Vigne

Publié le 23/04/2017

Avec 56 vins en dégustation et sept ateliers thématiques, la 3e édition de DiVINes & Sens, organisée le 3 avril par l’association les DiVINes d’Alsace, a séduit un large public d’amateurs et de professionnels.

C’est dans une ambiance chaleureuse et raffinée, au biocluster les Haras à Strasbourg, que trente diVINes ont accueilli le public et les professionnels pour la 3e édition de DiVINes & Sens. Après quelques mots de bienvenue, la nouvelle présidente, Véronique Muré, a invité les participants à découvrir les ateliers thématiques, dont trois étaient dédiés aux accords mets vins. Des terroirs, des cépages… et des femmes Élaborés avec leurs trois partenaires de la gastronomie - Élisabeth Biscarrat et ses macarons, Jacqueline Riedinger-Balzer et ses charcuteries, Christelle Lorhro et ses fromages -, les DiVINes ont proposé deux vins sur chaque mets au choix. Les participants ont ainsi pu apprécier des associations gustatives originales, comme celle de la cuvée Harmonie R 2013, du domaine Schoech d’Ammerschwihr, proposée avec un livarot, fromage au lait cru de normandes. Sur l’atelier consacré au riesling millésime 2012, le public a mesuré concrètement, sur un cépage et un millésime identique, la diversité des structures et des terroirs, notamment entre les granitiques et les calcaires. Ils sont alors « plus sur la minéralité ou sur l’opulence », précise Dominique Schoenheitz, installée dans la vallée de Munster. Un atelier « tout en nuances », qui a fort intéressé les amateurs. L’atelier vieux vins - des années 1990 - a montré le potentiel de garde et peut-être plus encore l’évolution des vins présentés, qui vont parfois sur des arômes surprenants comme l’aneth pour le riesling de Martine Becker de Zellenberg. Sur l’atelier « L’Alsace voit rouge », Sylvie Spielmann de Bergheim a souligné les différences de terroirs, de vinification, sur les pinots noirs, essentiellement du millésime 2014, du plus fruité au plus structuré, un vin qui se boit à température de cave à 16 °C. Le bar à bulles a eu un beau succès avec neuf crémants à découvrir, l’opportunité pour les restaurateurs de trouver des nouveautés, et pour les amateurs d’excellentes idées d’associations sucrées ou salées. Les échanges avec les professionnels et le public, une des clés du succès de cette édition, ont permis aux amateurs de mieux appréhender les vins d’Alsace. Avec cette 3e édition, les DiVINes ont offert une chaleureuse et gourmande mise en lumière de la palette des vins d’Alsace, entre découvertes et jolis étonnements, un pari diVINement réussi… Rendez-vous dans deux ans !

Concours des Grands vins blancs du monde

L’Alsace, terre d’or !

Publié le 22/04/2017

Avec plus de 900 échantillons de vins présentés et seize pays en compétition, la 8e édition du concours des grands vins blancs du monde, organisée les 9 et 10 avril au palais des congrès de Strasbourg, a montré une belle qualité des vins, l’Alsace en tête.

