur le chiffre d'affaires. Au contraire, « Chez Élodie » a vu arriver de nouveaux clients. « Nous observons une hausse de 25 % de notre chiffre d'affaires. Les gens ont davantage fréquenté notre espace de vente. Et surtout, ils restent fidèles. On va peut-être ressentir une baisse des ventes quand les restaurateurs vont pouvoir à nouveau ouvrir. Mais je suis confiante. Les gens ont désormais pris l'habitude de passer par nous. La qualité de nos produits et la proximité que nous leur proposons sont très appréciées », analyse Élodie Siraud. Elle demeure cependant prudente et ne compte pas se lancer à court terme dans de nouveaux projets. « On va laisser passer le Covid-19 et on verra après », précise-t-elle. C'est dans ce contexte qu'elle a été distinguée par la Chambre des métiers et d'artisanat d'Alsace. Et plus précisément dans le cadre du concours « Madame Artisanat Alsace », qui met à l’honneur depuis 2008 des femmes et jeunes filles artisanes. Une récompense qui lui a été remise le 8 mars dernier lors d’une cérémonie retransmise sur les réseaux sociaux dont la marraine était la préfète du Grand Est et du Bas-Rhin, Josiane Chevalier. « C'est une belle surprise pour moi. Au départ, nous avons fait un gros investissement avec le soutien de la Région pour changer le parc machine de l'entreprise. La personne de la Chambre des métiers qui est venue visiter les locaux a alors vu mon parcours. Elle a estimé qu'il y avait un potentiel à promouvoir et m'a incité à y participer. J'ai alors rempli un dossier où j'ai expliqué ce que nous faisions ici, l'évolution de l'entreprise, son histoire. Une quarantaine de dossiers a été déposée. J'ai été choisie », souligne Élodie Siraud qui ne cache pas sa fierté. « Cela fait du bien de montrer aux femmes que l'on peut percer dans n'importe quel milieu. Les femmes ne doivent pas ou plus se cacher. Si mon parcours peut en inciter d'autres à franchir le pas, ce ne sera que du positif », complète la jeune femme. Reconnaissance du savoir-faire et de la qualité Dans la même période, elle a eu une autre surprise. Celle d'être honorée du mérite agricole. « Je n'étais pas au courant. Je l'ai appris par quelqu'un qui m'a envoyé un message. Ensuite, j'ai eu différents courriers du préfet et de différentes personnes. Je suis surprise et émue. Je n'ai pas de responsabilités syndicales. Je suis simplement élue au niveau du conseil d'administration de la Caisse d'Épargne du Haut-Rhin. Ces deux récompenses en l'espace de huit mois, c'est un peu la reconnaissance de cette période professionnelle très intense », reconnaît Élodie Siraud. Elle est évidemment proche du monde agricole par son mari qui travaille pour une entreprise de matériel agricole à Ostheim et par des fournisseurs qui œuvrent avec la même philosophie professionnelle. « Si ces agriculteurs n'étaient pas là, nous ne le serions pas non plus. Nous travaillons dans un domaine particulier. Quand on propose des produits de qualité avec un bon système d'élevage derrière, nos clients sont prêts à nous faire confiance et à mettre le prix derrière. Nous sommes tous logés à la même enseigne », estime Élodie Siraud. Elle reste l'une des rares productrices de foie gras dans le Haut-Rhin. « C'est un savoir-faire qu'on a mis 20 ans à mettre en place. Comme pour tous les autres produits, nous avons mis les moyens pour arriver à proposer quelque chose de bien », conclut-elle.    

AG - Service de remplacement

Conserver son rythme bon an mal an

Publié le 15/03/2021

Malgré un contexte particulier lié à la crise du Covid, en 2020, le Service de remplacement du Bas-Rhin a presque réussi à maintenir son activité habituelle. En 2021, un autre défi l’attend : la mise en place d’une nouvelle convention collective.

