Vigne

Publié le 20/07/2017

Planter des semences de plantes autochtones dans l’interrang : l’idée a séduit les viticulteurs de Westhalten, voyant la diversité botanique des pelouses calcicoles du Bollenberg. Ils se sont engagés dans une démarche scientifique avec l’Inra et le semencier Nungesser.

A priori, tout vigneron rêverait de transformer ses vignes en un immense parc à fleurs mellifères, mais en conservant bien sûr leur fonction première qui est de produire du raisin à bon vin d’Alsace. De l’idée à sa réalisation, il y a un long chemin que les vignerons de Westhalten, avec Alsace Nature et le GIEE Repère ont entrepris, sur la même base de méthode Repère que celle employée au sein du groupe de vignerons sur le sujet de la piloselle sur le rang de vigne. Une méthode où les savoirs et les connaissances sont mutualisés entre les praticiens que sont les vignerons et les scientifiques de l’Institut national de recherche agronomique. Fort de leur succès avec la piloselle, ils se sont attelés à cette idée que la diversité botanique du site classé Natura 2000 du Bollenberg, tout proche, pourrait recoloniser leurs vignes. Du moins certaines plantes dont les graines pourraient être semées dans les vignes à la manière d’autres semis de couverts. Ils se développent actuellement dans le vignoble alsacien pour relancer la dynamique des sols. Il a donc fallu dans un premier temps co-concevoir le projet et réunir les compétences idoines : un semencier soucieux de développer des semences locales, des scientifiques agronomes, les vignerons motivés, mais également les botanistes et responsables du Conservatoire des sites alsaciens. « L’idée est d’enherber sans pollution génétique, mais en respectant certaines exigences viticoles de productivité de la vigne », explique le semencier Bernard Heitz, des semences Nungesser à Erstein, partenaire du projet. Lever des obstacles Mais au préalable, il a fallu lever certains obstacles. Convaincre le Conservatoire des sites alsaciens que ce projet n’allait pas exercer de prédation botanique à l’égard d’un site réputé écologiquement sensible. Ce fut chose faite après 18 mois de réflexion. Et c’est finalement Gaëlle Grandet, botaniste du Conservatoire des sites alsaciens, qui est allée prélever des graines sur la lande, « à partir desquelles on fait de la multiplication sur six ans », explique Bernard Heitz, qui a vu tout l’intérêt de prélever « des semences d’essences locales, d’espèces non améliorées, non sélectionnées ». Les graines sont alors triées, multipliées en serre, puis les jeunes plants sont repiqués : « 70 000 plants cet automne ont poussé, entre 50 000 à 60 000 seront replantés », ajoute le semencier qui, pour ce faire, s’est associé à des agriculteurs de la région disposant de serres. « Dans les plantations de fétuques, centaurées, lotier corniculé, œillet des Chartreux, anthyllide vulnéraire, on revoit des abeilles charpentières et des espèces de sauterelles qu’on ne voyait plus », note avec optimisme le semencier. Restait à lever les obstacles réglementaires en matière de production de semences, extrêmement cadrée et normée. « On ouvre une voie réglementaire », explique Bernard Heitz, dont l’entreprise est la seule à avoir obtenu une dérogation par décret ministériel pour produire certaines semences locales de koelerie et de brome. Le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences) regarderait de près cette expérimentation d’un nouveau type. Des questions se posent Parallèlement à ce projet de multiplication de semences, l’Inra accompagne les viticulteurs, et réciproquement, pour mettre en place les plans expérimentaux dans les vignes : « Les questions arrivent au fur et à mesure, explique Jean Masson de l’Inra. Quelle espèce choisir ? Comment les produire ? Les mettre en place ? Puis viendront d’autres questions, par exemple sur la stabilité des couverts. Et on a un projet de recherche à l’Inra de Dijon qui va se greffer, sur la phytosociologie des plantes. Comment l’équilibre de ces plantes va-il se stabiliser en fonction des pratiques ? » Quant aux viticulteurs, ils souhaitent que ces espèces locales réintroduites ne soient pas concurrentes de la vigne, notamment en période de stress hydrique. Pour l’heure, le projet est soutenu par le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava), l’Agence de l’eau, l’Inra, la Région, le Syndicat viticole de Westhalten et le CFPPA. Les fonds consacrés restent encore marginaux par rapport aux coûts de multiplication des graines, soulève Bernard Heitz. Mais « avec la caution de l’Inra, c’est différent que si on le faisait chez soi tout seul ». Et Jean Masson espère décrocher une bourse de thèse spécifique aux incubations dans les entreprises pour répondre aux questions scientifiques posées par le projet du GIEE de Westhalten.

Publié le 12/07/2017

Du 7 juillet au 26 août, les cinq domaines viticoles colmariens se relaient sous le porche du Koïfhus pour la 42e mini-foire aux vins de Colmar.

