Vigne

Cave de Turckheim. 10 octobre 1956 - 10 octobre 2016

Soixantièmes vendanges

Publié le 18/10/2016

Lundi 10 octobre, en fin d’après-midi, le vendangeoir de la cave de Turckheim était en effervescence : ses vignerons coopérateurs s’étaient donné rendez-vous pour marquer le 60e anniversaire de la livraison de raisins à la cave. Une rencontre qui s’est déroulée en présence des pionniers de cette formidable saga œnologique et vigneronne. Quatre générations de vignerons étaient présentes, témoignant ainsi de la vitalité et du dynamisme de la Cité du Brand et des bourgs voisins.

La belle aventure de la cave de Turckheim a débuté en février 1955 par le regroupement de vignerons de Turckheim et des communes voisines pour faire face à un lourd contexte économique de mévente. Ils étaient bien décidés à redonner des couleurs à leur cité, au passé viticole prestigieux et historique, qui fournissait ses à vins l’abbaye de Munster dès le IXe siècle. Une première vendange de 12 000 hectolitres Dès sa création, la cave a regroupé 69 vignerons partenaires que liait une vision qualitative commune pour permettre à la jeune coopérative de Turckheim de jouer le rôle d’institution au service de la qualité au sein du vignoble alsacien. C’est sur le lieu-dit du Roesselstein qu’ont débuté les travaux en janvier 1956. Son intéressante topographie permettait déjà de profiter de la gravité pour le transfert des raisins et des jus. Mais en raison de la rigueur de l’hiver 1956, de sinistre mémoire pour les viticulteurs alsaciens, les travaux de terrassement avancent difficilement, la construction ne débutant qu’en avril. Des fouloirs et trois pressoirs sont alors commandés. Le 10 octobre 1956, remise des clés aux vignerons coopérateurs, tout est prêt pour le déchargement des 30 premières bottiches. La capacité totale de la cave était alors de 12 000 hectolitres, mais le gel inhabituel de 1956 n’a permis qu’une récolte de 2 000 hl, soit 20 hl/ha pour une superficie de 109 hectares de vignes. 259 tonnes de raisins sont récoltées pour l’année 1956, soit en comparaison l’apport d’une journée de récolte en 2016. Pour mémoire, la première récolte se composait de 100 t de chasselas, 72 t de sylvaner, 43 t de gewurztraminer, 29 t de pinot, 8 t de riesling et 7 t de muscat. En 60 ans, l’encépagement a bien évolué, le chasselas ayant pratiquement disparu, laissant place au riesling et au pinot gris. Bonnes cuvées et bons souvenirs Le gewurztraminer Baron de Turckheim, le veilleur de nuit, les côtes du Brand, toutes les sélections de terroirs et les cuvées qui ont fait la réputation de la cave de Turckheim dès la fin des années 1950, sont encore vinifiées aujourd’hui et elles ont été rejointes par le crémant Mayerling, les sélections de vieilles vignes et de nombreuses autres spécialités composant une gamme d’une cinquantaine de vins. La rencontre anniversaire du 10 octobre dernier a permis aux quatre générations de vignerons présents de partager anecdotes et souvenirs. 1956 reste l’année de la plus petite récolte de l’histoire de la cave, les anciens se souviennent de ces livraisons avec des charrettes tirées par des chevaux ou des bœufs, des heures d’attente dans un immense embouteillage se terminant souvent au milieu de la nuit, mais aussi de la solidarité qui régnait entre les viticulteurs attendant de pouvoir décharger. Gérard Schaffar, actuel président de la cave qui fêtait son quatrième anniversaire le 10 octobre 1956, a ainsi pu partager de nombreux souvenirs avec Marius Ehrhart, âgé de 15 ans à l’époque et qui a vécu toute l’évolution de la viticulture, des vendanges manuelles avec des chevaux de trait à la mécanisation actuelle. Parmi les vignerons administrateurs de la cave, anciens et actuels, étaient présents : Jean-Paul Ritzenthaler, premier gérant embauché par André Wehrlé, premier président de la cave, Paul Meyer, premier maître de chai, et son successeur, Michel Lirmann, Lionel Lécuyer, actuel directeur, Benoît Schussel, vice-président, et Émile Herrmann, premier vice-président, âgé aujourd’hui de 92 ans.

Distillerie de Sigolsheim

Cherche volume

Publié le 13/10/2016

Fin septembre, du jus de marc de raisin s’est déversé accidentellement dans la rivière proche de la distillerie de Sigolsheim. Depuis, l’entreprise a corrigé et sécurisé son mode de fonctionnement. D’importants investissements dans l’outil de travail permettent d’assurer la pérennité de l’activité.

