Vigne

Cave de Turckheim

Les vignerons ont du cœur

Publié le 04/02/2018

À l’initiative de l’équipe de son caveau, la cave de Turckheim a organisé une collecte de fonds sur les factures du week-end de l’Avent des 16 et 17 décembre. Mercredi 24 janvier, ces dons ont été remis à la Ligue contre le cancer.

Lionel Lecuyer, directeur de la cave de Turckheim, a salué l’initiative de l’équipe du caveau, qui s’inscrit pleinement dans la vocation économique et solidaire de l’établissement. Jean-Michel Wisson, président de la cave, a précisé que cette opération solidaire a été validée par les vignerons, en étroite entente avec la direction. Cette collecte de fonds sur les factures d’un week-end de l’Avent a permis de rassembler 850 euros. Une somme que les dirigeants de la cave de Turckheim ont décidé de compléter, pour remettre un chèque global de 1 500 € à la Ligue contre le cancer. Christian Martin, responsable de la quête à Turckheim, était présent avec Jacqueline et Andrée, quêteuses bénévoles qui, lors de ce week-end de l’Avent, avaient animé un stand de pâtisseries qui a permis d’offrir 300 € supplémentaires. Stéphanie et Catherine, employées du caveau, et Édouard Spenlé, chargé d’affaires en entreprises au Crédit Agricole, étaient également présents lors de cette remise de dons. Une ville particulièrement généreuse Le Dr Bruno Audhuy, président départemental de la Ligue contre le cancer, qui existe depuis 1949, a chaleureusement remercié les vignerons, la direction et les employés de la cave de Turckheim pour cette initiative qui permet de soutenir les actions de la ligue. Il a souligné que la ville de Turckheim participe à la quête depuis plus de 30 ans et qu’elle se place dans le peloton de tête des cités haut-rhinoises en matière de générosité : en 2017 la collecte a rapporté 16 752 €, ce qui élève le don moyen par donateur à 32 €. Le Dr Bruno Audhuy a rappelé que 6 000 nouveaux cas de cancer se déclarent chaque année dans le département, et que 60 % de guérisons sont aujourd’hui possibles grâce au dépistage et à la recherche que permettent les sommes collectées auprès des particuliers et des entreprises. Il a insisté sur l’importance de la prévention et du dépistage pour un diagnostic précoce de la maladie, qui permet un meilleur pronostic dans la prise en charge. Un des volets des actions de la ligue, qui fête cette année le 100e anniversaire de sa création au niveau national, consiste dans l’accompagnement des malades et de leurs familles, à travers un soutien social et psychologique, des conseils diététiques et d’exercices physiques adaptés.

Confrérie Saint-Étienne à Kientzheim

Un ouvrage de référence

Publié le 02/02/2018

Un nouvel ouvrage sur la confrérie Saint-Étienne d’Alsace vient de sortir. Il est proposé par l’archiviste Francis Lichtlé, grand conseiller de la confrérie dont il est l’Échanson, Claude Muller, Grand Maître 2014, l’éditeur Jean-Daniel Rebert de Riquewihr, avec la collaboration d’André Hugel.

Quatre chapitres fournis et bien illustrés font de cette publication, réalisée par les éditions Rebert de Riquewihr, un ouvrage de référence. Un grand nombre d’invités se sont retrouvés vendredi 19 janvier au château de Kientzheim pour impulser le coup d’envoi de cette publication, dont le dernier chapitre, est une superbe rétrospective illustrée, préfacée par Pascal Schultz, Grand Maître 2017. Un ouvrage qui ne laisse rien ignorer de l’historique et de la pérennité de la confrérie, du XIVe siècle à nos jours, et qui a sa place dans toutes les bonnes bibliothèques et autres lieux d’histoire. Il est disponible au siège du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), évidemment à la confrérie Saint-Étienne et chez l’éditeur à Riquewihr, pour la somme de 35 euros. « La dernière édition était parue en 2003. Nous avons considéré qu’il était important de rajouter ces quinze dernières années afin de se souvenir de ces 70 années de la vie confrérie Saint-Étienne. Nous avons gardé la même présentation, en y ajoutant davantage de photos couleur. Au total, six volumes sont désormais disponibles, ils concernent les XVIe, XVIIe, XVIIIe, XIXe, XXe siècles, en tomes I et II. Je travaille actuellement sur un nouveau livre qui concerne les étiquettes de vin avec les publicités réalisées sur les vins d’Alsace », précise Jean-Daniel Rebert. Pour sa part, Pascal Schultz n’a pas caché son émotion. « Je suis le 71e Grand Maître de la confrérie Saint-Étienne. En écrivant la préface de votre ouvrage, je voulais manifester mon soutien à ce travail historique. » Et Francis Lichtlé de conclure : « J’ai eu beaucoup de plaisir à rédiger cette nouvelle partie historique qui permet, dans cet ouvrage, de fournir aux lecteurs l’histoire complète de la confrérie. Nous passons, mais nos écrits resteront. » Un ouvrage qui a été édité à 250 exemplaires et dont le stock devrait rapidement être épuisé.

