Vigne

Tournée des terroirs - Molsheim

Dans les vignes : du raisin et cætera

Publié le 20/06/2023

Dimanche 4 juin, l’événement vinique « Alsace Rocks ! La tournée des terroirs », organisé par le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) et les vignerons alsaciens pour célébrer les 70 ans de la Route des vins d’Alsace faisait étape à Molsheim. Avec un programme bucolique et gourmand.

Saviez-vous que les chénopodes se dégustent comme des épinards ? Que les orties sont particulièrement adaptées au régime végétarien car riches en vitamine C, en fer, et en protéines ? Que la laitue sauvage a des vertus antalgiques et sédatives, à condition de surmonter son amertume prononcée ? Et surtout que toutes ces plantes, parfois qualifiées de « mauvaises herbes », sont disponibles gratuitement et à profusion dans notre environnement ? C’est ce que les participants à l’atelier « Découverte des plantes sauvages comestibles », ont pu découvrir dimanche 4 juin, au gré d’une balade de seulement quelques mètres le long d’un sentier viticole surplombant les hauteurs de Molsheim. Carole Behr-Kohser, guide du jour, est animatrice nature à son compte. Elle intervient dans les écoles, les périscolaires, sur demande, et ce jour-là donc, auprès d’un public très varié : familles, couples d’amoureux, retraités, groupes d’amis… Après quelques rappels de fondamentaux sur l’écologie (chaîne alimentaire, écosystème, biodiversité…), elle entre rapidement dans le vif du sujet : « Plutôt que de mauvaises herbes, je préfère parler de plantes spontanées. Car dans la nature, il n’y a rien de mauvais ni de bon. Par contre, tout a une utilité. » Même si parfois, elle échappe à une vision anthropocentrique du monde. Trois pas plus loin, elle s’arrête devant une touffe de trèfle rouge. Qu’ils soient blancs ou rouges, les trèfles sont comestibles, et pas que par le bétail : « Les feuilles et les fleurs, très nectarifères, sont consommables en sirop, en gelée, séchées en tisane, ou en déco dans une salade. » Juste à côté, Carole Behr-Kohser désigne une plante que tout le monde a déjà vue. Avec ses petites capsules en forme de cœur, c’est la Bourse à Pasteur. « Sa rosette de feuilles se consomme, par exemple en salade, et les graines ont un goût de moutarde. » Un petit saut de puce plus loin, et on trouve du plantain. « Ils sont tous comestibles. En salades, quiches, pestos… Très riches en calcium et potassium, ils ont aussi des vertus apaisantes et calmantes. » Petite astuce pour les reconnaître : leurs feuilles ont des nervures parallèles. « Dans le coquelicot, c’est comme dans le cochon, tout est bon » « Ils sont tous comestibles ! » Entre deux rangs de vigne, Carole Behr-Kohser désigne un tapis de chénopodes. Souvent qualifiée de « mauvaise », cette herbe, riche en acide oxalique, fera merveille dans une quiche après avoir été blanchie à l’eau. On n’arrête plus Carole Behr-Kohser, qui montre un gaillet, puis de la luzerne, dont les fleurs et les feuilles sont consommables lorsqu’elles sont jeunes, mais qui gagne à être consommée au stade de jeunes pousses. D’ailleurs, les graines germées d’alfalfa ne sont pas autre chose que des graines de luzerne germées. Devant une espèce de pissenlit géant, elle corrige : « C’est du salsifis des prés, ou Barbe de bouc. Ce sont surtout les boutons floraux qui se consomment, sautés à la poêle par exemple. » Juste à côté, sur le même talus, du coquelicot étale ses pétales rouge vifs. « Dans le coquelicot, c’est comme dans le cochon, tout est bon », lance Carole Behr-Kohser : les jeunes feuilles, les tiges, mais surtout les fleurs, qu’il n’est pas rare de trouver en sirop, mais qu’on peut aussi jeter dans une salade, sur un dessert… Arrivés à l’orée de la petite forêt, un bouquet d’églantier constitue le clou de la balade. Ses jolies fleurs deviendront des petits fruits rouges (les cynorrhodons) très riches en vitamine C. On peut en faire tout un tas de choses : de la purée, de la confiture, mais Carole Behr-Kohser propose de déguster les fruits crus, pendant les balades d’automne : « Il suffit de les ouvrir et de gratter l’intérieur pour enlever les graines et les poils à gratter, et de profiter de leur goût acidulé tout en prenant des shoots de vitamine C avant l’hiver ». Pour conclure, Carole Behr-Kohser, propose à son public de s’installer dans un verger pour goûter quelques-unes de ses préparations : un cake aux orties, une gelée de sureau, et un fromage au lierre terrestre. Absent de cette balade, cette plante est néanmoins très commune et diffuse un agréable parfum, subtil mélange de basilic, menthe et citron. En distribuant les mets, Carole Behr-Kohser délivre ses ultimes conseils : ne ramasser et déguster que si on est sûr à 150 % d’avoir bien identifié la plante, éviter de cueillir en bordures de chemin, bien trier la cueillette pour ne garder que les végétaux sains, les laver à l’eau ou au vinaigre blanc si nécessaire. La tête ainsi farcie de nouvelles connaissances, le petit groupe rebrousse chemin pour se retrouver nez à nez avec le bar tenu par les membres du syndicat viticole. Le soleil brille, bientôt à son zénith, c’est le moment de se laisser tenter par un verre de vin, parmi les 13 issus du ban de Molsheim qui figuraient à la carte du jour.