L’accident est survenu un dimanche soir. « Nous avons une pompe qui ne s’est pas mise en route et nous avons eu un débordement d’une cuve sur le silo qui récupère tous les jus de marc. Du lundi au samedi, nous sommes ouverts et nous vérifions le bon fonctionnement des installations plusieurs fois par jour. Le dimanche, il y a une fréquence de visite moins régulière. Une le matin et une autre le soir. L’incident est vraisemblablement survenu en fin de matinée. Il y a donc eu effectivement un écoulement vers la rivière. Il a été limité. Nous avons été prévenus par la gendarmerie et la mairie. L’incident a été corrigé et nous avons pris les mesures pour répondre à ce problème exceptionnel. Nous avons doublé les fréquences de visite le dimanche et une deuxième pompe a été mise en place. Dans le même temps, la première a été révisée. Il faut rappeler que c’est un problème ponctuel qui s’est déroulé pendant les vendanges. Le reste de l’année, il n’y a pas d’écoulement de jus », explique Erwin Brouard, directeur depuis quatre ans de la distillerie de Sigolsheim. À la suite de cet incident, il a rencontré le directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) pour lui faire part de ces mesures correctives et une réunion a eu lieu avec la société de pêche locale. Pour compenser la mortalité des poissons lors de cet incident, l’entreprise prendra en charge l’alevinage de la rivière Weiss sur trois années. Différentes sources de valorisation Depuis son arrivée à la direction de la distillerie de Sigolsheim Erwin Brouard cherche à pérenniser l’activité de la distillerie en collectant l’ensemble des coproduits de la viticulture. « Nous voulons traiter des volumes encore plus importants. Sur les trois dernières campagnes, nous nous situons à un traitement moyen de 15 000 à 16 000 tonnes de marcs et environ 50 000 hl de liquides dont une partie vient de Champagne. Nous avons un point d’équilibre qui se situe autour de 18 000 tonnes. Nous avons la confiance de nombreux professionnels alsaciens. Nous ne faisons plus payer le traitement des marcs et il y a une prise en charge pour les transports. Nous rémunérons également les vins à l’hectolitre d’alcool pour rentrer un volume conséquent. D’où cette ouverture vers d’autres vignobles. Dans le même temps, nous avons une politique dynamique qui nous incite à multiplier les sources de valorisation comme, par exemple, les pépins en huilerie afin de bien valoriser les liquides qui restent en distillerie », précise Erwin Brouard. Il ne cache cependant pas qu’il espère arriver rapidement aux 18 000 tonnes de marc. « Nous n’allons pas revenir sur le passé. La situation est claire avec l’arrêté de 2012 sur la collecte et le traitement des marcs. On a également le sentiment qu’avec l’association des viticulteurs d’Alsace (Ava), on a retrouvé une relation saine et correcte. Un dialogue serein existe et nous respectons tous les professionnels qui cherchent une autre voie que celle de la distillerie. Nous cherchons évidemment à avoir leur confiance à l’avenir car, notre distillerie est une entreprise locale qui valorise localement les coproduits de la viticulture alsacienne », rappelle Erwin Brouard. Une distillerie qui a gardé la confiance du groupe Grap’Sud. « Le groupe, qui a réalisé en mars 2016 une augmentation de capital de 850 000 euros, veut pérenniser la distillerie et rester sur le vignoble alsacien ». Une augmentation de capital qui est arrivé après la réalisation d’importants investissements sur le site comme, par exemple, une station d’épuration, une tour aéroréfrigérante ou encore une nouvelle colonne. L’atelier tartrique a également été modifié. « À l’avenir, nous comptons également changer notre chaufferie au fuel lourd pour passer au gaz naturel et faciliter la montée en puissance de notre chaudière biomasse », conclut Erwin Brouard. Rappelons enfin, qu’en pleine saison, la distillerie compte jusqu’à 22 salariés dont 13 à temps plein.  

Concours du meilleur caviste de France

Fabrice Renner finaliste

Publié le 12/10/2016

Installé à Saint-Louis, Fabrice Renner s'est qualifié pour la finale nationale du meilleur caviste de France qui s'est déroulée à Paris lundi 10 octobre.

