Vigne

Nouvelle ligne de conditionnement à la cave d’Ingersheim

Un gain de performances, de réactivité et de place

Publié le 20/12/2017

Depuis deux mois, la cave Jean Geiler à Ingersheim met en carton ses crémants, cuvées spéciales et lots particuliers avec la ligne de conditionnement Isola 3 - Axipack fabriquée par la société italienne APE et vendue par Stevial. Une machine au gabarit réduit, 100 % automatique qui se veut très polyvalente.

Avec sa nouvelle ligne de conditionnement vendue par Stevial, la cave Jean Geiler à Ingersheim a fait le choix de la « souplesse et de la réactivité ». Cette Isola 3 - Axipack fabriquée par la société italienne APE est le nouvel outil à tout faire de la cave coopérative, capable de mettre en carton 5 000 bouteilles par heure, de la petite 37,5 cl à la bouteille de crémant. Tous les effervescents de la cave sont d’ailleurs mis en caisse avec cette nouvelle ligne depuis sa mise en production il y a deux mois. Elle sert également pour toutes les cuvées spéciales, les vendanges tardives et les petits lots particuliers. Les grandes séries de production, comme les vins tranquilles destinés aux grandes surfaces, continuent à être mises en carton sur la grosse ligne de conditionnement située juste à côté. Cette « encaisseuse, formeuse et fermeuse de carton » peut fonctionner de manière entièrement automatique ou semi-automatique en fonction des bouteilles et des lots à gérer. « C’est par exemple le cas pour les commandes où les bouteilles sont couchées dans le carton. Cela reste une opération à faire manuellement », explique Olivier Zink, technico-commercial chez Stevial. Pour les « encaissages » plus classiques, l’opérateur a juste besoin d’indiquer le gabarit des bouteilles dans la console de réglage, la machine fait le reste : le système de têtes avec préhenseurs prélève les bouteilles par les cols, la fermeuse plie les rabats et dépose un filet de colle qui scelle le carton. Le principal atout de cette ligne de conditionnement - outre sa grande polyvalence - est son « gabarit compact, idéal pour les espaces confinés », estime Olivier Zink qui ajoute que la cave Jean Geiler a non seulement gagné en encombrement, mais aussi en « finition, cadence et performance » avec ce modèle de la société italienne APE. Une référence qui semble plaire dans le vignoble alsacien puisque la Maison Cattin et la cave de Wuenheim, pour ne citer qu’elles, ont aussi fait le choix de cette « ligne à tout faire ». Pour Stevial, c’est la prolongation d’un partenariat de plus de vingt ans avec la cave Jean Geiler qui avait déjà fait appel à la société de Bennwihr en juillet dernier pour l’achat de sa nouvelle étiqueteuse rotative de la marque - italienne une nouvelle fois - Cavagnino & Gatti. Une autre référence prestigieuse à mettre en avant pour Olivier Zink et son jeune collègue Yohann, nouveau technico-commercial venu renforcer l’équipe de Stevial.

Publié le 20/12/2017

Depuis ses débuts en cave en 1988, Sylvie Spielmann a l’habitude de mettre des bouteilles de l’année de côté. Son œnothèque est un éloge aux vieux vins d’Alsace.

