Vigne

Cave historique des Hospices civils de Strasbourg

2017, de belles choses en perspective !

Publié le 29/01/2018

La première dégustation du millésime 2017, organisée par la cave historique des Hospices civils de Strasbourg le 16 janvier, a confirmé son bon potentiel et offert de belles surprises, notamment sur les pinots blancs.

La cave historique des Hospices civils de Strasbourg donne traditionnellement le coup d’envoi des dégustations du nouveau millésime de l’année. Vignerons, membres de la Sica (société civile d’intérêt agricole), œnologues, représentants professionnels parmi lesquels Gilles Neusch, directeur du Conseil interprofessionnels des vins d’Alsace (Civa), et amateurs éclairés ont été accueillis mardi 16 janvier par André Ruhlmann, vice-président de la Sica, et Christophe Gautier, directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Ce dernier a salué « ce partenariat unique » avec les vignerons, qui font vivre ce lieu historique « qui a résisté à tout, même au grand incendie de 1716 ». Il a chaleureusement remercié de leur présence Serge Dubs, meilleur sommelier du monde en 1989, le chef étoilé Marc Haeberlin, parrain d’honneur de cette édition, et la reine des vins d’Alsace, Justine Schmitt, qui apportent « un poids considérable à cette dégustation ». 98 échantillons, dont 8 crémants et 11 grands crus Cette première dégustation, qui a pour but de sélectionner les meilleurs vins destinés à être élevés quelques mois dans les chais de la cave, marque « le début d’une nouvelle ère vinicole », a indiqué André Ruhlmann. 98 échantillons de vins, dont 8 crémants et 11 grands crus, étaient proposés à l’agrément. Tous les cépages étaient représentés, sauf le muscat, « car un affinage dans les fûts lui ferait perdre son croquant ». « Cette dégustation n’est pas un concours, a précisé Pélagie Herzog, l’œnologue de la cave. Ces échantillons sont des bébés vins. » Un élément dont les dégustateurs doivent tenir compte. Si un vin n’est pas sélectionné, il peut être à nouveau présenté sous 15 jours. Parmi les huit tables de dégustateurs, celle de Christine Collins, de Strasbourg Événements, est tombée d’emblée sur une pépite : un pinot blanc, magnifique, qualifié de « bombe » par Philippe Junger, ancien responsable de la cave historique. Cette série a continué sur de très belles notes avec des vins équilibrés, élégants, sans défauts, malgré quelques rieslings « un peu fermés ». « De beaux vins dans l’ensemble » pour Christine Collins, « avec une mention spéciale pour les pinots, bien réussis ». Un avis partagé par Gilles Neusch, notamment sur le pinot noir, « un cépage puissant qui a une belle trajectoire depuis quelques années ». Luc Anstotz, directeur de la cave du Roi Dagobert, a souligné quant à lui leur moindre dosage en sucre, donnant « des vins plus secs, correspondant à une demande actuelle des consommateurs ». Les klevener dégustés sont d’une belle facture, longs en bouche, avec « beaucoup de gras, un nez vraiment sur du fruit, des arômes subtils sur une belle fraîcheur », a noté Daniel Ruff, président du syndicat viticole de Heiligenstein. Pinots gris hétérogènes, grands crus au top L’œnologue Francis Klee a remarqué deux rieslings grands crus, d’une belle fraîcheur, gustativement sur le versant sec. Il a été particulièrement séduit par des grands crus pinots gris, dont l’un « atypique » avec une acidité rafraîchissante, surprenante. Xavier Léon Muller, vigneron à Marlenheim, a par contre relevé des disparités sur ce cépage : trois pinots gris ont été refusés car « ils n’avaient pas assez de matière et trop de sucres ». Une série de quatre gewurztraminers a quelque peu déçu Bruno Hertz. Certains rieslings, quasiment prêts à boire, pas suffisamment évolués n’ont pas été retenus. « Un exercice compliqué » que celui d’anticiper le potentiel d’un vin. À la table de Stéphane Wantz, tout le monde a été unanime sur les sylvaners présentant « beaucoup de matière, avec une belle acidité arrière ». Au final, le comité a refusé 38 % des vins. 62 échantillons ont été acceptés. « Les refus sont en hausse », constate Pélagie Herzog, qui confirme « le sérieux des dégustateurs ». Les notes sont « très belles sur l’ensemble des cépages », notamment sur les sylvaners et les grands crus, de plus en plus nombreux. Ainsi les 9 grands crus sélectionnés ont obtenu des notes de 8,5 et 8. 50 % des pinots gris ont été refusés, notamment en raison de « leur caractère oxydatif ». Dans l’ensemble, la qualité est de mise pour ce millésime 2017, « avec de belles choses sur les vins de garde », a conclu Pélagie Herzog.

