Vigne

Alsace Vendanges

Une relation de confiance

Publié le 27/07/2023

Pour la 29e année consécutive, l’association des viticulteurs d’Alsace (Ava), la Mutualité sociale agricole (MSA) et Pôle emploi reconduisent l’opération Alsace Vendanges. L’année passée, 2 639 postes ont été proposés par les exploitations du vignoble et 2 618 ont été satisfaits.

Intervenue lors de l’assemblée générale de l’Ava, Cloé Moro est, depuis le 26 juin et jusqu’en octobre prochain, chargée de la cellule Alsace Vendanges à Colmar. Elle est salariée de Pôle emploi depuis une dizaine d’années et a été affectée sur différentes agences de la région de Mulhouse. Elle a également fait partie du service « entreprises » quelques années et a accepté cette responsabilité quand on lui a proposé. « C’est stimulant pour moi. Je me retrouve sur un nouveau territoire avec un autre public et une filière viticole que je découvre. La cellule Alsace Vendanges se trouve donc à Colmar Lacarre. Elle est également présente sur les agences à Guebwiller, à Colmar Europe, à Sélestat et à Molsheim », explique Cloé Moro. Son équipe est composée de Salomé Tuambilangana conseillère à l’emploi et de quatre renforts téléphoniques qui arrivent sur différentes dates. Les professionnels qui proposent des offres d’emploi peuvent appeler Alsace Vendanges depuis la mi-juillet. « Ils proposent toute sorte d’emplois comme les coupeurs et les tractoristes. Nous capitalisons d’abord les offres. Nous avons déjà près de 200 offres d’emploi depuis l’ouverture de la ligne. Quand les viticulteurs offrent les repas ou hébergent, c’est un avantage qui séduit encore davantage les potentiels vendangeurs. L’année passée, le pic du travail avait été fin juillet. On a moins d’appels quand on arrive début septembre », observe Cloé Moro. La ligne pour les candidats vendangeurs ouvre le 8 août. « Nous échangeons beaucoup avant de les mettre en relation » Cloé Moro rappelle que la cellule Alsace Vendanges cherche avant tout un public sérieux, motivé et fidèle car c’est plus sécurisant pour les employeurs. Il faut avoir plus de 18 ans et être apte au travail physique. « On trouve alors un public qui est dans la dynamique de se lever tôt et d’avoir le savoir-vivre nécessaire. Ce sont souvent des retraités, des gens en congés ou en travail d’équipe qui font les vendanges par passion ou pour avoir un revenu complémentaire qui, en ces temps de crise économique, n’est pas négligeable. Nous avons également des personnes qui cherchent à se remettre en contact avec le monde du travail (les bénéficiaires du RSA par exemple). Dans tous les cas, nous échangeons beaucoup avant de les mettre en relation avec un professionnel. »

Publié le 27/07/2023

Ils cultivent et vinifient en dehors de la Route des vins d’Alsace. Les domaines Schoenheitz à Wihr-au-Val, dans la vallée de Munster, et Vogt à Wolxheim, dans la Couronne d’or, partagent leur stratégie de communication, faite d’animations hautement gustatives et chaleureuses, pour être visibles « hors circuit ». Rien de mieux que d’attirer les clients chez soi pour qu’ils y découvrent des vins et accords « déroutants », dans leurs typiques terroirs, au plus près du travail des vignerons.

