Vigne

Publié le 24/02/2018

Pour la Cave des Vignerons de Pfaffenheim, présidée par Jean-Luc Hanauer, l’année de son 60e anniversaire a été clôturée en beauté. La qualité de ses vins lui a permis de se distinguer lors de grands concours internationaux.

Sous la houlette de Frédéric Raynaud, directeur général, c’est grâce à l’osmose entre les 250 vignerons-coopérateurs et les équipes de production sous la conduite de Jean-François Kueny, maître de chai, que l’année 2017 a été couronnée par 46 médailles d’or ou trophées et 81 médailles d’argent lors de leur participation à 13 concours internationaux. Reconnaissance internationale L’année de ses 60 ans d’existence a été parachevée par des performances exceptionnelles. C’est ainsi que le « Best National Producer of the Year 2017 » a été attribué par l’Austria Wine Challenge à Vienne en octobre 2017 suivi en novembre à Londres par le « French Wine Producer 2017 » où le maître de chai a figuré parmi les finalistes pour le titre de « Winemaker of the Year », concours organisés par l’International Wine et Spirit Competition. Ce même organisme a décerné à la cave le « pinot gris Trophy » pour un pinot gris grand cru Steinert 2014 en septembre à Londres. En novembre, l’Alsace Grand cru Steinert Riesling Pfaff 2015 a pris une très belle 2e place au palmarès de la grande dégustation de Montréal où 81 rieslings du monde entier étaient en compétition. La cuvée Pfaff a été dans le top 10 des médailles d’or décernées lors du concours des effervescents du monde à Dijon, le même mois. Pour terminer l’année, le titre « Platinum » pour un Alsace grand cru Steinert Riesling Pfaff 2015 et un Gewurztraminer vendanges tardives Pfaff Cuvée Sainte Catherine 2015 a été attribué à la cave par le Decanter World Wine Awards de Londres.

L’Académie internationale du vin en Alsace à Landersheim

Une chance pour l’Alsace et son vignoble

Publié le 16/02/2018

C’est la conjonction de quatre intérêts qui sera à l’origine de la réussite de l’Académie internationale des vins en Alsace (AIVA). La nécessité de former des professionnels de l’exportation et de l’importation, des cavistes prescripteurs et gestionnaires pour la grande distribution, des vignerons sachant gérer et calculer des prix de revient de leurs bouteilles, et des sommeliers également gestionnaires pour la restauration. Bref, des formations très professionnelles avec une forte dose de compétences tertiaires qui débouchera avant tout « sur un métier », insistent Dominique Destouches et Marc Rinaldi.