Publié le 18/05/2023

Tous les dimanches jusqu’au 30 juillet, la Tournée des terroirs fête les 70 ans de la Route des vins dans toute l’Alsace. Le 14 avril, le festival a fait sa quatrième étape à Nothalten. L’occasion de (re) découvrir le grand cru Muenchberg et d’en savoir un peu plus sur les travaux de la vigne.

Ils étaient nombreux à venir profiter du paysage viticole et du soleil le dimanche 14 avril à Nothalten. Lors de cette journée organisée par le Civa, le village alsacien a pu mettre en valeur son terroir de référence, le grand cru Muenchberg, d’une superficie de 17,70 hectares. L’histoire de ce vignoble à la forme d’amphithéâtre ne date pas d’hier. « Le Muenchberg, dit la colline des moines, se trouve à côté de l’abbaye Baumgarten. Les moines cisterterciens, dès le XIIe siècle, y cultivaient la vigne », lance Armand Landmann, vigneron à Nothalten. Essentiellement planté de riesling, il s’agit d’un terroir sableux, caillouteux et volcanique. « Les deux roches qui sont dans le Muenchberg, le volcanique sédimentaire et le grès sont deux types de minéraux qui donnent deux directions aromatiques. Le grès donne la finesse au vin, et le côté volcanique, lui, donne la puissance », continue Armand Landmann. Comment se porte le Muenchberg à ce stade de l’année ? Les travaux d’hiver sont finis, la vigne a bien lancé son cycle à Nothalten. Actuellement, l’objectif des vignerons est de maîtriser la charge du pied de la vigne et de bien répartir le feuillage, afin d’accueillir dans les meilleures conditions possibles le raisin. « En ce moment, on regarde les inflorescences de nos futures grappes, ça se présente bien. Mais c’est un marathon jusqu’aux vendanges. On est passé à travers des gelées cette année, mais on peut avoir la grêle et la sécheresse. Tant que les raisins ne sont pas récoltés, on n’est jamais l’abri », dit Nicolas Metz, coopérateur bio pour Wolfberger. Des couverts végétaux Dans les 17,70 hectares du Muenchberg, les vignerons travaillent chacun à leur manière. Certains utilisent le désherbage, mais d’autres ont choisi d’ajouter des couverts végétaux entre les rangs des vignes. Comme Nicolas Metz, qui utilise la féverole, le pois mais aussi la céréale. Ces plantes font guise d’engrais et nourrissent la vigne. « C’est un peu le joker des vignerons », lance-t-il. Dans les 15 prochains jours, les cultures vont être roulées par un rouleau hacheur de type Rolofaca. Une technique qui apporte de nombreux bénéfices, notamment en période de sécheresse. « Le paillage que l’on roule, cela fait un matelas qui garde l’humidité entre les vignes. L’été dernier, on a vu une différence de 25 à 30 degrés entre le sol et la culture roulée. Après, la finalité, c’est toujours la même : faire des beaux raisins ! » s’exclame Nicolas Metz.

