Vigne

Viteff - conférences des œnologues

Sulfites et santé : état des connaissances

Publié le 05/01/2018

Même si le vin n’est de loin pas la principale source de sulfites dans l’alimentation, la question de l’intolérance ou de l’allergie aux sulfites, difficiles à diagnostiquer, reste néanmoins une réalité médicale.

Au Viteff, dans le cadre d’une session consacrée au soufre, les œnologues de Champagne ont fait venir le médecin François-Marie Tanazacq qui a proposé une actualisation des connaissances sur la toxicologie des sulfites. « Ils posent de réelles problématiques d’intolérance ou d’allergie, pour certains sujets, certains aliments et sous certaines conditions. Et le vin n’est pas en première ligne », introduit le médecin. Il s’agit, selon lui, de bien comprendre et prendre connaissance du message médical « avant que l’on ne vous impose un jour de préciser l’exacte dose de SO2 sur l’étiquette ». Parce qu’il est très soluble dans l’eau, le dioxyde de soufre inhalé s’attaque en particulier aux muqueuses humides de l’appareil respiratoire, de la conjonctive (au niveau de l’œil) et de la peau humide. Si le nez résorbe la majeure partie du SO2, il peut causer des altérations histologiques, jusqu’à provoquer la dégénérescence de l’épithélium olfactif et entraîner des troubles de l’anosmie. Dans les voies respiratoires, la littérature rapporte que le métabissulfite de sodium provoque des bronco-constrictions et des crises d’asthme chez les asthmatiques. La détoxication du SO2 s’effectue par la voie de la sulfite - oxydase, une enzyme qui dégrade le SO2 en sulfate, avec comme co-facteur enzymatique le molybdène. Alors les sulfates sont éliminés par les urines. De même, après ingestion de SO2, par exemple dans alimentation, c’est toujours la voie de la sulfite - oxydase qui est impliquée pour détoxifier le SO2. Il est ainsi indiqué que l’organisme est capable de métaboliser jusqu’à 2 g de SO2 par jour. En cas d’intoxication, le SO2 détruit la thiamine, c’est-à-dire la vitamine B1. Dont la carence aiguë est connue pour induire des troubles neurologiques graves décrit sous le nom de béribéri. Les symptômes suite à une intoxication aiguë au SO2 par inhalation dépendent de l’état antérieur du sujet. Un cas de fuite massive en atmosphère confinée de bouteille sous pression de SO2, avec une teneur 4 000 fois supérieure à celle de l’air ambiant, a provoqué des brûlures avec risque de cécité, brûlures du nez, de la gorge et de la peau, une dyspnée (difficulté respiratoire) intense, des douleurs de la poitrine, nausées, vomissements, fuites urinaires, « la mort survient par arrêt respiratoire ». En cas d’intoxication, la conduite à tenir se résume en trois lettres : PAS - pour se protéger, alerter et secourir. Il s’agit de pratiquer la ventilation artificielle. Sur une brûlure, appliquer la règle des trois fois 15 : arroser la zone des lésions avec de l’eau à 15 °C, pendant 15 minutes et à 15 cm de la lésion, si possible en Position latérale de sécurité (PLS). Information à destination des vignerons : « En médecine, on considère que le soufre pur est très peu toxique. Je me demande donc ce qui est irritant lors des poudrages ? Si ce n’est pas le soufre pur, ce sont les adjuvants et autres coexcipients », en déduit François-Marie Tanazacq. Un conservateur très répandu Revenons au SO2 : en cancérogenèse, il est classé dans le groupe 3, « c’est-à-dire celui dont on ne sait rien ! » Sur le plan toxicologique, la norme d’ingestion maximale est fixée à 10 mg/kg, une dose qui est très souvent dépassée si l’on additionne le SO2 de toute une ration alimentaire quotidienne. Car le SO2 est universellement répandu, le vin n’étant pas la plus importante source de ce conservateur que l’on trouve à des doses records, par exemple dans les crevettes et autres crustacées, trempées directement dans des solutions de bisulfites, puis conservées dans de la glace sulfitée sur l’étal des poissonniers. La DJA (dose journalière admissible) du SO2 est fixée par l’OMS à 0,7 mg/kg/jour. Mais le grand problème du SO2, c’est l’allergie aux sulfites ; certains parlent d’intolérance car parfois, les tests cutanés et respiratoires ne révèlent pas d’anormalité. « On identifie pourtant la responsabilité des sulfites dans de véritables chocs allergiques et anaphylactiques » qui entraînent des démangeaisons, de l’urticaire, voire un œdème de quincke, des spasmes, jusqu’à un effondrement de la tension artérielle et un arrêt cardiorespiratoire. Allergie ou intolérance, les malades sensibles au SO2 s’expriment de façon très aléatoire et variable : « Il faut un type de produit sulfité, une personne sensible et les circonstances. » D’où une réelle difficulté pour les médecins à attribuer les signes cliniques aux seuls sulfites. Ce qui donne lieu à des controverses sans fin… « Même l’adrénaline du stylo à utiliser en cas de choc anaphylactique, contient du métabisulfite ! » « Ni les patients, ni les médecins ne sont à la noce » dans cette question des sulfites. « Les intolérants aux sulfites sont de vrais malades et cette pathologie peut leur gâcher la vie. »

