Vigne

ŒnoFrance, groupe Sofralab

Un bâtiment pour le crémant à Colmar

Publié le 27/05/2017

En mars 2016, la société ŒnoFrance, du groupe Sofralab, a emménagé dans ses nouveaux locaux dans la zone industrielle de Colmar. L’entreprise propose aux viticulteurs, désireux de faire leur propre crémant, de délocaliser leur production sur ce site.

Le service s’adresse à des professionnels qui aimeraient produire davantage de crémant, mais qui n’ont pas forcément la place chez eux et/ou le savoir-faire, en apportant une solution complète et personnalisée. « L’élaboration du crémant est très technique. Elle nécessite du matériel spécifique et de l’espace pour le stockage. Les vignerons ont parfois des caves inadaptées pour faire ce type de produit », explique Nicolas François, responsable Région Alsace d’ŒnoFrance. ŒnoFrance a loué un hall de 1 500 m2 entièrement climatisé à une température stable (entre 15 et 18 °C), rue Denis Papin en zone industrielle à Colmar. Le bâtiment est équipé d’une cuverie et d’un système de gyropalettes pour remuer le crémant. Mis à disposition du viticulteur, l’outil permet à celui-ci d’externaliser sa production, tout en restant propriétaire de son vin. Le prestataire prend en charge tout le processus d’élaboration, de l’enlèvement du vin de base à l’embouteillage, et restitue au vigneron ses bouteilles de crémant dégorgées, dosées, prêtes à être commercialisées. Avantage de la formule : « La traçabilité du produit est garantie grâce à un numéro de lot. Chaque caisse, chaque bouteille est ainsi identifiée et le viticulteur est assuré de récupérer son propre crémant », ajoute Nicolas François. Une prestation clé en main Détail important, un œnologue-conseil référent suit le vin de la vendange jusqu’à la commercialisation. « Il est important d’avoir un spécialiste qui a la mémoire du produit », fait valoir le représentant d’ŒnoFrance. Le contrat entre le professionnel et la société prévoit le nombre de cuvées, les volumes, le type et le format de flacon. En 2016, les premiers tirages ont eu lieu en juin et juillet. Soit environ 45 000 bouteilles. Pour 2017, l’entreprise a prévu de faire environ 100 000 bouteilles, avec l’objectif d’arriver à 500 000 cols en 2020-2021. « Nous pouvons faire des petits volumes de 1 400 bouteilles jusqu’à un travail plus important allant autour de 20 000 bouteilles. Ici, la capacité maximale du bâtiment est de 600 000 bouteilles. Mais, il existe des possibilités d’extension ». ŒnoFrance est certifié Ecocert ce qui permet de gérer des vins bios précisément grâce au suivi et à la traçabilité du travail effectué. Jeudi 18 mai, ŒnoFrance a organisé une journée « portes ouvertes » à l’attention de ses clients viticulteurs. « L’idée est de leur présenter notre bâtiment et de leur rappeler notre travail et nos services. Notre objectif n’est pas de faire des millions de bouteilles, mais d’aider les professionnels à compléter leur gamme. Deux personnes gèrent ce site. Notre métier est le conseil et la distribution de produits œnologiques. Ici, c’est de la prestation clé en mains. C’est nouveau en Alsace. Mais, cela existe déjà dans le Val de Loire et cela marche très bien », conclut Nicolas François.

Conférence « Les enjeux des médias sociaux »

« Les particuliers sont les nouveaux prescripteurs »

Publié le 23/05/2017

Clarifier la place du numérique dans le monde du vin, voici l’ambition de la conférence organisée le 10 mai à la confrérie Saint Étienne par le fabricant de bouteille en verre, Verallia et Ampélys, marque dédiée à la viticulture de la CAC. Les pratiques d’achat liées au vin sont en train d’évoluer. Arnaud Daphy, associé d’une agence de conseil en marketing du vin, expose ce que cela implique pour les vignerons.

