Vigne

Attention gelées

Le vignoble en alerte

Publié le 19/04/2017

Des gelées sont annoncées cette semaine, probablement dans la nuit de ce jeudi à vendredi.

Déjà des vignobles comme le Jura annoncent des récoltes atteintes par les gelées. Dans la nuit de mardi à mercredi, il a été relevé -6 °C en Haute-Loire et les Monts d’Ardèche. Il n’existe pour l’heure qu’une solution biochimique qui a été présentée, le produit Elicityl, commercialisé par Jouffray-Drillaud, réservé cependant à une utilisation confidentielle. D’autres voies de lutte ? - Favoriser l’écoulement de l’air, et donc faucher la parcelle, - les bougies STOPGEL à base de cire, qui réchauffent l’air de 2 à 7 °C selon les paramètres, - les chaufferettes, - ou encore les tours de brassage, dont la tour mobile Schillinger que nous avons présenté suite à la démonstration du WeinInstitut de Blankenhornberger. À la 6e minute Et brûler un cierge à l’église...   Des vignerons ont avancé que le fait de ne pas arquer dans les zones sensibles, retarderait également le gel, mais cela pose la question de la mise en œuvre du liage tardif. Et enfin la mycorhization de la vigne renforcerait significativement celle-ci contre le gel. C’est du moins ce que pensent des biologistes, (Plenchette) et c’est ce qui explique par exemple qu’une plante comme le poireau, très mycorhizée, résiste au gel. Enfin une actu de Vitisphère qui souligne l’inquiétude en Champagne et Chablisien…  

Publié le 19/04/2017

Rémy Jung s’est formé afin de pouvoir construire lui-même un semoir et une désherbineuse qui correspondent à ses besoins en culture.