Ils sont trois protagonistes en réalité à porter ce projet, très soutenu par les collectivités territoriales. Le premier, Dominique Destouches a, par sa discrétion et son pragmatisme, su s’attirer la confiance de la grande distribution, pour laquelle il vend 7,5 millions de cols bon an mal an avec son entreprise VPCF fondée il y a plus de 25 ans. Le deuxième, l’homme d’affaires Marc Rinaldi investit dans le vignoble alsacien, et a jusqu’à présent réalisé tous ses projets annoncés : il a fondé le domaine Kirrenbourg, il a catalysé le groupe de vignerons d’excellence Alsace crus et terroirs, et il a initié le salon Millésimes Alsace… Et le troisième, Chengqing Sun est actionnaire dans plusieurs universités en Corée, à Londres, en Chine, et « a constitué un réseau qui se pique pour les vins français, il faut donc aller très vite avant qu’ils n’aillent vers d’autres horizons », observe Dominique Destouches… Une centaine d’étudiants dès septembre À sept mois de son ouverture, le projet d’Académie internationale du vin (AIVA) à Landersheim en Alsace, sur l’ancien site du siège d’Adidas, est donc bien sur les rails. Depuis le départ effectif d’Adidas de son siège de Landersheim, il est désormais acté que le site accueillera dès la prochaine rentrée une première promotion d’une centaine d’étudiants, auxquels s’ajouteront en février une trentaine de Chinois, dans cette école d’envergure internationale, dédiée aux métiers du vin. Six formations diplômantes, de niveaux bac + 1 à bac + 5, y seront dispensées en cycles annuels de 400 à 800 heures et autant d’heures de stages en entreprise. Certaines en un an : deux licences pro « GD vins & spiritueux », « Commercialisation hors domicile », un diplôme « Production, gestion et reprise de domaine viticole », et un diplôme universitaire de sommellerie conduit en partenariat avec l’association des chefs étoilés d’Alsace. Une formation en deux ans : un master de commerce international. Et des cours d’initiation à la dégustation et accords gastronomiques. Les cours seront assurés à 50 % par des universitaires et à 50 % par des professionnels. Même si les diplômes obtenus seront reconnus par l’État, Dominique Destouches et Marc Rinaldi insistent sur le caractère professionnalisant des formations : « C’est une fabrique de métiers dans les différentes strates de la filière, ce n’est pas une fabrique de diplômes ». « L’œnologie c’est bien, mais ça ne suffit pas » Des métiers, dont les protagonistes entrevoient d’importants changements dans les années à venir. « VPCF travaille avec 200 paysans vignerons des régions de France. 30 % d’entre eux sont âgés et sans repreneur. Le métier est devenu réellement plus compliqué », soulève Dominique Destouches. « S’agissant des connaissances techniques, on n’a rien à leur apprendre, ajoute Marc Rinaldi. Par contre, l’enseignement sur la manière de vendre, la manière de gérer l’entreprise et de déterminer un tarif par rapport aux coûts de production réels est une nécessité. » « L’œnologie c’est bien, mais ça ne suffit pas car le vin, c’est devenu beaucoup plus… On le voit sur les salons, tout est plus beau par exemple chez les Espagnols ou les Portugais parce qu’ils y mettent les moyens », observe Dominique Destouches. « Mais pour réussir, il faut avoir les moyens, donc il faut que le vin soit rentable, et donc il faut un prix de revient, donc dégager une marge », complète Marc Rinaldi. Et c’est là que le bât blesse : en amont comme en aval de la filière vinicole aussi, il y a une nécessité impérieuse d’apporter les compétences tertiaires aux métiers du vin face à « des consommateurs de plus en plus exigeants et avertis », souligne Dominique Destouches. Investir dans l’humain Ça tombe bien, le secteur de la grande distribution est lui aussi en profonds questionnements face à l’arrivée des géants de l’e-commerce. Face à la digitalisation galopante type Amazon, une des stratégies pourrait bien être d’investir dans l’humain, d’humaniser davantage encore le commerce en grande surface. Conséquence directe, explique Dominique Destouches, les grandes enseignes investissent massivement dans l’humain, pour transformer leur rayon boisson en caveau, avec un sommelier caviste. Un créneau vins et spiritueux stratégique pour les enseignes. Elles doivent recruter ou former leurs chefs de rayon afin qu’ils acquièrent le profil d’un véritable caviste, sachant donc conseiller, gérer, constituer une offre, bref un homme, une femme, du vin doté donc d’une véritable culture vinique complète, doublée d’une certaine motivation. « On va au-delà du rayon boisson, c’est carrément un caveau. Il faut un manager formé à la gestion du personnel, la rentabilité, la gestion des stocks, la constitution des gammes… Observez chez Leclerc Rivétoile, Leclerc Geispolsheim, Cora Mundolsheim, Intermarché Oberhausbergen ou Super U Wolfisheim, Super U Brunstatt, Leclerc Montbéliard, Intermarché Volgelsheim. Des magasins étaient avant-gardistes comme Super U Truchtersheim, avec un sommelier. De même dans le Doubs. On va donc apporter des formations en collaboration avec ces magasins, qui prendront des apprentis. Aujourd’hui, ces magasins sont prêts à investir dans l’humain, sa formation. » Des retours pour l’Alsace et son vignoble Une telle école dédiée aux métiers du vin aurait pu voir le jour n’importe où, mais c’est à Landersheim qu’elle verra le jour, peut-être un peu trop à l’écart du vignoble, objectent certains. D’une part, les stages en entreprise prendront une part importante des cursus, rappelle Dominique Destouches. D’autre part, « c’est peut-être bien de se situer un peu à la périphérie du vignoble », souligne l’entrepreneur qui apprécie d’agir dans la discrétion, comme d’ailleurs ses partenaires de la grande distribution. Les entrepreneurs espèrent et s’attendent néanmoins à des retombées positives aussi pour l’ensemble du terroir alsacien et des vins d’Alsace, avec ces étudiants qui deviendront autant d’ambassadeurs des vins d’Alsace.