Hédonisme ! Le vin est un plaisir. Les domaines Schoenheitz à Wihr-au-Val, dans la vallée de Munster, et Vogt à Wolxheim, dans la Couronne d’or, le savent d’autant plus que leurs vignerons sont eux-mêmes de joyeux épicuriens. Ils partagent encore d’autres spécificités, comme celle d’élaborer des vins « déroutants », dixit Jérôme Mendelin, du domaine Schoenheitz… dans tous les sens du terme ! « Nous sortons des sentiers battus. Nous sommes sur des terroirs particuliers, en dehors de la Route des vins », explique-t-il. Le jeune homme de 37 ans, qui vient de reprendre le domaine Schoenheitz, mise sur ses rouges singuliers pour développer l’activité et salue au passage ceux de la Couronne d’or, dont les grappes mûrissent sur des sols calcaires. Il reste fidèle aux actions mises en place par l’équipe de sa prédécesseure, Dominique Schoenheitz, pour assurer sa visibilité. Tout au long de l’année, deux salariés, dont un sommelier ayant officié à Boston, accueillent les touristes au caveau, parce que c’est plus confortable… et que l’expérience est totale ! « Le modèle économique de Dominique est bon, son offre œnotouristique aussi. Elle est pertinente. Autant capitaliser dessus ! Nous sommes sur la Route des fromages, dans la vallée de Munster. On joue local. Nous mettons en avant les producteurs et artisans, mais aussi les restaurateurs locaux, pour des accords mets-vins originaux, une expérience du terroir authentique », cadre Jérôme Mendelin, qui précise qu’il produit de 80 000 à 90 000 bouteilles par an. En plus des classiques dégustations et des cinq accords mets/vins au caveau, l’été, le domaine ouvre ses vignes aux touristes (beaucoup de sportifs, vers Munster) pour des balades en autonomie ou guidées, de quoi les mettre en soif et en appétit, pour des apéros vins et fromages de la vallée. Il organise aussi un Apéro gourmand, en lien avec le syndicat des Vignerons indépendants d’Alsace (Synvira). Cette année, il a eu lieu le 30 juin, en partenariat avec le restaurant coréen Jalmogoyo de Mulhouse : un régal de goûts pimentés, au piquant cassé par la sucrosité et les épices d’un gewurztraminer, notamment. « Le goût, c’est notre cœur de métier », atteste Jérôme Mendelin. Depuis plus de quatorze ans en effet, la formule fait recette pour le domaine Schoenheitz, qui profite aussi d’avoir très peu de concurrents dans la vallée. Le vigneron admet que les clients viennent facilement sur place. D’autant plus que les restaurateurs alentour ont les vins Schoenheitz à la carte. S’il profite de ses belles terrasses, au cœur d’un somptueux paysage touristique, il n’empêche que le domaine sort aussi de son périmètre. « Tout le monde fait travailler tout le monde dans la vallée », rappelle Jérôme Mendelin. Il est donc présent aux pots d’accueil hebdomadaires de l’office du tourisme de la Vallée de Munster, aux dégustations des partenaires comme chez un fermier de la vallée ou un gîteur. Ainsi qu’aux dégustations organisées par les diViNes d’Alsace, dont Aude Olive, chargée de la communication du domaine, est membre, qui se conjuguent souvent en musique ou en conférences. Les 2 et 3 septembre, à la Maison du fromage à Gunsbach, le Festi’Val Saint-Grégoire sera encore une occasion de savourer les vins du domaine Schoenheitz. « L’objectif est de célébrer les 70 ans de la Route des Vins et les 55 ans de la Route du fromage, en reliant ces deux routes par un événement festif qui regroupe les principaux acteurs de la vallée, dont aussi la Cave de Turckheim », détaille Aude Olive, sans révéler le programme. Plus d’informations à venir, sur le site du domaine et les réseaux sociaux qu’elle anime. Mais pas de salon ni non plus de Foire aux vins pour ce domaine, qui participe à quelques marchés de Noël ici et… en Provence. Tisser des liens Le domaine Laurent Vogt est aussi absent des salons. « À