« Dans les petites entreprises, c’est toujours plus difficile de gérer des changements rapidement. Je tiens à saluer nos équipes qui ont su relever ce défi et répondre aux besoins de nos adhérents, surtout que certains de nos agents ont continué à se déplacer sur les exploitations, dès le premier confinement, alors que nous manquions de gel et de masques. Ils ont assuré un travail de qualité », a souligné Julien Koegler, président du Service de remplacement du Bas-Rhin, en préambule de l’assemblée générale de l’association, le 8 mars. À cause des restrictions sanitaires actuelles, la rencontre s’est tenue sans public, mais autour de la table, des représentants des différents organismes partenaires et membres du CA étaient présents : FDSEA, Groupama, MSA, Chambre d'agriculture Alsace. La CAAA et le Crédit Agricole s’étaient excusés mais avaient donné leur pouvoir pour les décisions du jour à prendre. Au menu des discussions : le rapport d’activité 2020. Le service a assuré 6 483 jours de remplacement, tous motifs confondus, auprès de 354 des 400 adhérents que compte l’association. « Cela représente une baisse de 10 % d’activité par rapport à 2019, mais contrairement à d’autres régions qui ont perdu jusqu’à 50 % d’activité, nous restons un service dynamique », rassure Christophe Haas, vice-président et responsable de la structure. Moins de congés, plus d’hospitalisations Le service a surtout ressenti une diminution de sollicitations aux 3e et 4e trimestres de l’année, répercussion, certainement, de la crise du Covid. Moins d’adhérents ont cherché un remplaçant pour des congés. Au 4e trimestre 2020, notamment, 121,20 jours ont été assurés pour des congés, contre 246,26 en 2019. Même si les jours de remplacement au titre de congé de paternité restent aussi inférieurs, 130 en 2020, contre 242 en 2019, « ça commence à venir un petit peu », se réjouit timidement Julien Koegler. Le nombre de jours de remplacement pour accidents a, lui, fortement diminué. En cette année inédite, peu d’adhérents ont eu recours à la nouvelle aide Covid 19. « Souvent, les agriculteurs ont préféré se débrouiller en famille pour ne pas risquer d’exposer d’autres personnes », note Marylin Chardonnet, responsable administrative de l’association. Cette aide qui comprend aussi le remplacement pour garde d’enfants a été utilisée 28 jours dans l’année. Si plusieurs hospitalisations bénignes ont dû être décalées à cause du contexte sanitaire, sur l’année, plus de dossiers pour ce motif sont arrivés au service de remplacement. Ils ont représenté 274 jours de travail. « C’est notamment lié au fait que plus d’adhérents ont souscrit à des contrats Groupama hospitalisation. En cas d’arrêts de longue durée pour maladies ou accidents graves, cette formule permet d’obtenir une rallonge au-delà des jours pris en charge par la CAAA ou la MSA. Sachant qu’une journée de remplacement coûte 150 € et que la cotisation à l’année pour cette assurance vaut environ 170 €. En une journée, cette assurance est rentabilisée. Mais attention, notre adhérent doit avoir souscrit à un contrat nominatif pour en bénéficier », rappelle Christophe Haas. Malgré la complexité de certaines demandes, « une heure le matin, une heure le soir », glisse Marylin Chardonnet, en 2020, l’équipe peut se targuer d’avoir honoré les 467 dossiers qui lui ont été adressés. Pour cela, elle a pu compter sur 235 agents de remplacement, dont 6 en CDI. Une nouvelle convention Depuis le début de 2021, un autre gros dossier occupe les responsables de l’association : la nouvelle convention collective des productions agricoles - Cuma. Auparavant, chaque département avait sa convention, désormais, elle sera nationale. « Le but est d’harmoniser la branche agricole, tout en gardant les spécificités de chaque région, comme les jours fériés en Alsace », précise Christophe Haas. Ainsi, en collaboration avec l’antenne nationale et à partir de cette nouvelle convention, le Service de remplacement du Bas-Rhin a préparé un tableau pour échelonner les rémunérations des agents de remplacement en fonction de leurs compétences. Plusieurs critères entrent en compte : la technicité, l’autonomie, la responsabilité, le management et le relationnel. À titre d’exemple, « pour un complément de main-d’œuvre sans qualification, nous nous trouverons dans l’échelon 1 avec une rémunération minimale de 10,25 €/h. Si l’agent fait preuve d’une autonomie complète, il sera classé dans l’échelon 4, à 11,65 €/h minimum », détaille Marylin Chardonnet. Cette convention doit entrer en application à partir du 1er avril. En marge de ce chantier, l’association bas-rhinoise, dont les tarifs préférentiels s’adressent aux chefs d’exploitation à titre principal, conjoints-collaborateurs ou aides familiales, s’est donné un autre objectif pour 2021 : atteindre de nouveau les 6 700 jours de remplacement, la moyenne de ces trois dernières années. « Bien sûr, nous ne souhaitons pas plus de maladies ou d’accidents, pondère Christophe Haas, mais que les agriculteurs n’hésitent pas à nous solliciter quand ils sont dans le besoin, et qu’ils comprennent que grâce à notre service, une continuité d’activité sur leur exploitation est assurée ». La cotisation à l’association est fixée à 50 € par exploitation.   Les Services de Remplacement vous permettent de prendre du temps auprès de votre enfant, ne laissez pas passer ces quelques jours de bonheur ! ? Les SR s'occupent de tout ! Publiée par Service de remplacement Bas-Rhin sur Lundi 15 février 2021  