Dégustation du Guide Hachette 2019

Une « référence » dans l’air du temps

Publié le 27/01/2018

Les dégustations de sélection du Guide Hachette 2019 ont eu lieu la semaine passée à Colmar. Les 900 échantillons notés, départagés et commentés par des professionnels du cru, iront agrémenter cet ouvrage qui reste une référence pour de nombreux consommateurs, que ce soit dans sa version papier ou sur internet.

Trente-trois ans après sa création, le Guide Hachette des vins a toujours autant la cote auprès du public. En 2018, ce sont 90 000 exemplaires qui ont été imprimés, et entre 300 000 et 400 000 internautes ont visité chaque mois son site. « Notre guide est une référence pour beaucoup de monde », commente Stéphane Rosa, directeur du Guide Hachette. Avant de pouvoir y figurer, chaque vin doit être dégusté, noté et commenté par un panel de professionnels propre à chaque région viticole. « Cette approche collégiale par des professionnels du cru nous différencie d’autres guides réputés comme celui de Bettane & Desseauve ou de la Revue du Vin de France », poursuit Stéphane Rosa. Depuis quelques semaines, ce dernier arpente les vignobles français pour les différentes sessions de dégustation qui ont lieu chaque début d’année. L’étape alsacienne s’est déroulée la semaine passée, à la Maison des vins de Colmar, pendant trois jours. Au total, 900 échantillons ont été dégustés à l’aveugle et décrits de la manière la plus précise et la plus complète possible. « Cela permet aux auteurs de notre guide de faire des synthèses de qualité pour chaque vin », précise le directeur du guide. Un travail titanesque quand on sait que ce sont au total 45 000 vins qui sont dégustés dans l’ensemble du pays. Les 900 échantillons dégustés à Colmar étaient issus des millésimes 2016 et 2015 avec, pour ce dernier millésime, une plus grande proportion de Vendanges tardives (80 contre 31) et de Sélections de grains nobles (27 contre 10) que l’année précédente. Si le Guide Hachette des vins reste classique dans sa forme, il sait aussi évoluer pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation, et aux nouveaux profils des acheteurs. Ainsi paraîtront cette année les deuxièmes éditions du Guide Hachette des vins rosés, du Guide Hachette des vins bios ou du Guide Hachette des vins de moins de 15 euros. Des guides plus ciblés et moins chers qui reprennent le fonctionnement d’un site internet : la possibilité de filtrer sa recherche. « Ainsi, on touche plus spécifiquement certains publics. Des femmes, des citadins ou des personnes qui recherchent d’excellents vins avec un petit budget. Globalement, on se rend compte qu’on a de moins en moins de vins boisés et davantage de vins plus digestes, plus légers. On tâche de s’adapter à cette évolution. » À noter que le contenu de tous ces mini-guides reste bien présent dans le « gros » guide qui paraîtra au mois de septembre dans sa 35e édition. Toujours dans cette logique de modernisation, le Guide Hachette propose depuis le mois de décembre d’acheter sur son site des vins référencés dans ses pages depuis 2001. « C’est une vitrine qu’on propose aux viticulteurs qui le souhaitent, internet étant un canal de vente qui se développe fortement aujourd’hui », explique Stéphane Rosa. La partie logistique (stockage/expédition) est assurée par une entreprise spécialisée dans la vente en ligne de vins. Actuellement, ce nouveau point de vente de vins Hachette compte un millier de références.

Publié le 26/01/2018

L’attachement à ses racines est le moteur qui pousse Pierre Wolf à collectionner des outils viticoles et des équipements de cave. Nicole, son épouse, partage cette passion qui a permis de constituer un ensemble privé, unique en son genre.