Le palais des congrès de Strasbourg a accueilli les 70 membres du jury international des concours des Grands vins blancs du monde, organisé par Strasbourg Événements du 9 au 10 avril, en partenariat avec l’Union française de la sommellerie et sous le prestigieux patronage de l’OIV (Organisation internationale de la vigne et du vin). Pour cette 8e édition, un 6e concours a fait son apparition, celui des Vins blancs de cépages et d’assemblages. Le jury, originaire de 19 pays différents, a dégusté 923 échantillons de vins des maisons en lice. Viticulteurs, œnologues ou sommeliers, ces personnalités du monde du vin leur ont attribué des notes selon des critères visuels et olfactifs, en prenant compte l’impression donnée au palais, celle d’ensemble et la typicité du produit. Rieslings 2015, hétérogènes Dans une ambiance studieuse, la première session de dégustations a démarré le dimanche matin, donnant lieu parfois à de grandes différences entre les tables sur un même cépage, le riesling notamment. La présidente de l’OIV, la Prof. Dr Monika Chritsmann, a trouvé la série d’une dizaine de rieslings 2015 « très agréables en bouche, d’excellente qualité », avec déjà quatre médailles d’or attribuées à sa table. Le sommelier Serge Dubs, sur une série de rieslings génériques de 2016, a souligné « la diversité de leurs origines et des conditions climatiques » sur ce cépage exigeant, « complexe ». Le jury recherche « l’expression du terroir », avec une bonne cohésion à la table, malgré « les habitudes de goût différentes ». Le dégustateur allemand Ralf Anselmann s’est dit charmé par le millésime 2015 et sa qualité, « plus gourmand que le 2014 », a noté Yann Juban, adjoint au directeur général de l’OIV. Ce dernier n’a pas trouvé de défauts majeurs sur ses séries, très diverses, avec « une belle expressivité ». Le viticulteur alsacien Francis Klee a souligné « l’unanimité sur le très bon », lié à la minéralité, une notion difficilement exprimable, « mystérieuse », la notion « de fraîcheur étant le fil conducteur de ces dégustations ». Pour sa part, le président de la Fédération mondiale des vins et spiritueux (Vinofed), le Canadien Ghislain K. Laflamme, a dégusté « des vins bien faits, avec une bonne longueur en bouche ». Pascal Léonetti, meilleur sommelier du monde 2006, a souligné que « le meilleur a côtoyé le pire », sur ces rieslings grand cru 2015, certains péchant « par manque de maturité ». Ce même cépage, millésime 2015, a occasionné quelques déceptions, soulignées d’un « banal » par le Master of Wine, John Salvi. L’œnologue Jean Michel Speich n’a pas trouvé « de perles ». Des vins bien faits, certes, mais « pas exaltants », selon Sabine Merdinoglu, « une minéralité peu présente », souligne le dégustateur italien Martin Stefanatto. Bernard Martin, grand maître de la confrérie des Rieslinger de Scherwiller, s’est dit « déçu » des pinots gris dégustés à sa table, des millésimes 2014 et 2015. « Ils n’avaient pas assez de maturation », une suite logique, selon lui, « du manque de maturité » au moment des vendanges, « très compliquées » dans son vignoble. Trois grands prix pour l’Alsace À l’issue de ces trois sessions de dégustation, l’impression d’ensemble reste « d’une excellente qualité » dans la diversité, a indiqué la présidente de l’OIV. Elle a salué « l’organisation parfaite » de ce concours, avec une mention spéciale pour l’accueil que les vignerons de Dambach-la-Ville ont réservé au jury. Christine Collins, de Strasbourg Événements, a relevé « leur beau cadeau », une dégustation de vins médaillés d’or depuis vingt ans. Josiane Hoffmann, directrice des salons à Strasbourg Événements, a remercié les membres du jury pour leur présence et leur travail. Le sommelier Serge Dubs les a félicités pour « le sérieux et la qualité de leurs dégustations », avant d’annoncer les six grands prix du jury qui ont obtenu un minimum de 85 points sur 100. Pour le concours Gewurztraminer du monde, c’est la sélection de grains nobles 2013 de la maison Aimé Stentz de Wettolsheim qui décroche le grand prix du jury. C’est encore l’Alsace qui est distinguée pour le Pinot gris du monde, le grand prix étant remporté par la maison Lucien Albrecht (Wolfberger - Eguisheim) pour son pinot gris, réserve 2016. C’est l’œnologue de la maison, Émilie Lejour, très émue, qui a reçu le prix en soulignant que c’était peut-être « la touche abricotée de ce vin » qui a séduit le jury. Pour le Pinot blanc du monde, c’est le Rulandské Bilé-Pozdnisber 2016 de la maison Znovin Znojmo As à Satov en République Tchèque qui décroche l’or. Ce pays se distingue également sur la nouvelle catégorie Vins blancs de cépages et d’assemblages du monde avec le Ryzlink Vlassky 2009 selection of grapes, de Vinselekt Micholvsky à Rakvice. Pour le Sylvaner du monde, le grand prix du jury 2017 est décerné à la maison Anselmann Werner & Gebrüder à Edesheim en Allemagne. Pour le Riesling du monde, l’Alsace est à nouveau à l’honneur avec le grand cru Frankstein 2015 de la maison Jean Hauller et fils de Dambach, à ajouter à la collection or du village ! Cette édition s’est achevée par le gâteau d’anniversaire des 20 ans du concours et la découverte pour les membres du jury de l’ensemble des vins qu’ils ont dégustés.