FDSEA et JA du Haut-Rhin

Un partenariat à construire

Publié le 13/03/2021

Des représentants de la FDSEA et des JA du Haut-Rhin ont rencontré jeudi 4 février des dirigeants du groupe Système U à Sierentz. Comment dynamiser la promotion des produits locaux dans les grandes et moyennes surfaces du secteur ? Comment créer de nouvelles filières de développement ? Des pistes de travail sont évoquées et doivent se concrétiser à l’avenir.

Président de l’Hyper U de Sierentz, Thierry Boltz connaît bien Patrick Meyer, coprésident des Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin (JA 68). Et pour cause, ce dernier est fournisseur de l’établissement. « Nous faisons pas mal de choses ensemble et cela se passe bien », reconnaît le second à l’adresse du premier qui cherche à promouvoir, depuis son arrivée à Sierentz en 1995, des produits de qualité et locaux. Un monde agricole que connaît également Georges Tischmacher qui possède aujourd’hui deux magasins Hyper U à Colmar et à Marckolsheim. « Originaire de Landser, je suis fils d’agriculteur. J’ai démarré avec ma sœur sur un petit magasin à Habsheim. Depuis, j’ai appris le métier et j’ai participé au développement de nombreux magasins dans la région », souligne celui qui dit immédiatement le fond de sa pensée à ses interlocuteurs. « Vous, agriculteurs, vous n’êtes pas maîtres de votre prix de vente. Vous les jeunes, vous devez insister sur ce point-là. Tant que vous ne prenez pas la main sur votre production, chacun des intermédiaires qui existe dans la filière va continuer à défendre ses intérêts », insiste Georges Tischmacher. Des prix rémunérateurs, c’est précisément ce que cherchent les agriculteurs. « Pour le lait par exemple, c’est le même prix qu’il y a 30 ans. Or, tout a augmenté dans le coût de production. On demande toujours davantage aux éleveurs. On leur demande des mises aux normes et de participer au bien-être animal. Mais le leur, nos interlocuteurs n’en parlent pas. Concernant ces prix rémunérateurs, que fait le groupe U ? » interroge Jérémy Pflieger, coprésident des JA 68. Il se décide à Paris lui donne-t-on en réponse. Des actions locales sont cependant mises en place sur de nombreux produits agricoles. « Ce qui est en cause, c’est la souveraineté des produits français », reconnaît Thierry Boltz. « Il ne faut pas oublier que, derrière, nous avons souvent des crédits à rembourser. Il faut donc que l’argent rentre », rappelle Nicolas Dieterich, secrétaire général des JA 68.   Pour que chaque maillon de la chaine soit payé au ????? ????, 1L de #lait ? devrait être ?? ??????? ?̀ ?,?? €/?. Ce... Publiée par Fdsea Du Haut-Rhin sur Jeudi 25 février 2021   « Il y a des filières locales à développer » Interrogés par Sophie Barleon, directrice adjointe de la FDSEA du Haut-Rhin, sur ce qu’ils recherchent et ce qu’ils demandent, Georges Tischmacher et Thierry Boltz précisent. « Chaque fois qu’on fait du local, ça marche. Les clients y sont sensibles. C’est un créneau porteur. Il y a des filières locales à développer. » Il y aurait donc un marché et des pistes de développement en commun. « Nous demandons de la transparence », tempère toutefois Patrick Meyer. « Pour la viande, il faut se fixer un cadre avec un type de bovin et un prix. Nous, on structure les choses. Mais il faut faire et prendre ce que les clients demandent », insiste Georges Tischmacher. Une réunion constructive qui permet d’en anticiper d’autres et de rechercher une solution et un partenariat gagnant/gagnant.

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