Originaire de Blodelsheim, rien ne destinait Fabrice Renner au milieu de la viticulture. Surtout pas après avoir fait des études de droit. C'est donc en total autodidacte, et avec l'aide de connaissances, qu'il a commencé à s'y intéresser. Au début des années 1990, Olivier Meyer et André Thomann, alors respectivement directeur commercial et oenologue à la cave de Sigolsheim, lui font déguster des vins et lui font découvrir le travail technique qui entoure les vins. Pour Fabrice Renner, c'est le déclic. « J'ai voulu en savoir davantage et je me suis inscrit dans une formation, un BTS Commerce de vins et spiritueux à Rouffach. J'ai ensuite rencontré Matthieu Boesch et son père Gérard. Cette rencontre a été décisive. Une fois par semaine, après les cours, j'allais chez eux à Soultzmatt pour compléter ma formation, faire des dégustations à l'aveugle ou encore avoir de nouvelles connaissances. Cette période a été très formatrice », explique Fabrice Renner. A la fin de son BTS en 1998, pendant tout l'été, il fait un tour de la France viticole pour rencontrer des vignerons. A son retour, il s'installe à son propre compte. Un petit point de vente appelé « Le Vinophile» à Blodelsheim. Deux ans après, il n'arrive cependant pas à en vivre et décide de rejoindre un groupe à Mulhouse : « La cave du vinophile ». C'est là qu'il rencontre Benoît Imhoff originaire de Dessenheim et alors patron de « Jardins d'Alsace » à Algolsheim. « Depuis 1995, il était également propriétaire de la boutique « Au monde du vin » ici à Saint-Louis. Il m'a proposé de le rejoindre. Notre collaboration a bien fonctionné et, au bout de trois années, j'ai pris des parts dans la société. Il m'a donné carte blanche sur les sélections et les choix des vins. Actuellement, nous avons en stock plus de 60 000 bouteilles de vin et pas moins de 3 083 références différentes en vins, spiritueux et en épicerie fine. Je m'occupe des sélections des vins et Benoît Imhoff des finances et de l'administratif. Nous sommes désormais cinq salariés. 70 % de nos ventes et de notre activité se situent ici à Saint-Louis. Ce travail de caviste est réalisé auprès des particuliers et des entreprises. Les 30 % du reste de l'activité concerne nos livraisons à des restaurateurs ou à des associations », ajoute Fabrice Renner qui est également, depuis huit ans, le président des commerçants de Saint-Louis où il est domicilié depuis 2003. Un défenseur des vins d'Alsace Âgé de 43 ans, Fabrice Renner est un vrai passionné. Il est constamment à la recherche de nouvelles informations sur le monde viticole. Jean-Philippe Venck, troisième de l'épreuve en 2014, l'a motivé à s'inscrire à ce concours du meilleur caviste de France. C'est ce qu'il fait au début de cette année. Il passe une première sélection en mars. Une pré-sélection par informatique où il doit répondre à un questionnaire sur le vin et les régions viticoles de l'hexagone. Il y a plus de 500 participants. Ses (bonnes) réponses lui permettent d'être l'un des quarante demi-finalistes avec quatre autres alsaciens dont Philippe Schlick (le futur vainqueur). Ces demi-finales se sont déroulées le 12 septembre dernier à Châlons-en-Champagne dans les caves Joseph Perrier. « Il y a eu plusieurs épreuves. Un questionnaire à choix multiples sur les vins et spiritueux de France et du monde, des questions sur des mets associés à des vins, mais également une dégustation de trois produits à l'aveugle pour laquelle nous avions 10 minutes pour faire un commentaire, donner un prix de vente et un accord met/vin », précise Fabrice Renner. Visiblement, ses réponses ont été satisfaisantes. Une semaine plus tard, un e-mail  arrive lui annonçant sa qualification pour la finale nationale à Paris. Les huit finalistes sont soumis à plusieurs épreuves techniques, de connaissances et de dégustations. Fabrice Renner a finalement terminé à la septième place. « C'est déjà bien d'être arrivé à ce niveau. Autour de moi, il y avait une sévère concurrence avec notamment des anciens sommeliers. Philippe Schlick, par exemple, avait été meilleur jeune sommelier d'Alsace. Je me suis pris au jeu, surtout après les demi-finales. C'est une belle expérience. Il y avait une superbe ambiance. Nous avons échangé entre nous sur notre métier», se félicite Fabrice Renner, grand défenseur des vins d'Alsace. « Je travaille avec une quinzaine de vignerons alsaciens. Nous expliquons aux gens au magasin que les vins d'Alsace font partie des grands vins de France. J'ai toujours des bouteilles de vins d'Alsace avec moi lors de mes déplacements. Il y a un excellent rapport qualité/prix. Mais encore faut-il l'expliquer, car pendant des années nos vins étaient considérés comme des « vins sympas ». Cela a changé. Notamment chez les consommateurs qui ont la trentaine », conclut le caviste.

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