Vigne

Concours général agricole des eaux-de-vie et des bières

De l’exceptionnel et des défauts

Publié le 03/03/2017

Lundi 27 février avait lieu le Concours général agricole des eaux-de-vie. L’Alsace était bien représentée dans cette catégorie de produits, qui comportait au total 231 échantillons jugés par160 jurés répartis en 33 tables.

Sur ces 33 tables, 6 étaient concernées par les productions alsaciennes. « L’Alsace partage avec quelques autres régions la particularité de présélectionner les produits qui vont la représenter au Concours général agricole », rappelle Sylvain Bresson, commissaire adjoint au Concours général agricole (CGA) depuis deux ans. Les échantillons présentés sur les tables, entre cinq et neuf par catégories, doivent donc représenter le fleuron de la production régionale, et sont censés séduire le jury. Celui-ci est idéalement composé de deux consommateurs avertis, parfois formés à la dégustation par les soins des organisateurs du concours, de deux représentants de la filière (technicien, commercial) et d’un producteur, à condition, bien évidemment, qu’il n’ait pas à juger ses propres produits. Chacun est équipé d’une fiche de notation, comportant les caractéristiques essentielles du produit (couleur, limpidité, impression olfactive, première impression gustative et impression gustative de longueur), à noter d’insuffisant à excellent. La notation comprend une note d’impression générale et un commentaire. « La dégustation passe aussi par une phase de partage des impressions collectives. Chaque table désigne un modérateur qui doit veiller à ce que chaque membre du jury exprime ses impressions. Puis les jurés font la synthèse de ces notes et de leurs impressions respectives pour attribuer des médailles, ou pas », détaille Sylvain Bresson. En effet, il est loin d’être obligatoire d’attribuer des médailles. Au contraire, selon la taille de leur échantillon, les jurés sont limités dans le nombre de médailles qu’ils peuvent décerner. Des quetsches exceptionnelles Après une bonne heure de dégustations et de discussions, les jurés rendent leur copie. À l’une des tables dédiées aux eaux-de-vie de quetsche et de mirabelle, Manou Massenez, PDG de la distillerie Massenez, débriefe : « En quetsche nous avons dégusté quatre échantillons, et nous avons eu des choses vraiment exceptionnelles, d’un très bon niveau, bien balancées, avec de la finesse. Nous avons attribué une médaille d’or et une médaille d’argent. Parmi les quatre échantillons d’eaux-de-vie de mirabelle que nous avons dégustés nous avons par contre eu des choses beaucoup plus passe-partout, moyennes, et même un défaut. Du coup nous n’avons accordé qu’une médaille. » Des framboises décevantes Dans la catégorie des eaux-de-vie de framboise, le jury a dégusté neuf échantillons : « Rien d’extraordinaire, voire des distillations mal maîtrisées. Il n’y avait que trois produits satisfaisants sur les neuf. Aussi nous n’avons attribué qu’une médaille, d’or, à un produit qui sortait vraiment du lot, une eau-de-vie fruitée et ronde, avec la typicité de la framboise et un bel équilibre. Le reste ne méritait pas de médaille », juge Patrick Revet, journaliste au Chasseur français, et qui officie au CGA depuis une vingtaine d’années. Il précise : « Ces eaux-de-vie ne viennent pas forcément de l’est de la France. » Et donc elles peuvent ne pas être passées par une phase de présélection… Trois médailles pour les whiskies Hepp d’Uberach À la table des whiskies alsaciens, « nous avons beaucoup parlementé », rapporte Christian Pinatel, amateur de whiskies et d’huile d’olive (il est directeur technique du Centre technique de l’olivier et oléologue). « Sur six échantillons, trois étaient vraiment très bons. Nous avons donc attribué deux médailles d’or, et nous aimerions encore en attribuer une, on verra ce que nous disent les organisateurs… » La divulgation du palmarès révèle que ces trois whiskies ont été distillés par la distillerie artisanale Hepp à Uberach. Le jury consacré aux marcs d’Alsace gewurztraminer AOC s’est attaché à juger neuf échantillons, « globalement très bons, avec deux ou trois éléments un peu moins aromatiques, mais pas de défaut », analyse Pierre-Nicolas Mersiol, distillateur en Alsace. Si bien que trois médailles ont été attribuées dans cette catégorie, une en or, et deux en argent. Au même moment, quelques rangées de table plus loin, avait lieu la dégustation des bières, par catégorie : brune, blonde, blanche, fermentation haute, basse, aromatisées… Au total, 393 échantillons répartis en 53 tables pour 280 jurés. La brasserie artisanale Matten, la brasserie Meteor, la brasserie Blessing et la brasserie de Saint-Louis ont récolté quelques médailles (lire le palmarès).