« Il est rare qu’un matériel ne voit pas le poste à souder avant qu’il ne fête son premier anniversaire de présence sur le domaine » rigole Rémy Jung. Le chef de culture du domaine Bott-Geyl à Beblenheim part du principe que « c’est à la machine de s’adapter au vignoble et pas l’inverse ». Électromécanicien de formation, il avait déjà « bricolé » l’une ou l’autre machine et avait demandé à un constructeur de lui confectionner un pulvérisateur spécifique. En 2015, il suit un stage organisé par Vignes Vivantes avec l’Atelier paysan (voir encadré). Il y apprend les différentes techniques pour travailler le métal. À l’issue de ces trois jours, il est prêt à construire un semoir qui doit servir dans des vignes conduites en biodynamie enherbées un rang sur deux. « Le projet est de semer en juillet-août dans les parcelles les plus vigoureuses des mélanges d’herbes qui sont chargés de pomper l’eau, de fournir de l’ombre, d’éviter que le sol ne se réchauffe trop vite et que des espèces invasives comme des mousses, du ray-grass ou du pissenlit, ne colonisent l’interrang. Jusque-là, j’utilisais une charrue à disques équipée d’une trémie. Mais les disques remuaient trop la terre » raconte-t-il. Rémy s’inspire d’un modèle de semoir jurassien semant sur une largeur de un mètre. Il comprend cinq fins disques ouvreurs suspendus sur une queue-de-cochon et cinq dents semeuses réglables, positionnées en décalé sur deux rangées (trois à l’avant, deux à l’arrière). Cinq roues de rappui placées derrière chaque dent referment la ligne de semis. La trémie peut charger de 20 à 200 kg de semences. Un système de cannelure permet de s’adapter à la taille de la graine. Rémy affirme avoir un matériel qui sème à une profondeur régulière. Il a consacré quatre jours à le construire à partir « de bouts de ferraille et de quelques pièces achetées ». Le coût de son œuvre ? Environ 3 000 €, trémie comprise. « Cela laisse de l’argent pour acheter des outils plus sophistiqués ! » commente Joseph Templier, co-gérant de l’Atelier paysan. Entre-temps, les plans du semoir ont un peu changé. Les nouveaux modèles à fabriquer soi-même possèdent des dents plus efficaces et la durée de fabrication a été raccourcie d’une journée. Fidèle à sa philosophie de faire évoluer en permanence les matériels fabriqués, l’équipe de l’Atelier paysan songe à remplacer les roues plombeuses par un rouleau souple… Désherber à 5-6 km/h Rémy Jung n’en est pas resté là. Il a également construit en trois jours pour un budget d’à peine 900 € la troisième évolution d’une désherbineuse à étoiles destinée à l’entretien du cavaillon. Elle remplace un combiné disques/interceps avec lequel il pratiquait buttage et débuttage. L’outil consiste en une roue crénelée sur laquelle ont été greffés vingt-et-un boudins en caoutchouc de 250 mm de long (1) montés sur des tirefonds. Il travaille très en surface. « La terre est remuée. L’herbe qui est plus ou moins arrachée s’enracine moins facilement » indique Rémy qui passe habituellement cette machine en avril et fin mai tant que les herbes ne sont pas trop hautes. « Cela marche tout seul. Un chauffeur non qualifié peut l’utiliser. On peut rouler à 5-6, voire 8-10 km/h contre 3 km/h maximum avec un interceps classique. Son avantage est qu’il n’y a pas besoin (à l’inverse de l’interceps) d’un gros système hydraulique qui consomme beaucoup d’huile. Un simple tracteur fait l’affaire ». Une fois montée sur un châssis réglable en largeur et en hauteur grâce à deux chandelles et à un parallélogramme, cette désherbineuse épouse tous les terrains. « On peut travailler les terrasses, les dévers, en pente inversée » précise Joseph Templier. L’engin se monte à l’avant comme à l’arrière du tracteur. Rémy préfère cette seconde solution. Il travaille avec des disques entre les roues qui projettent sous le rang de la terre qui est de suite lissée par les boudins. « J’obtiens un rang de roulement plat alors que l’interceps me laisse des monticules » juge-t-il. « A chaque viticulteur de l’apprivoiser dans son contexte » résume Joseph. La nature du sol pose sans doute la limite de l’exercice. En terre légère, la désherbineuse intervient sans difficulté et plutôt de manière précoce en saison. En sol lourd, la fenêtre d’intervention est étroite. La date d’intervention est déterminante pour avoir l’efficacité souhaitée.

Gault & Millau

Neuf domaines primés

Publié le 17/04/2017

Pour sa première édition, le Wine Tour Alsace du guide Gault & Millau a mis en avant les talents alsaciens du monde du vin, cavistes, sommeliers et vignerons, récompensés par une remise de trophées, le 3 avril à l’hôtel Sofitel à Strasbourg.