Publié le 01/02/2018

À Colmar, le Japadeunon veut conjuguer sept jours sur sept convivialité et vins plaisir dans une ambiance tamisée et confortable. Les Alsace sont de la partie mais ont un peu de mal à être de toutes les fêtes.

Avant, c’était un pub. Depuis début septembre 2017, c’est un bar à vins que Christian Leroy, l’un des propriétaires, a baptisé en souvenir de la plaque que portait la fontaine autour de laquelle il jouait dans son sud natal. « Avec mon associé Alban Bisch, nous avons voulu en faire une table de copains, pas une bibliothèque, mais un endroit où l’on peut associer charcuterie, fromages et vins sympathiques, après le travail ou durant le week-end » résume-t-il. Charly Guth est le gérant de l’établissement. Ancien élève du lycée hôtelier d’Illkirch, initié au vin en Corse avant de faire ses propres gammes chez des viticulteurs alsaciens, il sélectionne les vins figurant sur la carte. Il penche pour des secs, n’est pas regardant sur une mention ou une autre. « Ce qui m’importe, c’est la manière de travailler du viticulteur. Je préfère celui qui soigne convenablement ses vignes à celui qui s’affiche en bio pour occuper un créneau commercial » explique Charly. Les vins nature ne le tentent pas plus que ça. « Leur saveur est atypique. Ils sont trop compliqués à gérer une fois ouverts » estime-t-il. Cependant un pinot noir alsacien nature fait partie de son offre. Tous les vins sont présentés plusieurs fois sur un des murs du bar. Sur une soixantaine de références, cinquante sont fixes. Les autres tournent sur un tableau de suggestions renouvelé chaque semaine afin que les clients qui viennent plus d’une fois dans cet intervalle puissent se renouveler. Charly fait confiance à plusieurs agents et à des cavistes pour disposer d’une carte où chacun « peut trouver ce qui lui convient ». « En rouge par exemple, il m’en faut un qui soit gouleyant sur le fruit, un autre plus tannique, un dernier plus épicé » avoue-t-il. Quelques étiquettes connues remplissent la fonction de « rassurer le client ». Les vignobles de Bourgogne et de Bordeaux fournissent l’essentiel de la cave actuelle. D’autres origines comme l’Ardèche ou la Savoie sont là pour étonner en sortant des sentiers battus. Pour ses Alsace, Charly choisit lui-même, la plupart du temps sur place. « Je recherche des vins avec de la minéralité, secs ou perçus comme tels. C’est en bouche que ça se décide. Ce sont souvent des coups de cœur » dit-il. Il met régulièrement les vins de cinq domaines de vignerons indépendants sur sa carte. Mais n’écarte pas les autres. Un domaine a droit à trois références maximum. Ne pas dépasser 6 € au verre Affichant complet cinq soirs sur sept, l’établissement débite essentiellement ses vins au verre. « Cinq euros en moyenne. Je n’aime pas dépasser les six. Nos vins doivent rester abordables en prix » souligne Charly. La planchette classique de charcuterie et de fromage qui accompagne le vin est à 8 €. Le rouge, aromatique mais sans trop de complexité, est en tête des ventes. En blanc, c’est un côte de Gascogne, assemblage de petit et gros manseng, particulièrement apprécié du public féminin. Et les Alsace ? Un chardonnay en barrique, un vin de France né à Reichsfeld, est le plus demandé. Il précède le gewurztraminer, élu par des gens « souhaitant de la gourmandise ». Charly constate : « il arrive que des clients me demandent de les conseiller. Ils me disent être prêts à tout déguster, sauf l’Alsace. Le riesling est selon moi un des meilleurs vins du monde, mais ici les gens le boudent. J’ai cinq grands crus en cave. Mais je ne les sers que trop rarement. C’est désolant. En Bourgogne, les Bourguignons boivent du Bourgogne. Mais les Colmariens qui représentent 90 % de la clientèle consomment peu d’Alsace. Ils sont en revanche attirés par les vins étrangers. Le rouge italien plaît le plus ». Charly passe parfois outre afin de combattre les idées reçues. « Je fais déguster des Alsace en aveugle. Je surprends mes clients. Quand ils reviennent, j’ai gagné mon pari ». L’offre du Japadeunon va évoluer, en nombre de vignobles comme en vins. Charly a l’intention « d’élargir son offre en grands crus afin de mieux promouvoir l’Alsace ». Chaque trimestre, il invite un vigneron alsacien à parler de trois ou quatre de ses vins. « Ce sont les seuls servis lors de la soirée. C’est un peu compliqué au début. Il faut faire œuvre de pédagogie, promettre la surprise dans le verre. Une fois que les participants ont goûté, ils accrochent mieux ».

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