Confrérie Saint-Étienne à Kientzheim

70e anniversaire de la refondation

Publié le 28/02/2017

En 2017, la confrérie Saint-Étienne d’Alsace va fêter le 70e anniversaire de sa refondation. Il donnera lieu à différentes manifestations de prestige tout au long de l’année.

Le 70e anniversaire de sa refondation est un événement exceptionnel auquel la confrérie Saint-Étienne souhaite donner un éclat particulier. Il doit rassembler autour des vins tous les acteurs du vignoble et d’une manière générale tous ceux qui aiment le vin d’Alsace, en assurent la promotion et le renom. Des manifestations du plus haut niveau seront destinées à rassembler toutes les composantes du monde viticole. Non seulement au sein des chapitres tournés vers linternational, mais aussi sur des réflexions quant au devenir du vignoble et des vins d’Alsace. Le nouveau Grand Maître, Pascal Schultz, qui succède à David Ling, est le troisième Grand Conseiller à ne pas appartenir au sérail viticole. Issu de la magistrature, l’ancien procureur de la République de Colmar a été précédé à ces fonctions par l’avocat Yves Muller et l’universitaire Claude Muller. Le 71e Grand Maître, qui sera intronisé officiellement au château de Kientzheim le 17 mars prochain, annonce que son mandat sera marqué du sceau du « dynamisme, du rayonnement et du rajeunissement. Quand on est Grand Maître, on n’est pas seul et on sait que cela ne dure qu’une année », a-t-il souligné avant de rappeler que « cette institution exceptionnelle contribue au renom de l’Alsace ». Il a qualifié le château Lazare de Schwendi de palais des viticulteurs et de berceau de leurs vins. Donner du plaisir et de la joie aux amateurs de vins, partager un moment d’émotion pour un mieux-être social constituent la base de son mandat. Pour célébrer dignement ce grand anniversaire, le programme des festivités passe par quatre grands chapitres, plus un chapitre d’exception. Des soirées exceptionnelles consacrées à la dégustation des meilleurs plats confectionnés par des chefs renommés, accompagnés des meilleurs vins choyés dans l’œnothèque, qui compte 65 000 bouteilles dont la plus ancienne date de 1834 (collection Mequillet). Quatre conférences seront également données au château par les plus grandes sommités françaises et internationales du monde du vin. Des soirées ouvertes aux échanges et aux débats. Les ateliers de la confrérie seront reconduits pour apprendre, réapprendre, approcher différemment les vins d’Alsace en compagnie des conseillers. Au programme, initiez-vous aux vins d’Alsace et mariez comme un chef mets et vins du terroir.

Salon des Vignerons Indépendants à Strasbourg

Génial !

Publié le 25/02/2017

La 24e édition du Salon des Vignerons Indépendants à Strasbourg n’a pas démenti l’engouement du public pour ce grand rendez-vous vinique qui a réuni près de 600 vignerons au Wacken dont 27 Alsaciens.