l’ancienne », c’est ainsi qu’on pourrait qualifier la communication et la commercialisation du domaine situé à Wolxheim, dans la Couronne d’or, près de Strasbourg. Elles sont classiques… et efficaces. Bouche-à-oreille, visites de caves et des vignes à la demande, dégustations toute l’année au caveau, participation à des manifestations festives et commerciales, avec l’association du vignoble La Couronne d’or ou le Synvira, dont le marché de Noël à Strasbourg ou le fameux Pique-nique chez le vigneron à la Pentecôte. Un site internet, une page Facebook et un compte Instagram permettent de retrouver les informations pratiques rapidement sur la toile et d’y avoir une visibilité, mais ce ne sont pas les moyens de communication les plus plébiscités par Sylvie et Thomas Vogt, le fils de Laurent, qui a repris l’exploitation en 1998. « Les clients sont nos commerciaux. Ce sont les meilleurs influenceurs ! C’est comme en restauration : l’un goûte, aime, le dit à un autre ou lui fait goûter, et c’est l’effet boule de neige », résume Sylvie Vogt. Les époux, qui seront bientôt rejoints par leur fille Laura, 19 ans, ne comptent pas sur les touristes pour vendre leurs quilles : quasiment que sur les locaux. La majorité des bouteilles Vogt sont vendues au caveau. Des restaurants, des cavistes, La Nouvelle Douane et le Comptoir des vignerons alsaciens à Strasbourg, permettent d’écouler ailleurs, plus loin et d’être vu. « Nous n’avons pas une stratégie de communication établie. Il faut être présent à un maximum de petits rendez-vous, parce que les hasards de la vie sont souvent heureux. Dès que je peux, je participe à des événements. Le premier week-end de juin, nous étions au Banquet de Bacchus à Marlenheim, par exemple. Ce n’était pas prévu mais on a encore passé un super week-end ! », s’exclame Sylvie Vogt. Seuls incontournables : la Fête des vendanges, à Strasbourg, avec les 19 vignerons de La Couronne d’Or, le marché de Noël où elle ne fait déguster que ses vins, même si l’association est aux manettes, et le Pique-nique… qui cartonne ! C’est devenu une institution chez les Vogt. Barbecues géants, bancs sous tonnelles, sept verres à la dégustation offerts : 500 personnes ont festoyé dans cette cour de Wolxheim en 2023, sur deux jours. « C’est détendu, on s’amuse, on rit, on découvre de véritables pros des grillades. On voit nos clients sous un jour nouveau et on attire des jeunes. Un groupe âgé de 22 ou 23 ans a été une belle surprise cette année », confie la patronne, prompte à tisser des liens. Chaque client est important et il ne faut pas chercher un retour sur investissement immédiat, selon elle. En bio sur leurs 18 ha depuis 2013, et en biodynamie sur les vins à partir du millésime 2020, les vignerons ont aussi un vin naturel de la marque commune de l’association La Couronne d’or : Argentoratum. Initiative unique en Alsace. Sylvie ne calcule pas ce que chaque manifestation ou chaque action rapporte. « On aime être ensemble, avec les membres de l’association. On a le plaisir de créer. C’est la somme de toutes ces participations, de notre présence à plein de petits événements qui fait notre communication, pas un seul gros coup de com’. Mais c’est sur recommandation que les bouteilles se vendent le plus. Sur le terrain, on entretient les relations avec les clients qu’on recroise, on en rencontre d’autres qui ne nous connaissaient pas encore, qui avaient juste goûté notre vin certes, mais rien ne vaut le bouche-à-oreille », insiste Sylvie, rejointe par son époux Thomas. Ils sont dix metteurs en marché sur 900 habitants à Wolxheim, et plus qu’à Marlenheim et Molsheim. Trois d’entre eux organisent le Pique-nique chez le Vigneron. « Il faut faire selon ses affinités avec chaque moyen de communication », conseille Sylvie Vogt. Ils n’envient rien aux vignerons a priori mieux placés.    

