Vigne

Publié le 02/12/2016

La formation à la taille Simonit & Sirch, proposée par Vitisphère Alsace, se tenait notamment à Sigolsheim dans une parcelle du viticulteur Alain Kuehn.

Vigneron coopérateur remarquable pour les objectifs qualitatifs qu’il s’impose, Alain Kuehn pratique la taille Simonit & Sirch depuis trois quatre ans déjà. Ses vignes sont semées en direct de mélanges composés de couverts, passées au rolofaca, vendangées à la main. Ce n’est donc pas un hasard s’il taille ses vignes selon cette méthode venue d’Italie, qui consiste en premier lieu à tenir compte des flux de sève. « Je compare le flux de sève à une autoroute. Les plaies de taille, ce sont les péages, et ça provoque des bouchons », illustre Alain Kuehn. D’où l’objectif d’avoir une charpente la moins mutilée possible, et où les plaies ne se situent pas sur le trajet de sève, c’est-à-dire sur les tissus conducteurs de sève depuis le pied jusqu’au sarment de l’année. Au moins trois jours pour assimiler Vitisphère Alsace, qui vient d’obtenir l’accréditation de formateur, proposait dans une parcelle d’Alain Kuehn la formation à la taille Simonit & Sirch sur trois jours. « Il faut au moins ça pour assimiler », explique Philippe Kuntzmann. La formation se déroule en deux temps, la taille en hiver et l’épamprage au printemps. Sur le principe, cette taille consiste à tenir compte des flux de sève, « à choisir d’abord le courson bien placé dans le flux de sève, et seulement ensuite la baguette », explique Philippe Kuntzmann, et « il faut que le dernier œil du courson soit à l’opposé de l’axe du rang ». Comme pour la technique Poussard, cette taille vise également à mutiler le moins possible les pieds. « Les chicots sont de longueur une fois et demie leur diamètre », précise Massimo Guiduci, formateur venu de Bordeaux avec son équipe de trois maîtres tailleurs formateurs, Andrea, Thomas et Valério, pour encadrer la quinzaine de vignerons assistant à cette formation. Lors de cette formation, chacun se voit remettre un livre illustré particulièrement didactique. Et surtout, la formation se conclut chaque fin d’après-midi par une notation de 15 pieds taillés, afin de vérifier si les acquis théoriques du matin et pratiques de l’après-midi sont bien assimilés. Particulièrement important dans cette pratique, le passage préliminaire de la main le long de la souche permet de mieux comprendre l’organisation du flux de sève. 800 vignerons ou tailleurs formés chaque année La taille Simonit & Sirch se développe avec environ 800 vignerons ou tailleurs formés par an. « L’intérêt ici en Alsace est d’avoir des tailleurs et vignerons vraiment motivés, observe Massimo Guiduci. On a une quarantaine de clients avec une dizaine de tailleurs en moyenne par client. Nous suivons et contrôlons par des visites régulières les domaines où nous intervenons. » Après ce périple alsacien, le groupe des quatre formateurs se rendra en Champagne pour une formation auprès de tailleurs de la maison Roederer où la taille Simonit & Sirch est déclinée à la taille en chablis, cette taille basse avec quatre charpentes dans le plan de palissage et un rachet, faisant office de courson. Ici, l’opération consiste également à mieux organiser le pied avec d’un côté les plaies de taille et de l’autre les tissus conducteurs de sève de manière à ce qu’ils ne soient pas entravés par des plaies.

Domaine Bott Frères à Ribeauvillé

Nicole Bott, chevalier du Mérite agricole

Publié le 24/11/2016

Nicole Bott s’est vue remettre lundi 21 novembre la croix de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole des mains de Marc Haeberlin. Un cocktail dînatoire a suivi au domaine Bott à Ribeauvillé en présence de plusieurs dizaines d’invités.