Les années passent et se ressemblent pour le Salon des Vignerons Indépendants, qui dès son ouverture le vendredi 17 février, a connu une véritable ruée d’amateurs au Parc des expositions à Strasbourg. Un succès croissant qui n’a pas faibli, au contraire, pour cette 24e édition. Éthique et partage de la culture du vin Venus de toutes les régions viticoles de France, près de 600 vignerons ont fait déguster les vins phares de leurs productions. Parmi eux, 27 vignerons alsaciens. « Des visiteurs tchèques, polonais, font chaque année des milliers de kilomètres pour venir nous retrouver à Strasbourg, souligne Claude Weinzorn du domaine de l’Oriel. C’est le plus grand salon des vins en Alsace, et il n’y a pas d’équivalent dans sa convivialité, c’est vraiment le top ! Les vignerons sont contents d’y venir, et ça se ressent dans l’ambiance générale. » Cette année, Claude Weinzorn a mis l’accent sur son riesling grand cru Sommerberg Z 2013, cité dans la revue Cuisine et vins de France, fruité et bien équilibré. Participant de la première heure à ce salon, Florian Beck-Hartweg présentait son rouge de Dambach 2014, et une série de vins naturels. « Les allées étaient bien clairsemées pour la première édition à Strasbourg, se rappelle Michel, père de Florian. C’était un sacré pari à l’époque ! Le partage de la culture du vin, avec une recherche d’éthique est maintenant dans l’air du temps. » Ces rencontres, de plus en plus prisées, offrent une vraie opportunité de dialogue, « de pédagogie » pour parler et expliquer les terroirs, granitiques, caractéristiques de ce vignoble, en démontrant que d’un coteau à l’autre, « il y a des différences de personnalités dans les terroirs ». Florian et Michel se disent « très contents du millésime 2016, pourtant pas gagné d’avance ». Et satisfaits de prouver que la viticulture bio, « peut bien marcher même dans les années difficiles ». Recherche de l’élégance du granite, de la concentration dans la longueur, « c’est l’équilibre difficile recherché » dans son pinot noir « F » 2015, non filtré, tout proche du grand cru Frankstein, précise encore ce vigneron. Cépages originaux, millésimes anciens Les amateurs de klevener se sont retrouvés sur le stand du domaine Gilg à Mittelbergheim, le seul à proposer ce cépage sur le salon, avec une autre originalité, le sylvaner grand cru Zotzenberg, qui « aiguise la curiosité », souligne Jean-Christophe Lehner. Le klevener est sur « la rondeur avec une puissance accentuée par l’effet millésime 2015 », indique le vigneron. La clientèle allemande, très importante, choisit en premier lieu le crémant. « Les amateurs français s’orientent plutôt vers les vins tranquilles », constate-t-il. La journée dédiée aux professionnels, le lundi, est importante pour le domaine, car « c’est une vraie carte de visite que de figurer sur la carte des vins des restaurateurs ». Le domaine Bliemerose à Rosheim a choisi pour sa part de présenter des millésimes anciens, comme un auxerrois 2007. C’est l’occasion de « valoriser ce cépage » en prouvant qu’il peut aussi donner des vins de garde, et « surprendre », indique Carmelle Simon-Maetz. Le travail se fait dans la lenteur, trois ans minimum en cave pour les vins avec des levures naturelles, « six ans sur lattes pour les crémants », avec des rendements faibles pour arriver à de jolis résultats, salués notamment par deux professionnels italiens qui ont qualifié son crémant extra-brut 2006 « de meilleur crémant dégusté sur ce salon ». Des personnalités et des terroirs L’un des intérêts de ce salon est sans doute la découverte de personnalités atypiques, à l’image de Martial Junquas, œnologue qui a repris des vignes en fermage dans le Bordelais, avec son château Altimar, Lalande de Pomerol 2015, tannique, aux arômes de framboise notamment. Ou encore Isabelle Raoux, troisième génération de femmes, qui vinifie les vins du domaine des Demoiselles dans le Roussillon, en bio depuis 2000. « Nous disposons d’un espace naturel de 10 ha autour du mas dédié à la faune et la flore. Il y a 20 ans sur ce salon, on n’avait pas osé amener de blancs, nous en avons trois cette année », précise-t-elle. Sa cuvée Pierre de Lune 2014 est un assemblage de muscat petits grains et de marsanne, avec « des vendanges faites à la mi-août pour garder la fraîcheur et un bon équilibre ». Cette palette des richesses viticoles de la France, portée par ces vignerons passionnés, amoureux inconditionnels de leurs terroirs, a eu les faveurs du public, largement concrétisées à la sortie par un défilé continu de diables et de chariots archi-plein…

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