Grand concours des vins de Colmar

La médaille, un levier de communication

Publié le 16/05/2023

Le 52e grand concours des vins de Colmar s’est tenu jeudi 11 mai au Parc-Expo de Colmar. Pour le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace qui organise la manifestation, il s’agit d’un levier de communication important qui participe, comme d’autres événements, à l’image du vignoble, des professionnels et de leurs produits. Retrouvez les résultats à la suite de cet article.

Pour cette nouvelle édition, le riesling, le pinot noir, le crémant et le pinot gris représentent à eux quatre plus de 70 % des échantillons. Il n’y a pas davantage de vins soumis à l’appréciation des membres du jury que les années précédentes. « Et pour cause. Nous sommes moins de producteurs qui exploitons par contre sur toujours 15 000 hectares. Il y a moins d’entreprises et donc forcément moins d’échantillons. Toutefois, nous devons constater qu’un cinquième des professionnels alsaciens est présent pour tenter d’obtenir une médaille. Il y a donc un intérêt économique évident », explique le président du Civa, Serge Fleischer. Au total, ce sont 654 vins qui ont été présentés par 77 entreprises. Pour les AOC, les millésimes 2021 et 2022 étaient présentés. Pour le crémant, les millésimes 2019, 2020 et 2021. « Ce n’est pas la meilleure période économique mais pour autant le vignoble d’Alsace résiste mieux que les autres vignobles de l’Hexagone. Nous sommes même en croissance sur les effervescents avec le crémant et ses plus de 40 millions de bouteilles vendues. Cette appellation est un élément clé de l’équilibre du vignoble », insiste Serge Fleischer. Il en profite pour expliquer que le Civa porte des projets et communique de façon dynamique pour transmettre cette énergie positive des vins d’Alsace. « Dans notre dernière campagne publicitaire, nous renvoyons l’idée d’une consommation responsable et d’une attitude responsable et sociétale. Nous insistons également sur le fait que notre vignoble est pleinement engagé au niveau environnemental. Il y a de la place pour tout le monde avec une diversité de produits et une diversité d’entreprises. C’est la richesse du vignoble alsacien », se félicite Serge Fleischer. Présent à ses côtés, le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace Gilles Ehrhart acquiesce. « Ce concours a effectivement tout son intérêt d’être et de perdurer. Il aide à dynamiser la vente de nos vins », constate-t-il. Cultiver la fierté du métier Parmi les grandes satisfactions de ce concours, le nombre de membres du jury. « Depuis cette année, les inscriptions peuvent se faire en ligne. Chaque entreprise doit présenter un juré par tranche de dix vins présentés pour la dégustation. Ils sont aujourd’hui 147. Cela contribue également au sérieux de ce concours. Nous leur demandons au préalable de déguster un vin « étalon » pour harmoniser les notes. Cela leur permet de voir s’ils sont trop stricts ou au contraire trop généreux par rapport à la moyenne de leurs collègues. Nous leur demandons également de faire un commentaire pour chaque vin médaillé en argent ou en or », précise Thierry Fritsch, œnologue et chargé de mission export au Civa. Une mission remplie par Madeleine Diebolt de Bernardswiller. « Mon mari est dans le monde viticole. C’est à ce titre que je participe régulièrement à des concours. J’aime bien déguster les nouveautés. Cette fois, je suis à une table consacrée au crémant d’Alsace. Je suis satisfaite. Le crémant est bien meilleur que le champagne », affirme la dégustatrice. La dégustation des vins « Coups de cœur » aura lieu le 22 mai dans les locaux du Civa. Les dégustateurs seront membres de l’association des sommeliers d’Alsace. « Il s’agit de sélectionner dix médaillés d’or et de leur donner un coup de cœur. L’idée de départ est de redynamiser le concours, de monter en qualité, de mettre en avant les très bons vins. Ensuite, il s’agit de mettre à l’honneur les producteurs. On s’en sert comme un levier de présentation des femmes et des hommes, les vignerons. Il y a là une dimension marketing mais également humaine. Il faut que les vignerons s’affichent et s’affirment. Cette mise en avant le permet et cultive cette fierté de ce métier », note Thierry Fritsch. On en sera à la quatrième édition. « Nous avons donné 30 coups de cœur lors des trois éditions précédentes. Il y a des domaines qui reviennent et des nouveaux. Il y a des coopératives, des négociants et des vignerons indépendants de taille modeste. Tous ont droit à un même visuel dont ils peuvent se servir ensuite pour leur propre communication », conclut Thierry Fritsch.    

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