« En 2016, 34 % des Français ont déjà acheté du vin sur internet, alors qu’ils n’étaient que 10 % il y a six ans ». C’est le constat dressé par Arnaud Daphy, de l’agence Sowine, d’après les études menées par cette dernière. « Ces achats se portent surtout sur des vins de moyenne et haute gamme. Pour 44 %, il s’agit de bouteilles vendues entre 11 et 20 euros. Ce qui est encourageant. Mais il est surprenant de constater que ces achats se font principalement sur les sites des producteurs (50 %), puis à 36 % sur des sites de vente privée, ensuite sur les sites des cavistes (32 %) et, enfin, sur les sites de la grande distribution (30 %) », énonce-t-il. « 49 % des acheteurs déclarent consulter le site internet du producteur de vin. C’est une bonne nouvelle si vous avez un bon site ! Je n’ai pas fait d’étude en Alsace, mais j’en ai réalisé une à la demande de l’interprofession des vins de Loire sur les sites des vignerons labellisés « Vignoble et découverte ». Il reste beaucoup de travail à faire les concernant. » 30 % des Français ont déjà acheté un vin conseillé par un blog Malgré la place grandissante du numérique dans l’acte d’achat de vin, l’entourage reste le premier conseil des Français (52 %). Il est suivi des cavistes et sommeliers (42 %) et d’internet (19 %). « Internet est donc devant la presse, qu’elle soit spécialisée ou généraliste », souligne-t-il. Un Français sur cinq lit des blogs liés au vin et y accorde du crédit. 30 % ont déjà acheté un vin ou un champagne recommandé par ce type de média. « Avant, les prescripteurs étaient quelques journalistes spécialisés et les guides. Désormais, les particuliers deviennent les nouveaux prescripteurs. Comme pour le cinéma, les critiques sont des spécialistes pointus, payés à regarder plusieurs films par jour, leurs goûts ne sont pas forcément ceux du grand public », compare Arnaud Daphy. La recherche d’avis et de conseils n’est pas une chose nouvelle : « L’achat d’une bouteille de vin est anxiogène, car c’est un objet social. 65 % des Français pensent qu’il faut avoir des connaissances pour acheter du vin, 85 % qu’il faut s’informer ». Les consommateurs vont chercher ces informations à travers l’avis d’autres consommateurs. Dans ce cadre-là, l’image du domaine viticole sur internet devient primordiale. « Lors d’une recherche sur Google, la première chose que l’internaute voit est votre « note ». Elle est récupérée par le moteur de recherche à partir d’autres sites. » Or le viticulteur ne peut pas laisser les seuls internautes s’emparer de son renom : « Si vous faites l’objet de commentaires négatifs, il faut toujours accuser réception et répondre de manière argumentée, cordiale, voire avec humour ». Le commerce électronique représentait 20 milliards d’euros en 2010. Il représente 70 milliards en 2016. En parallèle, le panier moyen a augmenté de 800 à 1 750 € par an. « Pourtant, il est souvent difficile de trouver la boutique en ligne sur les sites des producteurs. Regardons ce qui se fait ailleurs ». Arnaud Daphy présente le site internet d’un grand producteur de vin aux États-Unis. Il dispose d’un lien direct vers Amazon Wine. Il existe plus de 350 sites d’achat en ligne sur lesquels le domaine peut s’adosser. « Les viticulteurs américains proposent aussi des wine clubs : ils invitent les clients à souscrire un abonnement pour la livraison de six bouteilles tous les trois mois ». Penser son identité visuelle en fonction du digital Pour finir, Arnaud Daphy distille dix conseils qu’il suggère de mettre en place dès le lendemain : « Il est nécessaire de penser son identité visuelle pour le digital, c’est-à-dire, en carré (forme utilisée par les réseaux sociaux) et visible même en petite taille. Il faut être accessible à travers les informations que vous indiquez sur votre site en précisant ce que vous proposez : horaires d’ouverture, dégustation gratuite ou non… Répondre aux e-mails : ce conseil paraît évident, mais c’est incontournable. » Être référencé sur Google Business permet de rendre visibles les informations liées au domaine dans l’encart à droite lors d’une recherche sur Google. Il suggère également de traduire son site, au moins en anglais. Surveiller ce que l’on dit de son domaine sur internet est possible en créant une alerte Google (avec son nom de domaine entre guillemets). Enfin, pour ce qui est du contenu disponible sur son site : « Il est bon de parler des autres : viticulteurs, restaurateurs, lieux culturels. Cela peut paraître contre-productif. Or, rendre service comme le ferait un office du tourisme revêt un aspect sympathique et c’est utile pour un meilleur référencement du site par les moteurs de recherche ».

Syndicat des Vignerons Indépendants d’Alsace (Synvira)

Des fêtes œnotouristiques pour valoriser l’image

Publié le 22/05/2017

La dégradation des ventes en vin d’Alsace s’accélère, et le vignoble peine, malgré ses disponibilités en vin, à retrouver les marchés. Le Synvira préconise de hiérarchiser l’offre. Et il poursuit ses efforts œnotouristiques avec les événements du printemps que sont le Pique-nique du vigneron et l’Apéro gourmand.