L’inauguration de la manifestation s’est déroulée en présence de nombreux invités parmi lesquels le député Eric Straumann, les conseillers départementaux Brigitte Klinkert et Yves Hemedinger, le maire de Colmar Gilbert Meyer et celui d’Houssen Christian Klinger, sans oublier la reine des vins d’Alsace Mathilde Fleith. Dans ses mots d’introduction, le président du syndicat viticole de Colmar André Ducros a fait un rappel historique sur la viticulture colmarienne. « La situation a bien changé. La viticulture reste aujourd’hui le moteur principal de l’économie alsacienne. L’œnotourisme est en vogue. Il participe grandement à cet essor. Mais si Colmar se targue de son titre de capitale des vins d’Alsace, la place et la considération des vignerons tendent petit à petit à disparaître. Il est de plus en plus difficile de se faire entendre. Nous ne sommes plus reconnus comme des partenaires privilégiés, comme des passeurs de la mémoire d’une culture qui a fait la splendeur de la ville. C’est dommage. Le vignoble de la Harth, lui, est notre lieu de travail, notre outil et notre patrimoine que nous devons protéger. Or, nous sommes confrontés, au quotidien, à des problèmes qui ne nous permettent plus de travailler sereinement. Pire, ils contribuent à ternir l’image et la réputation du vignoble colmarien. J’aurai le plaisir de remettre un petit dossier aux adjoints concernés, afin que nous puissions rentrer dans le vif du sujet lors de notre prochaine réunion » a expliqué André Ducros devant une assistance surprise par la teneur de ces propos. Quelques minutes après, le maire de Colmar, Gilbert Meyer, visiblement irrité, a répondu sur le même ton. « C’est encore ma fête aujourd’hui, mais je n’ai pas l’habitude de manier la langue de bois. Pourquoi l’attention portée aux viticulteurs par les élus à l’époque ne serait plus le cas aujourd’hui ? D’ailleurs le capital viticole n’a-t-il pas été protégé dans le plan d’occupation des sols que nous venons de réaliser et qui a été salué par la profession ! Par ailleurs, le label « Colmar, capitale des vins d’Alsace », ne favorise-t-il pas ce rayonnement dont vous parlez ? Enfin, si je me félicite de la tenue de cette réunion avec mes adjoints, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour la demander si votre problème est aussi important ? Vous avez en effet attendu quatre mois pour nous répondre car la demande vient du mois de mars. » Le travail des familles viticoles Outre cette « passe d’arme », l’inauguration de la mini-foire aux vins de Colmar a permis à André Ducros de revenir au sujet du jour et de rappeler que la manifestation attirait un nombre croissant de touristes sous le porche du Koïfhus. « Nous communiquons également largement sur les réseaux sociaux, sur des affiches en ville et par le biais de flyers. Nous nous battons au quotidien pour promouvoir Colmar, son vignoble, ses vins ». Un point de vue partagé par le Maire : « Le travail des familles de la profession viticole colmarienne est remarquable. Vous arrivez à faire valoir vos produits avec classe et détermination sur un marché international à forte concurrence grâce à votre travail, votre ténacité et votre engagement. Pour cette édition 2017, nous espérons pour vous le meilleur, mais également une bonne récolte et un bon millésime dans les semaines à venir ». Le député Eric Straumann a ensuite pris à son tour la parole. Il s’est dit heureux de l’élection du député Jacques Cattin, un viticulteur, à l’Assemblée nationale. Un plus pour la profession. « Concernant l’actualité viticole, j’estime que ce n’est pas un vin que vous fabriquez, mais un produit de classe à l’internationale élaboré par des viticulteurs, qui sont un des maillons de la chaîne du tourisme en Alsace. »  

Pique-nique entre vignerons chez Sylvie Spielmann

L’œnothèque : la base pour comprendre un terroir

Publié le 12/07/2017

C’est chez Sylvie Spielmann à Bergheim que se tenait cette année le pique-nique du Synvira. Une vigneronne qui a conservé quelque 15 000 bouteilles pour son œnothèque personnelle.

Cela fait quatre ans que le Synvira, sous la présidence de Pierre Bernhard, organise son pique-nique entre vignerons chez un vigneron qui fait découvrir son exploitation. Une façon de ressouder les liens entre vignerons, d’accueillir les nouveaux venus ; et ils sont 70 cette année à avoir répondu présent. C’est Sylvie Spielmann qui accueillait l’événement. Elle et son compagnon, le vigneron bourguignon Jean-Claude Rateau, ne ménagent pas leurs efforts pour valoriser les terroirs locaux. Le syndicat viticole de Bergheim dispose de deux grands crus, l’Altenberg et le Kanzlerberg, et compte revendiquer pas moins de 11 premiers crus. La soirée a commencé par une petite visite du vignoble autour du Kanzlerberg, terroir gypseux où la famille Spielmann exploitait d’ailleurs une carrière pour en extraire ce matériau de base au stuc rhénan, entre autres. Puis visite de la cave où, là, les convives ont été particulièrement surpris de découvrir l’œnothèque que la vigneronne s’est confectionnée en 32 millésimes vinifiés : un véritable outil pour comprendre chaque terroir.

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