Chaque année le Wine Tour du guide Gault & Millau met à l’honneur cinq régions viticoles, à travers cinq étapes. Pour sa quatrième étape, le Wine Tour Alsace a été accueilli à Strasbourg à l’hôtel Sofitel Strasbourg Grande Ile, le seul qui possède des vignes, installées dans son patio. C’est dans cet espace un brin viticole, que les organisateurs ont accueilli les participants à cet événement inédit marqué par la remise des trophées des talents du vin et des prix décernés par les partenaires de ce Wine Tour. Le guide a mis en avant l’ensemble des acteurs qui concourent à faire connaître et apprécier les vins d’Alsace, sommeliers, cavistes ou vignerons. Ils ont souhaité, durant cette journée, favoriser les échanges entre les restaurateurs et les professionnels du vin, avec des ateliers dégustations proposés par les partenaires du guide et les domaines alsaciens primés. Au verre, sur la carte, des passionnés de vin Figure emblématique du vignoble, Serge Dubs, qui officie comme sommelier à l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern, s’est vu décerner le trophée de la meilleure carte des vins, avec « de belles choses à découvrir », souligne-t-il. La qualité des vins est importante, mais une carte se doit d’être « fonctionnelle pour le client, vivante, renouvelée ». Il ajoute que chaque sommelier doit être fier de sa région et défendre ses vins. Le trophée de la sélection de vins au verre a été remporté par Emmanuel Ruiz, de La Quille à Metz, et par Stéphane Knecht, de l’Atelier du sommelier à Niederbronn-les-Bains. Il s’agit de « faire plaisir et de choyer le client, estime Stéphane Knecht. Toute goutte de vin est un rêve et un nectar, et nécessite le même travail que pour une bouteille. » Avec ses 700 références, il veut défendre « les minorités aromatiques pour que les vignerons fassent ce qu’ils veulent ». Christophe Dufossé, de la Citadelle à Metz, a gagné le trophée de la carte découverte. Marilyn Girardin, du restaurant la Maison des Têtes à Colmar, le trophée du sommelier Wine Tour Alsace. Celui du jeune talent sommelier Alsace a été remporté par François Lhermitte, du restaurant Julien Binz à Ammerschwihr, qui salue « la beauté du Kæfferkopf ». Dans la nouvelle catégorie des cavistes, le guide a récompensé Michel Falck, d’Au Millésime, qui propose uniquement des vins français parmi ses 2 500 références. Ainsi que Jean Kientzler, de Jean Dénicheur de crus à Mutzig, qui souligne son rôle de « trait d’union entre les vignerons et les amateurs ». Éric Demange, à Strasbourg, a obtenu le trophée bar à vin avec Terres à vins des villes, qui fêtait ses 20 ans ce jour-là. Du caractère, du naturel, des expressions terroirs Après les vins de Loire, de Bordeaux, du Languedoc, le Wine Tour a exploré ceux d’Alsace, en privilégiant la découverte de « domaines moins connus », dans une volonté de mettre en avant de jeunes talents, « l’ADN du guide », précise Marc Esquerré, rédacteur en chef du guide Gault & Millau. Serge Dubs a décerné le trophée du vin naturel-bio-biodynamie à Marie Zusslin, du domaine Zusslin à Orschwihr. « Ces vins sont plus proches de la réalité », déclare-t-il en saluant « l’apport dynamique des femmes dans le vignoble ». Marie Zusslin a dédié ce trophée à son père, disparu l’année dernière, en précisant qu’elle codirige le domaine avec son frère, Jean-Paul, « un beau duo » qui en est à son 17e millésime. Le trophée du vigneron de caractère a été remporté par Guillaume Mochel de Traenheim, un domaine en bio depuis longtemps avec « des vins qui parlent du terroir ». Le trophée vin plaisir a été décerné à Pierre Wach, du domaine Guy Wach à Andlau, ravi de la reconnaissance de cet esprit « de partage du vin et du faire plaisir ». Enfin, six domaines ont reçu le trophée pépites d’Alsace : le domaine de la Clé de sol à Ribeauvillé décerné à Yannick Mignot, ancien exploitant agricole reconverti dans le vin depuis 2001 ; Félix Meyer du domaine Meyer-Fonné à Katzenthal ; Caroline Rominger, de Westhalten, en biodynamie depuis 2000, qui souligne son envie « d’exprimer un lieu à travers ses vins » ; Sébastien Mann d’Eguisheim, en biodynamie depuis 2009, « très touché par ce trophée », adepte « des vins qui laissent une mémoire et qui nous ressemblent » ; le domaine Martin Schaetzel by Kirrenbourg à Ammerschwihr, repris par Marc Rinaldi en 2015, qui devrait obtenir la certification Demeter en biodynamie l’année prochaine ; Frédéric Mallo, cinquième génération sur le domaine à Hunawihr, attaché à « produire des vins secs » issus notamment de son grand cru Rosacker. Les professionnels, restaurateurs, chefs ont pu découvrir ces vins phares, qui ont séduit les ambassadeurs du guide, un bel aperçu de la diversité talentueuse du vignoble alsacien.

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