« Étonnez-moi ! ». C’est sans doute la plus belle invitation qu’on puisse adresser à Sylvie Spielmann. Elle n’hésite pas alors à vous entraîner devant un impressionnant mur de bouteilles. Trente ans qu’elle vinifie. Trente ans qu’elle met soigneusement en réserve la mémoire de chaque millésime. Son argument, c’est cette œnothèque personnelle. Très exactement quatre-cent-vingt-trois casiers pour le moment, en attendant les deux rangées supplémentaires qui doivent être montées pour accueillir les cols qui dorment encore en caisses. Il n’y a que des vins du domaine dans ces niches numérotées. Il faut un escabeau pour atteindre ceux qui logent le plus haut. Sylvie s’est donné une règle : 100 bouteilles pour ses gewurztraminers et rieslings grand cru, de 48 à 60 cols pour ses lieux-dits, 24 pour ses sylvaners et pinots blancs, parfois plus si le millésime en impose. Les plus anciens remontent aux années soixante-dix, l’époque de Marie-Antoinette et Jean-Martin, les parents de Sylvie. Tous les cépages du vignoble y ont leurs témoins. Les crémants, y compris des magnums, s’y sont ajoutés en 2008, l’année où Sylvie s’est mise à en élaborer. « Depuis mes vingt ans, je suis une fanatique des vieux vins. Lors des fêtes de famille, mes parents en ouvraient fréquemment ». Sylvie a son idée sur le potentiel de garde des Alsace. « La lecture des menus servis à l’Académie française il y a un siècle, nous apprend que les plats étaient toujours accompagnés par des vins d’au moins vingt ans d’âge, y compris par un edelzwicker de Riquewihr. Dans l’Ami Fritz, Erckmann-Chatrian écrit bien que le vin du grand-père sert à faire découvrir le vin d’Alsace au petit-fils. J’ai goûté des Alsace exceptionnels. Un pinot gris 1959 à propos duquel je ne comprenais pas comme il pouvait être aussi vieux et autant exhaler les fruits exotiques. Un riesling 1971 m’a surpris avec ses arômes de fruits rouges ». Les grandes années de garde ne sont pas celles que l’on qualifie de « meilleures ». « Ce sont les plus équilibrées, avec une belle acidité. Il est faux de dire que les vins d’années chaudes n’ont pas de potentiel de garde. La nature trouve simplement son équilibre autrement. 1991 a été un millésime décrié. Je ne l’aimais pas non plus. Pourtant il m’a donné un riesling magnifique. Le riesling Kanzlerberg 2009 ne m’a pas convaincue l’année de sa naissance. Mais aujourd’hui, il associe un bel équilibre à de la finesse et à du fruité. Et 2010 sera un monstre de millésime, supérieur à 2015 ». Le beau potentiel de garde des Alsace Tout un chacun n’a pas accès à l’œnothèque de Sylvie. « Les vins vieux ne plaisent pas à tout le monde. J’y amène les personnes qui comprennent cette culture ». Ces vins témoins d’une carrière ne sont pas seulement des trésors qui dorment. Sylvie puise dans cette mémoire pour organiser des dégustations verticales, des soirées œnologiques, des dîners d’accords mets-vins qui réunissent 130 convives sur deux soirées. Cette année, elle avait choisi en dégustation à l’aveugle un sylvaner 1994, un muscat 1997, un pinot gris vendanges tardives 2000 et, pour corser le tout, un riesling lieu-dit actuellement en vente sur sa carte. « Ces vins me servent à montrer que les Alsace sont des vins de garde, plus accomplis au bout de dix ans, voire souvent davantage. Chaque viticulteur peut faire sa réserve. C’est son rôle de montrer sa passion pour ses vins en ne vendant pas toute la production de son année ». Présenter de tels vins aide aussi à écouler les millésimes en vente. « Cela inspire confiance ». Il arrive que Sylvie vende quelques-unes de ces bouteilles. Elle en offre parfois l’une ou l’autre. « C’est ma B.A. de la journée ! » glisse-t-elle, un sourire en coin. Sylvie a la possibilité de servir le vin de l’année de naissance de plus en plus d’amateurs qui viennent au domaine. « Les vieux vins font partie de ma personnalité » estime-t-elle. « Et mon œnothèque est une source d’émotions ». Sylvie s’incline devant le riesling et le gewurztraminer que lui donne le Kanzlerberg, un terroir de garde qui « l’étonne à chaque millésime ». Mais ne lui demandez surtout pas de classer ces années et ces crus par ordre de mérite. « Le meilleur vin n’existe pas en soi. Le meilleur, c’est le vin que l’on peut faire partager, qui procure paix et harmonie ». Et quand arrive la dernière bouteille d’une série ? « Je l’ouvre ! Ce n’est pas grave. Elle fera un souvenir. J’aurai été avec le groupe qui l’a bue. Il faut aussi se faire plaisir à soi. C’est un peu un crève-cœur, mais c’est la vie ! ».