Syndicat viticole de Turckheim

Des vignerons responsables

Publié le 21/04/2017

Lundi 3 avril, le Syndicat viticole de Turckheim organisait une réunion avec deux points à l’ordre du jour : la validation du plan d’encépagement communal et la lutte contre la flavescence dorée. Une trentaine de viticulteurs étaient présents, ainsi que Jérôme Bauer, président de l’Association des viticulteurs d’Alsace.

Le Syndicat viticole de Turckheim avait invité Marie Fagot, de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) Alsace, à présenter la flavescence dorée et la cicadelle, insecte vecteur de la maladie. « La flavescence dorée est une jaunisse de la vigne causée par un phytoplasme, explique la conférencière. C’est une maladie qui se propage très rapidement, classée danger sanitaire de première catégorie en France. Ses symptômes sont proches de ceux du bois noir. Le danger vient de la propagation du phytoplasme par son vecteur. » Pourquoi parler de la flavescence dorée aujourd’hui à Turckheim ? Parce qu’en juillet 2016, un premier signalement de la cicadelle a été fait à Turckheim. Robert Kuentzmann, président du syndicat viticole, a rassuré l’auditoire : « Si le vecteur est présent, la maladie ne l’est pas ». « On n’a jamais détecté, à ce jour, de phytoplasme de la flavescence dorée en Alsace », renchérit Marie Fagot. Pour autant, il faut prendre au sérieux la présence de la cicadelle et la question se pose de l’éradiquer, donc de traiter les vignes concernées pour éviter tout danger ultérieur. Des prospections visuelles ont été effectuées suite au premier signalement. La mise en place de pièges a permis de définir la présence d’un foyer central, précise Marie Fagot. Il y aurait 25 hectares de vignes impactés par la présence de cicadelle (un rayon de 300 mètres autour de la parcelle initiale). Et par mesure de précaution, 57 ha de vignes pourraient être traités (élargissement du rayon à 500 m). Sur la trentaine de viticulteurs présents, la moitié était concernée par la zone impactée. Jérôme Bauer, président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), estime que, compte tenu de la faible surface, le traitement pour réduire la population de cicadelles peut être tenté, ce qui permettrait de limiter la propagation du vecteur. « Les viticulteurs ont la responsabilité d’éviter la propagation de l’insecte. Il faut que l’on se prenne en main pour éviter le pire. » Mais l’utilisation de produit de traitement ne fait pas l’unanimité. Cette réunion a permis d’apporter des précisions sur le nombre de traitements à effectuer et les produits compatibles avec la conduite en bio. À l’unanimité, les viticulteurs présents concernés par le périmètre ont décidé de suivre les recommandations. Le syndicat viticole va donc recenser tous les exploitants du secteur concerné et les réunir pour présenter les différentes solutions techniques. La réunion s’est poursuivie par la présentation du plan d’encépagement dans le vignoble du ban communal de Turckheim. Celui-ci comporte huit zones géologiques et sur chacune d’elles, la liste des cépages recommandés, autorisés ou inappropriés a été précisée. Adopté à l’unanimité, le plan d’encépagement sera transmis à l’Inao pour validation.

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