C’est à l’hôtel Sofitel de Strasbourg « où beaucoup de vignerons indépendants sont mis en avant » que le président du Syndicat des Vignerons Indépendants d’Alsace (Synvira), Pierre Bernhard, a souhaité faire un point d’actualité syndicale et annoncer les opérations œnotouristiques à venir, que sont l’Apéro gourmand, le Pique-nique du Vigneron Indépendant. « Sur nos parcelles touchées - pour l’instant les contre-bourgeons n’ont pas redémarré -, il faut encore attendre les chaleurs pour voir si ça repousse, a introduit Pierre Bernhard. Et cela fait deux années de suite que nous avons des dégâts de boarmie. » Une situation qui fait augmenter le coût de la bouteille au vu de l’importance des charges fixes. « Ce qui est clair, c’est que beaucoup de domaines sont en difficultés suite à ces problèmes climatiques récurrents. Il risque d’y avoir des regroupements pour faire face à des situations de trésorerie difficiles. On a des phénomènes climatiques qu’on n’avait pas il y a 15 ans : sécheresses, grêles, gelées, vents, tempêtes. Tel que c’est parti aujourd’hui, avec des récoltes qui font le yo-yo, la situation devient compliquée. » 18 doléances Les vignerons craignent de se « retrouver dans la situation délicate que vivent d’autres filières de l’agriculture ». Ils viennent d’adresser aux pouvoirs publics un cahier de 18 doléances notamment sur le poids des réglementations et les successions, « pour permettre de pérenniser les domaines ». Et ils attendent toujours de l’Europe qu’ils puissent expédier librement du vin aux particuliers, sans démarches administratives douanières qui découragent tout commerce. Et ils souhaiteraient aussi ne pas être freinés dans leurs projets œnotouristiques, actuellement plafonnés à 50 000 € ou 30 % des bénéfices agricoles. Mais le Synvira dispose de forces vives en réserve, et notamment son groupe des Jeunes - une cinquantaine sur un potentiel de 90 -, « courageux, qui veulent avancer, et qui croient au succès des vins d’Alsace. Prenons garde de ne pas les écœurer ! », s’exclame Pierre Bernhard. Filière des vins d’Alsace : - 11 % de chiffre d’affaires Quand on regarde les chiffres du vignoble alsacien au 15 mai (- 7,1 % sur 12 mois, avec des disponibilités en progression de 12 %), « les baisses significatives de ventes affectent moins les vignerons indépendants », précise Pierre Bernhard. Mais plutôt certains gros marchés d’entrée de gammes, « confrontés à la concurrence des pays limitrophes qui ont des coûts de production moindre », analyse le Synvira. Explication : « J’ai vu à Prowein des pinots blancs en flûte rhénane, étiquetés pinot blanc en français. Nous ne sommes pas capables de vendre ces vins à 2,50 € la bouteille. » Clairement, la mise d’origine en flûte et la mention du cépage ne sont plus des éléments identitaires du vin d’Alsace. « Les derniers chiffres montrent que la filière des vins d’Alsace a perdu 11 % de chiffre d’affaires sur un an (NDLR : évalué en 2015 à 540 millions d’euros). Il semble que les vignerons indépendants sont moins affectés, car ils se situent sur des micromarchés. » Pour sortir de l’ornière, les Vignerons Indépendants comptent bien justifier leurs efforts de qualité et valoriser leurs vins avec la « hiérarchisation », c’est-à-dire l’obtention d’une reconnaissance des vins de terroirs, notamment en premier cru. « La notion de premier cru est déjà bien connue même à l’export, c’est très clair pour l’acheteur, ça va nous aider à mieux positionner nos vins, explique Pierre Bernhard. À la foire aux vins, nous faisons goûter les vins par terroir, ce qui attise la curiosité des consommateurs. » Premiers crus : éviter le cas Vallée noble Une première étape a été franchie avec le vote en assemblée générale de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA). « Le schéma nous convient, mais des ajustements restent à faire, sur la strate communale et futur premier cru. Nous souhaitons que la différence du terroir soit reconnue et que ça ne dépende pas de divers critères de recevabilité, tels que le nombre minimal de vignerons, la surface minimale, le type de cépage autorisé sur le lieu, etc. La commission d’enquête a compris notre démarche », explique Bernard Jantet, directeur du Synvira. « On ne souhaiterait pas que des lieux-dits connaissent la même destinée que l’appellation communale Vallée noble (2004) : finalement aujourd’hui il n’y a pratiquement plus de maisons qui la revendiquent, parce que les critères définis sont trop restrictifs. » Il sera également important aux yeux des Vignerons Indépendants d’adapter « la communication à la strate et par rapport aux terroirs ». En attendant, le Synvira poursuit son activité en soutenant les opérations œnotouristiques que sont l’Apéro gourmand le 26 mai prochain, et le Pique-nique du Vigneron Indépendant, les 3, 4 et 5 juin, au même moment que le slowUp de la route des vins, de quoi passer un superbe week-end œnotouristique en Alsace.

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