Jeunes Viticulteurs du Haut-Rhin

Quentin Blanck, nouveau président

Publié le 18/12/2017

Quentin Blanck, 24 ans, vigneron indépendant au domaine André Blanck à Kientzheim, est le nouveau président des Jeunes Viticulteurs du Haut-Rhin. Il succède à François Schlussel qui a occupé la responsabilité durant six années.

C’est lors de l’assemblée générale du canton des Jeunes Viticulteurs du Haut-Rhin (JA Viti 68), le 14 décembre, qu’a eu lieu le renouvellement du conseil d’administration. Avant l’élection, François Schlussel a expliqué sa décision : « Je viens d’effectuer six années de présidence. Gilles Ehrhart m’avait fait rentrer à l’époque au sein de l’équipe dirigeante. L’expérience a été enrichissante. Mais au bout d’un moment, il faut que ça change. » Prêt à épauler son successeur le temps nécessaire, il a remercié ses pairs pour leur soutien et souhaité bonne chance à la nouvelle équipe et au nouveau président. Un conseil d’administration renouvelé Quentin Blanck a été élu président de ce nouveau conseil d’administration (lire encadré). « J’exerçais déjà des responsabilités au sein du groupe des jeunes des vignerons indépendants. Nous avons beaucoup travaillé sur la communication et sur la formation. Ces deux axes sont très importants. Je compte œuvrer en équipe, de la même façon chez les JA Viti 68. Je suis leurs discussions depuis déjà deux ans car j’avais été coopté au conseil d’administration », précise Quentin Blanck. Parmi les autres pistes de travail, il cite le rapprochement avec les Jeunes Viticulteurs du Bas-Rhin, dans les deux années à venir. « Cela doit se faire naturellement. Nous exerçons toutes et tous le même métier sur le même vignoble. » Pour 2018, les JA Viti 68 comptent poursuivre les actions engagées, comme « l’afterwork » des Jeunes Agriculteurs en mars à Colmar ou le JA’s Day en juin à Mulhouse. Ils seront également actifs sur les opérations Sourire du 19 au 21 mai à Colmar et souhaitent organiser une opération Tellus dans une exploitation viticole. Enfin, il est question de pérenniser la sortie cantonale permettant la découverte d’une région viticole. Une application pour surveiller le vignoble Marie Fagot, de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles en Alsace (Fredon), est venue présenter son institution. La Fredon avec ses quinze salariés répartis sur ses deux sites à Sélestat et à Wiwersheim, est reconnue comme organisme à vocation sanitaire (OVS). Depuis 30 ans, elle assure une surveillance biologique du territoire, fait de la prévention, mais également de la lutte et des expérimentations, sans oublier de l’inspection puisqu’elle est accréditée Cofrac. Marie Fagot a notamment détaillé le plan de lutte contre la flavescence dorée. En Alsace, il n’y a pas de phytoplasme de la flavescence dorée détecté jusqu’à présent, mais plus ponctuellement des cas de jaunisse de l’aulne. « Un premier signalement de cicadelle vectrice a cependant été fait en juillet 2016 à Turckheim. Une soixantaine de pièges ont alors été mis en place pour faire un état des lieux plus efficace que les observations aléatoires et pour définir la présence d’un foyer éventuel dans un rayon géographique très précis de 500 mètres. Par mesure de précaution, un traitement insecticide a été effectué sur cette zone pour limiter la propagation du vecteur ». Marie Fagot a ensuite rendu les jeunes viticulteurs attentifs sur les symptômes communs entre la jaunisse de l’aulne et la maladie du bois noir. Elle a invité les jeunes professionnels à télécharger l’application « Vigi-AvA », disponible sur App Store, dédiée à la surveillance du vignoble alsacien.

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