Concours européen des jeunes professionnels du vin

Des vins au féminin

Publié le 16/02/2018

Deux étudiantes en BTSA Viticulture-Œnologie, Thérésa Moran et Mathilde Wisselmann, ont été sélectionnées pour participer à la 20e session du Concours européen des jeunes professionnels du vin, qui se déroulera dans le cadre du Salon international de l’agriculture à Paris en mars prochain.

Thérésa Moran et Mathilde Wisselmann font partie des 45 jeunes sélectionnés au niveau national, après la présélection qui a eu lieu en décembre dernier à Colmar. Au cours de la finale parisienne, trois épreuves départageront les candidats : caractérisation sur cinq échantillons, notation sur quatre échantillons et dégustation commentée réservée aux trois meilleurs Français et aux trois meilleurs Européens à l’issue des deux premières épreuves. Enfin, une épreuve facultative de communication permettra de récolter des points au-dessus de la moyenne. Une passion tardive, mais tenace Formées par leurs enseignantes, Roxane Nibaudeau et Liza Munch, les deux jeunes candidates sont très motivées par ce défi qui valorise leurs aptitudes à la dégustation des vins, mais qui constitue aussi un enjeu professionnel pour leurs projets à venir. Même si Thérésa Moran, de Wuenheim, a vu sa passion des vins se révéler tardivement, elle a toujours été attirée par l’analyse sensorielle, développée en famille, par la dégustation de plats et d’épices d’autres contrées. « Au lycée, c’est le thé qui me passionnait, et finalement c’est un produit assez similaire. J’ai suivi le chemin du thé pour arriver à une autre destination, celle du vin », explique-t-elle maniant la métaphore avec habileté. Émue lors de l’annonce de sa sélection, elle ne pensait pas accéder à ce niveau, même si elle avait travaillé intensivement la dégustation de monocépages. Trois semaines ne seront pas de trop pour poursuivre son entraînement en puisant notamment dans la cave familiale avant d’affronter les meilleurs candidats français et européens. Participer à ce concours est également pour elle un tremplin puisqu’elle a une attirance pour l’événementiel, les accords mets et vins qu’elle souhaiterait approfondir dans un master à l’Inseec de Bordeaux. Un bel héritage familial Native de Wintzfelden, Mathilde Wisselmann a grandi dans le vignoble où ses grands-parents exploitaient 1 hectare de vignes. Vendangeant depuis l’enfance, les rangs de vignes sont devenus une passion qui lui a donné envie de suivre une formation en Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant au lycée de Rouffach, puis un BTSA Viticulture Œnologie pour s’inscrire dans la continuité de son plaisir à travailler les vins. « Lors de la sélection, j’ai suivi une logique qui a fonctionné, en m’appuyant sur les appellations. J’ai hâte d’aller à Paris. Je vais encore relire des livres sur les vins et m’entraîner avec Thérésa », indique-t-elle. Son projet est de poursuivre sa formation avec une licence des Sciences de la vigne à Dijon ou une classe préparatoire pour obtenir le diplôme national d’œnologie. Née dans les vignes, elle y a puisé et dessiné son avenir professionnel. Quelle que soit l’issue de ce concours destiné à mettre en évidence les aptitudes à la dégustation des futurs professionnels de la filière viticole, le destin de ces deux étudiantes est d’ores et déjà scellé aux pieds de vignes…

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