« J’aime l’histoire ». À balayer d’un regard la grange qui présente sur deux niveaux toutes les trouvailles faites chez des particuliers, dans des brocantes, aux enchères et sur des marchés aux puces, on s’en doute un peu. Pierre Wolf est aussi un collectionneur. En une bonne quinzaine d’années, il a accumulé d’impressionnantes séries d’objets liés à la vigne et aux vins d’Alsace afin « de retracer l’histoire de la viticulture. De moins en moins de monde sait aujourd’hui qu’avant de devenir des domaines, les exploitations élevaient vaches, chevaux et cochons et cultivaient des champs dont seulement une part était plantée de ceps » dit-il. Pierre a démarré par une collection de tire-bouchons. Il a poursuivi avec les sécateurs, les serpettes, les boucheuses, des sulfateuses en cuivre, les premiers systèmes d’embouteillage à bac émaillé et à trois becs, les verrous à tonneau, les tonnelets et autres petits fûts. « Quand je tombe sur une belle pièce, mon cœur sourit. Je sais d’où sort chacune d’elle ! » lance Pierre. Il peut vous entretenir avec force détails de chacun de ces trésors récoltés du nord au sud de la route des vins, de Cleebourg à Thann. « Toutes mes connaissances sont le fruit des échanges que j’ai pu avoir avec tous ceux qui m’ont cédé ces pièces. C’était un régal de discuter avec eux » se souvient-il. Pierre est particulièrement fier de son plus ancien sécateur. Il date de 1820. « Il a gardé tout son tranchant » signale-t-il en invitant à passer le doigt sur la lame. Il est convaincu d’avoir mis la main sur le tire-bouchon primaire, précurseur de la débondeuse. L’air de rien, cette simple tige en fer à double vrille, s’élargissant dans sa partie haute, servait à déboucher les… tonneaux à l’époque où le vin était principalement véhiculé dans ce type de conditionnement. Pierre possède également les premières boucheuses utilisées en Alsace. « On peut suivre toute l’évolution des techniques » commente-t-il. La plus vieille est presque entièrement en bois. Seules les pièces les plus sollicitées sont en métal. Pierre s’est fait une spécialité des verrous à tonneau. Il les sélectionne en fonction de leur côté artistique. Il apprécie particulièrement l’un d’entre eux, en noyer massif, où une femme est alanguie, des raisins dans les cheveux, un petit cercle étant prévu pour y poser un verre. Il y a parfois des objets étonnants comme cette gourde de 15 litres vêtue de bois, dénichée dans un… monastère et des… lances ! « Au Moyen-Âge, les récoltes étaient tellement rares que l’on faisait garder les vignes aux vendanges par des gardes armés. Il existe encore quelques maisons de gardiens, comme au sommet de la côte de Heiligenstein » explique Pierre. Une collection qui ne se visite pas Sa collection est une manière pour Pierre de ne pas renier ses origines. S’il est un responsable de maintenance aux journées bien chargées, son arrière-grand-père et son grand-père étaient tonneliers. Ses parents étaient viticulteurs vendeurs de vrac et de raisins, puis de bouteilles sur 3,5 ha jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix. Il conserve donc comme la prunelle de ses yeux les témoins du passé viticole de sa famille : des façades de tonneau réalisées par ses aïeux, une douve de fût de 1828 sortie de la cave, la hotte en bois que portait son père. En compagnie de Nicole, « sa meilleure collaboratrice », Pierre a passé des « dizaines de week-ends » et des « milliers d’heures » à chercher, à réparer ces centaines d’objets et à leur aménager un lieu de présentation dans la maison de sa mère, à Mittelbergheim. Il a retapé lui-même les petites pièces. Il a compté sur Béatrice et Jean-Luc Schaeffer, un couple d’amis, pour restaurer des objets plus encombrants. Chaque année, la collection accapare un peu plus de mètres carrés. Pierre a déjà fait place nette dans une petite pièce où il exposera cette année encore des objets de son stock caché. En juin dernier, il a organisé une journée « portes ouvertes ». Plus de 150 personnes ont parcouru l’exposition. « L’idéal serait de l’ouvrir régulièrement » soupire Pierre. Car dans l’état actuel des choses, l’espace de présentation de Pierre et de Nicole Wolf ne se visite pas. « Ce serait trop compliqué de satisfaire aux normes imposées par la réglementation s’appliquant aux lieux accueillant du public. Cela suppose aussi d’avoir le budget pour » indique le couple. Il songe à un partenariat (encore hypothétique) avec une association afin que le patrimoine patiemment rassemblé profite à d’autres passionnés.          

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