Publié le 02/01/2018

Quelles règles peuvent guider les achats d’amateurs de vins en général, d’Alsace en particulier ? Petit sondage aléatoire dans une grande surface de la région.

Entre Noël et jour de l’an, c’est une fin d’après-midi tranquille à l’hypermarché de l’enseigne U à Gertwiller. Le rayon vins s’étale sur cinq travées, chargées recto verso sur cinq étages. Trois s’interrompent pour faire de la place à une présentation en casier, en caisse ou en cartons de six. Cet espace n’est pas spécialement pris d’assaut, mais il y a toujours quelqu’un pour circuler dans les allées. La plupart des acheteurs du moment se définissent comme des consommateurs irréguliers. « Je ne suis pas connaisseur » prévient Joëlle, 64 ans, qui choisit dans « un panel restreint » de références. Elle est à la recherche d’un gewurztraminer parce que ce sont « les fêtes et qu’il s’agit d’un moment à partager ». Rémi, 32 ans, n’est pas davantage initié à ses dires, mais il cite sans difficulté six des sept cépages d’Alsace, qu’il juge « tous agréables à boire ». Manon et Pierre-Yves, un jeune couple de vacanciers belges, s’appuient sur le souvenir qu’ils ont de ce que boivent leurs parents et sur les renseignements obtenus via l’application de leur smartphone. Ils ont repéré des vins à leur nom de cépage dans les villages aux alentours, mais sont venus au magasin pour « avoir le choix ». Béatrice, 72 ans, a trouvé un compromis. « Je reste sur ce que je connais » dit-elle. Comme Anthony, 47 ans, occupé à détailler l’étiquette d’un crémant qu’il destine à ses parents qui n’habitent pas la région, et qui reprend les vins qu’il a « déjà bus et appréciés ». La quête de bons crus de ces acheteurs est très variée. Yves, 52 ans, passe en revue les bouteilles alignées pour trouver « un rouge bio d’au moins quatre ans d’âge » car il doit « avoir du caractère ». « J’achète une bouteille une fois tous les deux mois environ. C’est à chaque fois un casse-tête » avoue-t-il. « Il m’arrive encore d’opter pour un traditionnel, mais depuis deux à trois ans je suis plus sensible au mode de production. Tous ces traitements, ce n’est pas bon ». Béatrice délaisse depuis quelque temps le Côtes-du-Rhône « pour changer ». Elle craque volontiers pour un Fronton en raison de son rapport qualité-prix, de son degré alcool « pas trop élevé ». Rémi veut dénicher un Champagne, mais n’écarte pas l’idée de virer vers un crémant. Si Manon est habituée aux vins « légers et fruités » de la Loire, et Pierre-Yves aux rouges italiens, ils chassent ici les vins secs, au contraire de Joëlle ou d’Antoine, 22 ans, acheteur régulier de pinot gris et de gewurztraminer avec du sucre restant. Des Alsace « par chauvinisme » Le budget ne semble pas être un frein. Manon et Pierre-Yves veulent des bouteilles « à offrir et à consommer ». Ils n’ont défini, ni nombre, ni budget. Béatrice se limite à 3-4 € au quotidien, mais confie aussi acheter des lieux-dits, des appellations communales ou des grands crus, forcément plus chers. Consommateur pressé, Antoine ne regarde pas toujours le prix même s’il se fixe un créneau de 5 à 10 €. Yves n’entend pas dépasser les 10 € pour sa bouteille. Joëlle est prête à mettre 13 € pour son gewurztraminer « parce que c’est une dépense que je n’ai pas tous les jours ». Mais monter à 19 € ne la dérangerait pas. Rémi est pour sa part capable de sortir plus de 20 € pour l’ouvrir à la soirée à laquelle il est invité. Les vins d’Alsace profitent-ils de ces bonnes dispositions ? Assurément pour nos consommateurs du jour qui les considèrent comme un élément du patrimoine local. Ils figurent en bonne place dans les caddies, sauf celui d’Yves qui s’approvisionne en direct chez un ami, viticulteur bio. « Je ne connais les Alsace que depuis mon emménagement dans la région il y a un an » indique Rémi. « J’ai été agréablement surpris par les dégustations que j’ai pu faire. À Noël, j’en ai fait profiter mes parents, en Auvergne ». « Nous avons accueilli des amis durant ces fêtes. Nous avons servi beaucoup de blancs d’Alsace pour les leur faire découvrir. Un pinot gris a très bien accompagné un poisson. Toutes les bouteilles ont été bues » enchaîne Béatrice. « J’achète surtout des Alsace. Par chauvinisme sans doute » sourit Joëlle. Antoine partage ce sentiment. « Je suis conditionné depuis l’enfance à boire des vins locaux. Au contraire d’un rouge, une fois, aucun blanc ne m’a jamais déçu ! De plus, acheter local, cela fait tourner l’économie locale ». Anthony, quant à lui s’enflamme : « j’ai un parti pris pour les blancs. Alors quand on les aime, l’Alsace, c’est le paradis ! ».  