L’inauguration de la Route des vins d’Alsace : notre article de 1953

Un voyage triomphal à travers le vignoble alsacien

Publié le 26/07/2023

L’inauguration de la Route des vins d’Alsace a été un jour de fête pour les vignerons alsaciens.

COLMAR – C’est dans des nuances de gris et sous les averses d’un ciel sombre qu’est apparue la nature, alors que se mettaient en mouvement les convois qui, samedi, de Marlenheim à Thann, ont inauguré l’admirable Route des vins. Malgré cela, la fête n’a pas été gâchée, et la bonne humeur a régné dans tout le terroir alsacien. C’était la définition même d’un grand jour de fête pour les viticulteurs alsaciens, qui ont participé de tout leur cœur et ont fait la démonstration de leur hospitalité bien connue. Aussi, là où le convoi n’a pas pu s’arrêter - la procession aurait sinon duré huit jours - dans les villages ornementés et pavoisés pour l’occasion, les familles de vignerons se tenaient adossées aux maisons. CAR CET HONNEUR­­ ÉTAIT DÛ AU PRODUIT HÉROÏQUE DE LEUR TRAVAIL, à leur volonté, leur endurance. Toute cette manifestation, cette reconnaissance plus que méritée, l’attention portée sur le rôle primordial qu’ils jouent dans l’économie du pays, a honoré nos braves viticulteurs. Les élus, les préfets, les administrateurs, ne sont pas venus que d’Alsace. Sont venus également des représentants des ministères de l’Agriculture, du Travail, du Tourisme, ainsi que des parlementaires d’autres nations amies : des États-Unis, les ambassadeurs du Danemark et d’Irlande, de Belgique, de Suisse, de la Sarre et de nombreux autres pays, qui savent tous apprécier l’illustre produit de nos vignes. Nous avons pris place dans une voiture, mise gracieusement à disposition par l’Office du Tourisme, et avons participé au voyage, qui nous conduisit via Thann vers Riquewihr, Ammerschwihr et Kaysersberg. Partout, nous avons vu la même image. Des villages immaculés, des maisons décorées avec goût, des drapeaux flamboyants, mais avant tout des visages souriants, des jeunes filles élégantes en tenues alsaciennes. TOUT S’ACCORDAIT EN UNE PARFAITE SYMPHONIE. Les vignerons peuvent être fiers de cet honneur, qui leur a été offert de mettre en avant leur travail et de le présenter en détail. Nous avons vu des rangées de vignes somptueuses. Mais également des plantations durement touchées par le gel de printemps, rappel que les agriculteurs doivent toujours compter avec les catastrophes naturelles, et ne peuvent pas se permettre le luxe d’attendre tranquillement l’année suivante. Ces vignes aussi doivent être cultivées, pour être prêtes pour la prochaine récolte. Ce n’était pas chose aisée de faire progresser ce long convoi de voitures à travers le vignoble alsacien. Mais grâce à la préparation irréprochable et au dynamisme de la société Lesage, et avec la gendarmerie assurant la gestion du trafic, tout s’est déroulé pour le mieux et il n’y eut pas le moindre accident à reporter. Ce qui est certainement une performance. Autour du préfet du Haut-Rhin, étaient rassemblés des invités d’honneur […] ainsi que des représentants des grandes administrations, de nombreux maires et personnalités. Le sénateur-maire de Thann a évoqué brièvement l’histoire de la ville de Théobald (Saint Thiébaut est le saint patron de Thann, NDLR). LE RÔLE DE THANN COMME TERRITOIRE TYPIQUE DU VIGNOBLE ALSACIEN a surtout été mis en avant. Le convoi du Haut-Rhin s’est séparé à Thann. Une partie s’en est allée vers Guebwiller, Rouffach et Eguisheim, tandis que l’autre s’est dirigée vers Ammerschwihr. Le maire de Guebwiller, le président du syndicat des vignerons, le maire de Rouffach et le maire d’Eguisheim ont accueilli les convives avec