C’est entourée de sa famille, des employés du domaine, de nombreux amis et personnalités, parmi lesquelles le président du Conseil départemental du Haut-Rhin, Éric Straumann, le conseiller régional Jacques Cattin et le conseiller départemental Pierre Bihl dont elle a été la suppléante, que Nicole Bott s’est vue remettre cette médaille honorifique. Son époux, Laurent, a été le premier à lui rendre hommage. « Son premier métier a été banquière. Puis, elle a appris le métier de viticulteur. C’est elle qui a assuré le développement commercial du domaine Bott et l’export de nos vins dans plus de vingt pays dans le monde. » C’est ensuite une de ses amies, Martine Stoffel-Casterot, de la chocolaterie Stoffel à Haguenau et à Ribeauvillé, qui a témoigné. « Nous nous sommes rencontrées en 2007 et Nicole Bott a été la première personne de Ribeauvillé avec qui j’ai échangé. J’ai immédiatement été impressionnée par son énergie, son empathie, sa disponibilité et surtout sa vision positive du monde lui permettant de développer le domaine viticole. Cette distinction honore ce parcours professionnel et privé. » Pierre Bihl a retracé l’histoire du Mérite agricole, une des plus anciennes distinctions en France puisqu’elle date de 1883. 300 000 personnes en ont été honorées, comme Louis Pasteur, Catherine Deneuve et bien entendu Marc Haeberlin. Il a ensuite rappelé son parcours commun avec Nicole Bott. « Elle m’a rejoint en 1998 au CIAL ici à Ribeauvillé. Elle disposait déjà d’un excellent relationnel. Dix ans plus tard, en 2008, elle a été ma suppléante. Pendant sept années, elle s’est engagée à mes côtés et a été mon « oreille » partout dans le canton. Ces moments ont été très agréables. » Pierre Bott n’a pas voulu manquer cette soirée en l’honneur de sa belle-fille. « Je suis fier de pouvoir participer à cette cérémonie vu mon âge. Nicole est une personne réfléchie, une femme d’affaires, souriante, généreuse, dynamique et toujours prête à rendre service. Elle ne cesse de parcourir le monde pour l’évolution positive de la maison Bott. » « Ma vie professionnelle n’était pas tracée d’avance » C’est naturellement Marc Haeberlin qui a évoqué l’ensemble du parcours de Nicole Bott. « Elle est née le 26 avril 1961 à Colmar. Nous étions presque voisins à Illhaeusern où nous avons grandi. Moi, près des cuisines, elle au sein de l’exploitation agricole familiale. Elle a épousé Laurent en 1983. De cette union sont nés deux enfants : Claire en 1985 et Paul en 1987. Depuis, Nicole Bott fait rayonner les vins d’Alsace dans la région et dans monde. Les vins Bott sont présents sur les plus grandes tables de la République et des tables de restaurants étoilés. Elle défend également les intérêts des vignerons alsaciens et du vignoble au sein du conseil d’administration du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Elle a été adjointe au maire de Ribeauvillé en charge de l’organisation du marché du printemps, du fleurissement, du tourisme, du marché médiéval, de la foire aux vins et des personnes en difficulté. Un parcours remarquable qui est aujourd’hui honoré. » Émue et fière, Nicole Bott a ensuite pris la parole. « Ma vie professionnelle n’était pas tracée d’avance. L’eau d’Illhaeusern s’est transformée pour moi en vins de Ribeauvillé. J’adore les challenges. Les vins d’Alsace méritent la reconnaissance et c’est la raison pour laquelle je m’investis ici au domaine, mais également au Civa, à Ribeauvillé, à l’office de tourisme ou encore à la confrérie Saint-Étienne. J’essaie de faire bouger les choses pour rendre les lettres de noblesse à nos inimitables vins d’Alsace. Le domaine Bott a 181 ans. Merci à Pierre Bott, lui-même commandeur dans l’ordre du Mérite agricole, qui est un exemple à suivre, mais également à l’ensemble des employés. Cette médaille, je la partage avec vous tous. » La soirée s’est poursuivie dans la convivialité en présence de nombreux chefs et professionnels qui ont fait déguster aux invités leurs excellents mets et vins.

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