Publié le 01/01/2018

Le fabricant de cartons d’emballage Smurfit Kappa nourrit de grandes ambitions pour le vignoble alsacien et est décidé à contribuer à la valorisation des vins d’Alsace, par des cartons plus personnalisés et améliorant la qualité de service.

L’arrivée d’Hervé Frey, ancien commercial pour les grands opérateurs en vins d’Alsace, chez Smurfit Kappa à Colmar coïncide avec la volonté pour le premier fabricant français de solutions d’emballages carton de se renforcer sur le marché dédié aux vins d’Alsace. En axant son offre en caisses-cartons à bouteilles vers plus de personnalisation et en améliorant le service à la clientèle acheteuse de vin et l’identité marketing du domaine viticole, Smurfit Kappa ambitionne de « devenir l’interlocuteur privilégié des vignerons, en leur apportant des solutions personnalisées et en contribuant ainsi à la valorisation des vins d’Alsace », expliquent Marielle Maître, directrice des sites de Smurfit Kappa Colmar et Besançon, et Hervé Frey. Pour les responsables colmariens de cette cartonnerie, il y a clairement une carte à jouer : « Actuellement, la caisse 6 vrac standard repiquée classiquement domine le marché. Or il y a une possibilité d’ajouter de la valeur, d’autres régions le font. Nous pouvons accompagner le vigneron dans la définition de sa charte graphique jusqu’au carton final et lui proposer de « re-looker » intégralement sa gamme en intégrant ainsi son image graphique sur l’ensemble de ses emballages carton, tout en y associant notre expertise en termes de conception packaging », explique Hervé Frey. Entre un gewurztraminer générique et un grand cru, l’écart de prix relativement peu élevé, de l’ordre de 2 à 4 €, lui fait penser que la qualité de l’emballage carton doit contribuer à améliorer la valeur ajoutée et les ventes des viticulteurs alsaciens. Pour mener à bien son ambition, Smurfit Kappa annonce qu’il va installer un showroom dans son unité de Bennwihr Gare. Le vigneron viendra puiser dans son imagination et co-élaborer l’emballage-carton qui lui convient avec un designer, il pourra même innover. Comme d’ailleurs, il le fait avec les microbrasseurs qui ont des solutions très avant-gardistes et valorisantes. Des solutions ergonomiques Si 70 % des vins d’Alsace sont en vente muette, il n’en reste pas moins que même en grande distribution, pendant les foires aux vins ou pour des mises en avant, la caisse joue un rôle d’image important… Bouteille couchée ou debout, Smurfit Kappa apporte aujourd’hui une diversité de solutions qui permettent de panacher différents formats entre la flûte et le crémant, par exemple, ceci grâce à des solutions de calage. Smurfit Kappa Colmar propose également des solutions d’emballages sécurisées pour les expéditions par la messagerie, le modulopost, jusqu’à 12 bouteilles, qui d’ailleurs a été testé au préalable au crash test du centre d’Épernay. Ou encore, des solutions plus ergonomiques pour les cavistes ou le transport dans les salons de vignerons indépendants… « Nous avons aussi des solutions pour l’export, jusqu’à 12 bouteilles, pour les CHR. En fait, il faut adapter la réponse à chaque circuit », explique l’ancien vendeur pour les grands metteurs en marché de vins d’Alsace. Smurfit Kappa envisage enfin de « garantir la paix de l’esprit » de ses clients, c’est-à-dire de proposer des solutions allant de la création aux solutions de stockage, de manière à ce que le vigneron puisse disposer en temps et en heure des cartons pour ses expéditions et qu’il n’y ait pas de rupture d’approvisionnement.

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