des mots justes et des grands vins. Là, un excellent riesling, ici un gewurztraminer harmonieux au doux bouquet, ailleurs encore un riesling pétillant. PARTOUT LE VIN ÉTAIT EXCELLENT, et alors que nous sommes en train de parler de qualité des vins, nous faisons remarquer qu’à la fin de cette intéressante et longue - mais fatigante - route pleine de surprises, nous n’avons vu aucun participant enivré, si ce n’est que légèrement grisé ou malade. Preuve que le bon vin est toujours digeste, même si l’on boit exceptionnellement un petit peu plus que la quantité normale. Ammerschwihr a proposé un discours de bienvenue par la bouche de son député-maire. La chorale a chanté un joli chœur, et la bande des JAC a joué quelques chansons dynamiques. Le sous-préfet a dû couper un large ruban tricolore tendu au travers de la rue, comme symbole de l’ouverture solennelle de la Route des vins. Le maire a parlé à Kaysersberg, pendant que celui de Riquewihr a accueilli les visiteurs en leur rappelant que 400 ans plus tôt, une route des vins existait déjà. Elle partait du bas de la ville jusqu’à Strasbourg, où les grands vins de Riquewihr étaient exportés à travers le monde. On ne peut pas simplement traverser le village comme cela. Les invités ont visité le cœur historique, le nid de cigogne, et toutes les beautés de cette ville qui font sa renommée. Dans une très bonne ambiance s’est poursuivie LA RÉCEPTION À RIBEAUVILLÉ. Les frères ménétriers, dans leur costume de mai, avec le roi des ménétriers en tête, ont occupé les escaliers d’honneur de la mairie et entonné toutes les vieilles comptines du Pfifferdaj : « Het esch Pfifferdaj ». Le maire a trouvé les bons mots pour saluer les convives et la joyeuseté de l’événement, que représente l’inauguration de la Route des vins. LE VOYAGE S’EST FAIT TOUT AUSSI INTÉRESSANT DANS LE BAS PAYS À Marlenheim, fief du bon roi Dagobert, qui avait un tel amour pour le vin qu’on y produit qu’il y établit ses quartiers, c’est le préfet qui a coupé le bandeau tricolore qui barrait encore la route des vins. Le maire a salué les hôtes de marque présents […]. Passant sous un arc de triomphe, à côté de maisons joliment décorées devant lesquelles se tenaient des Alsaciennes dans leur costume traditionnel, la procession a continué après le vin d’honneur vers Wangen, Traenheim, Bergbieten, Dangolsheim, Soultz-les-Bains, Avolsheim puis Molsheim, où le député-maire a rappelé dans son discours, que LE RIESLING DE WOLXHEIMER ÉTAIT UN DES PRÉFÉRÉS DE NAPOLÉON 1er. Les danses folkloriques du groupe traditionnel de Blaesheim ont réjoui les pèlerins, qui se sont inscrits au livre d’or de la ville. Les stations suivantes ont été Rosheim, Boersch, puis Obernai. Le maire a reçu les invités. Même le Hans im Schnokenloch (« Jean du trou aux moustiques » d’une chanson populaire alsacienne, NDLR) était de la partie. Il a refusé de manière honteuse des plats présentés par de jeunes femmes alsaciennes.     À Barr, c’est le maire qui s’est réjoui de pouvoir accueillir les hôtes. Le rez-de-chaussée de la mairie a été transformé en magnifique salle de réception, et s’est est très bien prêté à l’occasion. La chorale de Guebwiller a entonné des chansons de vignerons. Après le vin d’honneur, le parcours a repris vers Andlau, où le maire, ancien député, a réceptionné le groupe. On a pu lire cette inscription à Itterswiller : « BUVEZ LE VIN D’ALSACE, LE SANG DE LA NOUVELLE EUROPE » Le maire a invité à une dégustation des fameux grands crus de Dambach. Le convoi s’est ensuite arrêté devant la vieille gare de Scherwiller, qui venait d’être restaurée. De Châtenois, Kintzheim, Orschwiller vers Saint-Hippolyte, et de Bergheim et Ribeauvillé : c’est ainsi que les deux convois, de la haute et de la basse Alsace, se sont rejoints. Magnifique a été LE VOYAGE A TRAVERS LE VIGNOBLE Depuis Ribeauvillé et Niedermorschwihr vers les Trois-Epis, où les invités sont arrivés avec deux heures de retard. Le banquet a été malgré tout servi sans attente et efficacement, et rien n’a perturbé les sommeliers, hôteliers, cuisiniers et autres personnels, qui ont fait comme si le retard avait été prévu. C’était vraiment excellent, le service ne mérite que des louanges, la cuisine était grande et les vins merveilleux. C’était la démonstration de l’excellence de l’art de la cuisine alsacienne et de la qualité des vins et alcools de la région, qui n’avaient pas le droit à l’erreur. Il y a eu BEAUCOUP DE DISCOURS TENUS, et il nous est bien sûr impossible de tous les retranscrire ici. Remarquable était celui de Pierre Pflimlin, dont le propos principal a été que l’inauguration de la Route des vins instituait l’hommage rendu à l’acharnement et l’endurance des viticulteurs alsaciens, dont il a célébré la renommée, en appelant aux souvenirs historiques et au rôle des produits du terroir, en particulier du vin. Mais ce discours s’est appuyé aussi sur un vœu, celui d’un bien-être pérenne des viticulteurs. Un vœu selon lequel la pensée d’une Europe unie s’impose, où la paix fleurira dans toutes les patries bénies dans lesquelles nous pourrons nous réjouir de tout ce que Dieu fait advenir. Son discours plein d’esprit s’est conclu par les louanges des vins alsaciens, qui, grâce à la Route des vins, se sont ouverts à de nouvelles perspectives. […] L’ALSACE EST RICHE DE LA BEAUTÉ DE SES PAYSAGES et de ses points de vue, il se justifie donc d’en recommander la visite. Les représentants des autres pays, les ambassadeurs Irlandais, Danois, Suisses, Belges et Sarrois ont chanté les louanges du vin alsacien, qui symbolise si bien ce beau pays au pied des Vosges. La dernière visite a été celle DE L’EMBLÉMATIQUE BRAND À TURCKHEIM, où le maire a accueilli les convives dans la salle des fêtes de l’hôtel des Vosges, après que le groupe folklorique de Muhlbach a animé la place du marché avec ses danses. Même les gardes de nuit avec leurs hallebardes et lanternes étaient présents, mais ils n’ont pas attiré plus les regards que les beaux costumes alsaciens. Les pinots et gewurztraminer, qui étaient proposés, se sont montrés dignes de la patrie du Brand. À Colmar, le maire a accueilli les participants à son tour dans le vieux marché couvert historique. Il a trouvé les mots pour reconnaître et remercier ceux qui ont participé à concrétiser l’idée de la Route des vins et ainsi offert de nouvelles possibilités aux vignerons.­­­­     La fin de la manifestation a vu LA SESSION DE LA CONFRÉRIE SAINT-ÉTIENNE, dont le grand conseil est apparu pour la première fois en « uniforme » (manteau rouge et chapeau en pointe !). Le confrère receveur et le grand maître ont fait les honneurs. Différentes personnalités ont été nommées confrères d’honneur […]. On leur a offert un tour de cou bleu avec une logela (un petit tonneau de bois, NDLR) miniature. […] Des groupes traditionnels ont dansé sur la place du marché couvert. La journée était festive, comme elle se devait de l’être. La Route des vins est maintenant une chose établie. Elle court le long du superbe vignoble alsacien. Espérons qu’elle offre réellement de nouvelles possibilités pour nos vignerons, et que leur initiative louable rencontre le succès qu’elle mérite. Que tous les bons vœux qui ont été formulés en ce jour se réalisent, et que la prospérité de générations de vignerons s’enracine et fleurisse !

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